Esquif ballotté par les vagues de la récession, notre Département s'efforce, contre vents et marées, de faire face aux difficultés que nous espérons passagères. Résolument tourné vers le large, le Département demeure dynamique et inventif dans son laboratoire des formes premières de nos cultures. La vigueur de son alchimie continue d'ailleurs d'opérer et d'être saluée au-delà de notre Alma Mater. Ainsi, notre collège François Paschoud a-t-il été élu, l'automne dernier, membre correspondant étranger de la Reial Acadèmia de bones Lletres de Barcelona. Tandis que Charles Bonnet, Associé étranger à l'Institut de France, recevait de ses amis, le 14 mars dernier, son épée d'académicien. Ce fut l'occasion d'une brillante réception dans les salons de l'Institut, somptueusement orchestrée par le professeur Jean Leclant, Secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Une importante délégation genevoise, conduite par nos anciens édiles, Mme Jacqueline Burnand, Maire de Genève et M. Philippe Joye, Président du Département des Travaux publics, accompagnait le récipiendaire, entouré d'amis et de collègues, au nombre desquels s'était joint notre doyen, le professeur Charles Méla.
A l'Université, le collège de notre Département s'est réjoui, cette année, d'accueillir M. René Amacker, maître d'enseignement et de recherche dans l'unité de latin, promu au rang de professeur titulaire.
Parmi les départs à la retraite, ceux de nos collègues Charles Bonnet et Rodolphe Kasser entraîneront l'arrivée de nouveaux venus. Ainsi, l'excellente collaboration développée entre le Service cantonal d'archéologie et la Faculté, qui nous a valu la présence de Charles Bonnet, sera-t-elle poursuivie avec son successeur, M. Jean Terrier, récemment nommé archéologue cantonal. Une proposition de nomination à la fonction de professeur associé, pour une heure hebdomadaire, devrait nous attacher ce nouveau collègue dès la rentrée prochaine.
Dans l'unité de copte, la survie de l'enseignement a été temporairement maintenue, grâce au soutien financier de la Société académique de Genève, particulièrement par le Fonds Gillet. Avant la mise au concours de ce poste, une suppléance de charge de cours, de deux heures hebdomadaires, sera confiée à un docteur en théologie de l'Université de Lausanne, M. Pierre Cherix.
Au registre administratif, on rappellera que le professeur François Paschoud, parvenu le 14 juillet dernier au terme de son mandat de directeur du Département, a été remplacé, pour un an, par notre collègue Adalberto Giovannini. C'est donc le lieu, ici-même, de leur exprimer à tous deux, au nom de tous les enseignants, notre reconnaissance pour leur dévouement au service de toutes les unités du Département.
Enfin, fidèle au rendez-vous, le «sanglier du Département» fut promptement consommé dans les bois de Versoix, au terme de l'Assemblée générale, le 12 juin dernier.
1. RAPPORTS AVEC D'AUTRES UNIVERSITÉS
Comme les années précédentes, plusieurs collaborations avec des établissements universitaires proches ou lointains furent poursuivies.
Dans l'unité de grec, le professeur André Hurst a été élu président de la commission romande des troisièmes cycles de lettres (rattachée à la CUSO, Conférence des Universités de la Suisse Occidentale). Dans le cadre de son mandat de délégué, il a rencontré à Genève des représentants d'universités d'Arménie, de Russie, de Macédoine, d'Albanie, de la République Kirghize; il s'est rendu lui-même en Roumanie et en Bosnie-Herzégovine (rencontre internationale sous l'égide de la Conférence des recteurs européens à Sarajevo, 25-27 juin 1998).
L'Université Babes-Bolyai de Cluj-Napoca (Roumanie) nous a envoyé un boursier dans le domaine des langues classiques: M. Andrei Gotia, qui avait débuté sa formation en grec à Cluj sous la direction des hellénistes genevois. En outre, Mme Agnès Nagy, de l'Université hongroise de Debrecen, a passé une seconde année à Genève, au cours de laquelle il a été notamment possible de discuter d'une version française de son mémoire sur Ménandre.
D'autre part, du 31 mars au 10 avril 1998, Mme Antje Kolde a assuré un enseignement de grec à l'Université Babes-Bolyai de Cluj-Napoca, en collaboration avec André Hurst.
Dans l'unité de copte, le professeur Rodolphe Kasser a poursuivi sa collaboration avec l'AELAC (Association pour l'étude de la littérature apocryphe chrétienne): séance du 29 novembre 1997. Il a conduit en outre, avec le professeur Jean Doresse, une séance de travail sur les monastères coptes de la région thébaine (Seillans, 8-10 avril 1998). L'objectif le plus proche est l'achèvement de la publication des recherches archéologiques de M. Doresse au Deir-Gizaz.
Enfin, en histoire de l'art paléochrétien et médiéval, pour inaugurer les échanges avec l'Université de Poitiers, plus précisément avec son «Centre d'études supérieures de Civilisation médiévale», M. G. de Spirito et Mlle Hediger ont passé au CESCM toute l'année 1997-98, au bénéfice d'une bourse du Conseil général de la Vienne, ceci en «compensation» du volume III de «Civilisation médiévale», entièrement payé par des fonds genevois, privés et publics. La bourse de M. de Spirito a été reconduite pour l'année 1998-99, car dès cette année, il s'est intégré à l'équipe CNRS qui édite le «Corpus des inscriptions médiévales de la France».
2. RAPPORTS AVEC D'AUTRES INSTITUTIONS
Cette année encore, Mme Myriam Erwin, licenciée de notre Département, a bénéficié de la bourse helvétique en qualité de collaboratrice scientifique à la rédaction du Thesaurus linguae Latinae, à Munich.
En outre, les archéologues du Département ont poursuivi leurs activités de terrain:
Du 24 novembre 1997 au 15 février 1998, notre collègue Charles Bonnet a dirigé une nouvelle mission de fouilles dans la concession soudanaise de Kerma. De surcroît, du 5 au 13 avril 1998, il a prolongé sa collaboration avec la Mission française de l'Université de Lille en participant aux travaux de dégagement de Tell el-Her, situé dans le nord du Sinaï.
De son côté, le professeur Jean-Paul Descœudres, accompagné de ses étudiants, a mené une campagne de fouilles à Pompéi, du 15 au 25 juin 1998. Cette première approche sera poursuivie dans l'avenir, avec des moyens adéquats.
Dans le domaine oriental, l'unité d'égyptologie, en collaboration avec l'Institut français d'Archéologie orientale au Caire, a effectué sa quatrième campagne de fouilles, dirigée par le professeur Michel Valloggia, sur le site funéraire royal d'Abu Rawash, du 27 février au 29 mars 1998.
A l'UNESCO. le professeur Michel Valloggia a été réélu président du Comité exécutif de la campagne internationale pour la création du Musée de la Nubie à Assouan et du Musée national de la civilisation égyptienne au Caire. A ce titre, il a dirigé les débats de la Xe session de l'assemblée du comité, réunie à Assouan et au Caire, du 13 au 19 juin 1998. Auparavant, invité par le Gouvernement de la République arabe d'Égypte, il a participé, du 21 au 25 novembre 1997, aux cérémonies d'inauguration du Musée de la Nubie, à Assouan.
Enfin, invité comme consultant de l'UNESCO, le
professeur a pris part, avec ses collègues G. Croci et W. Tochtermann,
à une évaluation archéologique du site de Gabbari
(Necropolis), à Alexandrie, à fin juin 1998.
Dans le cadre de son activité de vice-président de l'Institut national genevois, le professeur André Hurst a présidé à la création et au lancement du nouveau Prix de la critique littéraire (novembre 1997).
Dans le cadre des journées arméno-grecques, il a présenté le programme des voyages culturels de l'Association gréco-suisse Jean-Gabriel Eynard, en compagnie de Bertrand Bouvier et d'André-Louis Rey, le 7 février 1998, à l'église arménienne de Troinex.
Le professeur André Hurst est intervenu à plusieurs reprises sur les ondes radiophoniques dans le courant de l'année (cf. p. 20).
L'unité de grec a entrepris, avec l'École Supérieure d'Art Dramatique (ESAD) du Conservatoire de Genève, de mettre sur pied une lecture publique de l'Odyssée dans la traduction française de Philippe Jaccottet. Elle a eu lieu les 14 et 15 mai 1998, de 12 heures à 24 heures, dans le théâtre de l'École Supérieure d'Art Dramatique, 8 rue Petitot.
Venus d'horizons très divers (étudiants de l'Université, du Conservatoire, collègues de plusieurs Facultés de Genève, ainsi que des Universités de Lausanne, Neuchâtel, Grenoble, avocats, médecins, professionnels des médias et des arts, professionnels du monde des affaires, etc.) environ cent trente lectrices et lecteurs ont pris part à cette lecture dans la distribution suivante, reproduite ici avec l'horaire de la lecture:
Jeudi 14 mai 1998
12 heures:
Récitation des premiers vers dans l'original par André Hurst et Christos Papazoglou.
12h.15: a chant 1
Narrateur: Christos Papazoglou, Athéna: Anne-France Morand, Zeus: Arnaud Tripet, Télémaque: Sacha Michon, Pénélope: Marie Gaulis, Antinoos: André Hurst, Eurymaque: Jacques Weber.
13h.05: b chant 2
Narrateur: Terpsichore Birchler-Argyrou, L'Égyptien: Jérôme Guillod, Télémaque: Jean-Claude Favez, Antinoos: Alain Perret, Halithersès: André-Louis Rey, Eurymaque: Alain Marti, Mentor: André Hurst, Léocrite: Jérôme Guillod, Euryclée: Dinah Gross, Athéna-Mentor: Francine Cornioley.
13h.55: g chant 3
Narrateur: Jo Excoffier, Nestor: John Fraser, Télémaque: André-Louis Rey, Athéna-Mentor: Francine Cornioley.
14h.50: d chant 4
Narrateur: Gustave Moeckli, Étéonée: André Hurst, Ménélas: Philippe Lüscher, Télémaque: Jean Romain, Hélène: Nadia Skrobeck, Pisistrate: Sacha Michon, Noémon: André Hurst, Antinoos: André-Louis Rey, Pénélope: Florence Raviola, Médon: Sacha Michon, Euryclée: Orsolya Lökkös, le fantôme d'Iphthimé: Samia Hurst.
16h.20: e chant 5
Narrateur: Zelda Chauvet, Athéna: Isabelle Boehm, Zeus: Pierre Vaisse, Calypso: Laura Landolt, Hermès: Thomas Morard, Ulysse: André-Louis Rey, Poseidon: Stéphane Michaud, Ino-Leucothée: Claudia Wick.
17h.15: z chant 6
Narrateur: Gilles Decorvet, Athéna: Erika Wünsch, Nausicaa: Delphine Schaller, Alcinoos: Giorgio Quadranti, Ulysse: Marc Faessler.
17h.55: h chant 7
Narrateur: Jean Starobinski, Ulysse: Lucio Amoruso, Athéna: Judith Renaud, Échénéos: Claude Viala, Alcinoos: Giorgio Quadranti, Arété: Renée Thélin.
18h.35: q chant 8
Narrateur: Claude Viala, Athéna: Virginie Courtine, Alcinoos: Daniel Grataloup, Laodamas: Jean Karamata, Euryale: Philippe Matthey, Ulysse: Joseph Blanc, Arété: Claire Nabulsi, Nausicaa: Abigail van Elderen.
19h.40: i chant 9
Ulysse (narrateur): Alain Marti, Polyphème: Jonathan Barnes, compagnons de Polyphème et compagnons d'Ulysse: Joseph Blanc, Jean Karamata.
20h.45: k chant 10
Ulysse (narrateur): Philippe Borgeaud, compagnons d'Ulysse et Éolides: Joseph Blanc, Jean Karamata, Éole et Politès: Giorgio Quadranti, Euryloque: Joseph Blanc, Hermès: Antoine Cavigneaux, Circé: Nadina Radeva-Girod.
21h.50: l chant 11
Ulysse (narrateur): Jo Excoffier, Elpénor et Agamemnon: Matteo Campagnolo, Tirésias et Alcinoos: Daniel Grataloup, Anticléia: Claudine Rogg, Poséidon et narrateur de l'intermède: André Hurst, Arété: Dominique Kunz, Échénéos: André-Louis Rey, Achille: Jacques Morard, Héraclès: Michel Aberson.
23h.: m chant 12
Ulysse (narrateur): Metin Arditi, Circé: Sandra
Schiavone, Sirènes: Samia Hurst, Euryloque: Michel Aberson, le Soleil:
Jacques Morard, Zeus: André Hurst.
12h.: n chant 13
Narrateur: Alessandra Lukinovich, Alcinoos: André Hurst, Ulysse: Pierre Rosner, Poseidon: Richard Jeandin, Zeus: André Hurst, Athéna: Claire-Françoise de Roguin
12h.50: x chant 14
Narrateur: Samia Hurst, Eumée: Louis Duvillard, Ulysse: Raymond Lüscher.
14h: o chant 15
Narrateur: Maria Jimenez, Athéna: Esther Starobinski, Télémaque: Pierre-Yves Brandt, Pisistrate: André Hurst, Ménélas: Francis Strub, Hélène: Larissa Widmer, Théoclymène: André-Louis Rey, Ulysse: Boris Ritter, Eumée: Aldo Raviola, Piraeos: André Hurst.
15h.05: p chant 16
Narrateur: Claire Renaud, Ulysse: Dominique Belin, Eumée: Aldo Raviola, Télémaque: David Bouvier, Athéna: Yvana Jelinic, Eurymaque: François Baertschi, Antinoos:Richard Rhodes, Amphinomos: Louis Duvillard, Pénélope: Danaé Lazaridis.
16h.: r chant 17
Narrateur: Stéphane Strub, Télémaque: Mertin Arditi, Ulysse: Pierre Buri, Pénélope: Andrienne Soutter, Piraeos, Théoclymène et Médon: André-Louis Rey, Eumée: Richard Rhodes, Mélanthée (Mélanthios): Dominique Belin, Antinoos: Louis Martinet, groupe de prétendants: André Hurst.
17h.05 " chant 18
Narrateur: Antje Kolde, Iros: Giorgio Quadranti, Ulysse: François Walter, Antinoos: Louis Martinet, Télémaque: Pierre Émonet, Amphinomos: René Amacker, Pénélope: Emmanuelle Métry, Eurynomé: Danaé Lazaridis, Eurymaque: David Bouvier, Mélantho: Gabriella Lini, groupe de prétendants: NN.
18h.: t chant 19
Narrateur: Julien George, Ulysse: Charles Méla, Télémaque: Thomas Laubacher, Euryclée: Henriette Burcher, Mélantho: Marie Druc, Pénélope: Leyla Aubert, Autolycos: Patrick Heller.
19h.05 u chant 20
Narrateur: Sidney Wernicke, Ulysse: Émilien Palenzuela, Athéna: Anne-Shlomit Deonna, Pénélope: Sandra Mini, une servante: Anne-Shlomit Deonna, Télémaque: Thomas Laubacher, Euryclée: Hellé Fornerod, Eumée: Jean-Paul Descœudres, Mélanthios: Jean Maye, Philétios: Alain Kugler, Amphinomos: Patrick Heller, Antinoos: Stéphane Paquier, Ctésippe: Patrick Heller, Agélaos: Vincent Serez, Théoclymène: Armen Godel, Eurymaque: Stéphane Paquier, un jeune prétentieux: Vincent Serez.
Narrateur: Marie Druc, Pénélope: Odile Lagacherie, Antinoos: Andrew Ferguson, Télémaque: Adrien Jacot-Descombes, Eumée: Vincent Serez, Léiôdès: Vincent Serez, Ulysse: Paul Schubert, Eurymaque: Albert de Pury, Philétios: Vincent Serez, un jeune prétentieux: Stéphane Paquier.
20h.40 f chant 22
Narrateur: Yaelle Thorel, Ulysse: Michel Jeanneret, Eurymaque: Gérald Hibon, Télémaque: Andrew Ferguson, Agélaos: Éric Doelker, Mélanthios:Pierre-Yves Fux, Eumée: Bertrand Bouvier, Athéna: Ursula Rüttimann, Philétios (le bouvier): Alain Perret, Leiôdès: Éric Doelker, Phémios: Adrien Jacot-Descombes, Médon: Dominique Belin, Euryclée: Christine Hibon.
21h.35 y chant 23
Narrateur: Guillaume Chenevière, Euryclée: Monique Tanner, Pénélope: Patrizia Lombardo, Télémaque: Marc Berman, Ulysse: Jean Rudhardt,
22h.20 w chant 24
Narrateur: Armen Godel, Achille: Alain Perret, Agamemnon: Philippe Dinkel, Amphimédon: Didier Wild, Ulysse: Raymond Jourdan, Laerte: Jonathan Barnes, Dolios: André Hurst, Eupithée: Daniel Halpérin, Médon: André Hurst, Halithersès: Jean Rudhardt, Athéna: Agnès Pazziani, Zeus: Xavier Bouvier, le fils de Dolios: Alain Perret, Télémaque: Jean Karamata.
Cette lecture a suscité notamment deux articles de presse (Tribune de Genève du 14 mai et du 16-17 mai). Devant le succès remporté (il y eut du monde pendant les vingt-quatre heures, on dut même s'asseoir par terre durant les dernières heures), il a été décidé d'organiser une lecture similaire de l'Iliade au printemps 2000.
Pour sa vingt-septième année d'activités, le «Cercle de lecture de grec» s'est penché sur une lecture attentive des poèmes de Bacchylide.
Pour l'an prochain (lecture du Phèdre de Platon), les personnes intéressées pourront participer à ces séances (fixées une fois par mois, le vendredi de 17h à 19h). Renseignements auprès du secrétariat du Département (tél. 705 70 33).
Le «cercle de lectures latines», entré dans sa septième année, se réunit un vendredi par mois, de 18h à 20h, en alternance avec «le cercle de lecture de grec». Il est animé par Mme Antje Kolde. Cette année, les participants du cercle ont lu des extraits des livres 18 et 19 de l'œuvre d'Ammien Marcellin. Pour l'année 1998-1999, ce sont Les Tusculanes de Cicéron qui ont été retenus. Toute personne intéressée est invitée à prendre part à ces séances, et peut communiquer son adresse au secrétariat du Département (tél. 705 70 33).
Le séminaire interdisciplinaire d'histoire des religions animé par le professeur Philippe Borgeaud et Mme Antje Kolde a proposé cette année quatre conférences à son fidèle public: 21 novembre 1997: Enrico Norelli (Université de Genève): Les apocryphes chrétiens: un regard nouveau sur le christianisme antique; 12 décembre 1997: André Hurst (Université de Genève): Les chrétiens du Codex des Visions; 21 janvier 1998: Silvia Naef (Université de Genève): Les Chiites du Liban entre allégeances traditionnelles et idéologies occidentales; 22 mai 1998: Alessandra Lukinovich (Université de Genève): A propos du Dit de sa vie (De vita sua) de Grégoire de Nazianze.
Les séances, en principe mensuelles, ont d'habitude lieu le vendredi de 12h15 à 13h45. Toute personne intéressée est la bienvenue.
Dans un cadre général plus large que celui de l'histoire des religions, Mme Esther Starobinski a apporté une contribution à diverses manifestations culturelles, notamment:
20.11.97: interview sur la Famille Mendelssohn lors d'une journée organisée par Espace 2 pour évoquer la mémoire de Félix Mendelssohn.
Janvier-mars 1998: participation à trois tables rondes organisées sur la Première, pour permettre un dialogue interreligieux entre femmes chrétiennes, juives et musulmanes.
28.3.98: modératrice sur le thème du Jubilé de l'État d'Israël lors d'un colloque organisé par la Communauté israélite de Genève.
7.4.98: interview par une journaliste de Femmes Suisses (Mme A.-M. Ley) sur le thème: «Les femmes juives revendiquent une formation plus poussée dans les Écritures». Texte publié en mai.
Enfin, le cours public du Département, mis sur pied cette année encore par le professeur André Hurst, a connu un vif succès. Le thème de cette année fut consacré aux: Scènes d'enfants: droits, devoirs, joies, misères des enfants dans le monde antique. Le progamme des conférences s'est déroulé selon le calendrier suivant:
28.10.1997: «Tu es Horus»: les enfants dans l'Égypte ancienne Nicole DURISCH
04.11.1997: Être enfant à Sumer Antoine CAVIGNEAUX
11.11.1997: Y a-t-il des enfants dans l'Ancien Testament ? Albert de PURY
18.11.1997: Grandir en Égypte gréco-romaine Paul SCHUBERT
25.11.1997: Les enfants dans la poésie grecque Alessandra LUKINOVICH
02.12.1997: Scènes de l'éducation dans l'art grec Jacques CHAMAY
09.12.1997: A l'école chez les Grecs André HURST
16.12.1997: L'enfant copte: regards, calculs et discours d'adultes: Rodolphe KASSER
transpositions, fantasmes: destins
13.01.1998: L'enfant qu'on ne veut pas: avortement et eugénisme Philippe MUDRY
dans l'antiquité
20.01.1998: A l'école chez les Romains René AMACKER
27.01.1998: L'enfance chez les dieux Jean RUDHARDT
03.02.1998: De quelques rites d'enfance Philippe BORGEAUD
10.02.1998: La morale infantile et la nature des philosophes
Jonathan
BARNES
4. RAPPORTS AVEC L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
A l'instar des années passées, plusieurs collègues du Département ont participé aux jurys de maturité du Collège de Genève. En outre, le professeur André Hurst a dirigé une journée de formation continue des enseignants de grec du canton de Genève (lecture et interprétation de l'Ion de Platon (7 mars 1998).
En dépit d'une regrettable stagnation des budgets d'acquisition de livres, nos bibliothécaires, Mmes Mirjana Duric et Sylvia Kuczynski, ont vaillammant poursuivi leurs achats, comme en témoigne la volumineuse Liste des acquisitions 1997-98, récemment parue. Quelques contributions financières exceptionnelles, généreusement accordées par le Décanat ou prélevées sur l'ancien budget du CEPOA, sont d'ailleurs fort heureusement venues compléter des allocations dont les montants devront être adaptés aux nouveaux coûts.
Du côté des locaux, la biblothèque d'égyptologie, momentanément installée dans les salles autrefois occupées par l'Institut de la Réformation, au rez-de-chaussée de la Bibliothèque publique et universitaire, a réintégré, à fin mai, son emplacement définitif, sur la mezzanine de la salle Bonivard. A cet égard, il est agréable au rédacteur de cet Annuaire et responsable de l'unité d'égyptologie d'exprimer ici sa vive reconnaissance à notre bibliothécaire, Mme Mirjana Duric, qui, une nouvelle fois, a courageusement et diligemment organisé et mené la réinstallation de notre instrument de travail dans ses nouveaux espaces de recherche. De surcroît, une agréable collaboration, entre MM. A. Jacquesson et C. Monnier, pour la BPU, et Mmes H. Cornali et P. Tillette-Koch, pour la Faculté, s'est toujours manifestée à l'occasion de ces travaux, dans un esprit de coopération qu'il sied également de saluer ici.
III - ACTIVITÉS PARTICULIÈRES DE CHAQUE DISCIPLINE
GREC
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR ANDRÉ HURST,
PROFESSEUR ORDINAIRE
Hiver 1997-1998
Cours de littérature (et lectures en marge du cours): aux origines de l'histoire
L'effort de mémoration, le désir de ne pas laisser sombrer dans l'oubli ce qui a été vécu, sont donnés aux origines de l'histoire pour le moteur de cette activité. En partant du «père de l'histoire», Hérodote, selon l'expression consacrée de Cicéron (Legg.1.1.5), du programme qu'il propose et des réalisations qu'il en offre, le cours s'est proposé de mettre en lumière ce qu'on pourrait désigner comme les intentions et les moyens des premiers auteurs de ce genre littéraire (après avoir également fait une place à l'étude de ce qui distingue la remémoration des «historiens» et celle des poètes, notamment épiques et lyriques). Une constellation d'écrivains moins saisissables qu'Hérodote a fait l'objet d'un examen à partir des fragments: Hécatée de Milet (le vrai «père»?), Acousilaos d'Argos, Phérécyde d'Athènes, Charon de Lampsaque, Hellanicos de Lesbos. Cette constellation, avec le texte d'Hérodote, fut mise en fin de compte en regard du texte de Thucydide pour tenter une définition de l'activité de remémoration dans laquelle une composante critique semble constamment se faire jour, cette dernière relevant parfois davantage d'un jugement porté sur les circonstances «actuelles» que sur le passé relaté.
Le choix des lectures en marge du cours comportait comme à l'accoutumée des extraits ou des fragments de l'ensemble des auteurs évoqués.
Hiver 1997-1998
Interprétation de textes: Odyssée, chant 11
La nevkuia est une partie centrale de l'Odyssée du point de vue narratif (on est au centre des récits chez Alcinoos, que l'on peut lire comme un plaidoyer présenté par Ulysse pour obtenir son retour), mais également pour ce qui touche l'analyse d'un ensemble important de concepts épiques: pouvoirs du héros principal, pouvoirs des divinités, survie des âmes (notamment au travers de la «gloire» que confère le chant épique), et ainsi de suite. C'est donc une entrée privilégiée dans le monde de l'Odyssée, dont la lecture publique complète, en traduction française, a été planifiée à l'occasion de cette lecture. Huit étudiants, dont le boursier de l'Université de Cluj, Andrei Gotia, ont présenté de brefs exposés portant sur des recherches récentes concernant tant l'épopée grecque en général que la nevkuia plus particulièrement.
Eté 1998
Lucien: comment il faut écrire l'histoire
La lecture de ce petit traité se situait dans l'ensemble des enseignements consacrés cette année à l'historiographie, considérée depuis ses origines dans le cours de littérature, étudiée dans ses prolongements dans le cadre du séminaire de littérature grecque. S'il n'a pas semblé opportun de vouloir à tout prix reconnaître dans les auteurs critiqués de la première partie du texte des historiens dont le texte nous serait parvenu, et qu'il faudrait identifier, il n'est pas apparu comme nécessaire non plus de les tenir pour de pures fictions. L'originalité du traité semble résider dans la critique d'une certaine littérature de masses, connue par des lectures publiques, à laquelle Lucien, sur le ton de la diatribe cynique, oppose des exigences de qualité dont la définition manque parfois de netteté.
Hiver 1997-1998
Introduction aux études grecques
Semestre consacré aux grands chapitres de la métrique.
Outre les travaux de métrique et les exposés portant sur
le recours des poètes aux formes analysées, les étudiants
ont travaillé sur une rédaction par étapes progressives.
Elle portait cet hiver sur un passage de l'Éloge d'Hélène
de Gorgias.
Ecdotique
(Établissement de textes grecs)
Les travaux ont porté successivement sur les textes suivants:
1 Papyri: Pap.Oxy.LVI 3823 (sur Alexandre le Grand), Pap.Oxy XLI 2944 (Jugement de Salomon) = Turner The Papyrologist at work, 7-14. «Codex des visions», poème au titre mutilé.
2.Textes épigraphiques: IG I Suppl. 27a = IG I(2).39 (= Meiggs-Lewis no 52 p.138), lignes 1-20, Loi de Gortyne, col.1, 1-14.
3. A partir d'un manuscrit de la Renaissance: Apollonios
de Rhodes, 1.28-44, lu dans le manuscrit Marc.Gr.IX,22, puis collationné
avec l'édition de F.Vian.
Été 1998
Littérature grecque: les historiens que l'on ne lit jamais
Conçu comme la poursuite du cours du semestre d'hiver, ce séminaire donnait l'occasion aux étudiants de présenter des auteurs et des textes qui figurent rarement au programme des interprétations de textes grecs.
Les sujets suivants ont été abordés au cours des exposés d'étudiants: Xénophon historien (Abigail van Elderen); Les Helléniques d'Oxyrhynque (Laura Landolt-Palvölgyi); Polybe (Gilles Decorvet); Denys d'Halicarnasse juge de Thucydide et historien lui-même (Andrew Ferguson); Arrien et la question des historiens d'Alexandre le Grand (Claudia Wick); Diodore de Sicile (Larissa Widmer); Flavius Josèphe (Jean Karamata); Plutarque et l'histoire (Jean-Marc Jacot-Descombes).
