Unité d'études japonaises

Notes sur la présentation des travaux

1. Remarques préliminaires

 

Quelle que soit la qualité du contenu de vos travaux, une présentation et une rédaction bâclées nuisent grandement à l’impact de votre message sur le lecteur ou sur la lectrice. Voici donc quelques directives pour vous aider à maîtriser la mise en page de vos travaux.

 

Dans un travail de recherche, votre point de vue est important. Pour étayer votre démarche et pour enrichir votre argumentation, vous sentirez le besoin d’utiliser les réflexions d’autrui sous forme de citations plus ou moins longues. Cette démarche est honnête et souhaitable, car elle vous permettra d’élaborer une approche de nature analytique qui s’avère nécessaire pour votre travail.

 

 

2. Structure de votre travail

 

Dans le cas des mémoires ou mini-mémoires, votre travail doit être constitué :

  • d’une page de titre ;
  • d’une table des matières ;
  • d’une introduction qui présente votre sujet, pose sa problématique ;
  • de l’étude à proprement parler (le plus souvent en plusieurs parties ou chapitres), le tout assorti de notes permettant en bas de page de donner les références bibliographiques sur lesquelles vous vous appuyez ;
  • d’une conclusion ;
  • d’une bibliographie ;
  • le cas échéant, des pièces annexes (illustrations, extraits de texte, interview, etc.).

Les pages du travail doivent être numérotées en continu.

 

Dans le cas d’un exposé oral, la version écrite n’est pas forcément requise par l’enseignant-e, mais vous devrez toujours proposer une bibliographie. Cette dernière devra donc respecter les règles mentionnées ci-après.

 

 

3. La page de titre

 

Elle doit mentionner le titre de votre travail, votre nom, le nom de l’enseignant-e qui vous a dirigé-e, ainsi que l’année académique et le nom de l’enseignement concerné. Une illustration est la bienvenue, mais elle n’est pas obligatoire.

 

4. La table des matières

 

Elle rend compte de la structure du travail, rendue visible par la hiérarchie des titres, et mentionne le numéro de page en regard. Il est recommandé de générer une table des matières automatique à l’aide des styles et de la numérotation automatique des chapitres dans les logiciels de traitement de texte qui le permettent.

Voici un exemple de table des matières :

 

 

5. Rédaction du corps du texte

 

Veillez à rédiger votre mémoire dans un français correct, en évitant toute expression familière, en gardant un ton neutre et en évitant tout jugement de valeur. Les affirmations doivent être étayées soit par des observations sur le corpus primaire, soit par des travaux antérieurs.

 

A - Indications typographiques

 

Recommandation : privilégiez la lisibilité.

On peut distinguer deux grands types de polices de caractères typographiques : les caractères à empattements (serif) et les caractères sans empattement (sans serif ou police linéale).

 

Pour les textes imprimés, les empattements facilitent la lecture en créant une ligne horizontale qui guide l’œil : Palatino, Garamond, Baskerville, Times, etc. sont d’excellents choix. Voici quelques exemples de polices de caractère sans empattement : Geneva, Helvetica, Arial, Calibri, etc.

 

Certain-e-s aiment jouer avec les différences entre ces deux types de polices en privilégiant une police à empattements (toujours la même) pour le corps du texte et une police linéale (toujours la même) pour les titres. D’autres préfèrent opter pour un effet général uniforme. Au-delà de ces choix esthétiques, l’important est de toujours veiller à la lisibilité de votre travail.

 

Les caractères japonais présentent la même opposition entre polices à empattements (par exemple MS Mincho 日本) et polices linéales (par exemple Ōsaka日本 ou MS Gothic 日本).

 

Pour le corps du texte, on privilégie généralement un corps de caractère (c’est-à-dire la taille) d’environ 12 points (pt), mais certaines polices comme le style Garamond supportent facilement 14 pt. Les polices japonaises prennent souvent plus de place en hauteur dans la ligne que les polices de caractères occidentaux, ce qui engendre souvent un décalage disgracieux. Dans ce cas, on peut utiliser un corps inférieur pour les caractères japonais (par exemple le corps 10 pt), comme ci-dessus.

