Unité d'Egyptologie et Copte

L'égyptologie: une tradition genevoise

Édouard Naville (1844-1926)

Naville

À la fin de ses études classiques à Paris, Édouard Naville saisit l'occasion de se familiariser avec la civilisation égyptienne. Égyptologue et bibliste, il se forma à Genève, Londres, Bonn, Paris ainsi qu'à Berlin auprès de K. R. Lepsius. Il visita l’Égypte pour la première fois en 1868. Archéologue, il mena dès 1882 de multiples campagnes pour le compte de l’Egypt Exploration Fund, établissant le modèle de leurs publications. Dès 1881, il enseigna à l’Université de Genève et une chaire d'archéologie et d'égyptologie fut créée à son intention en 1895. À partir de 1894, il engagea des fouilles à Deir el-Bahari où il œuvra de façon magistrale. Son œuvre prolifique lui valut de hautes distinctions internationales et une réputation illustre de pionnier de l'égyptologie.

Consulter: A. Barucq, "Naville (Édouard-Henri)", in: Dictionnaire de la Bible. Supplément, Paris VI, Fascicule 31 (1958), pp. 316-318. Ch. Maystre, "Édouard Naville (1844-1926)", in: Histoire de l'Université de Genève. Annexes. Historique des Facultés et des Instituts 1914-1956, Genève, 1959, pp. 98-100. D. van Berchem, L'Égyptologue genevois Édouard Naville. Années d'études et premiers voyages en Égypte 1862-1870, Genève, 1989. M. Valloggia, "L'égyptologie à Genève: l'itinéraire des pionniers", in: Voyages en Égypte de l'Antiquité au début du XXe siècle. Catalogue d'exposition, 16 avril - 31 août 2003, Genève, pp. 222-224.

Georges Nagel (1899-1956)

Étudiant du neuchâtelois Gustave Jéquier, puis des grands maîtres de l'égyptologie berlinoise et parisienne, Georges Nagel fut membre scientifique à titre étranger de l'Institut français d'archéologie orientale au Caire à partir de 1927. Il participa ainsi aux fouilles de Deir el-Médineh avant d'être nommé professeur ordinaire d'hébreux et d'exégèse de l'Ancien Testament à Genève. En 1956, il créa le Centre d'études orientales de l'Université. L'œuvre principale de sa vie, qu'il ne put mener à son terme, fut l'étude exhaustive du Livre des Morts des anciens Égyptiens.

Consulter: H. Brunner, "Georges Nagel (1899 bis 1956)", AfO 18, 1 (1957), p. 232. É. Drioton, "Nagel, Georges", BSFE 23 (mai 1957), p. 4. A. Mekhitarian, "Georges Nagel", CdE XXXII, n° 63 (1957), pp. 82-83. M. Valloggia, "L'égyptologie à Genève: l'itinéraire des pionniers", in: Voyages en Égypte de l'Antiquité au début du XXe siècle. Catalogue d'exposition, 16 avril - 31 août 2003, Genève, La Baconnière, pp. 225.

Henri Wild (1902-1983)

Dès 1933, Henri Wild étudia l'égyptologie à Paris, où il obtint son doctorat à l'École du Louvre. Il fut alors chargé de mission par l'Institut français d'archéologie orientale du Caire, mais fut rappelé en Suisse en raison de la guerre. Durant cette période, il assista Jacques Pirenne dans son enseignement à l'Université et fut mandaté par Pro Helvetia pour répertorier les antiquités égyptiennes présentes en Suisse. Il retourna en Égypte en 1946 pour poursuivre les relevés du mastaba de Ti à Saqqarah. En 1948, il participa aux fouilles franco-suisses de Qasr Qaroun dans le Fayoum, avant qu'un grave accident ne mette un frein sérieux à sa carrière.

Consulter: G. Haeny, "Henri Wild (1902-1983)", BIFAO 84 (1984), pp. V-IX. Ch. Maystre, "Souvenirs de Henri Wild, 27 août 1902 - 21 septembre 1983", BSÉG 9-10 (1984-1985), pp. 7-11. M. Valloggia, "L'égyptologie à Genève: l'itinéraire des pionniers", in: Voyages en Égypte de l'Antiquité au début du XXe siècle. Catalogue d'exposition, 16 avril - 31 août 2003, Genève, pp. 226-227.

Charles Maystre (1907-1993)

Maystre

Après l’obtention d’une licence ès Lettres à Genève et d’un diplôme de l’École pratique des Hautes Études à Paris, Charles Maystre fut attaché à l’Institut français d’archéologie orientale au Caire (1933-1940 et 1945-1947) où il prit part aux travaux de Deir el-Médineh et de Tôd. Le doctorat qu’il soutint en Sorbonne (1948) lui valut le Prix L. Chalumeau. Professeur ordinaire grâce à la création d’une chaire complète en 1962, il fut aussi chargé des collections égyptiennes du Musée d’art et d’histoire. Il dirigea en Nubie les missions de Tabo (1965-75) et d’Akasha entre 1966 et 1972, et engagea une fouille de sauvetage sur le site de Kerma (1972-1975).

Consulter: M. Valloggia, "Charles Maystre (1907-1993)", BSEG 17 (1993), pp. 5-7. M. Valloggia, "Charles Maystre (1907-1993)", RdE 45 (1994), pp. 3-5. M. Valloggia, "Bibliographie de Charles Maystre", RdE 45 (1994), pp. 6-9. M. Valloggia, "L'égyptologie à Genève: l'itinéraire des pionniers", in: Voyages en Égypte de l'Antiquité au début du XXe siècle. Catalogue d'exposition, 16 avril - 31 août 2003, Genève, pp. 227-228.

Robert Hari (1922-1988)

Robert Hari obtint une licence ès Lettres à l'Université de Genève, puis enseigna durant plusieurs années dans les collèges genevois. Après avoir soutenu sa thèse de doctorat, il dirige le Cycle d'Orientation. En 1977, il succéda à Charles Maystre, reprenant la chaire d'égyptologie. Trois ans plus tard, il créa la Société d'Égyptologie, Genève. Il publia alors la tombe de Neferhotep (TT50), avant de devenir professeur honoraire en 1987.

Consulter: "Robert Hari (1922-1988)", BSÉG 12 (1988), pp. 5-7. "Bibliographie de Robert Hari", BSÉG 13 (1989), pp. 5-7. Ph. Germond, "Robert Hari (1922-1988): De la pédagogie à l'égyptologie", in: Voyages en Égypte de l'Antiquité au début du XXe siècle. Catalogue d'exposition, 16 avril - 31 août 2003, Genève, pp. 229-231.