Ce séminaire fut également l'occasion d'entendre
deux savants étrangers: le 16 mars, le professeur Richard Janko,
de l'Université de Londres (University College) nous parla de ses
récentes hypothèses à propos de l'auteur du texte
figurant sur le papyrus de Derveni. Le 9 mars, c'était le professeur
John Ferguson Smith (qui s'est retiré dans les Shetlands), philologue
et fouilleur d'Oinoanda, qui était venu nous parler de ses dernières
trouvailles concernant l'inscription de Diogène.
Été 1998
Mycénien:
Le choix des textes examinés à la suite de l'introduction à la lecture du syllabaire était le suivant: KN Ch895-900 et PY Cc660 (Jean Karamata), PY An607 (Gilles Decorvet), Kn Ld 571, 573, Le 641, Lc 535+538 (Claire-Françoise de Roguin), PY An 657 (et le problème de la série o-ka) (Claudia Wick).
ENSEIGNEMENT DE MADAME ALESSANDRA LUKINOVICH,
CHARGÉE D'ENSEIGNEMENT
Cours d'initiation à la langue grecque (hiver et été)
Huit personnes, des étudiants et des auditeurs,
ont suivi le cours jusqu'à la fin et obtenu l'attestation de fin
de première année.
Séminaires d'interprétation de textes
Hiver 1997-1998
Aristophane, Les Oiseaux
Nous avons plus particulièrement étudié le prologue de la pièce (v. 1-111), le Chant de la Huppe et l'entrée du chœur (v. 209-327), la parabase (v. 675-736) et enfin l'épisode de l'arrivée de Prométhée à Coucou-les-Nuées (v. 1494-1552). Le séminaire a été marqué par une discussion animée et fort riche. Elle s'est rapidement concentrée sur des questions liées à la mise en scène antique de la pièce, aux costumes et principalement à la composante musicale du spectacle. Nous nous sommes penchés également sur certains problèmes ornithologiques. Nous avons ainsi pu mesurer les difficultés qui se posent lorsqu'on essaye de reconstituer, à partir d'un texte antique, des éléments qui relèvent des realia, pour employer un terme cher à l'Altertumswissenschaft. Le bouquet final du feu d'artifice de présentations d'articles et d'ouvrages monographiques sur le sujet a été l'exposé de Claudia Wick, étudiante, qui a conclu les travaux par un admirable historique des rapports d'imitation réciproque entre les humains, les poètes en particulier, et les oiseaux, exemples sonores à l'appui. Par la même occasion, elle nous a proposé sa propre interprétation musicale et sonore du Chant de la Huppe et de son système d'onomatopées: une performance de haut vol, c'est le cas de le dire.
Été 1998
Démosthène, Troisième Philippique
Nous avons lu et commenté les paragraphes 1-10,
28-31, 36-44, 47-50 et 69-76 de la Troisième Philippique.
Nous avons relevé et analysé les procédés oratoires
les plus caractéristiques de l'auteur; nous avons consacré
une attention particulière aux lignes de force de la composition
du discours et aux différentes formes d'argumentation. Nous ne pouvions
pas manquer de débattre du problème du rapport de la rédaction
écrite de la Troisième Philippique - et même
des deux rédactions qui nous en sont parvenues - avec le discours
effectivement prononcé sur la Pnyx, devant l'assemblée. Nous
nous sommes enfin intéressés au déroulement parallèle
des vies de Démosthène et d'Aristote, de l'orateur athénien
et du philosophe auteur de la Rhétorique, du champion de
la lutte antimacédonienne et du précepteur d'Alexandre.
Séminaire de littérature du semestre d'été (en commun avec Monsieur André Hurst)
Les historiens grecs que l'on ne lit jamais (cf. supra)
ENSEIGNEMENT DE MADAME ANTJE KOLDE,
ASSISTANTE
Exercices de version grecque
Séminaire de version destiné aux étudiantes et étudiants de 1ère et 2ème année; traduction de textes couvrant en un an les principaux genres et époques de la littérature grecque.
Lecture grammaticale
Dans le cadre de ces travaux pratiques destinés
en priorité aux étudiantes et étudiants qui ont suivi
l'initiation à la langue grecque l'année précédente,
l'analyse grammaticale des textes lus dans les séminaires d'interprétation
d'auteurs est reprise en détail. Cette harmonisation entre les enseignements
correspond à un besoin ressenti même par les étudiants
ayant appris le grec au collège, puisque plusieurs d'entre eux ont
suivi ces travaux pratiques.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR PAUL SCHUBERT,
CHARGÉ DE COURS SUPPLÉANT
Papyrologie
Avec le redémarrage de l'enseignement de papyrologie
grecque, nous avons procédé à un survol très
large de la documentation, depuis le IVe siècle av. J.-C. jusqu'au
VIe siècle de notre ère. Écriteau destiné aux
troupes macédoniennes nouvellement arrivées en Égypte
(SB XIV 11942); papyrus des archives de Zénon (P.Cair. Zen. III
59416); ordre de réquisition (P.Gen. III 131); extrait de jugement
relatif à une affaire d'héritage (P.Gen. III 127); reçu
de paiement (P.Gen. I 20); lettre privée (BGU IV 1078); contrat
de vente d'âne (P.Gen. I 23; plainte pour vol (P.Gen. I 3); reçu
de péage (P.Gen. I 112); libellus témoignant de la
persécution des chrétiens (SB I 4440); document émanant
de la chancellerie du préfet (SB I 4639); pétition provenant
des archives d'Abinnaeus (P.Abin. 34); contrat de vente (P.Münch.
I 9).
Monsieur David BOUVIER
Le sceptre et la lyre. Éthique et mémoire dans l'Iliade
Thèse préparée sous la direction du Professeur André Hurst en vue de l'obtention du diplôme de Doctorat ès lettres de l'Université de Genève, 1997, 452 pages. Thèse soutenue le 14 mars 1998, devant un jury composé des professeurs Philippe Borgeaud (président du jury)), André Hurst (directeur de thèse), Jean Rudhardt, Claude Calame (Lausanne) et James Redfield (Chicago).
Cette thèse s'intéresse au statut et à la fonction de la poésie épique en Grèce archaïque. Pour entrer dans cette problématique, une question initiale a été choisie. Pourquoi l'aède de l'Iliade omet-il, au début de son poème, de saluer l'auditoire auquel il s'adresse? Comment procède-t-il alors pour l'impliquer à un autre niveau ? La réponse arrive plus loin lorsque, face à la mort, un héros comme Hector veut avant tout dédier son dernier exploit aux hommes à venir. Entre l'aspiration d'un héros soucieux d'être reconnu par les générations futures et l'auditeur de l'aède - qui cherche une raison d'écouter l'histoire des héros - un lien s'établit alors qui pose le problème de la dimension éthique de la poésie héroïque.
Mais pour progresser, l'enquête se doit de préciser d'abord ce qu'il en est, dans le monde héroïque, du code de l'honneur et de la gloire. Dans le monde héroïque, il apparaît que la gloire est moins individuelle que collective. La gloire d'un héros est un honneur pour tout son clan mais, en même temps, elle constitue pour ce clan une forme d'obligation: les descendants du héros ne pourront se réclamer de la gloire des ancêtres que s'ils se révèlent, à leur tour, par leurs propres exploits, dignes successeurs de ces ancêtres. Perpétuant l'histoire exemplaire des héros, la poésie des aèdes se trouve, ainsi, investie d'une dimension éthique: elle est ce discours qui invite les générations nouvelles à se souvenir et à imiter les grands héros pour hériter et prolonger leur gloire; il y va ici d'une identité que la collectivité ne doit pas perdre. Mais pour fonctionner, un tel système éthique ne doit-il pas supposer une langue immuable, à même de conserver fidèlement l'histoire des exploits dignes de mémoire ?
Il importe alors de se demander si l'hexamètre homérique peut être une réponse à l'exigence héroïque d'une gloire impérissable. La poésie des aèdes est-elle cette langue à part qui aurait pour pouvoir d'échapper à l'usure du temps et à l'oubli ? Posant la question de l'origine et de la forme de l'hexamètre, confrontant sa structure avec celle de l'hexamètre des épopées posthomériques, l'enquête aboutit à un résultat nouveau qui suggère que la langue des aèdes n'obéissait pas au rêve d'immortalité des héros mais correspondait plutôt à un moyen de faciliter l'improvisation orale en laissant ouverte la possibilité de transformer les données de la tradition. Ce constat sur l'essence de la langue invite à relativiser la portée de l'aspiration héroïque: la langue de l'hexamètre n'offre aucune garantie de mémoire absolue; reprise par d'autres aèdes, l'histoire des héros risque fort de devenir autre. Résultat qui nous oblige à reprendre la question du rapport entre la langue et l'éthique sous un angle différent. Examinant le fonctionnement de la loi dans le monde homérique et la valeur de l'exemple ancestral, l'analyse découvre alors, derrière l'Iliade, la trace d'une poésie en constante évolution, obligée de se transformer pour répondre aux exigences d'une éthique qui se nourrissait de sa propre remise en cause. Mais le résultat le plus inattendu est la corrélation que l'on peut établir, à la fin du poème, entre l'auditeur de l'Iliade et Achille lui-même, un Achille qui se réconcilie avec l'ordre du temps humain lorsque la visite de Priam le ramène au souvenir de son père. Invitation à ne pas oublier l'histoire des ancêtres, l'Iliade pourrait être, en même temps que le premier poème écrit de notre tradition littéraire, cet ultime écho d'une tradition orale qui commençait à douter d'elle-même et de l'attention que les siècles à venir voudraient bien prêter à l'histoire inoubliable des héros.
Madame Anne-France MORAND
Les hymnes orphiques
Thèse préparée sous la direction du professeur André Hurst et soutenue le 11 juillet 1998. Membres du jury: les professeurs Gabriella Apicella-Ricciardelli (Rome, La Sapienza), Philippe Borgeaud (président du jury), André Hurst (directeur de thèse), Peter J. Parsons (Oxford), Jean Rudhardt (Genève).
Les Hymnes orphiques sont une collection de quatre-vingt-sept hymnes rédigés en grec et adressés à diverses divinités. Ils proviennent sans doute d'Asie Mineure et datent, il semble, des premiers siècles de l'ère chrétienne. Ces textes ont fort peu intéressé les chercheurs, ce qui est étonnant, puisqu'il s'agit d'un des seuls recueils d'hymnes complet. La grande originalité de ces textes réside dans le lien qu'ils permettent d'établir entre des mythes, des rituels et un groupe religieux organisé. En effet, les Hymnes font référence à des croyances, à des mystères; ils nomment des offrandes et fournissent les titres religieux de certains participants au culte.
La thèse est composée de deux pans: une première partie s'occupe du genre littéraire des Hymnes orphiques: elle constitue le fondement de la recherche. La deuxième partie s'attache aux rituels et aux croyances du groupe qui utilisa ce recueil.
Le premier chapitre s'occupe des parties qui constituent les Hymnes orphiques et des moyens, rhétoriques en particulier, qui sont utilisés pour s'adresser aux dieux. Les jeux sur les sonorités et significations des noms divins sont par exemple explorés. L'hymne est également considéré dans sa globalité, notamment comme offrande présentée aux dieux. Les titres des Hymnes nomment la divinité qui est célébrée, ainsi qu'une offrande végétale. Dans le deuxième chapitre, l'auteur a dû préalablement démontrer que les titres étaient originaux et non éditoriaux et tardifs. Une comparaison avec le vocabulaire médical a permis d'apprécier si les termes étaient strictement confinés au langage religieux. D'autre part, la recherche a porté sur la signification d'offrandes végétales, plutôt qu'animales, sur la prohibition de fèves qui apparaît dans un des titres - un interdit qui selon certains témoignages était respecté par les orphiques - et enfin sur le fait que quelques dieux ne sont pas les destinataires d'offrandes. Le troisième chapitre concerne les dieux. Il s'articule en deux parties: une première décrit des traits qui se rapportent à l'ensemble des Hymnes, comme les généalogies divines et les assimilations de certains dieux; la fin du chapitre se concentre sur quelques dieux obscurs, tels Misé et Hipta, en particulier en référence aux inscriptions qui contiennent ces noms. L'au-delà et la destinée des âmes constituent l'objet du quatrième chapitre. Comme les Hymnes ne font aucune référence à la métempsycose, il s'agit d'apprécier dans quelle mesure cette information est conciliable avec le fait que le groupe se définit comme orphique. Le dernier chapitre porte sur les noms de prêtres et de participants au culte. Le bouvier, le boukolos, dionysiaque a retenu toute l'attention et ceci en référence aux parallèles littéraires, papyrologiques et surtout épigraphiques.
L'ensemble du travail est traversé par les questions
de l'origine, de la date, de la fonction de ces textes fondamentaux pour
notre compréhension de l'orphisme et du paganisme des premiers siècles
de l'ère chrétienne.
Madame Antje KOLDE
Le péan d'Isyllos d'Épidaure
Le péan est une des trois parties importantes de l'inscription de l'Épidaurien Isyllos, datant du début du IIIe siècle av. J.-C. Il présente une nouvelle légende de l'histoire de naissance du dieu Asclépios.
Dans ce mémoire de pré-doctorat, cette partie de l'inscription est analysée sous les points de vue littéraire, religieux et historique. Ainsi, le personnage de l'auteur s'est aussi quelque peu concrétisé et il apparaît comme un homme tiraillé entre un passé disparu, qu'il aimerait rappeler à la vie, et un avenir qu'il entrevoit comme noir et qu'il aimerait détourner.
L'analyse encore bien incomplète du poème
permet de montrer qu'Isyllos fait partie de ces précurseurs de la
poésie hellénistique dont la tradition a conservé
si peu de textes.
Monsieur Stéphane A. ZBINDEN
Les paroles du Christ dans le Cristo;" Pavscwn
Le Christ parle euripidéen! Emplois tragiques dans un centon chrétien
Ce centon de 2600 vers soulève de nombreuses questions, de son auteur à sa date de rédaction, en passant par sa destination. L'attribution traditionnelle à Grégoire de Nazianze a souvent été contestée et anime encore de vifs débats. Quant au titre, du XVIe siècle, il laisse faussement supposer que le Christ est le protagoniste alors que la pièce est centrée sur la Vierge. Le récit de la Passion se trouve donc envisagé sous sa perspective.
Il est conçu en trois parties dont chacune respecte l'unité de temps et d'action.
Quel que soit l'auteur du drame, il ne pouvait placer dans la bouche du Christ des paroles sans en peser la portée. Ainsi, c'est au travers des répliques du Christ que l'art du centoniste se trouve ici analysé, par comparaison entre le matériel original et le résultat de sa transformation. Dans ces passages, les pièces d'Euripide Médée et Hippolyte sont presque les seules représentées, ce qui n'est certes pas qu'un hasard. Et plus que le rapport au Fils, c'est le rapport à la Vierge qui est exploité dans les reprises tragiques. Mais elles cèdent petit à petit la place aux citations des Évangiles, dont sera d'ailleurs composé le discours final du Christ, véritable condensé des enseignements messianiques. Le centon s'éloigne alors de la vision tragique puisqu'il s'achève sur la victoire du Christ, à laquelle prend part la Vierge.
L'auteur fait preuve d'une excellente connaissance du répertoire euripidéen et ses choix d'emprunts sont le plus souvent judicieux. C'est d'ailleurs ce qui explique en partie la ténacité de l'attribution à Grégoire. Mais des éléments byzantins sont aussi très présents. Aussi est proposée dans cette étude une piste originale de datation du texte.
Remarque: pour élargir le cercle de lecteurs potentiels, l'essentiel des citations grecques a été traduit.
Monsieur Sacha MICHON
Les limites du discours direct dans l'Odyssée: signification et fonction des formules d'énonciation
Ce mémoire a pour objet les formules qui introduisent, dans l'Odyssée, les discours directs. Il s'efforce d'analyser à la fois la signification propre de ces formules et les effets de sens engendrés par leur disposition dans le récit. Les résultats obtenus concernent d'une part certaines formules ou certaines scènes particulières: sont proposées une analyse des formules uJpo;possi;n ejdhvsato kala; pevdila, e[pea pteroventa, et Eu[maie subw'ta, ainsi qu'une étude des scènes suivantes: l'invocation à la Muse (I, 1-10), l'entretien entre Athéna-Mentès et Télémaque (I), le chant de Phémios (I, 325 sqq), le dialogue entre Télémaque et Nestor (III), et les chants de Démodocos (VIII).
D'autres résultats sont réunis pour proposer
une lecture globale de l'Odyssée: l'analyse des occurrences de discours
directs intégrés à un discours direct permet de mettre
en évidence le fait que les chants I à XII se développent
selon un principe de complexité croissante: la complexité
formelle de l'épisode de Protée à la fin de la Télémachie
semble annoncer la complexité formelle du récit d'Ulysse
aux Phéaciens, de même qu'au niveau inférieur du récit,
l'entretien entre Ménélas et Idothée, la fille de
Protée, semble annoncer l'entretien entre Ménélas
et Protée. Par conséquent, l'analyse linguistique de la structure
des dialogues illustre le drame familial qui se joue dans l'ensemble de
l'Odyssée.
Madame Maryline BASSET
La Galerie de Tableaux, de Philostrate. La question de l'ekphrasis
Les Eikones de Philostrate, auteur de la première moitié du IIIe siècle de notre ère, sont constituées de soixante-cinq descriptions de tableaux réparties en deux livres. L'intérêt que suscite cette œuvre porte peu aujourd'hui sur la réalité des tableaux; c'est l'œuvre littéraire qu'il nous faut considérer, la position qu'elle occupe entre tradition et création originale.
Les Eikones reprennent le procédé de l'ekphrasis, dont le plus ancien exemple littéraire que nous possédons remonte à la célèbre description du bouclier d'Achille. Du fait de son évolution au cours des siècles, il paraît difficile d'en fournir une définition exhaustive, et ce, malgré la tentative des rhétoriciens pour le codifier. L'idée qui se dégage toutefois est celle d'une volonté de l'auteur de traduire en mots la beauté de l'objet du discours ou les sensations qu'il produit, c'est-à-dire l'illusion de la réalité. La problématique de l'ekphrasis, dans le cas de descriptions de tableaux, repose en effet sur l'ambiguïté du rapport entretenu entre le langage du poète et la peinture. En cela, les Eikones s'inscrivent bien dans une tradition.
Cependant, Philostrate a su enrichir son ouvrage de ses propres innovations, et conférer ainsi une nouvelle dimension à l'ekphrasis. La fiction didactique dans laquelle il place son discours revêt une importance considérable pour la forme du recueil: en créant un second personnage, un jeune garçon, Philostrate se donne la possibilité de relancer son discours, d'enrichir ses descriptions de références littéraires, de commentaires, d'interprétations, et ainsi de sortir du cadre du tableau et de montrer sa maîtrise du langage et de l'image. Philostrate rivalise avec la peinture en créant de véritables icônes verbales.
Monsieur Joseph BLANC
Considérations sur l'éducation musicale telle qu'elle est présentée dans La République de Platon, sous l'éclairage des doctrines damoniennes
Dans la cité idéale que Platon décrit dans La République, une place importante est accordée à l'éducation, qui doit conduire les jeunes à la vertu et à la moralité. Or, l'un des domaines concernés se rapporte plus particulièrement à la musique. Celle-ci possède en effet certains pouvoirs éthiques qu'il est possible d'utiliser dans le cadre de l'éducation. Du fait que chaque harmonie, chaque instrument, ainsi que chaque rythme expriment un ethos particulier (certaines harmonies sont plaintives, d'autres relâchées, d'autres encore imitent le courage, etc.), il convenait pour Platon de décrire précisément l'ethos exprimé par chacun de ces éléments, afin de rejeter ceux dont l'usage était pernicieux pour la jeunesse, et de conserver ceux qui suscitaient la vertu dans l'âme de l'auditeur. Par un processus qu'il n'explique pas précisément, la musique produit dans l'âme de celui qui l'écoute l'ethos qui la caractérise. Ce processus se rapproche, semble-t-il, d'une forme d'imitation. Ainsi l'âme imite-t-elle un ethos exprimé par la musique, reproduisant en elle, par sympathie au mouvement sonore qui la touche, l'ethos entendu. C'est pourquoi la musique, créatrice de vertu si elle est employée à bon escient, intéressa Platon dans son programme éducatif.
L'exposé qu'il nous livre à ce propos dans le troisième livre de La République est inspiré des doctrines d'un grand musicien et théoricien de la musique du milieu du Ve siècle av. J.-C., Damon. Celui-ci présenta en effet devant le conseil de l'Aréopage une théorie de l'éducation musicale qui décrivait précisément les bons et les mauvais éléments de la musique, en fonction de leur ethos caractéristique. Cette doctrine fut reprise par plusieurs philosophes, théoriciens ou compilateurs, et en particulier par Platon. Celui-ci cite d'ailleurs expressément Damon dans son exposé.
Après une brève présentation de l'éducation musicale réglée par Platon, le travail se poursuit avec une présentation des doctrines de Damon concernant les harmonies, les instruments et les rythmes, puis avec une synthèse de ces doctrines appliquées plus particulièrement dans le cadre de l'éducation platonicienne.
Madame Claire-Françoise DE ROGUIN
Apollon Lykeios dans la tragédie: dieu protecteur, dieu tueur, «dieu de l'initiation»
Apollon Lykeios a été souvent considéré comme un dieu protecteur: dieu «tueur de loups», il protégeait les troupeaux contre les loups et, par extension, était censé écarter des hommes ennemis et calamités. Mais l'examen des textes antiques - légendes et autres textes de prose - en rapport avec Apollon Lykeios, montre que les relations du dieu avec le loup sont plus complexes: s'il lui arrive d'être «tueur de loups», il peut aussi être «dieu-au-loup», protégeant le loup et l'utilisant à son service, ou même «dieu-loup».
Le nom d'Apollon Lykeios apparaît dans plusieurs tragédies d'Eschyle et de Sophocle. L'étude des passages des Sept contre Thèbes et de l'Agamemnon d'Eschyle, ainsi que de l'Oedipe Roi et de l'Électre de Sophocle, où intervient Apollon Lykeios, révèle un dieu perfide comme un loup qui, lorsqu'on invoque sa protection, provoque la mort ou la ruine de celui qui l'implore.
De plus, dans l'Électre de Sophocle, Oreste se présente comme un éphèbe en période d'«initiation», c'est-à-dire de passage de l'enfance à l'âge adulte, guidé par Apollon Lykeios. A partir de l'étude des Suppliantes d'Eschyle, on découvre Apollon Lykeios également impliqué dans l'initiation des Danaïdes. Apollon Lykeios, jouant ici un rôle «politique», contribue à établir ou rétablir l'ordre dans la cité, mais seulement après l'intervention d'un acte meurtrier, commis avec ruse et sauvagerie par des «loups» qui agissent sous l'influence et avec la protection du dieu.
Ainsi, dans les tragédies où il est mentionné, Apollon Lykeios se distingue par un mode d'intervention où transparaissent les caractères prêtés à l'animal dont il porte le nom.
Madame Delphine SCHALLER
Considérations sur la confrontation établie par I. Kadaré entre l'Orestie d'Eschyle et le Kanun albanais.
Ismail Kadaré, dans son essai intitulé Eschyle ou le grand perdant, tente de mettre en évidence, à travers le témoignage de l'Orestie, les structures confirmant des liens entre la culture albanaise et la culture grecque.
Selon cet écrivain, l'Orestie, dont toute l'attention est concentrée sur le droit ou non de poursuivre le cycle de vengeance, relate un fait culturel - la reprise du sang - qui motive l'ensemble des mécanismes constitutionnels, moraux et philosophiques régissant le mode de vie des Albanais.
Cette étude se propose de discuter les hypothèses émises par Kadaré, de les approfondir et parfois de les réfuter.
La première partie du travail est consacrée à l'analyse des arguments qui permettent à Kadaré de rapprocher la réalité grecque antique et celle dont le droit coutumier offre le tableau: l'enlèvement d'Hélène, le sacrifice d'Iphigénie, le traitement infligé au cadavre d'Agamemnon, le songe de Clytemnestre, la loi de l'hospitalité, le voile utilisé pour le meurtre d'Agamemnon, la querelle entre les Érinyes et Apollon, le cycle de la vengeance et l'Aréopage.
La seconde partie expose deux éléments propres à la culture grecque, essentiels pour comprendre le comportement des personnages de la trilogie face aux cycles de violence. Kadaré n'en parle pas dans son essai, car ils diffèrent probablement des pratiques albanaises en ce qui concerne le traitement du droit de vengeance. Il s'agit de l'intervention divine et de la notion de souillure.
En conclusion, il faut considérer l'essai d'Ismail Kadaré comme une lecture neuve de la tragédie, un peu romancée certes, mais lui donnant une approche originale et qui mérite d'être approfondie.
Madame Sandra SCHIAVONE
Les chœurs dans la Médée d'Euripide et la Médée de Sénèque.
Bien que les deux tragédies aient un sujet identique, on peut remarquer de nombreuses différences, en particulier au niveau du chœur. On peut examiner plusieurs aspects: le personnage du chœur et son rapport avec l'action, la métrique, le contenu même des chants lyriques choraux.
En ce qui concerne le personnage du chœur et son lien avec l'action, on constate que, chez Euripide, les choreutes sont rapidement identifiables: ce sont des Corinthiennes qui éprouvent de la sympathie pour Médée. De plus, le chœur est étroitement lié à l'action: il y intervient personnellement ou par l'intermédiaire de la coryphée, il la commente dans les stasima. En revanche, dans la pièce de Sénèque, l'identité des membres du chœur reste incertaine, même si la position des choreutes est clairement hostile à l'héroïne. En outre, contrairement à Euripide, le chœur s'implique peu dans le déroulement du drame du fait de son absence durant les scènes. Ainis les chants choraux sont plutôt des interludes (embolima).
La métrique aussi est utilisée de manière différente. Chez Euripide, on trouve une grande variété de mètres et l'emploi de systèmes strophiques pour créer des échos et des symétries. Chez Sénèque, il n'y a pas de strophes et le choix des vers est beaucoup plus limité, mais on peut voir dans cette utilisation restreinte une volonté d'associer un type de vers à une situation.
Enfin, en examinant dans le détail le troisième
stasimon d'Euripide et la deuxième ode de Sénèque,
on remarque qu'Euripide lie fortement le stasimon à l'action au
premier et au second degré et que Sénèque utilise
l'ode pour développer une thématique et une pensée
philosophique. Les deux auteurs font également un clin d'oeil à
leur public. Les chœurs sont donc employés d'une façon qui
est propre à chacun des deux dramaturges.
Madame Claudia WICK
La Thébaïde de Lille et ses rapports avec Homère et Eschyle
Stésichore, poète lyrique (début du VIe siècle avant J.-C.) originaire de Sicile, jouissait dans l'Antiquité d'une double réputation: d'une part, il était considéré comme étant le 'plus homérique' des poètes lyriques, d'autre part il aurait modifié les vieux récits de mythes. L'on sait également grâce à des scholies que son influence sur les poètes tragiques - notamment sur Eschyle - était considérable. Le fragment d'une Thébaïde attribuée à Stésichore, texte qui est conservé sur un papyrus de Lille, montre une version très originale du mythe qui oppose les frères Étéocle et Polynice. Le fait que leur mère arrive à les réconcilier a causé beaucoup de perplexité chez les critiques, car le dénouement traditionnel, à savoir le fratricide, semble être désormais exclu.
Après l'exposition des problèmes qui se
posent pour la reconstruction du début (perdu) de la Thébaïde
de Lille, et des difficultés que pose le contenu lui-même,
une reconstruction hypothétique du contenu des premiers 180 vers
est proposée. Partie de ces questions, l'enquête a déterminé
les points qui semblent être de vraies innovations remontant à
Stésichore. Le motif du tirage au sort, élément très
particulier, renvoie à Homère, et c'est en rapprochant la
scène de la Thébaïde de Lille du combat entre
Pâris et Ménélas (Iliade, chant 3) que l'on
peut observer des parallèles tant au niveau des motifs qu'au niveau
de la fonction de toute la scène. Combiné avec la querelle
entre Achille et Agamemnon au premier chant du même poème,
où une tentative de réconciliation entreprise par le devin
Calchas échoue, on obtient un scénario analogue à
celui de la Thébaïde de Lille. L'ensemble des deux scènes
pris comme source de la Thébaïde permet d'en donner
une interprétation cohérente: Stésichore n'a pas seulement
adopté la diction homérique, mais il est allé jusqu'à
transposer des scènes, motifs et éléments de structures
homériques. Le motif du tirage au sort se retrouve uniquement chez
Eschyle, qui en a fait le leitmotiv de sa tragédie intitulée
Les
Sept contre Thèbes (467 avant J.-C.). Eschyle a pu connaître
l'œuvre de Stésichore lors de son séjour en Sicile, et les
échos verbaux dans la partie finale de cette pièce (vv. 729
sqq.) sont tout à fait clairs. L'exposé montre que sans la
connaissance du texte stésichoréen, il est presque exclu
de voir la cohérence de cette image dans la pièce d'Eschyle.