 

Pour les titres (section, chapitre, sous-chapitre, paragraphe…), il est recommandé d’établir une hiérarchie en faisant varier le type (éventuellement), le corps, la graisse des caractères (caractères gras ou maigre) ou leur forme (italiques, romains).

Par exemple :

titre (Arial gras 16 pt)
titres de chapitre (Arial 14 pt)
sous-titres de chapitre (Palatino gras 12 pt.)
titres de paragraphe (Palatino italique 12 pt.).

 

Certains logiciels permettent d’affecter un style à chaque portion de texte (corps du texte, citation, titre de partie, etc.). Il est ainsi possible de créer facilement une table des matières automatique et de modifier d’un seul coup toutes les parties du texte rédigées dans ce style.

 

i. Justification

Le corps du texte doit être justifié (c’est-à-dire aligné) à gauche et à droite du texte. Faites attention aux règles de césure en français, le cas échéant.

 

ii. Alinéa

Les alinéas (ou retours à la ligne) permettent de mieux distinguer la division des paragraphes, et donc de mettre en valeur la structure de votre texte. Pour être efficace, elle doit être bien visible, sans être excessive. Quand un paragraphe commence en haut d’une page ou quand il suit un titre, l’alinéa n’est pas nécessaire.

 

iii. Interlignage

Dans la mesure où vous ne rendez pas un brouillon, mais un travail fini, le double interlignage est à proscrire. Un espacement de 1.5 entre les lignes permet d’aérer le texte afin de ne pas surcharger la page.

 

iv. Marges

Prévoyez des marges généreuses, entre 2 et 3 cm. Il faut surtout veiller à ne pas avoir de lignes trop longues (90 caractères espaces compris maximum) et à obtenir un équilibre général de la page, en jouant sur les marges, l’interlignage, etc., de façon à rendre la lecture agréable. Une page fait en général entre 2000 et 2500 caractères. Prévoyez une marge gauche plus importante (5 cm) si vous reliez votre travail.

 

v. Ponctuation & espaces

En langue française, certains signes de ponctuation sont précédés ou suivis d’espaces insécables (attention : ce terme est féminin dans ce sens typographique). Ces espaces sont obtenues par SHIFT + CTRL + barre d’espace sur PC, et par ALT + barre d’espace sur Mac. En langue française toujours, les signes de ponctuation doubles (; : ? ! ») sont systématiquement précédés d’une espace. Le guillemet ouvrant français doit être suivi d’une espace (« ) et le tiret semi-cadratin (–), à ne pas confondre avec le trait d’union, est suivi d’une espace en début d’insert et précédé d’une espace en fin d’insert : par exemple – ce qui veut dire, etc. – et la suite de la phrase. Les logiciels de traitement de texte insèrent en général automatiquement ces espaces lors de la frappe, mais il convient de toujours vérifier.

 

Dans certains cas, il faut insérer manuellement une espace insécable pour éviter les césures inappropriées : entre M. ou Mme et le nom de famille (M. Dupont), entre une quantité chiffrée et l’unité quantifiée (%, siècle, km, jour, mois, etc.), ainsi qu’entre l’abréviation de page(s) et le(s) numéro(s) de page (p. 12-24, par exemple).

 

 

B. Citations

Une réflexion scientifique se nourrit de sources diverses. Il est donc indispensable d’indiquer clairement les travaux mobilisés au cours de votre étude, qu’il s’agisse du cadre général ou d’apports plus ponctuels. Ces travaux permettent d’étayer le vôtre et vous devez donc identifier clairement ce que vous reprenez d’une source, en la citant directement ou en vous y référant de manière indirecte.

 

i. Citations directes

Une citation directe, qui reprend mot pour mot le texte cité, exige une reproduction exacte du texte, respectant l’orthographe, les majuscules, la ponctuation. Dans le cas du japonais, il est essentiel de préserver l’intégrité graphique du texte : si la citation est en japonais non contemporain, il convient de respecter les principes de présentation originaux (orthographe historique, choix de kanji, type de caractères, etc.). Par exemple, le même mot écrit en 漢字, en ひらがな ou en カタカナ n’a pas le même impact visuel et sa signification est donc différente.