Madame Nicole ZELLWEGER
Polybe, Histoires, livre VI. La théorie des constitutions. État de la question/Démarche analogique et topique dans le livre VI
Le livre VI des Histoires de Polybe contient une
digression théorique sur la politeia (la constitution) comme
principal facteur de réussite en politique. L'objectif avoué
de cette digression est de démontrer l'excellence de la constitution
mixte de Rome, à son point culminant depuis le temps de la deuxième
guerre punique jusqu'en 150 av. J.-C. environ. Pour ce faire, Polybe reprend
différents modèles théoriques de réflexion
sur la constitution. Ces modèles nous sont parvenus depuis le Ve
siècle grec, en histoire (Hérodote) et en philosophie (Platon,
Aristote). A l'époque de Polybe, ils sont clairement devenus des
lieux communs. Polybe cumule ainsi des modèles disparates: le modèle
de la séquence «naturelle» de trois constitutions de
base avec leurs trois formes perverties (monarchie/tyrannie-aristocratie/oligarchie-démocratie/ochlocratie),
et le modèle de la constitution mixte. Il développe en outre
l'analogie biologique qui hiérarchise et relie les différents
modèles cumulés. La séquence des six constitutions
est également développée en un cycle rigoureusement
prédéterminé, nommé anakuklosis. Le
cumul de modèles topiques et les innovations de Polybe ont beaucoup
gêné les critiques, étant donné que ces opérations
n'annulent par les incompatibilités entre les différents
modèles utilisés. Dans un premier temps, le travail comporte
un état de la question non exhaustif portant sur le lien entre les
différents éléments constitutifs du livre VI, sur
la base de travaux de 1949 à 1990. Dans un deuxième temps,
l'auteur s'est penchée sur deux phénomènes du texte
de Polybe, qu'elle a nommés «démarche analogique et
topique», passibles d'expliquer certaines contradictions du livre.
Il s'agit d'une part de l'utilisation de l'analogie biologique précitée,
qui fait ressortir les ressemblances entre les différents modèles
mis en présence. Il s'agit d'autre part du cumul et de la simplification
de modèles topiques. Ces deux démarches, liées aux
innovations de Polybe, visent à donner une rigueur scientifique
et persuasive au texte. On peut donc lire le livre VI comme un monument
rhétorique et théorique à la gloire de la constitution
romaine, destiné à asseoir la compétence de l'historien
politique Polybe. Cette analyse n'a pas été faite par la
critique, principalement en raison de la valorisation négative du
topos
et de l'analogie.
Activités scientifiques des enseignants
09.10.97: Les nouvelles technologies de l'information dans les sciences humaines, Université de Fribourg, journée d'étude et d'information de la conférence universitaire suisse et de la «société université et recherche» sur le thème Nouvelles technologies de l'information: impact sur l'enseignement supérieur.
04.11.97: Le destin de Prométhée: bienfaits de la technologie? Genève, Salle des abeilles de l'Athénée, Société des arts de Genève, classe des beaux-arts.
04.12.97: Geographie als Gegenstand der Dichtung bei Apollonios Rhodios, Westfälische Wilhelms-Universität Münster, Institut für Altertumskunde, Münster, Allemagne.
09.12.97: A l'école chez les Grecs, Université de Genève, cours public du Département des sciences de l'antiquité.
11.12.97: (diffusion le 14.12.97) Le rapt chez les Grecs Radio suisse romande, «Espace 2».
12.12.97: Les chrétiens du Codex des visions, Université de Genève, séminaire interdisciplinaire d'histoire des religions.
31.01.98: Héraklès (dans l'émission de la RSR «Magellan»).
27-28.02.98: Participation à l'organisation et à la tenue du séminaire doctoral et postdoctoral d'Archamps (Association Transfrontalière universitaire): Idéologies, représentations et sociétés, l'antiquité en héritage.
07.03.98: Journée d'étude sur Ion de Platon, avec les maîtres de grec de l'enseignement secondaire genevois (à Pyrimont, chez la présidente de groupe, Mme Terpsichore Birchler).
30.3-11.4.98: Professeur invité à l'Université Babes-Bolyai de Cluj-Napoca (Roumanie) dans le cadre du programme spécial du Fonds National de la Recherche Scientifique destiné à la collaboration avec l'Europe centrale et orientale. Enseignements intensifs de littérature grecque et d'ecdotique pour les étudiants de Cluj, rencontre avec le professeur I. Fischer, à Bucarest, en vue de l'organisation d'un colloque de doctorants de Bucarest et de Cluj (deux doctorants de Cluj préparent leur thèse sous la direction de professeurs genevois: Béatrice Tataru (René Amacker), Cristian Ugro (André Hurst).
09.04.98: L'ombre de l'épopée et l'aube de l'historiographie, Cluj, Société roumaine de philologie classique.
08.05.98: Papyri Bodmer XXX-XXXVII, Codex des Visions, poèmes divers. Université de Fribourg, Groupe suisse d'études patristiques, en compagnie du professeur Jean Rudhardt.
18.06.98: L'Université de Genève est-elle
dans le coup? Débat avec Uli Windisch dans «Les jeudis
du campus» (Radio-Lac).
17.01.98: Quatrième rencontre, à l'Université de Lausanne, des métriciens romands (Rencontres «Damon» sur la métrique grecque et latine, organisées par Martin Steinrück et Alessandra Lukinovich).
22.05.98: A propos du Dit de sa vie (De vita sua) de
Grégoire de Nazianze, Université de Genève, à
l'invitation du Groupe genevois de la Société suisse pour
la science des religions (SSSR).
27-28.2.98: Participation au colloque d'Archamps.
Membre du comité de la Société suisse
pour la science des religions.
Depuis avril 1997, projet de réédition du vol. I des Papyrus de Genève, financé par le FNRS (avec Isabelle Jornot, assistante FNRS).
Semestre d'été 1998: enseignement de 3ème cycle, en collaboration avec le professeur P. Borgeaud: «Rencontre de civilisations et émergences de nouvelles formes religieuses en Égypte hellénistique».
Conférences:
Comment prend-on le pouvoir ? Le modèle d'Hésiode. Université du 3ème âge (Neuchâtel).
Les Grecs en Égypte: le témoignage des papyrus. Université des aînés (Berne).
Scènes d'enfants: grandir en Égypte gréco-romaine. Cours public, Sciences de l'Antiquité (Genève).
Émigrées contre leur gré: la diaspora des Troyennes. Cours public, Sciences de l'Antiquité (Neuchâtel).
A propos de la guerre de Troie: une nouvelle découverte. Rotary Club (Neuchâtel).
Les Grecs en Égypte dans l'Antiquité:
quelques nouvelles découvertes. Lyceum Club (La Chaux-de-Fonds).
Publications
Le patrimoine commun des Européens et leur avenir: le cas d'un illustre savant polonais, Alexander Turyn. Dans: L'identité de l'Europe centrale, G. Gorzelak, B. Jalowiecki edd., Varsovie 1997, p. 143-147.
Atlas, Héraclès et le passé du lipogramme, dans: Actes du colloque international Georges Perec, édités par Yvonne Goga, Cluj-Napoca 1997, p. 9-15.
Géographes et poètes: le cas d'Apollonios de Rhodes, dans Sciences exactes et sciences appliquées à Alexandrie (IIIe siècle av. J.-C. - Ier siècle ap. J.-C.), Actes du colloque international de Saint-Étienne (6-8 juin 1996), publiés par Gilbert Argoud et Jean-Yves Guillaumin, Saint-Étienne 1998, p. 279-288.
Hexamètres homériques du Codex des visions de la Bibliotheca Bodmeriana, dans Hommage à Milman Parry, Le style formulaire de l'épopée homérique et la théorie de l'oralité poétique, édité par Françoise Létoublon, Amsterdam 1997, p. 237-249.
Milman Parry, l'épopée homérique, le style formulaire et l'oralité, avec Claude Calame et Françoise Létoublon, ibid., p. 1-8.
Dirk Obbink (ed.), Philodemus and Poetry (New York/Oxford 1995), compte rendu dans MH 54, 1997, p. 239.
Publications en rapport avec la vie universitaire:
Mais que fait un délégué ? Campus no 41 (avril 1998), p. 14-15.
Commission romande des troisièmes cycles de lettres: Rapport d'activité 1997, Lausanne 1998.
Conservatoire de musique de Genève, Cent soixante-deuxième rapport annuel, Rapport du président, Genève1998, p. 5-11.
Projet spécial: lecture publique de l'Odyssée:
cf. supra, Rapports avec la cité.
Grégoire de Nazianze, Le Dit de sa vie. Traduit, présenté et annoté par Alessandra Lukinovich, mis en vers libres par Claude Martingay. Texte grec en regard. Introduction de Thomas Spidlik. Genève, Ad Solem, 1997, 365 p. (Cet ouvrage a été publié avec l'aide de la Fondation Ernst et Lucie Schmidheiny et du Fonds Rapin de la Ville de Genève).
Charles Bally, Manuel d'accentuation grecque. Préface d'Alessandra Lukinovich. Genève, Georg Éditeur, 1997. (Cette réimpression du manuel de 1945 a été rendue possible grâce au Fonds Charles Bally de la Société académique de Genève.)
Pierre-Yves Brandt, Alessandra Lukinovich, Oikos et
oikia chez Marc comparé à Matthieu et Luc, Biblica 78,
1997, p. 525-533.
Bonstettiana VI: 1787-1793. Herausg. von Doris und Peter Walser-Wilhelm, unter Mitarb. von Antje Kolde, Berne 1997.
Bonstettiana Schriften 1762-1797. Herausg. von
Doris und Peter Walser-Wilhelm, unter Mitarb. von Antje Kolde, Berne 1997.
Le parcours de deux prêtres dans les Éthiopiques d'Héliodore, Maia 49, 1997, p. 257-264.
Antinoopolis: pragmatisme ou passion ?, Chronique d'Égypte 72, 1997, p. 119-127.
L'anneau de Gygès: réponse de Platon à Hérodote, L'Antiquité classique 66, 1997, p. 255-260.
Le retour de l'antihéros: à propos du personnage de Thersite chez Quintus de Smyrne, Annales de l'Université de Neuchâtel 1996-1997, p. 222-232 [leçon inaugurale].
P.Bodmer LII: Isocrate, A Nicoclès 16-22, Museum Helveticum 54, 1997, p. 97-105.
Quatre lettres privées sur papyrus, Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik 117, 1997, p. 190-196.
L'eikonon eisphora et l'autorité restaurée du roi, Akten des 21. Internationalen Papyrologen-kongresses (Berlin 13-19.8.95), Stuttgart / Leipzig, 1997, Bd II, p. 917-921.
Comptes rendus dans le Museum Helveticum 54, 1997:
- Helmut van Thiel (éd.): Homeri Ilias (230); Dirk
Obbink (éd.): Philodemus, On piety, part 1 (239); - - Grace Ioannidou
(éd.): Catalogue of Greek and Latin Literary Papyri in Berlin (242).
Professeur André HURST
Commission des anciens recteurs et doyens de la Faculté
des lettres, commission de la liberté académique (commission
du Sénat de l'Université), délégué de
l'Université de Genève à la collaboration avec les
universités de l'Est européen, Société académique
de Genève, Institut national genevois. Cf. annuaires
précédents. Depuis 1995, membre du comité des Amici
Bibliothecae Classicae Petropolitanae. Élu président
de la commission scientifique du troisième cycle des lettres (conférence
des Universités de Suisse occidentale CUSO), novembre 1997.
Alessandra Lukinovich a été invitée à deux reprises aux «Balcons du ciel», une série d'émissions radiophoniques sous la conduite de Yaël Torelle (RSR, Espace 2), le 16.11.1997, avec Claude Martigay, pour parler du Dit de sa vie de Grégoire de Nazianze, et le 22.02.1998 pour parler des Deipnosophistes d'Athénée de Naucratis. Elle a également éte invitée avec Pierre Émonet S.J. à une émission de la série «Domaine parlé» sous la conduite de Serge Margel (RSR, Espace 2) consacrée aux Exercices spirituels d'Ignace de Loyola et diffusée en cinq parties, du 15 au 19 juin 1998.
Dans le cadre du Centre culturel Saint-Boniface, Genève,
et en lien avec la revue Sineast de Sarajevo, Alessandra Lukinovich,
Katja Tommaseo Bisetti et Luc Ruedin ont organisé le festival de
courts métrages bosniaques Cinéma: espoir pour la Bosnie,
qui
s'est déroulé du 31.01 au 01.02.1998 au Centre Saint-Boniface,
Genève. Un débat avec la participation de Gérald Morin,
directeur du Festival de cinéma de Genève, et de cinq réalisateurs
a clos cette manifestation.
Professeur ordinaire de langue et littérature grecques à l'Université de Neuchâtel.
Semestre d'hiver 1997/1998: professeur invité à l'Université de Berne; cours de littérature consacré à la Bibliothèque et au Musée d'Alexandrie (échange BeNeFri).
Membre du comité du Groupe Romand des Études Grecques et Latines (GREGL) et de la Société Neuchâteloise des Professeurs de Langues Anciennes.
Août 1997: 24ème Assemblée générale de la FIEC (Varsovie): délégué de l'ASEA et du GREGL.
GREC BYZANTIN
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR ANDRÉ-LOUIS REY,
MAÎTRE ASSISTANT SUPPLÉANT
Séminaire d'interprétation d'auteurs
Hiver 1997-98
Eustathe de Thessalonique, un érudit du XIIe s., commentateur de l'Antiquité et témoin de son temps.
La vie d'Eustathe, professeur à Constantinople et dignitaire ecclésiatique de haut rang, qui termine sa carrière comme archevêque de Thessalonique, couvre presque entièrement le XIIe siècle et offre une voie d'approche privilégiée vers la culture et l'histoire du siècle des Comnènes.
Le séminaire s'est appuyé sur des extraits de divers ouvrages d'Eustathe, en commençant par un passage de l'historien Nicétas de Chonai relatif à l'opposition d'Eustathe à des initiatives de politique religieuse de l'empereur Manuel Ier Comnène. Les Commentaires d'Eustathe aux ouvrages de poésie homérique, mais aussi à Denys le Périégète, ont permis d'illustrer sa méthode philologique, sa sensibilité et ses intentions, tandis que la lecture de larges extraits de son discours Sur la prise de Thessalonique (en 1085, par les Normands) a mis en lumière la capacité de réflexion de l'auteur et son recul par rapport à une partie au moins des événements. Le séminaire a également porté sur les limites d'une réflexion " humaniste " dans le cadre conceptuel byzantin. Au semestre d'été, une visite complémentaire de la Bibliothèque universitaire de Bâle nous a permis d'examiner en particulier le manuscrit unique des Opuscula d'Eustathe et de confirmer par de nouvelles constatations les conclusions des études selon lesquelles ce manuscrit, quoique proche du milieu d'Eustathe, n'est pas un autographe comme on l'a parfois prétendu.
Ce séminaire a fait partie du programme de DES " Renaissances médiévales ".
Été 1998
Littérature grecque dans les territoires sous domination perse et arabe.
Au début du VIIe siècle de notre ère, l'avancée des Perses sassanides, qui s'emparent de la Syrie dès 613, prennent Jérusalem et ses précieuses reliques en 614, et avancent jusqu'en Égypte, entraîne une première période d'occupation de dix à quinze ans dans des provinces importantes de l'Empire byzantin; la victoire de l'empereur Héraclius sur les Perses ne rétablit la domination byzantine que pour quelques années, jusqu'à l'invasion arabe, qui enlèvera définitivement ces régions à l'Empire. Des textes en langue grecque témoignent de ces événements ou en sont contemporains, et la production littéraire en grec se poursuit, en particulier dans le domaine théologique.
Le séminaire s'est appuyé sur un choix d'extraits de textes produits à partir de l'invasion perse et jusqu'au millieu du VIIIe siècle, afin de mieux cerner le statut de la population de langue grecque soumise à de nouveaux pouvoirs mais aussi dégagée de la tutelle impériale. En commençant par des inscriptions et des témoignages archéologiques datés, témoins de la continuité des cultes et des systèmes de mesure du temps, nous avons examiné des témoignages des invasions perse et arabe (Vie de Saint Anastase le Perse, extraits des poèmes anacréontiques et d'autres ouvrages de Sophronios de Jérusalem), pour conclure avec des traités théologiques de Jean Damascène, polémiquant depuis son monastère du désert de Judée contre les empereurs iconoclastes.
Séminaire d'introduction à l'étude de la civilisation byzantine
A travers l'examen de nombreux documents, pour l'essentiel
accessibles en traduction, ce séminaire, ouvert à tous les
étudiants, a eu pour but de donner une initiation à la littérature
et à l'histoire de l'empire byzantin, en faisant une large place
à la présentation des instruments de travail qui en permettent
l'étude. Le cadre de référence dans lequel se développe
la civilisation byzantine a été présenté dans
l'ordre chronologique, en partant des phases de transition entre le monde
de l'Antiquité tardive et celui de Byzance médiévale,
jusqu'aux prises successives de Constantinople par la IVe croisade et par
les Turcs. Les relations avec l'Occident ont fait l'objet cette année
d'une attention plus particulière.
Suite de l'élaboration d'une nouvelle édition des Éphémérides d'Isaac Casaubon, cf. l'Annuaire de 1996-1997. (Projet FNRS sous la direction des professeurs F. Higman et A. Hurst).
Participation au séminaire interdisciplinaire (Univ. de Genève, FL) sur la Fortune et présentation de documents relatifs à Tyché dans le monde grec antique.
05.09.97: Literatura Bizantina. A Reconquista da Creta de Teodósio o Diácono: temática e composição de um poema bizantino do sèculo X. Belo Horizonte, Univ. fédérale de Minas Geraes - Société Brésilienne d'études classiques.
14.10.97: Parler d'images: descriptions mythologiques
chez quelques auteurs grecs (Philostrate et Pausanias). Genève,
Société des arts, Classe des Beaux-arts.
Secrétaire de la commission pour la restauration de l'église de Sainte-Kyriaki (Association gréco-suisse Jean-Gabriel Eynard, Genève, et Association des Amitiés gréco-suisses, Lausanne). Coordination de la préparation et rédaction de l'Introduction du rapport d'avant-projet de restauration, remis aux autorités grecques en juin 1998.
Voir également l'Annuaire (Bulletin d'information) de l'Association Suisse pour l'Étude de l'Antiquité, éd. 1997-1998.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR FRANÇOIS PASCHOUD,
PROFESSEUR ORDINAIRE
Cours-séminaire de littérature latine (hiver-été)
Le théâtre à Rome jusqu'à Plaute
Introduction sur l'histoire du théâtre grec
des origines à l'époque hellénistique. Traditions
théâtrales prélittéraires à Rome. Livius
Andronicus. Naevius. Ennius. La plus grande partie du cours-séminaire
a été consacrée à Plaute. Dans un premier temps
ont été examinés une série de problèmes
généraux (notamment: didascalies, prologues, scènes
et actes, formes de débit et métrique, rapports avec les
modèles grecs). Dans un second temps, les comédies les plus
caractéristiques ont été étudiées une
à une. Comme de coutume, une série de sujets ont été
présentés par les étudiants de 3e et 4e années.
Interprétation d'auteurs
Séminaire de première année
Hiver 1997-1998
Catulle, poème 64.
Le poème 64 de Catulle est une épopée
brève, en langage technique épyllion. Il constitue le plus
ancien et de loin le meilleur épyllion conservé dans le domaine
latin. Ce poème de 408 v. contient deux récits, le second
étant inséré dans le premier: le début et la
fin narrent les noces de Thétis et de Pélée; le lit
de la mariée est orné d'une couverture brodée représentant
l'histoire d'Ariane abandonnée à Naxos par Thésée;
la description de cette couverture, qui en fait est le récit de
l'aventure d'Ariane, occupe plus de la moitié du poème en
son milieu. De nombreux parallélismes, plus ou moins évidents
ou dissimulés, lient l'un à l'autre les deux récits
et assurent l'unité de ce poème apparemment disparate. Au
niveau de l'inuentio et de l'elocutio, ce poème est
un pur produit de l'esthétique alexandrine, et un exemple typique
de l'art de Catulle et de son école littéraire, celle des
poètes dits «néotériques».
Été 1998
Salluste, Catilina
Cette célèbre monographie est un document essentiel aussi bien pour les littéraires que pour les historiens. Elle constitue dans le domaine latin l'exemple le plus typique de la monographie «tragique» (pour emprunter le vocabulaire polémique de Polybe), et le premier monument du style si particulier de Salluste. Le séminaire s'est focalisé sur les parties non narratives de l'œuvre: 1-4 préambule; 5-13 digression sur la grandeur passée et la décadence actuelle de Rome; 36,4-39,5 digression sur les causes de la conjuration; 50,3-53 séance au Sénat, discours antithétiques de César et de Caton d'Utique.
Séminaire de troisième et quatrième années
Hiver 1997-1998
Horace, Lettre aux Pisons (dite vulgairement Art poétique)
Été 1998
Cicéron, passages choisis du de oratore.
Deux passages ont été lus et commentés:
celui du livre 2 consacré aux moyens non rationnels de persuasion,
avec l'exemple concret de la célèbre affaire de Caepio, celui
du livre 3 consacré au problème des relations entre la philosophie
et l'éloquence. Le séminaire s'est conclu par une petite
digression sur la question technique des constitutiones causae,
où quelques lignes du de oratore ont été mises
en parallèle avec l'exposé correspondant plus long et plus
élémentaire de la Rhétorique à Hérennius.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR RENÉ AMACKER,
PROFESSEUR TITULAIRE
Interprétation d'auteurs
Séminaire de deuxième année
Hiver 1997-1998
Martial, Épigrammes, livre 1 (pièces 1-50)
La lecture de ces cinquantes pièces a permis aux étudiants d'aborder pratiquement toutes les catégories d'épigrammes, les différents ressorts que le poète fait jouer dans le mécanisme de la pointe, et les principaux procédés de son art.
Été 1998
Augustin, De doctrina christiana (extraits)
Lecture du long prologue polémique, ainsi que des
parties des livres 1 et 2 consacrées à la notion de signe.
Un étudiant intéressé à l'histoire du christianisme
a repris et développé, en fin de semestre, la matière
qui avait été présentée par l'enseignant dans
sa leçon d'introduction.
Linguistique latine
Inscriptions archaïques
Quelques notions de phonétique et de morphologie historiques du latin en guise d'introduction, puis lecture d'un poignée d'inscriptions, notamment à caractère officiel et juridique. L'enseignement devrait avoir permis aux étudiants de se familiariser avec certaines particularités de la syntaxe assez inhabituelle de ces documents.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR GÉRARD FRY,
CHARGÉ D'ENSEIGNEMENT
Introduction à la philologie latine
Destiné à familiariser les étudiants avec la lecture et l'usage d'un apparat critique, ce séminaire a été l'occasion de faire un tour complet de toutes ces difficultés qui agrémentent l'établissement d'une édition scientifique. Ce séminaire a en outre compris une seconde partie, consacrée à l'histoire de la langue latine. Trop bref, ce dernier enseignement constitue néanmoins une nouveauté.
Thème latin I
Révision systématique et approfondie de la syntaxe latine.
Thème latin II
Pour ce qui concerne la substance de ce séminaire, on se rapportera à l'annuaire précédent. On notera cependant la réintroduction de cette ascèse aussi révolutionnaire qu'ancienne qu'est la dissertation latine. Tenté sans grande illusion et réussi au-delà de toute attente, cet exercice a permis aux étudiants de s'«exprimer librement» dans un latin à peu près cicéronien, mais toujours pourvu de clausules. Les textes remis allaient du récit de cours de répétition à la fausse lettre de Pline le Jeune - agrémentée d'ailleurs d'un fort convenable distique élégiaque -, et ont fait l'objet d'une traduction française collective effectuée dans une bonne humeur qu'entretenaient les hésitations des auteurs devant leurs propres obscurités.
Stylistique
L'histoire de la prose d'art latine a été envisagée dans ses origines grecques sophistiques, démosthéniennes, atticisantes et asianistes, puis dans ses développements latins archaïques, classiques, post-classiques et tardifs. La théorie cicéronienne de la concinnitas, de même que celles de ses adversaires, ont évidemment constitué le centre de gravité d'un séminaire qui a trouvé son aboutissement dans l'examen de l'esthétique chrétienne de la prose. Clausules et colométrie ont également fait l'objet de soins attentifs.
Recherche dans le domaine de la littérature latine
Des textes profanes, chrétiens et poétiques ont servi de guides aux étudiants dans leur apprentissage des techniques propres à la recherche philologique.
INITIATION AU LATIN
Deux groupes dirigés par Mme Nicole Hecquet-Noti, chargée d'enseignement.
Un groupe dirigé par M. Gérard Fry, chargé d'enseignement.
Un groupe dirigé par M. Yves Rütsche, chargé d'enseignement.
Sur les 116 étudiants qui se sont présentés au premier contrôle continu, 75 ont réussi à obtenir leur attestation finale. Comme d'habitude, le nombre des abandons a de très loin excédé celui des échecs.
Un groupe dirigé par Mme Charlotte Buchwalder, assistante.
Un groupe dirigé par M. Gérard Fry, chargé d'enseignement.
Ovide (Métamorphoses), Horace (Odes),
Augustin (Confessions), Virgile (Énéide) et
Tite-Live ont été lus en extraits. Une nouveauté a
en outre été introduite sous la forme d'une introduction
à l'histoire de la survie du latin dispensée par Gérard
Fry. Douze heures de cours-séminaire ont permis de traiter de la
survie du latin comme langue, comme source lexicale et comme modèle
littéraire. Leur intérêt et leurs prestations aux examens
ont montré que les étudiants ont apprécié autant
la forme que le contenu de cette introduction à un aspect du latin
hautement intégrable à leur discipline.
Mémoire de licence
Madame Claudia WICK
Lucain, lecteur d'Apollonios de Rhodes
Les poètes latins auteurs d'épopées étaient des lecteurs assidus des Argonautiques d'Apollonios de Rhodes (IIIe siècle avant J.-C.): la Didon de Virgile, les Argonautiques de Valérius Flaccus et le récit d'Hypsipylé chez Stace (Theb. 4 et 5) en sont des témoins éloquents. Lucain ne fait pas exception à cette règle, même si ni le contenu ni les caractères des personnages de son épopée historique sur la guerre civile ne présentent de points communs avec les Argonautiques d'Apollonios. A part quelques éléments de structure et la scène de départ à Brindes (Phars. fin du chant 2, début du chant 3), qui est modelée d'après les départs de Jason de Iolcos (Arg. 1) et de Colchide (Arg. 4), l'influence du poète alexandrin se manifeste surtout au chant 9 de la Pharsale: la traversée du désert par Caton et ses soldats reprend exactement la structure de l'«épisode libyen» d'Arg. 4. Le prélude à cette traversée (Phars. 9, 303-367), ainsi que le plan du développement consacré aux serpents venimeux (9, 624-838a), contiennent des allusions explicites aux Argonautiques. D'autres épisodes sont des transpositions du récit d'Apollonios (la tempête sur mer devient p. ex. une tempête de sable). Selon ses besoins, Lucain réutilise le texte grec tel quel ou bien le transforme pratiquement dans son contraire. Le contenu extrêmement féerique des Argonautiques a été remplacé par un récit historiographique. Faute de sources sur la marche de Caton, Lucain a recours à des récits parallèles, notamment ceux des marches d'Alexandre le Grand dans le désert. Il résulte de cette combinaison d'éléments hétérogènes (récit féerique et récit historique) un texte très original et complexe quant à sa structure, qui accuse cependant quelques faiblesses de composition dans le détail. Les échos d'Apollonios sont plus nombreux qu'on ne l'attendrait, et on reconnaît, en Lucain, un lecteur inattendu, mais original, d'Apollonios de Rhodes.
Activités scientifiques des enseignants
Professeur François PASCHOUD
23.09.97: São Paolo: Conférence inaugurale du Symposium de la Société brésilienne d'études classiques: Fonti orali, fonti scritte e autopsia nelle storiografia della tarda antichità.
02.12.97: Université de Nice-Côte d'Azur, conférence aux agrégatifs: Les sources historiques pour la période 196-325.
03.12.97: Université de Nice-Côte d'Azur, conférence à l'école doctorale d'histoire ancienne: Constantin au Capitole: la version païenne de la conversion de Constantin et la légende de Sylvestre.
22.05.98: Colloque genevois sur l'Histoire Auguste:
Présentation de deux communications: 1) Propos sceptiques et
iconoclastes sur Marius Maximus. 2) aujtokravtwr
chez Zosime.
Monsieur René AMACKER
01-05.09.97: Participation à l'École d'été et au Colloque international organisés à Sion par la Société suisse de linguistique sur le thème «Épistémologie historique de la linguistique», et présentation d'une communication intitulée Le sujet parlant chez Varron.
27-29.11.97: Participation aux Dixièmes journées de linguistique latine, «Autour de la proposition relative latine : syntaxe, sémantique et pragmatique», organisées par les Facultés Universitaires Saint Louis (Faculté de Philosophie et Lettres) de Bruxelles, et présentation d'une communication sur Relatives hors normes: documents épigraphiques.
5-6.12.97: Organisation du 1er Colloque Charles Bally «De la stylistique à la linguistique générale» à Genève, et présentation d'une communication sur Bally juge de la Grammaire des fautes d'Henri Frei.
20.01.98: Cours public du Département, conférence intitulée A l'école à Rome.
30-31.01.98: Participation au colloque de la Société d'Histoire et d'Épistémologie des Sciences du Langage réuni à l'École Normale de Fontenay-aux-Roses, et présentation d'une conférence intitulée Exemples d'argumentation pragmatique chez quelques théoriciens latins.
27-28.2.1998: Participation au séminaire doctoral et postdoctoral d'Archamps sur «Idéologies, représentations et sociétés, l'Antiquité en héritage», et présentation d'une conférence intitulée Masse parlante et locuteur individuel chez Varron.
31.03.98: Conférence à l'Université «Babes-Bolyai» de Cluj-Napoca, intitulée Les cas chez Varron.
27-29.05.98: Participation au 2e Colloque «Charles Bally» de linguistique française organisée à Genève sur «Le discours écrit: qualité(s), spécificités et acquisitions», et présentation d'une communication intitulée La servante maîtresse.
11-13.06.98: Participation au Colloque international organisé à Lausanne sur «L'impersonnel dans les langues slaves et romanes», et présentation d'une communication intitulée Du non-personnel à l'impersonnel: extension d'une catégorie varronienne chez les grammairiens latins.
Trois heures hebdomadaires d'histoire de la linguistique (Département de linguistique générale).
Monsieur Gérard FRY
3-5.06.98: Participation au colloque «Les modalités
en latin» tenu à Paris (Paris IV/Sorbonne), présentation
d'une communication intitulée L'attitude modale en latin: problèmes
de logique et de probabilités et présidence d'une des
séances de travail.
Publications
Professeur François PASCHOUD
Pour un mille six centième anniversaire: le Frigidus en ébullition. Antiquité Tardive 5, 1997, p. 275-280.
L'Inuentio dans l'Histoire Auguste. Cassiodorus 3, 1977, p. 117-130.
La figure de Théodose chez les historiens païens. Congreso internacional «La Hispania de Teodosio», Salamanca, 1997, p. 193-200.
Quelques problèmes actuels relatifs à
l'historiographie de l'antiquité tardive. Symbolae Osloenses
73, 1998, p. 74-87.
Monsieur René AMACKER
Operazioni mentali e «rerum discrimina» nella teoria varroniana dei casi, dans: F. Albano Leoni, D. Gambarara, S. Gensini, F. Lo Piparo, R. Simone (a c. di), Ai limiti del linguaggio: vaghezza, significato e storia, Roma: Laterza, 1998, p. 151-178.
C. r. de T. De Mauro and Sh. Sugeta (eds.), Saussure and Linguistics Today (Roma: Bulzoni, 1995), dans: Cahiers Ferdinand de Saussure 50, 1997, p. 210-234.
En collaboration avec M.-C. Capt-Artaud et C. Forel, Les
Cahiers
Ferdinand de Saussure des origines à nos jours, dans: Cahiers
Ferdinand de Saussure 50, 1997, p. 341-354.
Monsieur Gérard FRY
Récits inédits sur la guerre de Troie: Iliade latine, Éphéméride de la guerre de Troie, Histoire de la destruction de Troie. Traduits et commentés par Gérard Fry. Paris (Les Belles Lettres: La Roue à Livres/Documents) 1998, 413 p.
Comptes rendus d'ouvrages consacrés à l'antiquité,
surtout chrétienne, et articles divers sur les mêmes sujets
et sur quelques autres, effectués tout au long de l'année
pour la revue CHOISIR.
Autres activités
Professeur François PASCHOUD
Directeur du Département.
Co-rédacteur de la revue internationale d'histoire ancienne HISTORIA (responsable pour l'antiquité tardive).
Membre de la Commission internationale du «Thesaurus linguae Latinae» et du geschäftsführender Ausschuss de cette Commission.
Membre de la SIBC (Société internationale de bibliographie classique); à ce titre, participation à une réunion à Paris.
Secrétaire général de la Fédération internationale des Associations d'Études Classiques (FIEC), depuis 1974. Collaboration à la préparation du Congrès FIEC de 1999 (Kavala, Grèce).
Représentant de la Faculté des lettres de Genève au sein du Conseil de Fondation de la Fondation Hardt, et président de ce Conseil. À ce titre, gestion de la Fondation, participation à la réunion de ses organes, et organisation de la publication du volume annuel d'«Entretiens».
COLLOQUE
Depuis les années 60 a été régulièrement
organisé par l'Université de Bonn un colloque annuel consacré
à l'Histoire Auguste. Depuis 1990, ce colloque a été
pris en charge par un groupe d'Universités européennes: Bonn,
Paris, Genève, Macerata et Pérouse, Barcelone. Depuis 1994,
ce colloque n'a plus lieu que tous les deux ans. Il s'est réuni
une première fois à Genève en 1991. C'était
en 1998 de nouveau le tour de notre Université d'organiser cette
rencontre. Celle-ci s'est déroulée dans d'excellentes conditions
du 21 au 24 mai, réunissant quelque vingt participants au Centre
John Knox, très agréablement situé dans un cadre presque
campagnard au Grand Saconnex. Le financement du colloque a été
assuré par notre Département, la Faculté des Lettres,
le Fonds général de l'Université, et la Société
académique. La reconnaissance des participants s'adresse aux responsables
de ces institutions qui, par leur contribution, ont rendu cette réunion
possible. En un temps où fleurissent des manifestations relevant
du culte de la personnalité, il ne sera pas superflu de préciser
que ce colloque n'a pas été organisé pour célébrer
les soixante ans de qui que ce soit.
Monsieur René AMACKER
09.07.97: Juré du deuxième examen oral jalonnant la préparation du doctorat en linguistique latine de Mlle Béatrice Tataru, à l'Université Babes-Bolyai de Cluj-Napoca.
30.03.98: Juré du troisième examen oral de Mlle Béatrice Tataru, à l'Université Babes-Bolyai.
28.04.98: Membre de la commission de nomination de Mme Elena Radu-Braniste (ancienne étudiante de notre Département) au collège du Cycle d'orientation de Pinchat.
Président du Cercle Ferdinand de Saussure et co-rédacteur des Cahiers Ferdinand de Saussure.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR ALEX LEUKART,
CHARGÉ DE COURS
Grammaire comparée
Cours-séminaire
Hiver:
Introduction à la linguistique indo-européenne
A partir du grec et du latin: répartition géographique et chronologique des langues indo-européennes. Modèles théoriques de classification et d'explication de la diffusion des langues indo-européennes. La question des origines et de la provenance géographique des populations («Urheimat»); «archéologie» indo-européenne. Dialectologie indo-européenne ? Méthodes de la linguistique comparative et historique: phonétique, phonologie et morphologie; les catégories grammaticales; critères de comparabilité et de parenté; reconstruction interne et externe, régressive et progressive; facteurs sociaux, économiques, stylistiques. Illustration de phénomènes phonologiques, morphologiques et - à cheval entre les deux - d'apophonie. Application pratique de l'ensemble des méthodes dans la recherche étymologique.
Eté:
Étymologie gréco-latine
L'origine des vocables suivants a été étudiée:
Probus - superbus et leurs correspondants grecs et sanscrits; uber, adjectif, issu d'un substantif appartenant à la classe des neutres i-e. en *-r/-n-; vetus, idem, mais dérivé rétrogradement de vetustâs, issu par haplologie de *vetustitâs (cf. vetus-tus, témoin de vetus '*année' en latin). Le cours s'est poursuivi par un exposé concis de la théorie des laryngales conduisant à la présentation des produits grecs et latins des racines *gen(e)- (gr. gignomai, genesis, gnêsios; lat. gignere, (g)nâscor, (g)nâtus) et *gnô- (gr. gnônai, gignôskô; lat. (g)nôsco, mais gnârus en face de ignôrâre), puis une étude sémantique contrastive des dérivés variés des racines verbales *leg'- et *deik'- en latin (dîcô, in-dex, vin-dex, iû-dex; legô et ses dérivés préfixés, religiô), grec (deik-nûmi, dikê, dikeîn, diskos, diktuon; legô et ses dérivés préfixés, logos), sanscrit (dis'-, rajan-) et germanique (zeihen, zeigen). Il s'est terminé par la comparaison des représentants de la racine *deiu- (grec Zeus, dîos; latin Iuppiter, diês, deus/dîva; sanscrit dyaus, deva); grec theos est d'une origine complètement différente.
Sanscrit
Cours élémentaire sur la base du manuel de J. Gonda, avec contrôle continu des exercices pratiques.
Séminaire: d'abord répétition
détaillée des différents types de composés
nominaux; ensuite lecture et explication grammaticale d'un passage de texte
tiré du manuel de Gonda, suivi des vers 1 à 16 du premier
chapitre et 12 à 29 du deuxième chapitre du Conte de Nala
et, pour finir, des versets 12 à 16 du deuxième chapitre
de la Bhagavadgîtâ (traitant de l'immortalité
de l'âme).
Activités scientifiques
Participation à un cours intensif (6 heures par jour sur 5 jours) d'introduction au tokharien, donné par le professeur Georges Pinault, directeur d'études à l'École Pratique des Hautes Études (Paris), du 22 au 26 septembre 1997 à l'Université Libre de Berlin (chaire du professeur Michael Meier-Brügger).
Participation au Colloque international sur la bilingue caro-grecque de Kaunos (découverte d'un nouveau fragment du texte grec et confirmation définitive du déchiffrement du carien comme langue néo-louvite et par conséquent indo-européenne) organisé par les professeurs zurichois Peter Frei et Christian Marek (éditeurs de l'editio princeps de la bilingue dans Kadmos 36/I, 1997) à Feusisberg près de Zurich du 31 octobre au 1er novembre 1997; plusieurs interventions.
Participation à l'assemblée annuelle de l'Association transfrontalière universitaire (ATU), tenue le 22 avril 1998 à Archamps.
Invité par le professeur Françoise Létoublon, M. Leukart a donné deux cours de 3 heures chacun, intitulés Les alternances vocaliques en indo-européen et Les méthodes comparatives et leur application, illustrée par quelques étymologies choisies, à l'unité de grec ancien de l'Université Stendhal à Grenoble, le 29 avril et le 6 mai 1998.
Ibidem, préparation de la participation envisagée au projet HOMERICA (CD-ROM sur Homère, sous la direction de Mme Létoublon). Établissement d'une page de notes mycénologiques sur l'Internet, au sujet des mots homériques tripous, hippos, onos.
Achilleus, Thersites, Aristoteles: Zur Ursprungsbedeutung
dreier griechischer Personennamen. Conférence prononcée
le 25 mai 1998 à l'Université de Zurich sur invitation du
professeur Georges Dunkel, dans le cadre des unités de linguistique
indo-européenne et de philologie classique.
Autres activités
Membre suisse du Comité international permanent des études mycéniennes (CIPEM).
Membre suppléant du Sénat de l'Université.
Membre suppléant du Conseil de Faculté.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR ADALBERTO GIOVANNINI,
PROFESSEUR ORDINAIRE
Cours
Histoire de Rome des origines à 133 av. J.-C.
Après un bref aperçu du peuplement de l'Italie
au début du 1er millénaire, examen critique des sources littéraires
et archéologiques sur les premiers siècles de l'histoire
de Rome. Histoire de la soumission de l'Italie à partir de la prise
de Véies en 395 jusqu'à la prise de Tarente en 272, en mettant
l'accent sur la politique d'intégration progressive et en même
temps de décentralisation qui a permis aux Romains de devenir une
grande puissance en un peu plus d'un siècle. Les guerres puniques
de 265 à 201, en soulignant l'extraordinaire capacité des
Romains à s'adapter à des situations nouvelles, notamment
lorsqu'ils durent s'aventurer sur mer pour attaquer les Carthaginois sur
leur propre terrain. Enfin, la conquête de la Méditerranée
à partir de 200, dont les motifs ne peuvent être compris que
dans une évaluation de la politique extérieure de Rome depuis
les débuts de la République jusqu'à Auguste; on a
notamment mis l'accent sur les intérêts matériels et
économiques, qui sont souvent sous-estimés dans la littérature
spécialisée. On a terminé le cours par un aperçu
de l'histoire du monde grec après la conquête romaine.
Séminaire 1
Épigraphie grecque
Réservé à des étudiants connaissant
le grec, ce séminaire devait être en premier lieu une initiation
à l'épigraphie grecque, qui est une discipline particulièrement
difficile, en raison principalement de son extraordinaire richesse et de
sa très grande diversité. On s'est dans un premier temps
occupé d'inscriptions d'époque hellénistique dont
une bonne partie concernait l'histoire d'Athènes, puis, dans la
seconde partie de l'année, d'inscriptions d'époque romaine
en terminant avec des documents romains traduits en grec.
Séminaire 2
Philosophies et religions étrangères dans l'empire romain
Présentation de la religion romaine et de ses spécificités. Ouverture des Romains aux cultes et aux dieux étrangers. L'affaire des bacchanales, qui semble avoir été surtout une question d'argent. L'attitude des Romains envers les philosophies grecques. La restauration religieuse augustéenne. Ensuite, trois séances consacrées au judaïsme dans l'empire romain et une dizaine de séances consacrées au christianisme depuis la persécution de Néron jusqu'à la christianisation de l'empire au courant du IVe siècle.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR DANIEL PAUNIER,
PROFESSEUR ASSOCIÉ
Séminaire
Archéologie des provinces romaines: la péninsule ibérique
Malgré une conquête difficile qui a duré près de deux siècles, la péninsule ibérique, terre de contrastes, représente l'une des régions les plus romanisées de l'Empire. Riche en mines, exportatrice de céréales, de vin et d'huile, patrie de l'empereur Trajan et de nombreux hommes de lettres, elle a joué un rôle considérable sur les plans économiques, politiques et culturels.
Le séminaire a permis d'aborder de nombreux thèmes
comme le peuplement (Phéniciens, Grecs, Ibères et Celtibères)
et les langues préromaines, l'économie (développement
du réseau routier, organisation de la navigation maritime et fluviale,
industrie minière, production de salaisons, économie rurale,
échanges, en particulier par l'analyse du chargement des épaves
et la diffusion des amphores), l'architecture (temples romains et sanctuaires
indigènes, monuments des jeux, aqueducs, ponts), les témoignages
de la religion romaine et indigène, les arts (sculpture et mosaïques)
et l'urbanisme (analyse de l'organisation spatiale et de l'équipement
monumental de quelques sites représentatifs comme Ampurias, Mérida,
Baelo, Italica ou Tarragone).
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR ERHARD GRZYBEK,
MAÎTRE D'ENSEIGNEMENT ET DE RECHERCHE
Cours
De Cyrus le Grand à Darius III: histoire de l'Empire perse
Ce cours poursuivait plusieurs buts: tout d'abord, il fallait faire connaître à ses auditeurs la situation historique du Proche-Orient ancien au VIe siècle av. J.-C., lorsque Cyrus le Grand fonda l'Empire perse. Ensuite, il s'agissait de traiter l'histoire politique, économique et sociale de cet empire, notamment sous les règnes de Cyrus, de Cambyse et de Darius Ier, où furent posés les fondements d'un État qui dura finalement plus de deux siècles. Un but supplémentaire de ce cours était de présenter à l'auditoire les sources antiques d'où doit partir toute analyse historique. Parmi ces textes cunéiformes, c'est évidemment la longue inscription rupestre de Behistoun qui prit la part la plus large, vu son importance pour comprendre l'avènement et les premières années de Darius le Grand. Quant aux textes littéraires, ce sont sans aucun doute les Livres I et III d'Hérodote, auxquels il fut recouru le plus souvent, car nos connaissances de cette époque-là se basent essentiellement sur l'œuvre de cet historien grec. Le cours se terminait par une étude critique des découvertes faites au VIe et au début du Ve siècle av. J.-C. et qui influençèrent l'histoire ultérieure, ainsi que la conception que l'homme se faisait de la terre: la circumnavigation de l'Afrique sous Nékao II (609-594 av. J.-C) et surtout, sous Darius Ier, la circumnavigation de la péninsule arabique et le percement d'un canal ouvrant pour la première fois la voie maritime entre la Méditerranée et la mer Rouge.
Séminaire
Euripide et Aristophane: critiques de la politique et de la société athéniennes
En se basant sur les tragédies d'Euripide et les
comédies d'Aristophane, les participants de ce séminaire
ont procédé à une étude de la vie intellectuelle
d'Athènes, telle qu'elle se déroulait au cours de l'une des
périodes les plus cruciales de l'histoire grecque, c'est-à-dire
pendant la guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.). D'une
part, il s'agissait de déceler dans les tragédies d'Euripide
toutes les allusions aux événements contemporains, remarques
qui peuvent être considérées comme une critique ou
une justification de la politique athénienne d'alors. De l'autre,
il incombait aux étudiants d'examiner à fond les comédies
d'Aristophane pour découvrir et comprendre les critiques que cet
auteur a émises, dans ses œuvres, non seulement à l'égard
de la politique officielle d'Athènes, mais encore envers la société
athénienne en général. Ainsi, ces études successives
sur Euripide et Aristophane ont permis aux participants de ce séminaire
de se familiariser avec l'histoire politique sociale et religieuse de l'État
athénien de la deuxième moitié du Ve siècle
av. J.-C.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR PIERRE SÁNCHEZ,
MAÎTRE ASSISTANT
Séminaire
Épigraphie latine: l'Espagne romaine
Comme d'habitude, ce séminaire, destiné à la fois aux historiens et aux latinistes, a été conçu comme une introduction à l'épigraphie, en même temps qu'une initiation aux structures politiques, religieuses, administratives et sociales de l'Empire romain, d'Auguste aux Sévères (onomastique et statut social des citoyens, affranchis et pérégrins; titulature impériale; carrières sénatoriales, équestres, municipales et militaires; corporations et cultes; munificence, etc.).
En prévision du voyage de l'unité d'histoire
ancienne en Espagne (15-28 septembre 1998), le séminaire de cette
année a été entièrement consacré à
l'étude des inscriptions des trois provinces de l'Hispania Romana.
Activités scientifiques des enseignants
Professeur Daniel PAUNIER
Été 1997: Participation à plusieurs émissions de la Radio Suisse Romande dans la série «Gallop romain».
26-28.9.97: Sion: Membre du comité scientifique et participation au VIIIe colloque international sur les Alpes dans l'Antiquité: L'apport des méthodes de datation dans l'archéologie des Alpes occidentales de le Préhistoire au Moyen Age.
06-11.10.97: Président du comité d'organisation du VIIIe colloque international de la mosaïque antique, organisé à l'Université de Lausanne. Exposé introductif.
07-08.11.97: Berne: Participation au colloque annuel de l'Association pour l'archéologie romaine en Suisse.
08.11.97: Genève: colloque «Le Léman», organisé par la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève. Communication: Le Léman: la voie d'eau des Gallo-Romains au Moyen Age.
12.11.97: Cercle genevois d'archéologie: Actualité archéologique: les fouilles gallo-romaines en Suisse romande, avec la collaboration de Ch. Martin Pruvot, F. Rossi et F. Wiblé.
07.05.98: Yverdon-les-Bains: conférence: Carrières, exploitation, taille, transport et usage de la pierre à l'époque romaine.
Juill.-août 98: Direction des recherches archéologiques sur le site de la villa gallo-romaine d'Orbe-Boscéaz (VD).
Jury de thèse: Université de Lille III.
Publications
Professeur Adalberto GIOVANNINI
Les relations de parenté entre cités grecques: à propos d'un livre récent, Museum Helveticum 54, 1997, p. 158-162.
La guerre de Troie entre mythe et histoire, Ktema 20, 1995, p. 139-176.
Les livres auguraux, dans: La mémoire
perdue: recherches sur l'administration romaine (Collection de l'École
française de Rome 243), Rome 1998, p. 103-122.
Professeur Daniel PAUNIER
Explorer les archives du sol..., dans: Cahiers de la Faculté des Lettres de l'Université de Genève, Genève 1997, p. 6-9.
L'héritage antique, dans: A. Paravicini Bagliani, J.-P. Felber, J.-D. Morerod, V. Pasche, Les Pays romands au Moyen Age, Lausanne 1997, p. 13-29.
En collaboration avec Ch. Martin Pruvot, Th. Luginbuehl, F. Meylan et alii, Le Parc-aux-Chevaux, sondages préliminaires dans la maison 1 (PC 1). Rapport sur la campagne de fouilles d'octobre 1996, Lausanne 1997, 50 pages.
En collaboration avec E. Abetel, Résumés d'archéologie suisse, Époque romaine, année 1994. Institut d'archéologie et d'histoire ancienne, Lausanne 1997, 165 pages.
En collaboration avec Ch. Martin Pruvot, Th. Theurillat, S. Verdan, Th. Luginbuehl et F. Meylan, Le Parc-aux-Chevaux, sondages préliminaires dans la maison 1 (PC 1). Rapport sur la campagne d'octobre 1997, Lausanne 1998, 54 pages.
Rédaction de plusieurs articles pour le Dictionnaire Historique de la Suisse.
Autres activités
Professeur Adalberto GIOVANNINI
Rédaction du Museum Helveticum.
Président du Groupe romand des études grecques.
Professeur Daniel PAUNIER
Vice-président de la Division I du Fonds national de la recherche scientifique.
Directeur de l'Institut d'archéologie et d'histoire ancienne de l'Université de Lausanne.
Président du Curatorium de l'Académie suisse des sciences humaines «Corpus Signorum Imperii Romani».
Membre du Curatorium de l'Académie suisse des sciences humaines pour les «Trouvailles monétaires en Suisse».
Expert pour l'archéologie auprès de la Commission fédérale des monuments historiques.
Président de la Commission d'archéologie pour la construction de la RN 5 dans le canton de Neuchâtel.
Membre de la Commission scientifique des fouilles archéologiques de la RN 9 en Valais.
Membre du Conseil de Fondation de la Commission scientifique et du Comité de Pro Aventico.
Membre du Conseil de Fondation et de la Commission scientifique Pro Octoduro.
Président de la Commission scientifique des fouilles sur l'oppidum du Mont Vully.
Conseiller scientifique pour l'époque romaine du Dictionnaire Historique de la Suisse.
Membre du Conseil de Fondation et du Comité scientifique de la Fondation Suisse-Liechtenstein pour les recherches archéologiques à l'étranger.
Membre du Comité des chercheurs du Centre archéologique européen du Mont Beuvray (Bibracte).
Éditeur responsable des Résumés d'archéologie suisse.
Membre du Comité de rédaction de la revue Gallia.
Membre du Comité de lecture du Bulletin de l'Association Pro Aventico.
Membre d'honneur de l'Association internationale pour la peinture murale antique.
Membre correspondant pour la Suisse de l'Association internationale pour l'étude de la mosaïque antique.
Membre associé étranger de la Société Nationale des antiquaires de France.
Membre correspondant de l'Institut archéologique allemand.
Membre de nombreuses sociétés suisses et étrangères et commissions universitaires.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR JEAN-PAUL DESCŒUDRES,
PROFESSEUR ORDINAIRE
Cours
Pompéi romaine
Le cours examine en détail l'évolution de la ville du IIe siècle av. J.C. au 24 août 79, faisant suite à la présentation de Pompéi pré-romaine de l'an dernier.
Séminaire d'introduction (pour étudiants débutants), avec Éliane Brigger
Archéologie classique, méthodes et monuments
Une première série de séance a été consacrée à la définition et à l'histoire de notre discipline, à ses méthodes, ses moyens et ses outils de travail. Les séances suivantes ont servi à présenter les témoins principaux de la culture matérielle gréco-romaine, de l'époque néolithique jusqu'à Constantin.
Séminaire avancé (réservé aux étudiants de 3e et 4e année)
Rome de 100 av. à 100 ap. J.C.
Ce séminaire, conçu comme complémentaire au cours principal, a été l'occasion d'examiner les monuments de la capitale les plus importants datant entre la fin du IIe siècle avant et la fin du Ier siècle après J.-C.
Colloque post-licence
Travaux en cours et découvertes récentes
Ce colloque réunit les enseignants de l'unité et tous les licenciés intéressés pour se tenir au courant de leur projets et recherches et pour s'informer mutuellement des découvertes et développements récents. Entre autres, Éliane Brigger a donné un résumé de son travail sur les statues de culte classique qu'elle a présenté aussi à l'occasion d'un colloque.
Excursions
30 avril-4 mai: à Rome, avec les étudiants avancés, dans le cadre du séminaire sur Rome. Le thème de cette excursion est: Rome et ses horti entre la fin de la république et le début de l'empire.
21-22 mai: visite à Paris, organisée par Éliane Brigger, de l'exposition La gloire d'Alexandrie.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR JEAN-MARC MORET,
CHARGÉ DE COURS
Cours
Les pierres gravées à Rome aux Ier siècles avant et après J.-C.
Présentation des différentes espèces de gemmes et de la technique de gravure. Les pâtes de verre: procédé de coulage et fonction comme substituts des gemmes. Difficuté de localiser les ateliers: Pinarius Cerealis, à Pompéi, n'était probablement qu'un marchand ou un grossiste. Aquileia, le plus important lieu de trouvailles et le principal centre de fabrication au Ier siècle av. J.-C., ne livre aucune information quant au fonctionnement des ateliers. Les seuls critères de répartition du matériel sont d'ordre stylistique.
Les signatures d'artistes, très nombreuses au Ier siècle av. J.-C., révèlent l'existence de familles de graveurs (ex.: Dioscouridès et ses trois fils, qui ont tous signé des intailles et des camées), mais ne permettent pas de grouper en ateliers les autres personnalités. L'épigraphie, en revanche, atteste l'association de Félix, Antéros et quelques autres gemmarii, installés sur la Via Sacra.
Signification politique des thèmes figurés:
non seulement quand on a affaire à des portraits (ex.: Pompée,
Brutus, Octavien), mais également par le truchement des symboles
(ex.: tridents, dauphins, aplustres pour Actium). Un nombre impressionnant
de gravures célèbre la paix et la prospérité
retrouvées (épis de blé, cornes d'abondance, bourses
d'argent). Les scènes sacrées (cultes campagnards et sacrifices),
bien connues par les reliefs de stuc, connaissent alors la même popularité
sur les intailles.
ENSEIGNEMENT DE MADAME FREDERIKE VAN DER WIELEN,
CHARGÉE DE COURS
Cours-séminaire: Sculpture et coroplathie classiques
Cours
Été 1998
La sculpture grecque
Cours traitant de la sculpture grecque pendant la période allant de la fin du VIe au Ve siècle avancé. Cette période est non seulement riche en documents originaux, mais permet également d'aborder, dès l'apparition du style sévère, le problème des copies romaines. Ajoutez à cela l'étude des descriptions de sites, d'œuvres et d'artistes, rapportées par les auteurs anciens, ainsi que celle des moulages modernes, dans notre collection, d'œuvres grecques et romaines, il devient alors possible d'apprécier pleinement l'évolution artistique au début de l'époque classique.