 

Quand la citation comporte elle-même des guillemets (citations enchâssées), il faut recourir aux guillemets anglais à l’intérieur des guillemets français : « … "..." ». Une élision dans une citation est signalée par des points de suspension entre crochets : […]. Les rajouts sont également placés entre crochets : « [les Japonais]… ». Si des modifications sont apportées dans la phrase, le changement doit être signalé, par des crochets qui encadrent la partie modifiée du mot : « il sort[ait]... ». Les incises courtes (rappelle cet auteur, etc.) sont placées dans la citation, entre des virgules.

 

La citation sera toujours accompagnée d’une référence claire. Pour ces renvois bibliographiques, voir la section consacrée à cette question plus loin.

 

Vous pouvez mettre en évidence un ou plusieurs éléments de la citation en les écrivant en italiques, mais vous devez dans ce cas le préciser en note (ce n’est pas l’auteur qui a mis en valeur cette partie de son texte, mais vous).

 

Parmi les citations directes, qui reprennent fidèlement le texte cité, il faut encore distinguer les citations brèves et les citations longues.

 

a) Citations brèves

Les citations courtes sont intégrées dans le paragraphe sans retour à la ligne, et encadrées par des guillemets français : « … ».

 

b) Citations longues

Les citations longues, c’est-à-dire dépassant trois lignes, se présentent sous la forme d’un paragraphe autonome. Ce paragraphe est mis en retrait de la marge de gauche et de droite, utilise un corps de police réduit par rapport au corps du texte et un interligne simple. On n’emploie ni les guillemets d’ouverture et de fermeture, ni d’italiques, car le système de retrait permet de l’isoler suffisamment.

 

ii. Citations indirectes

Il arrive également qu’on ait besoin, non pas de citer les propos d’un auteur mot pour mot, mais de reformuler son idée ou son argument, en veillant toutefois à ne pas en trahir le sens. Il s’agit d’un emprunt qui doit être signalé comme tel dans une note de renvoi, insérée immédiatement à la fin de l’idée paraphrasée. Dans cette note, la source de l’information est introduite par le terme cf. (confer), qui invite le lecteur ou la lectrice à se reporter à la référence.

 

iii. Référence des citations

Toute citation doit impérativement être accompagnée de références précises. Pour cela, deux modèles sont observables dans les textes scientifiques : le système des notes de bas de page (style de type MLA) ou le système auteur-date, inséré à la suite de la citation dans le corps du texte (style de type Chicago). L’essentiel est de suivre un système cohérent tout au long du travail.

 

 

C. Les notes de bas de page

 

Les notes de bas de page ont pour fonction soit de signaler des références bibliographiques, soit de compléter le corps du texte en apportant des éléments subsidiaires par rapport à l’argumentation principale (commentaires, pistes de réflexion, etc.). En théorie, elles ne peuvent pas faire l’objet de trop longs développements. Elles sont placées sur la même page que leur appel de note, donc en bas de page et non en fin de travail. Elles sont rédigées en interligne 1 et en caractère plus petit que le corps de texte (10 pt), et numérotées soit de façon continue sur l’ensemble du travail, soit par page, soit par parties, etc.

 

Il existe de nombreuses règles qui définissent la place de l’appel de note[1], qui peut être précédé ou non d’une espace. L’appel de note est situé dans les travaux francophones généralement avant le signe de ponctuation, quel qu’il soit (comme ci-dessus). Il ne doit pas être mis en italiques même si le texte qui le précède l’est.

 

La manière dont on constitue et rédige les références bibliographiques suit des règles précises, décrites plus loin. Si vous optez pour un style de type MLA, vous devez mentionner la référence complète (comme dans la bibliographie) à la première occurrence, suivi du numéro de page de la référence en question (cf. la note 1).

 

Pour la rédaction des références bibliographiques proprement dites, veuillez vous référer à la partie 6 (Rédaction de votre bibliographie).