Séminaire (en collaboration avec Mme Chantal Courtois, collaboratrice scientifique au Département des antiquités grecques et romaines du Musée d'art et d'histoire de Genève).
Été 1998
La coroplathie grecque
Ce séminaire a eu pour but de familiariser les étudiants avec le matériel coroplathique ou «petite plastique en terre cuite», offrant ainsi une complémentarité au cours de sculpture. Ce but n'aurait pu être atteint sans la possibilité de pouvoir utiliser les collections du Musée d'art et d'histoire comme matériel d'étude. Ce laboratoire de choix a permis d'aborder, exemples à l'appui, de nombreux aspects d'un domaine encore bien mal connu. La production de la Béotie a été privilégiée, en raison de sa bonne représentation dans les collections du Musée et de l'illustration qu'elle fournit de la période archaïque à la période hellénistique. Mme Courtois a fait profiter les étudiants de son expérience en matière de terres cuites; elle a également présenté quelques aspects de ses propres recherches effectuées dans ce domaine sur le matériel conservé au Musée de Genève. Les étudiants ont rédigé des fiches techniques à partir de l'examen des figurines mêmes; ensuite, grâce aux photographies fournies par Mme Viviane Siffert, ils ont pu continuer en bibliothèque l'étude des différents types reconnus, avant de commenter ces derniers sous la forme d'un exposé. Le séminaire a en outre bénéficié de la participation de Mme Sylvia Hirsch (Fribourg), qui a présenté quelques aspects traités dans son étude portant sur les figurines gréco-romaines d'Égypte du Musée d'art et d'histoire.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR JEAN-LOUIS ZIMMERMANN,
CHARGÉ DE COURS
Cours-séminaire
La religion et le pouvoir chez les Minoens
Le cours a porté sur la structuration graduelle de la religion minoenne en relation avec l'évolution socio-économique crétoise, du Minoen Ancien à la prise du pouvoir par les Mycéniens.
Il s'agissait de démontrer l'imbrication du sacré et du profane, ainsi que l'importance sociale des cérémonies qui liaient les Minoens à leur environnement. Les rites agraires et chthoniens, l'invocation divine, l'initiation, les sacrifices et même l'épiphanie active ont été examinés à la lumière des découvertes archéologiques les plus récentes.
Les structures palatiales, l'iconographie religieuse et le matériel liturgique ou symbolique témoignent de l'intérêt croissant du pouvoir envers des pratiques qui permettaient aux Minoens de communiquer avec leurs divinités. Après les destructions sismiques des premiers palais, vers 1700 av. J.-C., la centralisation néopalatiale, le développement de la hiérarchie sacerdotale et des rites intégrant la nature dans l'espace urbain semblent témoigner de l'idéologie de la classe dirigeante, du moins jusqu'à la fin du Minoen Récent Ib, vers 1450 av. J.-C.
En été, les participants au séminaire ont cherché à définir les sanctuaires naturels, urbains et palatiaux par l'analyse de l'architecture, des ex-voto, des symboles et du matériel cultuel. L'iconographie a permis de souligner toute l'ambiguïté des rapports entre les Minoens et leurs divinités.
Les cérémonies néo- et postpalatiales, le rôle religieux des femmes et les rites funéraires ont également été étudiés, afin de comprendre certains aspects de la spiritualité minoenne, telle qu'elle est reflétée par la culture matérielle.
Mémoires de licence
Madame Laure-Christine MOURON
Munera et venationes, mosaïques dans les provinces romaines d'Europe et d'Afrique du Nord
Après avoir constitué un corpus comprenant principalement les scènes figurées considérées en tant que spectacle dans l'amphithéâtre, un inventaire a été établi. Il est apparu judicieux de classer les éléments en deux groupes distinctifs: les mosaïques commémoratives (compte rendu figuratif, catalogue d'animaux avec indications de noms ou de chiffres ou emblème de sodalité, évocation d'un munus et/ou d'une venatio offerts par un commanditaire) et les mosaïques représentatives (mention simple des jeux). Une dissemblance apparaît entre les représentations d'Europe et d'Afrique du Nord, mettant en évidence la diversité des mentalités: les Africains, friands de venationes, choisissent un langage de style pictural avec grandes fresques colorées, «spectacle filmé» de bout en bout, parfois commenté, très souvent commémoratif; les Européens, plus fidèles aux ateliers romains, optent plutôt pour les munera et le canevas géométrique, avec des images saisies sur le vif, «spectacle photographié», parfois commémoratif. Les mosaïques ont été retrouvées pour la plupart dans des villas urbaines et rurales, les commanditaires font partie d'une classe sociale privilégiée: les jeux sont organisés presque sans exception à des fins politiques, ils s'avèrent un véhicule idéal de socialisation et de romanisation, à la fois symbole et preuve de civilisation, marque de la culture romaine. La majorité des documents se situent au IIIe siècle, époque d'échanges commerciaux et d'essor économique.
Madame Dörte WATZLAWICK-KLAHN
Représentations d'arbres sur les vases attiques de la période archaïque
L'objectif de ce travail était l'analyse d'un échantillon représentatif de motifs d'arbres dans la peinture sur vases attiques de la période archaïque en vue de les attribuer à certains peintres ou groupes de peintres et pour déterminer si ce motif a connu une évolution ou n'apparaît que de manière spontanée.
Après un bref aperçu rétrospectif de l'évolution des représentations des plantes (plutôt rares) dans l'art grec archaïque, nous avons pu montrer que de véritables arbres n'apparaissent sur les vases qu'à partir du milieu du VIe siècle av. J.-C. Mais ce n'est qu'à l'époque de l'expérimentation de la nouvelle technique de peinture sur vases à figures rouges (env. 530 av. J.-C.) que nous trouvons une grande variété de motifs d'arbres sur les vases qui est néanmoins limitée à quelques peintres ou «ateliers» et presque exclusivement à la peinture à figures noires qui coexiste avec la peinture à figures rouges jusqu'à la fin du siècle et au-delà.
La partie principale du travail décrit la représentation d'arbres selon les fonctions spécifiques qu'ils peuvent avoir. Environ la moitié des représentations d'arbres font partie des scènes du cycle d'aventures d'Héraclès, thème préféré parmi tous des peintres sur vases. S'agit-il de l'arbre d'Athéna, sa protectrice, indique-t-il l'appartenance d'Héraclès aux mortels ou est-ce un symbole pour «victoire» ou «courage» ? D'autres arbres dans des scènes mythologiques indiquent plus clairement un lieu ou sont l'attribut d'un personnage.
S'il existe des représentations de la vie quotidienne qui sont profanes comme la récolte, des baignades ou la chasse, d'autres semblent reproduire des fêtes religieuses.
Les recherches ont montré qu'on ne peut pas parler
d'une évolution dans la manière de «peindre»
les arbres; l'intérêt de les intégrer dans les images
semble appartenir à quelques peintres ou groupes de peintres, ce
qu'on peut aussi constater en suivant les filiations que les chercheurs
ont pu mettre en évidence.
Activités scientifiques des enseignants
Professeur Jean-Paul DESCŒUDRES
8-17.10.97: Campagne photographique à Rome, avec la photographe de la Faculté des Lettres, Mme Viviane Siffert, et assisté par M. Pierre Tomasetti, ancien membre de la Garde suisse et photographe. Cette campagne, qui se veut la première d'une série visant à combler les considérables lacunes dans la diathèque du Département en ce qui concerne les monuments et la topographie des sites anciens en Italie, a permis de prendre près d'un millier de diapositives des monuments les plus importants datant de la fin du IIe siècle avant J.-C. et du début du IIe s. ap. J.C. (les seules exceptions notables étant les maisons d'époque républicaine et la maison d'Auguste sur le Palatin, en cours de restauration et donc inaccessibles pour le moment). Grâce à des permis spéciaux, il a été possible d'inclure dans cette campagne non seulement le Forum de César et les marchés de Trajan, mais encore et surtout le temple d'Hercule à Tivoli, monument inédit malgré son importance.
9-10.12.97: Participation (sur invitation) au 21e colloque classique du British Museum, consacré cette année au thème 'Greeks in the East'.
15-25.6.98: Campagne de fouilles à Pompéi, avec Mme Éliane Brigger comme directrice des travaux, Mme Viviane Siffert comme photographe et une équipe de fouilleurs constituée de six étudiants avancés ou post-grades de notre unité. Le but de cette campagne était d'examiner la fonction du fameux 'mur de quai' à l'ouest de la Porte Marine. Le sondage effectué a permis de prouver définitivement que le mur en question n'a jamais servi de mur de quai; il a aussi révélé que l'histoire de cette zone extra muros est beaucoup plus longue et complexe qu'on ne l'avait supposé. Nous envisageons donc de poursuivre cette enquête avec des moyens plus importants.
20-23.6.98: Seconde campagne photographique pour la diathèque, toujours avec Mme Siffert. Les sites documentés sont: Cumes, Misène, les Champs Phlégréens, la Villa Hadriana et surtout toutes les peintures encore in situ des maisons d'Ostie, grâce à l'autorisation spéciale de la Surintendance.
Madame Frederike VAN DER WIELEN
1997-98: Participation (deuxième année), à l'Institut d'archéologie classique de l'Université de Berne, au programme de recherche international (Berne, J. Paul Getty Museum à Malibu, Université de Groningen, Surintendance archéologique de la Calabre à Sybaris, Musée national de Copenhague) consacré à l'étude du site de Francavilla Marittima et de son matériel.
Été 1998: Participation au séminaire intensif, donné à l'Institut d'archéologie classique de l'Université de Berne, sur la chronologie absolue de l'Age du Fer.
12-13.6.98: Participation au colloque intitulé:
Griechenland
in der mittleren und späten Kaiserzeit, organisé à
Berne à l'occasion du soixantième anniversaire du professeur
D. Willers.
Publications
Professeur Jean-Paul DESCŒUDRES
MEDITERRANEAN ARCHAEOLOGY. Australian and New Zealand Journal for the Archaeology of the Mediterranean World 9/10, Sydney 1997, 260 p., 47 pl.
Pompei. Pitture e mosaici, vol. VII (1997), p. 996-1107 (Ins. 4, 31.51).
'The Chiusa at the Masseria del Fano in Salento' dans: Meditarch 9/10, 1997, p. 207-231.
(Avec D. Harrison) Greek and Roman Lamps in the Abbey Museum, Caboolture dans: Meditarch 9/10, 1997, p. 77-103.
Madame Frederike VAN DER WIELEN
Actes de la Table ronde sur Arpi, «Il Caso Arpi. Ambiente italico e magno greco tra primo e medio ellenismo», tenue le 8 mars 1996 à Foggia, Foggia 1997, p. 74-77.
Monsieur Jean-Louis ZIMMERMANN
La danse dans l'Antiquité grecque, dans P. Birchler et al. (éd.), La musique et la danse dans l'Antiquité, Genève 1996, p. 34-40.
Les trépieds mycéniens tardifs,NAC Quaderni Ticinesi 26 (1997), p. 9-26.
Autres activités
Professeur Jean-Paul DESCŒUDRES
Rédacteur en chef de Mediterranean Archaeology. Australian and New Zealand Journal for the Archaeology of the Mediterranean World.
Membre du Conseil de l'Institut archéologique australien en Grèce.
Membre de l'Association suisse pour l'étude de l'antiquité.
Membre du Comité de l'Association des amis de l'art antique.
Membre du Comité scientifique de l'École suisse d'archéologie en Grèce.
Membre de la Commission de coordination des enseignements en archéologie.
Délégué relations internationales du rectorat (collaboration avec les universités d'Océanie).
Responsable des rapports officiels entre l'Université de Genève et la Surintendance archéologique d'Ostie pour les fouilles de la Schola del Traiano à Ostie, dirigées conjointement par Clemens Krause (Université de Fribourg) et Angelo Pellegrino (Surintendance archéologique d'Ostie) avec Laurent Chrzanovski comme directeur des travaux.
Conférence sur Les fouilles récentes au Salento: archéologie et histoire, pour le groupe romand des études grecques et latines (Lausanne, 8 novembre 1997).
(Avec Patrizia Birchler-Émery), présentation de l'unité d'archéologie classique dans Campus No. 39 (octobre-décembre 1997) 42-7: Genève sur les rives méditerranéennes.
(Avec Frederike van der Wielen, présidente de l'Association des Amis de l'Art Antique), organisation des conférences publiques suivantes:
A. Bottini (surintendant arch. de la Toscane, Florence): Un ventennio di ricerche sugli Italici: un bilancio (19.11.97).
O. Bingöl (Univ. d'Ankara): The recent excavations at Magnesia on the Meander (14.1.98).
Z. Fiema (American Center of Oriental Research, Amman): Petra (22.1.98).
R. Smith (Université d'Oxford): Roman Emperors and Greek Heroes: the Reliefs from the Julio-Claudian Sebasteion at Aphrodisias (11.6.98).
(Avec Frederike van der Wielen):
Création des archives Dörig, grâce à une subvention de la Société Académique qui a permis d'embaucher M. Brenno Bottini pour six mois à mi-temps.
Madame Frederike VAN DER WIELEN
Présidente de la Section genevoise de l'Association des amis de l'art antique: organisation de conférences publiques.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR YVES CHRISTE,
PROFESSEUR ORDINAIRE
Cours et séminaires
Hiver 1997-1998: en congé scientifique.
Eté 1998
Le cours du mardi matin a été consacré à une révision des interprétations de la sculpture romane: problèmes de style, d'iconographie et surtout de dates. A cette occasion, quatre séances consécutives ont été réservées à la question du grand portail figuré, à sa genèse et à son développement roman, avant son épanouissement dans l'art gothique.
Il a été traité dans le séminaire du mercredi matin de quelques grands thèmes de l'art paléochrétien et médiéval: les règles de composition relatives aux images d'apparat du IVe au XIVe siècle; la Maiestas Domini et l'adoration des Vieillards; le Jugement dernier; l'intégration du portail dans la façade; l'éclairage des portes hautes des édifices basilicaux, du IVe au XIIIe siècle.
Le séminaire du vendredi après-midi, inséré
dans le DES Renaissances médiévales, a été
entièrement consacré à l'analyse de l'Héxaméron
dans les Bibles moralisées, ceci en préparation du colloque
d'Auxerre. Les conclusions de ce séminaire seront publiées
dans les «Cahiers Archéologiques». Notre analyse nous
a permis de recouper très étroitement celles de J. Lowden
et de H. W. Stork, de prendre du recul par rapport aux travaux de R. Haussherr,
et surtout de nous distancer radicalement de toute une série de
présupposés, de ce qu'il faut bien appeler le «pot
de chambre» des idées reçues recueillies et conservées
aujourd'hui quelque part à Berne.
ENSEIGNEMENT DE MADAME VÉRONIQUE GERMANIER,
ASSISTANTE
Séminaires
Hiver 1997-1998
Introduction à l'art médiéval
Durant le semestre d'hiver 1997-98, pendant le congé du professeur Christe, j'ai assuré le séminaire d'introduction à l'art médiéval. Cet enseignement a porté sur la période 300-1300. L'approche des œuvres fut, dans une première étape, descriptive, afin de familiariser les étudiants avec la terminologie élémentaire, formelle et iconographique; dans cet objectif, des séances ont été consacrées à l'architecture (paléochrétienne et carolingienne) et à l'enluminure. Toutefois nous avons tenté, et ceci à travers la multiplicité des médias (médailles, sculptures sur ivoire, peinture murale et sur panneau), de suivre certains repères thématiques tels que les rapports entre l'image du Christ et de l'Empereur et la codification de l'iconographie des saints proposée à la dévotion. Le début du séminaire a été en partie basé sur l'ouvrage de Hans Belting: Bild und Kult, Munich 1990. Une bibliographie mise à jour sur l'ensemble de la période a été proposée aux étudiants.
Été 1998
L'iconographie des saints au Moyen Age: typologie individuelle et images de la société céleste
Ce séminaire a porté sur l'étude
des représentations des saints comme figures individuelles ou comme
membres d'une communauté, la société céleste,
notion que nous avons tenté de définir. Il a suivi un développement
chronologique du Ve siècle (sur la base de quelques exemples de
l'art péninsulaire) au XIVe siècle avec une attention particulière
pour la période qui voit l'émergence de la représentation
d'une société céleste hiérarchisée,
liée à l'institution de la fête de la Toussaint (Xe-XIe
s.). Ce parcours a mis en évidence d'une part la progressive individuation
des saints par une étude de leur physionomie, des attributs qui
leur sont conférés et du costume qu'ils portent. La représentation
collective des saints émerge selon des formules différentes
dont nous avons d'autre part suivi l'évolution: processions, répartitions
symétriques autour d'une théophanie ou de la Vierge à
l'Enfant, compositions en registres superposés. Le séminaire
a été basé sur un corpus d'images réalisées
sur des supports divers (mosaïque, peinture monumentale et, majoritairement,
sur parchemin) et a ponctuellement pris en considération des sources
textuelles et liturgiques.
ENSEIGNEMENT DE MADAME MARIE-DOMINIQUE GAUTHIER
MAITRE ASSISTANT SUPPLÉANT
Cours-séminaire
Les illustrations de l'Ancien Testament à l'époque paléochrétienne et leur descendance
Ce cours-séminaire a été consacré
à l'illustration de l'Ancien Testament et à ses sources écrites
à l'époque paléochrétienne (catacombes, sarcophages,
arts mineurs, enluminure et art monumental), en tenant compte de la documentation
juive sur le même thème. Il s'agissait par ailleurs de faire
le point sur le problème des traditions iconographiques de la Genèse
et leur descendance, en proposant, le cas échéant, un certain
nombre de remises en question de la méthode. Dix étudiants
de 3e et 4e années ont pu, dans ce cadre, présenter
un sujet.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR GIUSEPPE DE SPIRITO,
ASSISTANT SUPPLÉANT
Séminaire 1
Introduction à la paléographie médiévale
Le séminaire s'est déroulé pendant quinze semaines sur l'arc des deux semestres de cette année académique. S'appuyant en particulier sur l'étude et la lecture des gloses des Bibles moralisées latines d'Oxford, Tolède et Vienne, on a essayé de rendre compte de la façon de réaliser ces manuscrits, de l'écriture utilisée, et des sources textuelles et littéraires sur lesquelles ils s'appuient.
Séminaire 2
Introduction à l'épigraphie médiévale
Le séminaire qui s'est déroulé tous les quinze jours a investi l'arc des deux semestres de cette année académique. Afin de rendre compte de l'évolution de l'épigraphie médiévale latine ausi bien que grecque, on a travaillé directement sur des textes dans les deux langues choisis par les étudiants. Le but était de parvenir à un essai d'édition critique des inscriptions examinées. Les étudiants ont également eu la possibilité de comprendre comment réaliser un travail scientifique et comment il faudrait le publier. Suivant la méthode propre à cette discipline auxiliaire de l'histoire, les étudiants ont aussi touché d'autres sortes de thèmes qui s'encadraient dans l'argument choisi par chacun.
Séminaire au Musée d'art et d'histoire de la Ville de Genève
Le sarcophage datant de l'antiquité tardive de la Salle romaine du Musée
En collaboration avec M. Jacques Chamay, responsable du
département des antiquités grecques et romaines du Musée
d'art et d'histoire de la Ville de Genève, nous avons proposé
un séminaire concernant un sarcophage datant de la fin du IIIe siècle
après J.-C., voire de l'époque constantinienne, conservé
dans la Salle romaine. Réservées aux étudiants d'histoire
de l'art et d'archéologie, les rencontres se sont déroulées
tous les quinze jours sur les deux semestres de cette année académique
et ont eu comme but principal d'initier les participants de façon
générale à la recherche scientifique et, en particulier,
à comprendre la façon de réaliser cette sorte de monument
et les outils utilisés. Les participants ont été appelés
à considérer le programme iconographique affiché par
ce sarcophage qui montre entre autres deux personnages qui pourraient représenter
des pasteurs ou des Bons Pasteurs. L'enjeu n'était pas tant d'éclaircir
si l'on pouvait affirmer la chrétienté du monument que d'étudier
le développement de l'art funéraire de l'époque indiquée.
Mémoires de licence
Madame Sandrine CHEVALIER
Berzé-la-Ville, histoire d'une petite obédience clunisienne
Madame Sylvie COSTA-PAILLET
Matthieu versus Jean: le facie ad faciem monumental du narthex de Payerne
Madame Valentina CHICCA
Le portail du Jugement dernier de l'ancienne cathédrale de Dax
Madame Christine HEDIGER
Le portail Saint-Michel de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers
Madame Estelle NIKLES (directeur: M. F. Dunand, ce)
La céramique Song
Activités scientifiques des enseignants
Professeur Yves CHRISTE
Participation et présentation d'une communication: L'autel des Innocents: Ap 6, 9-11 à la lumière de la fête des Innocents et de celle de la Toussaint, au colloque Arte e liturgia de la Biblioteca Herziana, Rome, septembre 1997.
Co-organisateur du colloque sur Apocalypses anglaises et Bibles moralisées, Centre médiéval CNRS d'Auxerre et Université de Bourgogne, juin 1998. A cette occasion, présentation d'une communication: L'Apocalpyse dans les Bibles moralisées.
Membre des Comités de rédaction de Cahiers Archéologiques, Cahiers de Civilisation médiévale, d'Arte Cristiana.
Pour la préparation d'une vaste enquête sur la sculpture mounumentale gothique en Aquitaine et en Espagne, la Fondation Schmidheiny nous a accordé 36'000 francs, à utiliser pour la récolte in situ de la documentation nécessaire.
Professeur Charles BONNET
30-31.07.97: Tournai, Cathédrale: mission d'expertise.
01-02.08.97: Auxerre, église Saint-Germain: mission d'expertise.
27.08.97: Montferrand-Toulouse: mission d'expertise.
29-31.08.97: Barcelone, Valence: mission d'expertise.
05-06.09.97: Genève: Colloque international Autour de l'église, fouilles archéologiques à Genève 1967-1997.
14.09.97: Paris: CNRA (Conseil National de la Recherche Archéologique).
18-21.09.97: Paris: UNESCO, Colloque international: L'archéologie du Sinaï.
26.09.97: Besançon: Table ronde et conférence: L'archéologie du bâti.
29.09. au
01.10.97: Bordeaux, Saint-Seurin: mission d'expertise.
03-05.10.97: Tournus: Topographie chrétienne, Séminaire de la Sorbonne.
15.10.97: Mont-Beuvray: mission d'expertise.
16.10.97: Genève: Conférence sur Serabit el Khadim (Égypte-Sinaï).
20.10.97: Mayenne: mission d'expertise.
24-26.10.97: Genève: Table ronde, La cathédrale de Tournai.
06-07.11.97: Paris: CNRA.
14-16.11.97: Barcelone: mission d'expertise.
24.11.97 au
15.02.98: Kerma: Mission archéologique de l'Université de Genève au Soudan.
28.02/01.03/98: Barcelone: mission d'expertise.
03-04.03.98: Yverdon, Saint-Théodule, Valère: mission d'expertise.
12-13.03.98: Paris: CNRA.
19-22.03.98: Athènes: Conférence pour l'École suisse d'archéologie en Grèce.
05-13.04.98: Tell el-Her: Mission de l'Université de Lille.
14-16.04.98: Le Caire: Comité scientifique de l'Institut Suisse en Égypte (Fondation Borchardt).
17-20.04.98: Le Caire: Mission d'évaluation de l'IFAO (Institut Français d'Archéologie Orientale).
29.04.98: Saint-Romain-en-Gal: mission d'expertise.
08-09.05.98: Maguelone, Montpellier: Table ronde.
13.05.98: Martigny, Saint-Maurice: mission d'expertise.
15-16.05.98: Bordeaux: expertise pluridisciplinaire.
22-24.05.98: Barcelone: mission d'expertise.
26-27.05.98: Caen, Port Bail: mission d'expertise.
28-29.05.98: Paris: CNRA.
05-07.06.98: Nanterre: Topographie chrétienne.
11-12.06.98: Auxerre: mission d'expertise.
Monsieur Giuseppe DE SPIRITO
Bourse d'études:
Bourse d'études du Conseil général du Département de la Vienne. Durée: 9 mois. Auprès du Centre d'études supérieures de Civilisation médiévale de Poitiers. Centre national de la recherche scientifique. Branche: épigraphie médiévale (MM. les prof. R. Favreau et J. Michaud).
Missions d'études:
Sous mandat du Centre d'études supérieures de Civilisation médiévale de Poitiers, et prises en charge par la même institution:
- recherche documentaire d'épigraphie médiévale dans le fonds des manuscrits conservés à la Bibliothèque Municipale «Carnagie» de Reims du 26 au 30 mai, en vue de la publication du Corpus des inscriptions médiévales de la France dédié à la Champagne.
- recherche sur le terrain d'épigraphie médiévale dans la crypte de Saint-Germain à Auxerre du 2 au 4 juin, en vue de la publication du Corpus des inscriptions médiévales de la France consacré à la Bourgogne.
Conférences:
Séminaire des sciences de l'antiquité classique de l'Université de Neuchâtel. Exposé dans le cadre des cours de littérature latine du professeur J.-J. Aubert: leçon du 27 janvier. Titre: La contribution de l'hagiographie à la topographie romaine. Un cas parmi d'autres: l'église de s. Susanna.
Cattedra di Archeologia Medievale dell'Università Cattolica di Milano «Sacro Cuore». Exposé dans le cadre des cours d'archéologie médiévale de Mme le professeur S. Lusuardi Siena: leçon du 9 avril. Titre: La chiesa di Santa Maria foris portas a Castelseprio: proposta di datazione.
Cattedra di architettura cristiana antica del Pontificio
Istituto di Archeologia Cristiana di Roma. Exposé dans le cadre
des cours de M. le prof. F. Guidobaldi: leçon du 28 avril. Titre:
L'agiografia
come fonte per la topografia romana paleocristiana.
Publications
Professeur Yves CHRISTE
L'apocalypse de Memling, dans: Arte Medievale, II, Anno X, 1, Rome 1996, p. 141-147.
Jérusalem céleste ou Babylone ? Le bon choix de Viollet-le-Duc, dans: Cahiers Archéologiques, t. 45, 1997, p. 83-88.
Compte rendu de J. Baschet et J. C. Schmitt, L'image. Fonction et usage des images dans l'Occident médiéval, dans: Bulletin Monumental, t. 155, 1997, p. 266-268.
La Bible Rothschild, dans: Bulletin de la Société des amis de la Fondation Bodmer, Cologny 1998.
Professeur Charles BONNET
(Avec D. Valbelle), Topics, Problems, Insights, and Results of the Symposium. Partnership in Archaeology, Perspectives of a Cross-Cultural Dialogue, 14th Symposium (1994) of the Swiss Academy of Humanities and Social Sciences in Cooperation with the Swiss-Liechtenstein Foundation for Archaeological Research Abroad, Fribourg, 1997, p. 201-206.
Les églises en bois du haut Moyen Age d'après les recherches archéologiques. Grégoire de Tours et l'espace gaulois, Actes du Congrès international de Tours, 3-5 novembre 1994, 1997, p. 217-236.
La cathédrale Saint-Pierre, la Madeleine, Saint-Jean, Collonge, Hermance, Jussy, Malval, Russin, Satigny. Patrimoine et architecture, autour de l'église, fouilles archéologiques à Genève 1967-1997, cahier n° 3, août 1997, p. 9-12, 16-17, 20-21, 26-31.
Un service cantonal d'archéologie: pourquoi? Patrimoine et architecture, autour de l'église, fouilles archéologiques à Genève, cahier n° 3, août 1997, p. 46-47.
Les fouilles archéologiques de Kerma (Soudan), Rapport préliminaire sur les campagnes de 1995-1996 et 1996-1997. Genava, n.s., t. XLV, 1997, p. 97-137.
(Avec D. Valbelle), The Middle Kingdom temple of Hator at Serabit el-Khadim. The Temple in Ancient Egypt, New Discoveries and Recent Research, edited by Stephen Quirke, Londres, 1997, p. 82-89.
(Avec J. Beltran de Heredia), Nuevas Intervenciones
Arqueológicas en el Museo de Historia de la Ciudad: Une iglesia
de época visigótica en el grupo episcopal de Barcelona.
Pré-actes du Congrès d'archéologie chrétienne
hispanique, Cartagena, 16-19 avril 1998, p. 35-36.
Autres activités
Professeur Yves CHRISTE
Membre des Comités de rédaction de Arte
Cristiana, Cahiers Archéologiques et Cahiers de civilisation
médiévale.
Professeur Charles BONNET
Président de la Société internationale des études nubiennes.
Vice-président de l'Association pour l'Antiquité Tardive.
Membre du Conseil National de la Recherche Archéologique à Paris.
Fauteuil d'associé étranger à l'Institut de France, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
Président de la Commission scientifique de la Fondation
Suisse-Liechtenstein pour la recherches archéologique à l'étranger.
Voyage d'études
En septembre 1997, le professeur Yves Christe a organisé un voyage d'études centré sur les façades gothiques en conclusion du séminaire du vendredi après-midi qui portait sur le même sujet. L'itinéraire était le suivant: Genève, Dijon, Troyes, Châlons, Reims, Braines, Soissons, Laon, Amiens, Rouen, Mantes, Évreux, Chartres, Sens, Auxerre, Autun, Mâcon, Genève.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR MICHEL VALLOGGIA,
PROFESSEUR ORDINAIRE
Civilisation de l'Égypte ancienne
Cours d'histoire
Histoire du Nouvel Empire: l'époque ramesside (hiver-été).
Seconde partie du Nouvel Empire, l'époque ramesside réunit les souverains qui forment, pour nous, les
XIXe et XXe dynasties.
En début d'année, l'enquête s'est attardée sur les ultimes soubresauts de l'époque amarnienne. Ce fut notamment l'occasion d'évoquer, après la disparition d'Aÿ, la lutte qui opposa l'héritier présomptif, Nakhtmin, au général Horemheb. L'avènement de ce dernier pose une question débattue depuis longtemps: le règne d'Horemheb marque-t-il la fin de la XVIIIe dynastie, ou, au contraire, le début de la XIXe ? L'analyse de plusieurs témoignages contemporains de Ramsès II montrent, en tout cas, que ce dernier considérait Horemheb comme le véritable fondateur du nouveau pouvoir. Dès lors, la carrière pré-royale et le règne d'Horemheb firent l'objet de plusieurs leçons. Ce fut, effectivement, ce souverain qui, par une politique habile, sut redresser la situation de l'Égypte, vis-à-vis de ses voisins.
Ultérieurement, l'intérêt se porta sur l'ascension du vizir Pa-Ramessou, ancien compagnon d'armes d'Horemheb, qui fut couronné sous le nom de Ramsès Ier. Traditionnellement, c'est ce pharaon qui est considéré comme étant le fondateur de la XIXe dynastie. A cette brève royauté de deux ans, succéda celle de son fils Séthy Ier, caractérisée par une énergie et un dynamisme annonciateurs du parangon des pharaons: Ramsès II.
Dominé par l'installation d'une nouvelle capitale dans le Delta oriental, à Pi-Ramsès, le règne de Ramsès II fut, très tôt, confronté à une politique extérieure active. En lutte avec les Shardanes, Ramsès II fut bientôt contraint de vouer son attention à la situation asiatique. L'apogée des opérations militaires menées en Asie nous est conservée par le Poème de Qadesh, suivi, en l'an XXI, du célèbre Traité de paix égypto-hittite. Quelques années plus tard, l'entente sera confirmée par deux mariages diplomatiques unissant des princesses hittites à Ramsès II.
L'analyse récente de la momie royale a toutefois révélé que le roi avait souffert de spondylarthrite ankylosante: les historiens en ont donc déduit que le souverain avait prématurément cessé de gouverner, tout en demeurant un dieu vivant, comme en témoignent ses treize fêtes-sed et la divinisation du personnage de son vivant.
La grandeur de ce règne fut évidemment ressentie par ses descendants qui portèrent non seulement son nom, mais aussi son prénom d'Ousermaatrê, qualifiant ainsi ses titulaires de «César», avant la lettre !
Cours d'archéologie
L'art monumental ramesside (hiver-été)
Corollaire d'un contexte historique exceptionnellement riche, l'art monumental ramesside collectionne des réalisations architecturales grandioses, par l'originalité de leurs conceptions et la qualité de leur exécution.
Partant de l'époque post-amarnienne, avec l'examen de la tombe memphite d'Horemheb, imprégnée du courant réformateur, nous avons par la suite retrouvé, avec le spéos de ce souverain creusé dans les falaises du Gebel Silsileh, l'orthodoxie amonienne.
De l'époque ramesside proprement dite, plusieurs édifices représentatifs furent étudiés: en particulier, le grand temple de Séthy Ier, en Abydos, que Strabon nommait Memnonium, et son complément, l'Osiréion. Cette incursion dans l'univers funéraire et ses compositions spécifiques fut complétée par l'analyse architecturale et religieuse de l'hypogée de Séthy Ier, creusé dans la Vallée des Rois. Dans un registre complémentaire, l'étude s'est ensuite concentrée sur la présentation de la tombe de la grande épouse de Ramsès II, la reine Néfertari. Située dans la Vallée des Reines, cette sépulture offre le décor des tombes de particuliers. Le répertoire est alors celui du Livre des Morts, faisant office de guide de l'au-delà.
Enfin, après l'évocation des demeures d'éternité
de personnages royaux, il était nécessaire de nous arrêter
sur les tombeaux des particuliers de cette époque, aménagés
dans la nécropole de Deir el-Médina. Deux sépultures
d'artisans ont retenu l'attention: la tombe de Sennedjem et celle de Pached,
tous deux contemporains de Ramsès II.
Langue égyptienne II
Séminaire de 2e année
Lectures de textes et entraînement à la version. Hiver- été.
Après la lecture d'un formulaire classique, conservé sur la stèle Bruxelles E.2162, deux textes littéraires obligatoires furent lus et commentés:
a) Le Conte du Naufragé (éd. A.M. Blackman, dans: Bibliotheca Aegyptiaca II, 1932, p. 41-48).
b) L'Histoire de Sinouhé (éd. K.
Sethe, Aegyptische Lesestücke, 1924, p. 3-10).
Langue égyptienne III-IV
Séminaire de 3ème et 4ème années
Épigraphie monumentale. Hiver-été.
Deux inscriptions monumentales, représentatives d'époques et de genres différents, furent attentivement lues sur photographies:
a) Tombeau de Herkhouf (époque: VIe dynastie) à Qoubbet el-Haoua (Assouan). Inscription biographique et texte historique d'un chargé de mission dépêché au Soudan.
b) Tombe royale de Séthy Ier: Livre de la Vache
du Ciel. De cette composition qui regroupe six textes magiques différents,
seuls les deux premiers firent l'objet d'une lecture commentée.
Le premier texte concerne le mythe de la Destruction de l'Humanité.
Le thème est celui de l'affrontement de la créature avec
son Créateur. Le deuxième récit rapporte la suite
de l'histoire: Rê craignant de décliner définitivement,
s'en va au ciel, sur le dos de sa fille Nout, transformée en vache
du ciel. L'énumération d'une série de remarques du
Démiurge évoque et crée une topographie céleste
dans laquelle s'inscrit une ogdoade, aux ordres de Shou, présidant
un Collège de divinités atmosphériques.
Langue égyptienne III-IV
Séminaire de 3ème et 4ème années
Paléographie hiératique. Hiver-été.
En première heure, après la présentation de la cursive et des instruments de travail, plusieurs spécimens d'écritures et de genres variés ont été abordés:
a) pEbers I,1-II,1. Ce manuscrit thébain, daté du début de la XVIIIe dynastie, renferme un «Traité de médecine», considéré comme une encyclopédie, mais probablement aussi comme un phylactère. L'introduction du Livre rapporte l'existence de plusieurs écoles de médecine, situées en Basse Égypte. Les formules du recueil ont toutes une origine divine. Enfin, l'énumération d'épisodes mythologiques illustre, par des exemples concrets, l'efficacité des pratiques de la magie imitative, composante dominante de la médecine pharaonique.
b) pHarris 500 (=pBM 10'060) 6,2-7,3. De ce document ramesside fut extrait un chant de harpiste, connu sous l'appellation de Chant du roi Antef. Cette composition, inscrite dans le courant de la littérature pessimiste, date de l'époque héracléopolitaine. Au plan philologique, quelques néologismes ont été relevés, à côté d'archaïsmes volontairement soulignés.
c) pMAH 23'464 (=Livre des Morts, chapitre 165). Acquis à Bâle en 1981 par le Musée d'art et d'histoire de Genève, ce papyrus inédit est à situer chronologiquement entre la fin du IVe et le début du IIe siècle av. J.-C. Cette rédaction, postérieure à la recension saïte, comporte un appendice «deutérocanonique», d'inspiration amonienne. Composé pour une musicienne du clergé d'Amon-Rê de Karnak, ce Livre des Morts porte, à côté des indications prosopographiques de la défunte, nommée Ta-ouat, l'attestation de son nom de religion («Isis-la-Grande»). Cette pratique rare, attestée dès la XXVe dynastie, par quelques recluses d'Amon-Rê, s'est ainsi maintenue durant l'époque ptolémaïque. L'établissement de la transcription du texte et sa comparaison avec d'autres manuscrits ont confronté les participants avec les problèmes d'édition de cette documentation funéraire.
A la demande de plusieurs étudiants, la seconde heure fut consacrée à la lecture de textes cursifs du Moyen Empire.
Quelques extraits représentatifs de cette époque
furent empruntés à la chrestomathie de G. Möller (Hierat.
Lesestücke I). Après l'examen des quatre premières
stances d'un panégyrique en l'honneur de Sésostris III (papyrus
Illahoun LV,1,1-3), nous avons lu quelques documents d'archives fayoumites
(pBerlin 10'003, A II,3-6 et 16-19; pBerlin 10'014 et 10'050), issus d'un
sanctuaire élevé à El-Lahoun, au voisinage de la pyramide
de Sésostris III. Enfin nous nous sommes arrêtés sur
deux graffites d'expéditions, relevés dans les carrières
d'albâtre de Hatnoub, en Moyenne Égypte (éd. R. Anthes,
Die
Felseninschriften von Hatnub, Gr. 12 et 14).
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR DIDIER DEVAUCHELLE,
CHARGÉ DE COURS
Religion de l'Égypte ancienne
Cours
Hymnes et prières de l'Égypte ancienne. Hiver-été.
Dans l'abondante littérature hymnique que nous a conservée l'Égypte ancienne, nous avons dû faire un choix afin de présenter quelques clés de lecture. Pour ce faire, nous avons concentré notre attention sur trois points principaux: les hymnes archaïques tels qu'ils nous sont parvenus par la littérature funéraire de l'Ancien et du Moyen Empire (Texte des pyramides et Texte des sarcophages); les hymnes au dieu Osiris du Moyen Empire; les hymnes solaires du Nouvel Empire.
L'introduction de cette étude a permis de placer le travail de cette année dans la suite de celui des trois années précédentes (étude des contes et des textes de sagesse en regard de la religion, ainsi que présentation de la littérature funéraire). Ce cycle d'étude des textes égyptiens par le filtre de la religion égyptienne se poursuivra l'an prochain avec la littérature magique. Une présentation de deux travaux concernant la pensée «pré-philosophique égyptienne» (J. Yoyotte et E. Hornung) a servi d'entrée en matière avant l'examen de la question des liens entre la religion officielle et la religion personnelle en Égypte ancienne.
Les trois parties de l'étude de cette année ont mis en valeur, tout d'abord, la «préhistoire» de l'hymnologie égyptienne, c'est-à-dire la genèse de cette littérature. Les hymnes à Osiris du Moyen Empire, ensuite, ont témoigné de la première étape, du point de vue chronologique, de la diffusion et de l'utilisation de ce moyen d'expression religieuse. Un de ces témoins, d'époque plus récente (Nouvel Empire), nous a permis de déceler une évolution dans l'usage de l'hymne à des fins de piété personnelle.
L'étude de l'hymnologie solaire du Nouvel Empire, enfin, s'est faite dans les pas de Jan Assmann, en particulier grâce à son plus récent travail sur cette question, Egyptian Solar Religion in the New Kingdom. Re, Amun and the Crisis of Polytheism, Kegan Paul International, Londres et New York, 1995. Quelques textes ont été choisis pour illustrer les importantes théories de Jan Assmann concernant le «monothéisme» égyptien (par exemple, l'hymne de Souty et Hor, le grand hymne à Aton et l'hymne numérique à Amon du musée de Leyde, I-350), ainsi que des travaux d'autres spécialistes de la religion égyptienne comme Philippe Derchain.
Au milieu de l'année, nous avions évoqué
les hymnes à Min et Horus du Moyen Empire pour essayer de prendre
du recul sur l'hymnologie osirienne de la même époque. La
fin de l'année, pareillement, nous a conduit à faire une
rapide incursion dans les hymnes au dieu memphite Ptah datés du
Nouvel Empire.
Langue égyptienne II
Séminaire de 2e année
Grammaire égyptienne (version et thème). Hiver-été.
Ce séminaire a pour objet de compléter et
de préciser les connaissances grammaticales des étudiants
en égyptien classique. Il est basé sur l'Egyptian Grammar
de Sir Alan Gardiner, dont nous avons corrigé les derniers exercices
(nos 17 à 33), plus particulièrement les versions. Cet exercice
a été accompagné de quelques exposés grammaticaux
portant sur des aspects plus récents de la recherche, particulièrement
en ce qui concerne les formes verbales.
Langue égyptienne III-IV
Séminaire de 3e et 4e années
Initiation au ptolémaïque
À la demande de plusieurs étudiants avancés et des assistants, il a été décidé cette année de faire une introduction à la lecture des textes hiéroglyphiques d'époque gréco-romaine, ce que les spécialistes appellent le ptolémaïque. C'est par l'étude des textes de scènes d'offrandes que nous avons abordé cette initiation:
- offrande de pain et de bière: Edfou VII, 288-289 // Dendara IV, 84-85;
- présentation de la barque: Dendara II, 183-184 et 193-194;
- offrande de la campagne: Porte d'Évergète pl. 3 et 4;
- offrande de la palette: Edfou IV, 389-391 (texte traduit par Ph. Derchain, Chronique d'Égypte LXXII/143 [1997], p. 10-16); Edfou IV, 246-247;
- offrande de l'encens et de l'eau fraîche: Philae
photos nos 823-824 (= PM V, 209, 37-44); Edfou I, 42.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR ERHARD GRZYBEK,
MAÎTRE D'ENSEIGNEMENT ET DE RECHERCHE
Séminaire
L'Égypte sous la domination perse (525-332 av. J.-C.)
En complément au cours De Cyrus le Grand à Darius III: histoire de l'Empire perse, ce séminaire traitait plus spécialement de l'histoire d'une satrapie, celle que constituait en fait l'Égypte de 525 à 404 et de 343 à 332 av. J.-C. De ces deux dominations perses, c'est évidemment la première qui a retenu toute l'attention. Il fallait tout d'abord étudier, sur la base des récits d'Hérodote, la conquête de l'Égypte par Cambyse, ensuite la formation de cette satrapie sous Darius le Grand. Un accent tout particulier a été mis sur l'analyse des documents contemporains qui représentent toujours nos sources les plus intéressantes, par exemple l'inscription d'Oudjahorresne, haut fonctionnaire sous Cambyse et Darius Ier, ainsi que les inscriptions rupestres du Ouadi Hammamat. Mais d'autres aspects d'ordre politique, architectural et religieux ont également été abordés, comme la place de l'Égypte dans le Proche-Orient d'alors, les fréquentes révoltes de ses habitants, les constructions entreprises au cours de cette période, de même que la vie religieuse des Égyptiens.
De nombreux travaux de ce séminaire ont été consacrés à l'analyse des documents araméens d'Éléphantine, datant précisément du Ve siècle av. J.-C. et qui nous renseignent sur l'existence d'une colonie militaire juive à la frontière méridionale de l'Égypte. Ces travaux portaient notamment sur des aspects sur lesquels d'autres sources restent totalement muettes: la vie économique et sociale des étrangers vivant en Égypte. Ce sont d'ailleurs ces textes araméens qui nous donnent l'image la plus complète d'une satrapie perse.
ENSEIGNEMENT DE MADAME GHISLAINE WIDMER,
ASSISTANTE
Langue égyptienne I
Séminaires de 1ère année
Initiation à la langue et à la grammaire de l'égyptien classique
Analyse des leçons 1 à 16 de A. H. Gardiner, Egyptian Grammar et correction des thèmes et versions proposés dans cet ouvrage; l'assistante a, par ailleurs, essayé de rendre les étudiants attentifs aux progrès réalisés dans le domaine philologique depuis les recherches de H. J. Polotsky notamment. Quelques heures ont aussi été consacrées à la lecture de courts textes et inscriptions provenant de tombes. Les étudiants ont été soumis à quatre contrôles continus; le dernier consistait en une version (légèrement adaptée), tirée du conte du Paysan éloquent (R 1.1-9.6, selon la nouvelle numérotation de R. B. Parkinson, The Tale of the Eloquent Peasant, Oxford, 1991).
Civilisation de l'Égypte ancienne
Séminaire d'archéologie
Les grandes nécropoles d'Égypte
Le séminaire s'est articulé autour de treize sujets d'exposés, présentés par les étudiants eux-mêmes ou par l'assistante.
Après une introduction générale à la notion de la mort en Égypte ancienne (éléments constitutifs d'une tombe, textes et rituels funéraires), nous avons étudié, à l'aide de quelques exemples représentatifs, provenant tant du domaine royal que du domaine privé, les différents types de sépultures, ou plutôt de superstructures - le caveau funéraire ayant peu varié dans l'ensemble - adoptés par cette civilisation. Nous avons ainsi pu suivre l'évolution de la tombe (fosse) de l'époque prédynastique (qui fut, d'ailleurs, la tombe du pauvre par excellence tout au long de l'histoire de ce pays), jusqu'aux tombes rupestres du Moyen et du Nouvel Empire (nécropoles de Beni Hassan, de Deir el-Medina et la Vallée des Nobles), en passant rapidement sur les mastabas de l'Ancien et du Moyen Empire. Pour terminer ce survol des tombes de particuliers, nous avons abordé un cas un peu à part, celui du tombeau de Pétosiris à Hermopolis, personnage qui, peu avant l'arrivée d'Alexandre en Égypte, s'arrogea des prérogatives royales et se fit construire, comme lieu de sépulture, une sorte de petit temple, devenu célèbre pour ses inscriptions typiquement égyptiennes et ses reliefs mêlant thèmes grecs et égyptiens.
Pour ce qui est des nécropoles royales, nous nous sommes d'abord intéressés au complexe de Djoser à Sakkara, qui est non seulement le premier complexe funéraire pyramidal, mais aussi le premier exemple de construction en pierre à grande échelle. Descendant en Haute Égypte, nous avons ensuite consacré plusieurs séances à la nécropole thébaine, lieu de sépulture des pharaons du Nouvel Empire (Vallée des Rois et Vallée des Reines) et aux grands recueils funéraires qui ornent les parois de ces tombeaux (Livre de l'Amdouat, Livre des Portes, Livre du Jour et Livre de la Nuit notamment).
Pour terminer, nous avons choisi de parler des nécropoles
animales et du culte que l'on vouait à certains individus d'une
même espèce (le taureau Apis et le Sérapéum
en particulier). Le séminaire s'est clos sur un sujet aujourd'hui
fortement médiatisé: le problème des nécropoles
d'Alexandrie. Dans ces lieux de sépulture réservés
presque exclusivement à des Grecs, l'utilisation constante de thèmes
égyptiens, grecs et romains, non seulement dans la peinture et les
reliefs, mais aussi dans l'architecture, révèle clairement
le caractère pluriculturel de la civilisation alexandrine.
ENSEIGNEMENT DE MADAME NICOLE DURISCH,
ASSISTANTE
Séminaires de religion égyptienne
Introduction à la religion égyptienne
Ce séminaire qui s'adresse à des étudiants d'égyptologie et d'histoire des religions de première année a pour but de leur donner une vue d'ensemble de la religion égyptienne, mais aussi, et avant toute chose, de les familiariser avec les outils de travail de cette discipline. Les premières séances de l'année ont donc été consacrées à la présentation d'ouvrages et de textes, au système de classification de la bibliothèque et aux principales abréviations utilisées en égyptologie. Ces présentations étaient suivies d'exercices pratiques ainsi que d'une visite commentée de la bibliothèque d'égyptologie. Pour permettre aux étudiants l'exploitation de tous les outils mis à leur disposition, l'assistante leur a aussi proposé une visite guidée de la BPU. L'initiation à la religion égyptienne fut organisée autour d'exposés préparés par les étudiants. Après une introduction générale de l'assistante sur le signe netjer qui sert à désigner «dieu» en Égypte, les étudiants ont présenté des travaux sur les cosmogonies, les dieux égyptiens, les prêtres, la Belle Fête de la Vallée, la nature divine du roi, les sources du chapitre 125 du Livre des Morts. Deux séances furent ensuite consacrées au Conte des deux Frères (papyrus d'Orbiney) en mettant l'accent sur les allusions mythologiques et religieuses contenues dans le texte ainsi que sur les interprétations historiques dont il a fait l'objet. L'année s'est achevée sur une présentation des principaux composants de la personnalité humaine (ba, ka, akh et cœur). Pour permettre aux étudiants de se familiariser aussi visuellement avec la documentation égyptienne, des diapositives ont été projetées par l'assistante à la fin de chaque exposé. La visite de l'exposition Égypte, Moments d'éternité du Musée Rath à Genève leur a, en outre, permis de découvrir tout une série d'objets provenant de collections privées suisses.
Offrandes et interdits alimentaires en Égypte ancienne
La nourriture est omniprésente dans les textes
et les représentations de l'Égypte, quelle que soit la période
considérée. C'est que toutes les catégories d'êtres
ont besoin de se nourrir, dieux et morts compris. Dans le culte divin journalier
du Nouvel Empire, les prêtres offrent des aliments aux dieux qui
sont ensuite redistribués aux membres du clergé, aux différents
corps de métier travaillant pour le temple ainsi qu'à quelques
particuliers privilégiés qui obtenaient d'ériger leurs
statues ou leurs stèles dans les allées du temple. S'alimenter
est aussi une nécessité pour le mort qui peut obtenir sa
nourriture soit en travaillant dans les champs de l'au-delà, soit
par l'intermédiaire des vivants qui la déposaient dans la
tombe. Une autre manière de se prémunir contre la faim, peut-être
la plus efficace et la plus durable, est la mention ou la représentation
d'offrandes dans la tombe et sur les monuments funéraires. Ce sont
ces scènes et listes d'offrandes qui ont en premier été
étudiées dans le cadre du séminaire. Après
des considérations générales portant sur les formules,
les listes et les tables d'offrandes, l'assistante a examiné les
inscriptions de quelques monuments funéraires (table d'offrandes,
stèle fausse-porte, stèle funéraire). Les étudiants
ont ensuite préparé des exposés sur les offrandes
alimentaires aux morts (étude des scènes et listes d'offrandes
du mastaba de Khafkhoufou I; les domaines funéraires de l'Ancien
Empire) et aux divinités (processions et calendriers d'offrandes
dans les temples de Médinet Habou, Abydos et Louxor; les offrandes
aux divinités dans quelques textes mythologiques et littéraires).
La suite du séminaire a été consacrée aux offrandes
carnées et aux sacrifices. Ont été étudiés
les lieux d'abattage des animaux (scènes de boucherie dans les mastabas
de l'Ancien Empire; autels) ainsi que les animaux abattus (du gibier aux
animaux domestiques; l'hippopotame comme animal de chasse et de sacrifice).
C'est dans ce cadre qu'ont été discutés les interdits
alimentaires notamment celui du porc. Les dernières séances
ont porté sur les sacrifices dans les temples tardifs, sur le problème
de l'holocauste en Égypte et sur les sacrifices humains (analogies
entre la victime humaine et animale). Ce dernier volet nous a permis de
dégager les spécificités du sacrifice égyptien
(fonctions alimentaire, mais surtout apotropaïque) et de réfléchir
sur le choix des victimes sacrificielles.
Mémoire de licence
Madame Laurence RODRIGUEZ
Analyse des textes autobiographiques amarniens
Activités scientifiques des enseignants
Professeur Michel VALLOGGIA
a) Mission archéologique de l'Université de Genève à Abu Rawash
La quatrième campagne de la mission jointe de l'Institut Français d'Archéologie Orientale au Caire et de l'Université de Genève à Abu Rawash s'est déroulée du 27.2 au 29.3.1998. Ce mandat fut réalisé grâce au concours du Fonds national suisse de la Recherche scientifique et de la Commission des travaux archéologiques de l'Université de Genève à l'étranger.
Les travaux de cette saison ont été prioritairement consacrés à la poursuite du dégagement des infrastructures de la pyramide royale. Au-delà de cette étape, les investigations furent concentrées, en superstructure, sur la réhabilitation des faces septentrionale et orientale du tétraèdre et sur le déblaiement de son péribole. Parallèlement, des travaux engagés dès 1995 dans l'aire nord-est, qui abrite des dépendances datées de l'Ancien Empire et des vestiges de l'occupation romaine, furent poursuivis. Enfin, dans la perspective d'une planification échelonnée des recherches, une prospection par essais géophysiques fut engagée autour de la pyramide.
Au stade actuel des travaux, l'infrastructure du caveau de Radjedef paraît proche, dans sa conception, de celle de la pyramide septentrionale de Zaouiet el-Aryan, qui présente un radier d'une épaisseur d'environ 4,50 m. D'autre part, compte tenu du niveau de fondation, il est tentant de supposer que le sarcophage royal, ainsi que le coffre à canopes, aient été encastrés dans l'épaisseur du dallage de granit, à l'instar du dispositif mis en place dans le tombeau de Chephren. Concernant la couverture du caveau, les indices, mis au jour l'an dernier, témoignent en faveur d'un plafond réalisé par la pose de chevrons en granit. La découverte des contrebutées nord et sud conviendrait parfaitement à cet usage, comme le montre la restitution théorique des élévations.
Au nord-est de la pyramide, la fouille d'un espace de service abritant des magasins à vivres a montré plusieurs réfections d'usage. Dans le blocage d'une porte, la trouvaille d'un sceau-cylindre en calcaire (haut. 6 cm; diam. 2,8 cm), décoré d'une théorie d'animaux, paraît bien souligner l'affectation du secteur comme aire de stockage. La céramique découverte à cet emplacement appartient au corpus des formes de la VIe dynastie; nous avons donc ici, un indice supplémentaire soulignant la survivance du culte funéraire royal de Radjedef, largement postérieur au règne du souverain.
b) Mission du Département fédéral des Affaires étrangères
Représentant suisse auprès de l'UNESCO à la Xème Session du Comité exécutif de la Campagne internationale pour la création du Musée de la Nubie à Assouan et du Musée de la civilisation égyptienne au Caire, qui s'est tenue à Assouan et au Caire, du 13 au 19 juin 1998. Réélu président du Comité exécutif précité, le professeur a dirigé les débats de l'Assemblée du 14 au 19 juin, à Assouan puis au Caire, et continuera l'an prochain de remplir ce mandat auprès de l'UNESCO.
c) Mission auprès de l'UNESCO
Invité par le gouvernement de la République arabe d'Égypte à Assouan, du 21 au 25 novembre 1997, en compagnie de MM. Federico Mayor, directeur général et Mounir Bouchenaki, directeur du patrimoine mondial, le président du Comité exécutif a participé aux cérémonies d'inauguration du Musée de la Nubie.
En qualité de consultant de l'UNESCO, le professeur a participé avec ses collègues Giorgio Croci et Wolfgang Tochtermann, du 18 au 20 juin 1998, à une expertise de la nécropole de Gabbari, en Alexandrie.
d) Conférences
19-21.9.97: UNESCO, Paris. Colloque sur le Sinaï, durant l'Antiquité et le Moyen Age (4000 ans d'histoire pour un désert ). Le 19 septembre, communication intitulée: Chanceliers du dieu et messagers du roi à l'est de l'Égypte.
30.10.97: Musée du Louvre, Paris. Dans le cadre du cycle: L'actualité de la recherche archéologique: Nouvelle enquête sur le site de la pyramide d'Abu Rawash.
06.11.97: Musée d'art et d'histoire, Genève. Dans le cadre de l'exposition Moments d'éternité: Vingt ans de recherches dans une oasis du Désert occidental d'Égypte.
20.11.97: Musée d'art et d'histoire, Genève. Dans le cadre de l'exposition: Moments d'éternité: Les travaux archéologiques de l'Université de Genève à Abu Rawash: nouvelle enquête dans un site oublié.
03-04.04.98: Musée du Louvre, Paris. Colloque sur l'art de l'Ancien Empire égyptien. Le 3 avril, communication intitulée: Les choix architecturaux de la pyramide de Radjedef à Abu Rawash.
03.04.98: Musée de l'Homme, Paris. Association France-Égypte. Oasis du Désert occidental d'Égypte: Vingt ans de recherches avec l'Institut français d'Archéologie orientale au Caire.
20.05.98: Université de Genève, Département d'anthropologie et d'écologie; Cercle genevois d'archéologie. Nouvelles enquêtes sur le site d'Abu Rawash: les fouilles de la pyramide de Radjedef, fils de Chéops (Égypte).
e) Soutenances de thèse
13.12.97: Université de Genève, Faculté des Lettres. Président du jury de la thèse de M. Philippe Luisier, Les citations vétéro-testamentaires dans les versions coptes des Évangiles. Recueil et analyse critique.
04.07.98: Université de Genève, Faculté
des lettres. Président du jury de la thèse de M. Youri Volokhine,
Le
visage dans la pensée et la religion de l'Égypte ancienne.
Monsieur Didier DEVAUCHELLE
Chargé de recherche au CNRS (Paris)
Colloques:
- à l'Université de Cologne (Köln), du 25 au 27 août, participation (invitation) à la 2e Demotische Sommerschule organisée par le professeur Heinz-Jozeph Thissen et présentation d'une communication intitulée: Quelques stèles démotiques inédites provenant du Sérapéum de Memphis.
- à Paris, du 8 au 10 juin 1998, participation au colloque international organisé par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres et l'Académie des sciences, sous les auspices de l'Institut de France et du Muséum national d'histoire naturelle: L'expédition d'Égypte, une entreprise des Lumières, et présentation d'une communication le mardi 9 juin: De la pierre de Rosette à Champollion.
Conférences:
- à Bruxelles, le 18 octobre 1997, dans le cadre de la réunion du Groupe de contact des égyptologues belges francophones:
Les sagesses démotiques ne sont qu'égyptiennes: l'exemple d'Ânkhchéchanky.
La documentation du Sérapéum de Memphis: quelques questions, quelques documents.
- à l'Université Charles-de-Gaulle Lille III, le 11 février 1998, séminaire de DEA (dir. Professeur Dominique Valbelle) en collaboration avec Michel Chauveau, directeur d'Études à l'EPHE IVe section (Paris):
La documentation égyptienne de Basse Époque (préptolémaïque, ptolémaïque et romaine).
- à l'Université de Saint-Étienne, le 3 mars 1998, invité par l'Association Kaloi Kagathoi:
Memphis et son Sérapéum.
- à Rennes, le 9 mars 1998, invité par les amis du musée des Beaux-Arts:
Les cultes égyptiens dans un monde grec.
Monsieur Erhard GRZYBEK
15.05.98: Conférence à l'Université
Catholique de Milan sur le thème: De l'opposition au conflit.
Égyptiens, Juifs et Perses à Éléphantine au
Ve siècle av. J.-C.
Madame Ghislaine WIDMER
25-27.08.97: Participation à la Zweite Demotische Sommerschule (Cologne).
Sem.été 1998: Participation au séminaire
de 3ème cycle et au colloque Rencontres de civilisations et émergences
de nouvelles formes religieuses dans l'Égypte hellénistique,
organisée par les Universités de Neuchâtel et de Genève,
dans le cadre de la CUSO, et communication sur: Le culte d'Amenemhat
III dans le Fayoum à l'époque gréco-romaine.
Madame Nicole DURISCH
28.10.97: Conférence dans le cadre du Cours public du Département des sciences de l'antiquité de Genève: Tu es Horus: les enfants dans l'Égypte ancienne.
16.12.98: Foyer de Jour Soubeyran, Genève: brève présentation des principales périodes de l'histoire de l'Égypte ancienne.
Sem.été1998: Participation au séminaire de 3ème cycle (CUSO): Rencontres de civilisations et émergences de nouvelles formes religieuses dans l'Égypte hellénistique et présentation d'un exposé: Anubis: un deuxième Hermès égyptien ?
20.06.98: Participation au colloque interdisciplinaire
de 3ème cycle, Université de Neuchâtel.
Publications
Professeur Michel VALLOGGIA
- Fouilles archéologiques à Abu Rawash (Égypte): Rapport préliminaire de la campagne 1997, dans: Genava, n.s. 45, Genève 1997, p. 125-132.
- Travaux de l'Institut Français d'Archéologie Orientale au Caire: Abu Rawash, dans: N. Grimal, Bulletin de l'Institut Français d'Archéologie Orientale 97, Le Caire 1997, p. 317-326.
- Abscisse et ordonnée d'une datation: le cas excentrique d'une stèle de Balat, dans: Les critèresde datation stylistiques à l'Ancien Empire, Institut Français d'Archéologie Orientale, Bibliothèque d'Étude 120, Le Caire 1998, p. 389-398.
- Le monument funéraire d'Ima-Pepy / Ima-Meryrê.
Fouilles de l'Institut Français d'Archéologie Orientale au
Caire 38, 1-2. Fascicule I: texte, 227 p.; Fascicule 2: planches, 118 pl.
Monsieur Didier DEVAUCHELLE
- (En collaboration avec M. Chauveau), Rapport sur les papyrus carbonisés de Tanis dans: Bulletin de la Société Française des Fouilles de Tanis n° 10, fasc. 3, Paris 1996, p. 107-111.
- Article El toro Apis y otros dioses de Egipto dans: La Tierra del Toro Apis. Dioses, Reyes y Hombres del Egipto Faraónico(4 Julio - 21 Septembre 1997), Monumento a los Caídos, Pamplona 1997, p. 18-20.
- Les serments à la porte de DjêméRevue d'Égyptologie 48, Paris 1997, p. 260-264.
- Un problème de chronologie sous Cambyse, Transeuphratène
15 (Mélanges Jacques Briend II), Paris 1998, p. 9-17.
Madame Nicole DURISCH
Compte rendu: E. Feucht, Das Kind im Alten Ägypten:
die Stellung des Kindes in Familie und Gesellschaft nach altägyptischen
Texten und Darstellungen, Frankfurt/Main & New York, 1995, dans:
Revue
d'Égyptologie 48, 1997, p. 292-296.
Autres activités
Professeur Michel VALLOGGIA
Président de la section de philosophie et d'histoire, Faculté des lettres.
Rédaction de l'Annuaire du Département des sciences de l'antiquité.
Représentation suisse au Comité de l'Association internationale des égyptologues (Berlin).
Membre du Comité de la Société française d'égyptologie (Paris).
Président de la Commission des travaux archéologiques de l'Université de Genève à l'étranger.
Membre de la Commission d'évaluation de la Faculté
des lettres.
Monsieur Didier DEVAUCHELLE
Chargé de recherche au CNRS (Paris).
Membre élu du Comité national du Centre national de la recherche scientifique, Paris (section 32: «Mondes anciens et médiévaux»).
Vice-président de la Société française d'égyptologie.
Secrétaire de la Revue d'égyptologie (Paris).
Membre du Conseil scientifique de l'Institut d'égyptologie
du Collège de France (Paris).
Madame Ghislaine WIDMER
Exposé, le 16.12.97, sur Les hiéroglyphes
et les techniques de momification, Foyer de Jour Soubeyran, Genève.
Madame Nicole DURISCH
Mise à jour et suivi des commandes de livres pour la bibliothèque d'égyptologie.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR RODOLPHE KASSER,
PROFESSEUR HONORAIRE
Cours et séminaires
A. Introduction à la langue copte saïdique
La fonction de ce séminaire consiste à familiariser les étudiants, débutants en coptologie, avec les fondements de la syntaxe copte saïdique, et à leur faire acquérir les premiers éléments de la morphologie de cette langue, avec un peu de vocabulaire indispensable, celui (égycopte ou grécopte) qui est le plus courant. Cette base, rapidement constituée et consolidée, leur permet d'aborder, dès la cinquième leçon et avec l'aide du lexique saïdique-français de Genève (R. Kasser, révision de 1996), quelques textes faciles, choisis avant tout dans la Bible. Le premier, narratif et vétérotestamentaire, Gn 18, 1-26, évoque la visite que le patriarche Abraham reçoit du «Seigneur»(-Dieu) accompagné de deux anges. Tous les trois ont pris la forme humaine. Ces messagers annoncent à Abraham et Sara, couple jusqu'ici stérile, qu'ils auront enfin une descendance (malgré leur vieillesse et la décrépitude de leur corps). Cette descendance deviendra même un peuple puissant, «en qui seront bénies toutes les nations de la terre». Le Seigneur, ensuite, annonce le châtiment qui s'abattra sur Sodome, ville pervertie où loge Lot, neveu d'Abraham. Le patriarche commence son intercession-marchandage visant à écarter la catastrophe imminente. Source: A. Ciasca, Sacrorum Bibliorum Fragmenta Copto-Sahidica Musei Borgiani iussu et sumptibus S. Congregationis de Propaganda Fide...edita, Rome 1889, p. 17-19.
Le second extrait biblique, plus difficile, appartient
au genre poétique: Is 52,4-59,4. Pris directement et sans corrections
dans le P. Bodmer XXIII, il place l'étudiant en face d'un texte
à l'état brut, tel qu'il est sorti de la plume d'un scribe
gêné par des problèmes d'idiolectalisme: il a voulu
fournir une copie purement saïdique, mais il n'a pu s'empêcher
de produire, ici ou là, assez rarement, des graphies lyco-diospolitaines
(influence du dialecte maternel du copiste ?... ou des couches populaires
du milieu à l'intérieur duquel il exerçait son activité
?). Cette section des prophéties d'Ésaïe annonce
à Israël, alors vaincu et déporté, sa régénération
et son salut futur, aboutissant à un retour dans sa terre: ambiance
d'allégresse, abondantes bénédictions matérielles
et spirituelles. Source: R. Kasser, Papyrus Bodmer XXIII, Ésaïe
XLVII, 1 - LXVI, 24 en sahidique, Cologny/Genève 1965, p. 80-125.
Les difficultés de ce texte ayant été vaincues dans
un temps étonnamment bref, les étudiants ont même pu
mesurer leurs forces croissantes aux débuts de l'épître
de saint Athanase (vingtième «pape» de l'Église
copte orthodoxe, 326-373) sur l'amour et la tempérance.
B. Traduction de textes littéraires coptes
En cette dernière année de son enseignement et pour répondre à la demande de ses étudiants, le professeur Kasser a jugé opportun d'examiner avec eux l'un de ces textes marginaux de Nag Hammadi qui ne sont pas proprement gnostiques, mais se meuvent néanmoins dans une ambiance intellectuelle susceptible d'intéresser des lecteurs franchement acquis aux principes fondamentaux de la Gnose, ou du moins fortement attirés par les schémas ontologiques gnostiques. Ce traité d'«enseignements» ou «préceptes» ou «leçons» (CBOY pour sbô) est attribué (mythiquement) à Silvain, l'un des plus fameux disciples de saint Paul (cf. 2 Corinthiens 1,19, 1 et 2 Thessaloniciens 1,1), apôtre chrétien particulièrement en honneur dans les milieux gnostiques. L'ouvrage est du type sapiential; c'est «une sorte d'anthologie de préceptes moraux et philosophiques réunis sans ordre bien défini, relevant tantôt des 'Sagesses' égyptiennes, tantôt de la Bible [Proverbes, Ecclésiaste, Sagesse de Salomon, Sagesse de Jésus fils de Sirach], tantôt du judaïsme hellénistique (Philon), tantôt de la philosophie grecque (Platon, Plotin, stoïciens - spécialement Marc Aurèle et Épictète)».
L'ouvrage se démarque cependant de la Gnose classique,
qu'il réfute discrètement çà et là,
rejetant en particulier la condamnation du Démiurge, 116,5, «que
personne ne dise jamais que Dieu est ignorant, car il n'est pas juste de
jeter le Démiurge de toute créature dans l'ignorance».
Le passage analysé au cours de cette année a été
le suivant: 84,15 (titre initial) - 106,3. Source: Y. Janssens, Les
leçons de Silvanos (NH VII, 4), texte établi et présenté,
Québec 1983.
C. Problèmes de la recherche en philologie et littérature coptes
Cette année, la variété linguistique copte abordée au cours de ce séminaire a été la langue copte bohairique, souvent négligée à cause de la pauvreté et de l'uniformité de son attestation (textes chrétiens seulement, bibliques, homilétiques, et sim.), pauvreté causée par les méfaits du climat humide du Delta, pays dont la langue bohairique est la koinè autochtone du IIIe au XIIIe siècles, et dans le sol duquel tous les vestiges organiques pourrissent aussi rapidement qu'en Suisse (les manuscrits plus vite que poutres et planches, évidemment). Le bohairique jouit cependant d'une faveur renouvelée auprès des coptisants depuis quelques années, non seulement parce qu'il a été l'organe copte du Delta («moitié» [3/5] la plus peuplée, économiquement et politiquement la plus puissante de l'Égypte, avec sa métropole Alexandrie, l'une des plus considérables de l'Empire romain, l'une des «têtes pensantes» les plus influentes de la théologie chrétienne primitive), mais encore parce que cette langue contraste fortement dans ses structures (conservation d'occlusives enforcies) avec la langue copte saïdique et tous les dialectes populaires de son aire d'extension (P, A, L, M, et même W, V et les divers F). Le texte choisi (à dessein !) pour illustrer cette heure finale évoque (avec pompe, fracas, trompettes, catastrophes faisant penser à l'éruption du Vésuve en l'an 79 de notre ère) la fin du monde: l'Apocalypse néotestamentaire. Passage analysé: 6, 1-13, 10, se terminant par la description saisissante d'une première persécution, féroce, subie par les communautés de l'Église chrétienne primitive. Source: [G. Horner], The Coptic Version of the New Testament in the Northern Dialect, Otherwise Called Memphitic and Bohairic...., London 1898-1905, vol. IV, p. 478-524.
La dernière heure de ce séminaire cependant,
et après une visite collective à la Fondation Martin Bodmer
(où est précieusement conservé le P. Bodmer VI, l'unique
témoin de l'idiome en question), a été consacrée
à un examen rapide du dialecte P, le plus archaïque
de tous les dialectes coptes par la richesse de sa gamme phonologique et
de son alphabet graphique: survivance régulière, non seulement
de /x/ («Ach-Laut») comme en bohairique et dans les dialectes
A
et I, mais encore de l'étrange et ancien /ç/ («Ich-Laut»)
comme en I seulement (P ayant pour cela un graphème
spécial, que I ne connaît plus). Survivance encore,
mais sporadique, d'un /n/ sonante transcrit par une simple barre horizontale
comme en démotique, et d'un graphème pour aleph, en forme
de T la tête en bas. Pour /k/, usage régulier d'un signe démotique
(ressemblant à un Z dont l'élément supérieur
est incliné, descendant de la gauche vers la droite) au lieu du
kappa grec et copte classique. Pour /k'/ (= k mouillé), non-usage
du signe habituel en forme du chiffre 6, remplacé alors partout
par le K grec et copte. En somme: il est fascinant de découvrir
là l'exemplaire unique d'un type dialectal copte encore vieux-copte
(donc pré-copte) par son alphabet (le plus riche de tous les alphabets
coptes, 35 signes contre 31 pour le bohairique, 30 pour le saïdique),
et cependant déjà tout à fait copte par sa syntaxe
et son genre littéraire (un texte biblique, livre des Proverbes,
1, 1-21,4, ce qui, évidemment, a facilité de manière
décisive son déchiffrement).
Thèse de doctorat
Monsieur Philippe LUISIER
Les citations vétérotestamentaires dans les versions coptes des Évangiles, recueil et analyse critique
Depuis 1993, le professeur Rodolphe Kasser a dirigé
la préparation de la thèse de doctorat de M. Philippe Luisier.
Cette thèse a été soutenue avec succès (mention
«très honorable avec les félicitations du jury»)
le 13 décembre 1997 à l'Université de Genève,
sous la présidence du professeur Michel Valloggia.
Activités scientifiques
Rodolphe Kasser a participé à cinq séances
de travail de préparation de la publication des résultats
des fouilles archéologiques de la MSAC (Mission suisse d'archéologie
copte de l'Université de Genève) aux Kellia (Basse-Égypte),
ermitage Qouçoûr 'Îsâ 1. Ces réunions se
sont tenues à Cologny, au siège de la FRAK (Fondation pour
la recherche archéologique aux Kellia), les 27 juin et 29 octobre
1997, et les 18 mars, 6 mai et 3 juillet 1998.
Publications
Stèle copte en langue saïdique. Akasha II, Genève 1996, p. 24-27.
La 'Prière de Jésus' kelliote réexaminée en quelques points. Orientalia Christiana Periodica, 62, 1996, p. 407-410.
Toponymes de la périphérie orientale des Kellia. Bulletin de la Société d'égyptologie, Genève, 20, 1996, p. 37-48.
Considérations de phonologie dialectale copte. I. L'alphabet de S etc. Le Muséon, 110, 1997, p. 1-32.
L'Eksêgêsis etbe tpsukhê (NH II,6), Histoire de l'Âme puis Exégèse parénétique de ce mythe gnostique. Apocrypha, 8, 1997, p. 71-80.
Six horribles mots-fantômes ayant hanté les nuits d'un lexicographe. Bulletin de la Société d'égyptologie, Genève, 21, 1997, p. 21.
Collaboration à: Actes de Paul, texte traduit, présenté et annoté, par W. Rordorf, avec la collaboration de P. Cherix et R. Kasser. Écrits apocryphes chrétiens (éd. F. Bovon et P. Geoltrain), Paris 1997, p. 1115-1177.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR ANTOINE CAVIGNEAUX,
PROFESSEUR ORDINAIRE
Cours (hiver-été)
Épopées mésopotamiennes
Nous avons étudié en traduction les épopées sumériennes d'Uruk: Enmerkar et le Seigneur d'Aratta, Lugalbanda, Utuhengal, les cinq épopées de Gilgamesh en sumérien, en essayant pour ces dernières de comprendre les relations qu'elles entretiennent avec l'épopée akkadienne des XI tablettes. Cinq textes sumériens dont Gilgamesh est le héros ou du moins un protagoniste, ont résisté au temps dans une ou plusieurs versions, ce qui veut seulement dire qu'elles ont servi de 'classiques' dans les écoles, surtout celles de Nippur. Il a dû en exister bien d'autres qui sont perdues. La plus originale du point de vue littéraire est Gilgamesh, Enkidu et les Enfers, qui commence par rappeler les temps mythiques de la création du monde (Enki n'est pas là le dieu d'Eridu, mais l'«ancêtre d'Enlil»), puis introduit l'arbre halub, revendiqué par Inana; Gilgamesh intervient pour délivrer l'arbre d'hôtes inopportuns et se fabrique avec les restes du bois une boule et un maillet, qui deviennent son jeu favori, une sorte de polo qu'il impose aux jeunes hommes d'Uruk, à tel point qu'il lasse la patience des femmes de la ville. A leur demande, les jouets de Gilgamesh tombent en Enfer; Enkidu, parti les rechercher, est retenu aux Enfers; le texte se termine par un dialogue à la Porte des Enfers. La plupart des versions finissent de façon très étrange, sans doxologie, par une sorte de pirouette, en évoquant le fantôme de celui qui a péri dans un incendie. Mais d'autres versions, comme celles d'Ur, ont des additions qui semblent contenir des allusions historiques bien précises, par un procédé qui sera employé par Virgile et Dante. Une version de Meturan tente d'associer (dans cet ordre !) Gilgamesh, Enkidu et les Enfers à Gilamesh et Huwawa, Version A.
Les textes sumériens sont tous différents entre eux pour le type littéraire, chacun a aussi son univers idéologique propre. Gilgamesh et la Mort semble particulièrement proche des croyances et des rites populaires; mais l'œuvre qui a le plus influencé la version akkadienne est certainement Gilgamesh et Huwawa, à qui elle a fourni l'épisode le plus long, qui occupe une bonne partie de la première moitié de l'œuvre.
On est toujours dans l'incertitude sur le statut des textes
akkadiens à l'époque paléo-babylonienne: un ou plusieurs
récits ? Un ou plusieurs auteurs ? Il est probable que la structure
de l'histoire est déjà constituée comme dans la version
récente, incluant les épisodes essentiels; c'est certain
pour le début, un peu moins certain pour l'épisode du Taureau,
tout à fait incertain pour celui du Déluge. Mais la forme
littéraire nous échappe complètement. Il est possible
qu'à cette époque, seuls quelques morceaux de bravoure (rencontre
avec Enkidu, expédition à la Forêt des Cèdres,
rencontre avec Siduri et Uta-na'istim...) aient été mis par
écrit, sans qu'on puisse savoir si ces épisodes étaient
conçus comme des extraits (on peut le soupçonner au moins
pour les songes prémonitoires de Gilgamesh durant la route).
Séminaires
Akkadien I
Nous avons tenté cette année l'expérience de suivre la méthode Huehnergard, nouvellement parue. Elle est très efficace pour apprendre la grammaire et a l'avantage de fournir à elle seule la matière d'un enseignement sur deux années, mais elle est un peu lourde dans sa présentation et noie un peu l'essentiel dans la masse des données.
Akkadien II
Fin de l'exposé grammatical. Lecture de textes littéraires: Hammurapi et Gilgamesh paléo-bab., introduction aux textes récents: Gilgamesh, Descente d'Ishtar, Adapa.
Akkadien avancé
Textes paléo-assyriens. Introduction au dialecte
et à la problématique des textes. Archéologie d'Assur.
Textes historiques des rois assyriens (Erishum, Salimahum); traités
et documents éclairant les relations entre les colons assyriens
installés en Anatolie et les principautés locales. Documents
du droit privé (mariage, adoption).
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR PASCAL BUTTERLIN,
ASSISTANT SUPPLÉANT
A partir de janvier 1998, M. Pascal Butterlin a donné
un séminaire sur les hautes époques de l'histoire mésopotamienne,
de la préhistoire à l'époque d'Uruk: domestication,
techniques, évolution des formes d'habitat, problèmes d'organisation
sociale, colonisation...
Activités sientifiques
Professeur Antoine CAVIGNEAUX
04.11.97: Cours public du Département des sciences de l'antiquité: Être enfant à Sumer.
26.03.98: Conférence au Colloque de la DOG sur Babylone: «Schulbildung in Babel: die Texte aus dem Tempel des Nabû sa Harê.
28.03.98: Conférence à la Société
suisse pour l'étude du Proche-Orient Ancien: L'exégèse
Babylonienne.
Publications
Professeur Antoine CAVIGNEAUX
Quelques notes dans NABU.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR PHILIPPE BORGEAUD,
PROFESSEUR ORDINAIRE
Cours
Introduction à l'étude des religions
Au semestre d'hiver nous avons parcouru les grandes étapes du trajet qui conduit, depuis le XVIIIe siècle, à la constitution d'une discipline de type académique à laquelle nous conserverons le nom d'histoire des religions (plutôt que celui de «science»). De Fontenelle aux mythologues du romantisme allemand, de l'invention de l'aryen et de Max Müller aux débuts de l'anthropologie religieuse anglo-saxonne (Robertson Smith, Frazer), de Durkheim et de Mauss à Dumézil, Eliade et Lévi-Strauss, ce parcours avait pour intention de montrer d'où viennent et où peuvent conduire les instruments et les concepts opératoires (mythe, rite, sacrifice, sacré, profane, etc.), élaborés dans un débat continu entre philologie, grammaire comparée, théologie, anthropologie et histoire.
Au semestre d'été, c'est notre collègue Maya Burger, professeure d'histoire et de science des religions de la Faculté de théologie de Lausanne, qui a pris le relais, donnant à nos étudiants un exemple de méthode, très apprécié, sur la naissance du bouddhisme en Inde. Dans une perspective d'histoire des religions, Maya Burger a essayé de cerner la genèse et le développement d'une «religion» en se concentrant sur:
a) le contexte socio-religieux de la vie supposée du Bouddha;
b) la vie et l'enseignement du Bouddha;
c) les étapes de la canonisation de l'enseignement du Bouddha;
d) les communautés monastiques et laïques.
L'exemple du bouddhisme ancien a permis de poser un certain nombre de questions qui intéressent la discipline en général, telles que, par exemple, la pertinence du concept «religion», l'approche d'une culture différente, la construction d'une méthodologie appropriée à l'objet d'étude.
De son côté, le professeur Philippe Borgeaud
se rendait dans le séminaire de Maya Burger à Lausanne, où
il donnait un cours sur les Caractères fondamentaux de la religion
grecque: absence de dogme (pas d'orthodoxie, mais des orthopraxies),
polythéisme, traditions diverses et panthéons locaux; relation
de cet ensemble épichorique (ancrages locaux) avec une donnée
panhellénique (grande littérature: Homère, Hésiode);
sacrifice grec et interprétations modernes, description de la thusía
(rite sacrificiel dit «olympien», l'élément cultuel
le plus important), l'épisode de Prométhée chez Hésiode,
Théogonie
535-616 et Travaux 42-105, et ses interprétations modernes
de Meuli à Rudhardt, Burkert et Vernant; la notion grecque de mythos
et son évolution à partir de la donnée homérique,
en Grèce, et jusque chez les modernes; l'Hymne homérique
à Déméter et les mystères d'Éleusis;
Orphée et l'Orphisme.
Séminaire 1
(en collaboration avec M. Youri Volokhine, assistant)
Hiver 1997-1998
Les oracles dans l'antiquité. Égypte, Grèce, Rome
Le séminaire proposait un aperçu du monde divinatoire de l'Antiquité. Pour chaque thème, les étudiants ont été amenés à établir un dossier, comprenant textes et iconographie. La Grèce, tout d'abord: avec l'oracle de Delphes, puis les oracles transmis par Hérodote, pour finir par un voyage dans la caverne énigmatique de Trophonios. Ensuite, l'Égypte: après avoir abordé la notion de «signes prodigieux» (bj3yt), les questions posées aux oracles lors des processions, les méthodes de consultation, et les décrets oraculaires émanant de la «théocratie thébaine» furent l'objet d'exposés. Enfin, le monde romain: la discipline étrusque, les oracles sybillins, le de divinatione de Cicéron, firent successivement l'objet de présentations.
Été 1998
Rêves antiques
A l'instar du semestre précédent, mais cette fois à propos des pratiques oniromantiques, le séminaire visait à présenter un panorama embrassant les grandes civilisations antiques. L'Égypte fut abordée en premier: la «clé des songes» du papyrus Chester Beatty III représente le plus ancien véritable manuel du genre. La vieille tradition des rêves royaux, le dieu Bès et son rapport au sommeil, furent également présentés, ainsi que la question de l'incubation, qui nous amena à exposer le dossier des katochoi, par le biais des remarquables archives de Ptolemaios et de Hor, textes grecs et démotiques nous plongeant dans l'expérience onirique singulière des «reclus» du Sérapeum de Memphis. Nous abordâmes également le monde de la Bible, avec l'examen des rêves les plus célèbres (Jacob, Joseph), puis celui de la Mésopotamie, où oniromancie inductive et déductive se déclinent tant dans la littérature (Gilgamesh), que dans les «clés des songes». Les songes grecs nous amenèrent enfin, après une brève introduction concernant Aristote et les rêves divinatoires, à traiter d'Asclépios et du sanctuaire incubatoire d'Amphiaraos, du motif du rêve dans la tragédie, du célèbre traité onirocritique d'Artémidore, ainsi que du rapport très privilégié, et très régulier, qu'Aelius Aristide, hypocondriaque notoire, entretenait en rêve au second siècle de notre ère avec Sarapis, puis Asclépios.
Le 7 mai, nous eûmes le plaisir d'écouter
notre invité Philippe Collombert, doctorant à l'EPHE IVe
section, qui présenta en les rendant accessibles aux étudiants
du séminaire les résultats de ses recherches sur le nome
diospolite (objet de son diplôme de l'EPHE, section des sciences
religieuses). Abordant la question de la réinterprétation
d'un panthéon dans la diachronie d'un terroir de province, cet exposé
permit de mieux poser, du point de vue méthodologique, une question
fondamentale en histoire des religions, celle de l'interpretatio,
en d'autres termes l'impossible (ou interminable) traduction du dieu de
l'autre en dieu de soi.
Séminaire 2
Catalogues d'étoiles et de passions amoureuses: mythographie
Après une introduction sur le développement
de la mythographie (à partir des Catalogues, jusqu'aux atthidographes
et aux métamorphoses hellénistiques), furent présentés,
par les étudiants, Palaiphatos, la littérature catastéristique
(surtout Hygin et le pseudo-Ératosthène), Parthenios, le
pseudo-Apollodore, ainsi qu'Antoninus Liberalis. Ce séminaire s'inscrit
dans une quête de longue haleine sur l'écriture des mythes.
A suivre.
Séminaire 3
La mythologie du matriarcat
Abandonnant Bachofen à ses fameuses (et fumeuses)
théories sur le stade gynécocratique, nous nous sommes occupés
des dossiers grecs essentiels sur lesquels il fondait ses spéculations.
Après avoir évalué le sens grec du mot gynécocratie
(avec Aristote, à Sparte), nous avons abordé, à tour
de rôle, à Lemnos chez Hypsipyle et Thoas (avec Hérodote
et Apollonios de Rhode), en Afrique du Nord et en Scythie chez les Amazones
et les Énarées (avec Hérodote, Hippocrate, Diodore,
Strabon et quelques autres), en Argolide chez les Danaïdes et chez
Amymone (avec Eschyle et Pausanias), à Athènes avec l'Orestie
d'Eschyle, ainsi que l'Assemblée des femmes et Lysistrata
d'Aristophane. Deux invités particulièrement compétents
sont venus encadrer nos recherches. Le professeur James Redfield, de l'University
of Chicago, présenta l'essentiel de ses recherches sur la mythologie
de Locres épyzéphyrienne dans son rapport aux récits
d'origine spartiate dans un exposé intitulé «Matriliny
at Locri» (le 17 mars). Mme Froma Zeitlin, professeur au Département
des études classiques de l'Université de Princeton, auteur
de Before Sexuality, fit une très belle conférence
sur Figures plurielles, figures de rêve, figures de double: mortels
et immortels dans l'Iphigénie en Tauride d'Euripide (le
2 juin).
Séminaire de 3ème cycle, organisé dans le cadre de la CUSO
(en collaboration avec les professeurs Paul Schubert, de Neuchâtel, et Didier Devauchelle, de Genève et Paris)
Rencontres de civilisations et émergence de nouvelles formes religieuses dans l'Égypte hellénistique
Réunissant une dizaine de doctorants, assistants et jeunes chercheurs, ce séminaire interdisciplinaire eut lieu durant quatre demi-journées intensives (20 mars, 24 avril, 15 et 29 mai), suivies d'un colloque d'une journée le 20 juin. Le colloque et une des quatre séances préparatoires prirent place à Neuchâtel, les trois autres séances étant genevoises.
La collaboration d'un helléniste papyrologue (Paul Schubert), d'un égyptologue démotisant (Didier Devauchelle) et d'un historien des religions antiques (Philippe Borgeaud) avait pour but de proposer aux étudiants quelques jalons, quelques directions de recherches et quelques garde-fou sur un terrain par définition interdisciplinaire (l'univers religieux de l'Égypte hellénistique), ainsi que de les orienter dans l'état actuel de la question. Ce but, modeste mais précis, nous semble avoir été atteint, en particulier grâce à la disponibilité des autorités en ce domaine qui sont venues nous seconder à l'occasion du colloque final (à l'exception, fort regrettée, du professeur Jean Yoyotte du Collège de France, qui avait gentiment accepté notre invitation mais qui s'est vraisemblablement égaré quelque part entre Paris et Neuchâtel). Les thèmes abordés par nos invités présents furent: Les Grands notables de Tanis à l'époque ptolémaïque. Autobiographies et réalités archéologiques (Christiane Zivie-Coche, EPHE, Paris, Section des sciences religieuses); Priests, Stereotype Appropriation, and the Hellenization of Egyptian Ritual (David Frankfurter, Durham, University of New Hampshire); Identité grecque en Égypte ptolémaïque (Willy Clarysse, Université de Louvain); Astrologues and Intellectuals in Greco-Roman Egypt (Dirk Obbink, Christ Church, Oxford).
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR ALAIN MONNIER,
CHARGÉ DE COURS
Cours-séminaire
Hiver 1997-1998
Le culte du cargo
Nous avons examiné quelques cas classiques de «culte du cargo» (Koreri à Biak, Muyu, Mamberamo [Irian Jaya], Eastern Highlands, Rai, Vailala, Tangu [Papouasie Nouvelle-Guinée], John Frumm [Vanuatu]) et quelques cas tout aussi classiques d'interprétation (van Hasselt, Ottow, Haddon, Williams, Kamma, Burridge, Worsley, Stanner, Lanternari, Mühlmann, Lawrence, Steinbauer, Berthoud et Kilani, Pouwer, Trompf, Lindstrom). Toutes ces manifestations religieuses s'inscrivent dans le cadre d'une pratique et d'une vision du monde traditionnelles cherchant à intégrer la «nouveauté» de l'arrivée des Blancs en la rattachant aux esprits des morts et aux héros mythiques créateurs. A l'opposé, la pensée anthropologique, en créant et en imposant le concept de «culte du cargo», refuse tout statut à l'Autre en le rejetant dans la folie ou en l'intégrant par le biais du «culte» dans un concept de société qui lui est étranger.
Été 1998
Paresseux et têtes réduites: mythe et rite chez les Jivaro
Chez les Jivaro (Shuar, Achuar et Aguaruna), les mythes
du paresseux et les rites de réduction des têtes convergent
vers une notion d'équilibre à la fois cosmique, social et
conjugal, sous la forme d'une réduction à plusieurs niveaux:
résolution du problème de l'inceste, isolement des maisonnées,
réduction de l'avidité féminine (orale et sexuelle),
réduction des plantes cultivées, rétention du temps
et des âmes, et finalement modèle réduit du monde sous
la forme d'une poterie, lieu de la fermentation cosmique et sociale aux
mains de la femme (la «potière jalouse»).
ENSEIGNEMENT DE MADAME ESTHER STAROBINSKI-SAFRAN,
CHARGÉE DE COURS
Cours-séminaires
Hiver1997-1998
Les concepts de guerre et de paix dans la pensée juive
Ce cours a permis d'approcher les concepts de guerre et de paix tels qu'ils se dégagent de la Bible, de l'œuvre de Flavius Josèphe et de Philon d'Alexandrie, du Talmud, de Maïmonide, de la Kabbale, ainsi que des philosophes modernes (Buber, Rosenzweig et Lévinas).
Plusieurs conférenciers ont été invités à développer des aspects de cette problématique.
Été 1998
Mystique juive de la rédemption
Ce cours a donné lieu à une présentation de l'œuvre de Juda Loeb (le Maharal) de Prague (XVIe s.) et d'Abraham Isaac Hacohen Kook (XIXe-XXe s.). Ces deux auteurs ont développé une dialectique de l'exil et de la rédemption, cette dernière étant comprise tant sur le plan national juif que sur le plan universel.
ENSEIGNEMENT DE MADAME NICOLE DURISCH,
ASSISTANTE
Religion égyptienne (Cf. Égyptologie,
p. 59)
Thèse de doctorat
Monsieur Youri VOLOKHINE
Le visage dans la pensée et la religion de l'Égypte ancienne
L'objectif de cette recherche est d'examiner les valeurs du visage dans l'Égypte ancienne. Cette approche anthropologique vise d'une part à mieux cerner l'homme égyptien, sous l'angle de la gestuelle, et comment il se définit dans le vocabulaire des sentiments; d'autre part, il s'agissait de déterminer les valeurs nuancées du «visage» des dieux, souvent évoqué dans les textes religieux. A cette démarche basée sur la lexicographie, est associée une enquête iconographique, rassemblant le dossier de la frontalité en Égypte, autre éclairage de notre objet.
Le premier chapitre de ce travail explore diachroniquement et synchroniquement le champ d'emploi du substantif hr «visage»; précédé d'une préposition; ce substantif tend à former des locutions lexicalisées. L'ensemble de ces formations nous montre le rôle du visage dans le vocabulaire de l'orientation, mais aussi de la perception. En Égypte, «visage» veut souvent dire «vue», «attention»: la face définit l'homme perceptif. C'est également un monde des postures qui est révélé: les nombreuses métaphores corporelles dénotent d'un vocabulaire expressif, où le visage prend une place centrale. Organe de sens, le visage joue un rôle crucial dans le domaine perceptif, qui laisse entrevoir par rapport au «cœur»-jb - organe de la pensée - un certain conflit de suprématie dans l'édifice corporel égyptien.
Témoin expressif de l'individu, le visage reflète l'homme intérieur: le deuxième chapitre présente et analyse le «vocabulaire facial» (les composés appositionnels, paradigme nfr-hr), dévoilant par le biais des métaphores les facultés mentales comme les modalités du comportement. Ce vocabulaire moral nous fait connaître un individu-modèle, parangon de la maîtrise des sentiments, mais également son antithèse, l'homme au visage «voilé», «sourd», celui qui refuse le jeu de la société.
Du visage-apparence au visage-individu, il n'y a qu'un pas que la langue égyptienne n'hésite pas à franchir: les métonymies faciales pour désigner la collectivité («tout-visage»; «chaque-visage»), étudiées dans le troisième chapitre, ancrent la population dans la solidarité visuelle. Porteur de l'identité, c'est le visage que l'on affiche. Il faut aussi parler du visage des morts, paré d'un masque d'or, divinisant les traits et permettant l'accès à une vision magique dans l'au-delà.
Le quatrième chapitre explore les motifs liés aux visages des dieux, visages que l'on souhaite voir, dont on implore la clémence, ou simplement la bienveillance. Visage «parfait», «satisfait», «multiple», la face divine témoigne des différents traits de la personnalité des dieux. A cela s'ajoute une théonymie bâtie avec le mot «visage», où plus de 150 noms - dont l'analyse est proposée - révèlent une véritable galerie de portraits, clichés-instantanés fonctionnant comme des cartes d'identité.
Enfin, ce parcours s'achève par l'examen de la
frontalité, dont les différentes manifestations sont répertoriées
et classées thématiquement; l'analyse de ces motifs laisse
transparaître, au sein du canevas iconographique très figé
de l'art égyptien, une gestuelle faciale, volontiers métaphorique,
qui s'inscrit dans le prolongement des thèmes révélés
par la langue.
Mémoire de licence
Madame Céline FAVEZ
Sabazios et les divinités qui l'accompagnent
Malgré ce qu'ont voulu croire certains modernes, Sabazios est un dieu obscur et nous possédons peu de sources à son sujet; c'est pourquoi, afin de tenter de circonscrire cette figure divine trop rare, j'ai choisi de l'approcher par l'intermédiaire de ceux qui l'accompagnent, c'est-à-dire des dieux qui, de près ou de loin, lui sont rattachés.
Selon le point de vue d'où l'on se place, on peut interpréter cette figure divine de différentes façons: les inscriptions le relient à Zeus, les sources littéraires à Dionysos, et l'iconographie le rapproche de Mên. Les aspects connus du culte de Sabazios confirment effectivement ces liens, mais de fréquents recoupements nous permettent surtout d'établir une connexion certaine avec une déesse mère (quel que soit le nom qu'on lui donne).
Une autre certitude est son origine phrygienne, également reconnue par tous ceux qui ont rencontré son culte. Il semble également avoir été un dieu puissant, garant du bon ordre, ce qui en faisait aussi un personnage capable d'influer sur l'état de santé, bon ou mauvais, des humains sur lesquels il régnait.
Ces dernières remarques ne sont cependant que des
hypothèses, reposant sur des bases trop fragiles pour devenir des
certitudes: idéalement, on attendrait les fouilles méthodiques
d'un Sabazeion pour nous éclairer.
Activités scientifiques des enseignants
Professeur Philippe BORGEAUD
Conférences à Genève sur Quelques rites d'enfance (Cours public organisé par le Département de sciences de l'antiquité); La mémoire éclatée, quelques théories du mythe (Groupe d'étude du XXe s. de la Faculté des lettres); L'émergence d'une idée de matriarcat, de Lafitau à Bachofen (Groupe d'études féminines de la Faculté des lettres).
Participation au colloque organisé par Guy Stroumsa et Jan Assmann, Guilt, Sin, and Rituals of Purification in Ancient Near Eastern and Mediterranean Religions, Jérusalem 5-8 octobre 1997, avec exposé intitulé Epimenides and Melampus: Two Greek Paradigms of the Treatment of Mistake.
Participation à la Table ronde organisée par l'International Association for the History of Religion à Hildesheim sur le thème L'histoire des religions en Europe, avec exposé sur Ex oriente lux? Réflexions critiques (Hildesheim, 22-25 mai 1998).
Codirection avec le professeur Pascal Vernus (EPHE, 4ème section) de la thèse de doctorat en cotutelle de M. Youri Volokhine sur Le visage en Égypte ancienne (thèse soutenue le 4 juillet 1998, avec le professeur Michel Valloggia comme Président du Jury, et Mme Zivie Coche, directeur d'Étude à l'EPHE, section des sciences religieuses, comme second examinateur parisien).
Direction du mémoire de licence lausannois de M. Yvan Bubloz sur L'apologie de la vie spirituelle dans le néoplatonisme de Plotin et Porphyre (mémoire soutenu le 15 juin 1998, avec Ada Neschke comme juré).
Participation au jury des thèses genevoises de
Mmes Guillemette Bolens (directeur: Charles Méla) et Anne-France
Morand (directeur: André Hurst), de MM. David Bouvier (directeur:
André Hurst) et Tariq Ramadan (directeur: le professeur Schulze
de l'Université de Berne).
Monsieur Alain MONNIER
11.6-4.7.98: Commissaire de l'exposition De Suiza a Sudamérica: Etnologías de Alfred Métraux, Instituto nacional de antropología y pensamiento latinoamericano et Museo nacional de l'hombre, Buenos-Aires (Argentine).
11.06.98: El sol negro de Alfred Métraux: mitología
y museología de un etnólogo, Seminario internacional
sobre etnología europea en América latina: el caso de Alfred
Métraux, Instituto nacional de antropología y pensamiento
latinoamericano, Buenos-Aires (Argentine).
Madame Esther STAROBINSKI
27.11.97: La figure de Job dans la tradition rabbinique. Communication faite dans le cadre du séminaire interdisciplinaire sur le livre de Job, organisé conjointement par la Faculté des lettres et la Faculté de théologie (Genève).
16.02.98: La figure de Job dans la pensée juive du XXe siècle. Communication faite dans le cadre susmentionné.
18.03.98: L'enseignement de la philosophie juive: objectifs et méthodes. Communication faite dans le cadre du colloque organisé par la Faculté de théologie de Lausanne sur l'enseignemment du judaïsme.
Direction d'un mémoire sur La religion juive face à l'hellénisme alexandrin rédigé par Mme Doris Vargas-Hordosch.
Comité de la Société suisse d'études juives.
Cours donné au semestre d'été 1998
à la Faculté de théologie de Lausanne sur Les philosophes
juifs modernes face au christianisme, en collaboration avec M. David
Banon.
Publications
Professeur Philippe BORGEAUD
Taurobolion, dans: Fritz Graf (éd.), Ansichten griechischer Rituale, Stuttgart und Leipzig, Teubner, 1998, p. 183-198.
L'entrée ouverte au palais fermé du roi, dans: Jean-Claude Prêtre, Ariane, le Labyrinthe, Paris, La Bibliothèque des Arts, 1998, p. 85-102.
Monsieur Alain MONNIER
1997: L'un peu cru et l'à peu près, Préface à Rare. Genève, Éditions nomades, p. 5-13.
1998: Métraux y sus mitos, dans: De Suiza
a Sudamérica: Etnologías de Alfred Métraux, Edición
a cargo de Claude Auroi y Alain Monnier. Ginebra: Museo de Etnografía,
p. 49-60.
Autres activités
Professeur Philippe BORGEAUD
Président de la Société suisse pour la science des religions.
Comité d'édition des Studia helvetica religiosa.
Correspondant de la Revue de l'histoire des religions
(Paris, PUF) et de l'Archiv für Religionsgeschichte (Stuttgart
et Leipzig, Teubner).
Monsieur Youri VOLOKHINE
Participation au séminaire de 3ème cycle (CUSO) Rencontres de civilisations et émergence de nouvelles formes religieuses dans l'Égypte hellénistique; présentation de deux exposés: Les plaquettes de fondations du Serapieion d'Alexandrie (24.4.98); A propos du culte des reliefs en Égypte gréco-romaine» (29.5.98).
MONSIEUR OLIVIER REVERDIN,
PROFESSEUR HONORAIRE
Activité scientifique
Présidence de la séance d'ouverture et participation aux 44èmes Entretiens de la Fondation Hardt (sujet: La biographie).
Association Hellas et Roma (président depuis quinze ans): organisation et conduite d'un voyage d'étude en Turquie (Cappadoce, Konya, Afyon Karahissar, Halicarnasse, Cos et Cnide, Milet, Éphèse). Exposés sur les origines de l'histoire du monachisme basilien; sur le Sultanat de Roum et sur le poète Djalal-ud-Din Rumi (à Konya); sur l'anéantissement, en 1920, après trois millénaires, de l'hellénisme en Asie mineure (à Afyon Karahissar), sur les débuts de l'observation scientifique de la nature et de la médecine occidentale (à Cos et à Cnide). Lectures commentées de saint Basile et de saint Grégoire de Nazianze (en Cappadoce), de poèmes de Djalal-ud-Din Rumi (à Konya), d'Hippocrate et de Ctésias (à Cos et à Cnide), des Actes des Apôtres (à Éphèse), etc.
Fondation Hardt: ouverture des 44èmes Entretiens (sujet: La biographie) et participation à ces Entretiens.
Remise, au nom de l'Association Hellas et Roma et de la
Confédération suisse, au Musée national des Beaux-Arts
de Budapest, d'un Atelier pour la restauration et la conservation des métaux
précieux archéologiques.
Autres activités
Collections Baur (en qualité de président
du Conseil de fondation): participation active aux travaux d'agrandissement
et de transformation de l'hôtel où elles sont exposées
(les travaux ont coûté près de six millions de francs),
et à la répartition des collections (en particulier, dans
une salle spécialement aménagée, pour la lumière,
des estampes japonaises) et à la réouverture du Musée,
en décembre 1997.
Publications
Le Dioscoride de Jean-Antoine Sarasin dans: Fondation Hardt, Entretiens sur l'Antiquité classique, tome XLIII, p. 365-381.
Transformer un hôtel particulier en musée d'art. Introduction (p. 3-11). Bulletin des collections Baur, No 60, Genève, avril 1998.
Charles Pictet de Rochemont, dans le volume du Comité genevois du 150ème anniversaire de la Constitution fédérale 1848 (à paraître en été 1998).
La Guerre du Sonderbund vue par le général Dufour, 3ème édition (Slatkine, 1997).
Préface du catalogue: Céramique de Grande Grèce. La collection de fragments Herbert A. Cahn, publié par Hellas et Roma, 1998.
Préface de Flâneries archéologiques.
La collection d'un amateur. Publié par Hellas et Roma, Genève
1998.
ENSEIGNEMENT DE MONSIEUR JEAN RUDHARDT,
PROFESSEUR HONORAIRE
Activité scientifique
Conférence sur Images mythiques de la féminité. Classe de Beaux-Arts, Genève, automne 1997.
Participation à la journée d'étude
Figures
d'Éros. Centre de Recherche «Mythes et Littérature»
de l'Université Charles-de-Gaulle Lille III, mai 1998. Communication:
La
figure d'Éros dans les traditions orphiques.
Publications
Les fonctions du vin, éclairées par les mythes et les cultes de la Grèce. Archives de la Société de physique et d'histoire naturelle. Vol. 50. Genève 1997, p. 125-133.
Considérations rapides sur la conscience de soi dans la Grèce antique. Studi e materiali di storia delle religioni, 1996, vol. 62, n.s. 172. Roma 1998, p. 471-479.
19.11.97: Monsieur Angelo BOTTINI
Surintendant archéologique de la Toscane, Florence
Un ventennio di richerche sugli Italici: un bilancio
14.01.98: Monsieur Orhan BINGÖL
Professeur à l'Université d'Ankara
The Recent Excavations at Magnesia/Maeander
20.01.98: Monsieur Philippe BRISSAUD
Directeur de la Mission française des fouilles de Tanis
Tanis à la lumière des travaux récents
22.01.98: Monsieur Zbigniew FIEMA
Archéologue en chef de l'American Center of Oriental Research in Amman, Jordanie
Between the East and the West: Petra and the Nabataeans
23.01.98 Petra: The Red Rose City in Jordan
29.01.98: Monsieur Henri TONNET
Professeur à l'INALCO, Paris
Grec ancien - grec moderne: ressemblance ou permanence ?
03.02.98: Madame Elena POPESCU
Maître assistante à l'Université Babes-Bolyai de Cluj, Roumanie
La terminologie latine du genre lyrique
09.03.98: Monsieur Martin F. SMITH
Professeur honoraire de l'Université de Durham, Grande-Bretagne
Eighty Metres of Epicurean Philosophy: the Inscription of Diogenes of Oinoanda
16.03.98: Monsieur Richard JANKO
Professeur à l'Université de Londres
Le papyrus de Derveni
17.03.98: Monsieur James REDFIELD
Professeur à l'Université de Chicago
Matriliny at Locri
07.05.98: Monsieur Philippe COLLOMBERT
École Pratique des Hautes Études, Paris
Les dieux d'une ville de province: l'exemple de Diospolis Parva
25.05.98: Madame Évelyne MÉRON
Professeur associé à l'Université Bar-Ilan, Israël
Apologie de Palamède, Apologie de Socrate, Apologie pour Gorgias
02.06.98: Madame Froma I. ZEITLIN
Director, Program in Jewish Studies
Professor, Department of Classics, Princeton University
Figures plurielles, figures de rêve, figures de double: mortels et immortels dans l'Iphigénie en Tauride d'Euripide
11.06.98: Monsieur Robert R. R. SMITH
Professor of Classical Archaeology and Art, University of Oxford
Roman Emperors and Greek Heroes: the Reliefs from the Julio-Claudian Sebasteion at Aphrodisias
Au cours des sessions d'octobre 1997, mars et juillet 1998, ont obtenu leur licence comportant une ou plusieurs branches enseignées dans le Département des sciences de l'antiquité:
Mesdames Discipline A Discipline B Discipline C
Messieurs
Au cours des sessions d'octobre 1997, février et juillet 1998, ont obtenu leur licence comportant une ou plusieurs branches enseignées dans le Département des sciences de l'antiquité :
Vous trouverez en gras
les disciplines concernant notre département.
Il s'agit de Mesdames / Messieurs
(cliquez sur la première lettre du nom de famille pour aller
à la liste alphabétique)
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| NOM | Prénom | Discipline A | Discipline B | Discipline C |
| ABPLANALP | Philippe | Lic. Spéc. Histoire | Demi-lic.: Philosophie | Tradition romane |
| BACCI | David | Italien | Histoire générale | Tradition romane |
| BARNERAT | Sandrine | Français | Histoire de l'art | Tradition romane |
| BAUMGART | François | Français | Égyptologie | Histoire générale |
| BENEDETTI | Sabrina | Français | Italien | Tradition romane |
| BERCLAZ | Guido | Histoire de l'art | Français | Tradition romane |
| BERNASCONI | Leila | Histoire générale | Grec | Informatique |
| BESSON | Corine | Philosophie | Français | Tradition romane |
| BLANCO | Maria | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.:Espagnol | Tradition romane |
| BONZON | Françoise | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.: Grec | Anglais |
| BOSCHERT | Martine | Espagnol | Anglais | Histoire religions |
| BOURGEOIS | Aline | Français | Grec | Sanskrit |
| BOUVET | Sophie | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.:Hist.antiquité | Tradition romane |
| BRANCHER | Dominique | Français | Grec | Histoire religions |
| BRUNSCHWIG | Thibault | Histoire antiquité | Latin | Grec |
| NOM | Prénom | Discipline A | Discipline B | Discipline C |
| CARRON | Christian | Français | Anglais | Tradition romane |
| CHEVALIER | Séverine | Histoire de l'art | Latin | Histoire antiquité |
| COQUOZ | Esther | Français | Histoire générale | Tradition romane |
| NOM | Prénom | Discipline A | Discipline B | Discipline C |
| FANAC | Nathalie | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.:Égyptologie | Histoire religions |
| FAVEZ | Céline | Histoire religions | Grec | Français |
| FAVRE | Bernard | Français | Allemand | Histoire religions |
| FLUCKIGER | Pierre | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.:Latin | Français |
| NOM | Prénom | Discipline A | Discipline B | Discipline C |
| GENTON | Hervé | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.:Fr.Lat.médév. | Tradition romane |
| GERBER | Yves | Histoire de l'art | Français | Tradition romane |
| HADID | Lina | Italien | Linguist.générale | Histoire religions |
| INVERNICI | Paolo | Français | Histoire antiquité | Tradition romane |
| NOM | Prénom | Discipline A | Discipline B | Discipline C |
| Catherine | Allemand | Histoire générale | Histoire de l'antiquité | |
| Roseline | Anglais | Espagnol | Tradition romane |
| NOM | Prénom | Discipline A | Discipline B | Discipline C |
| Isabelle | Anglais | Latin | Tradition romane | |
| Federica | Italien | Français | Tradition romane |
| NOM | Prénom | Discipline A | Discipline B | Discipline C |
| KATHARI | Suzanne | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.:Moyen Age | Tradition romane |
| KIENER | Karin | Français | Anglais | Tradition romane |
| LEBOISSARD | Corinne | Histoire générale | Français,Latin médév. | Histoire antiquité |
| LICOT | Marie-Noëlle | Histoire générale | Français | Tradition romane |
| LIU | Chun | Japonais | Chinois | Histoire des religions |
| MANDELLI | Francesca | Histoire générale | Italien | Histoire religions |
| MEYER | Patricia | Japonais | Histoire des religions | Anglais |
| MICHON | Sacha | Grec | Français | Sanskrit |
| MOGEON | Nathalie | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.:Hist. religions | Allemand |
| MONNERON | Brigitte | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.:Hist. antiquité | Tradition romane |
| MONNIN | Luc | Français | Linguist.générale | Tradition romane |
| MORITZ | Patricia | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.:Français | Tradition romane |
| MOURON | Laure | Archéologie classique | Histoire de l'antiquité | Grec |
| NOM | Prénom | Discipline A | Discipline B | Discipline C |
| ORANGE Alain | Stéphane | Français | Philosophie | Grec |
| PÉRISSET | Audrey | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.:Français | Tradition romane |
| PITTET | Laurent | Français | Linguist. générale | Tradition romane |
| PLOUIDY | Isabelle | Anglais | Linguist.générale | Histoire des religions |
| RIST | Anne Catherine | Histoire des religions | Grec | Philosophie |
| RODRIGUEZ | Laurence | Égyptologie | Copte | Histoire antiquité |
| ROSSI | Christine | Histoire générale | Histoire de l'art | Tradition romane |
| SECRET | Valérie | Histoire des religions | Grec | Sanskrit |
| NOM | Prénom | Discipline A | Discipline B | Discipline C |
| VAN AKEN | Lucas | Lic.spéc.histoire | Demi-lic. Hist.antiquité | Italien |
| VARGAS | Doris | Histoire des religions | Hébreu | Grec |
| VUILLEUMIER | Christophe | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.:Égyptologie | Psychologie |
| WATZLAWICK-KLAHN | Dorte | Archéologie classique | Allemand | Tradition class. |
| WEBER | Noémie | Français | Russe | Tradition romane |
| YERSIN MUCAVE | Sophie | Lic.spéc.histoire | Demi-lic.:Égyptologie | Espagnol |
| ZAKAR | Agnès | Philosophie | Histoire des religions | Arabe |
| ZBINDEN | Stéphane | Grec | Histoire générale | Archéologie classique |
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