 

Si vous citez un ouvrage ou un article à plusieurs reprises, vous pouvez utiliser certaines abréviations convenues. Les plus importantes et courantes sont les suivantes :

  • ibid. (Ibidem) : remplace une référence déjà donnée, à condition qu’elle soit citée dans la note précédente[2] ;
  • id. (Idem) : remplace le nom de l’auteur (et non un titre), à condition qu’il soit cité dans la note précédente ;
  • op. cit. (opere citato, « dans l’œuvre citée ») précédée du nom de l’auteur : renvoie à un ouvrage d’un auteur déjà mentionné (on fera attention à éviter toute ambigüité, surtout si l’on se réfère dans le travail à plusieurs ouvrages d’un même auteur) ;
  • art. cit. précédée du nom de l’auteur : permet de renvoyer à un article d’un auteur déjà mentionné (même remarque).

 

 

D. Noms de personne

 

Dans le corps du texte, les noms de personnes (japonaises ou non) sont écrits en minuscules avec majuscules à l’initiale (ni en petites majuscules, ni en capitales). Pour les noms japonais, on suivra systématiquement l’ordre nom de famille, puis nom personnel ou pseudonyme, et on indiquera à la première occurrence les caractères japonais.

On peut profiter de la première mention du nom d’une personne pour donner entre parenthèses, si l’information est utile, les dates de sa vie.

 

 

E. Œuvres et titres d’œuvres

 

Les titres d’ouvrages, de périodiques (revues), de peintures, de romans, de films, etc., doivent être mentionnés dans le texte ou cités en notes en italiques.

Pour les titres japonais, on procédera de la manière suivante pour la première occurrence :

-       citer le titre en transcription (rōma-ji) et en italiques ;

-       indiquer les kanji ;

-       donner entre parenthèse sa traduction en français, en italiques dans le cas d’une traduction déjà publiée, et en romains si vous faites une proposition de traduction ;

-       ajouter la date si elle est connue (réalisation ou publication).

 

Exemple :

-       Murasaki Shikibu, Genji monogatari 源氏物語 (Le Dit du Genji, début du xe s.)

-       Tsubo.uchi Shōyō, Shōsetsu shinzui 小説神髄 (La Quintessence du roman, 1885-86)

 

Si vous souhaitez mentionner en note une traduction existante, voici le modèle à suivre :

-       Tanizaki Jun.ichirō, Sasame-yuki 細雪 (Bruine de neige, 1943-1948)[3]

 

Remarque :

Si l’on reprend le titre dans la suite du texte, deux solutions sont possibles :

-       soit le reprendre en transcription : le Genji monogatari

-       soit reprendre la traduction proposée : le Dit du Genji

Dans l’un ou l’autre cas, on utilise les italiques (pour que le lecteur comprenne sans ambiguïté qu’il s’agit d’un titre d’œuvre).

Pour les titres très longs, on peut éventuellement recourir à une abréviation.

 

Exemple :

-       le Dit du Genji => le Genji

 

Les traductions des titres de poèmes doivent également figurer en romains et entre guillemets.

 

Exemple :

-       Yosano Akiko, Kimi shini tamō koto nakare 君死にたまふことなかれ (« Je t’en supplie, mon frère, ne meurs pas ! »)

 

Les poèmes eux-mêmes sont cités sans guillemets, mais en retrait du texte, avec une taille de caractère réduite et un interligne simple, de même que les citations longues. Lorsqu’on ne cite qu’un ou deux vers, on peut les intégrer au texte ou dans une note en bas de page en les mettant entre guillemets et en indiquant la coupe du vers par une barre oblique :

天の原                                        Quand je contemple

振り放け見れば                      au loin le vaste ciel

春日なる                                   n’est-ce pas la lune qui se lève

三笠の山に                              sur le mont Mikasa

出でし月かも                          dans mon pays de Kasuga ?

 

 

Exemple d’une référence complète :

-       Murasaki Shikibu 紫式部, Le Dit du Genji, trad. fr. du Genji monogatari 源氏物語 par R. Sieffert, intr. par Sano Midori, commentaires par E. Leggeri-Bauer, Paris, Bibliothèque nationale de France / Diane de Selliers éditeur, 2007, 3 vol.



[1] La note est toujours précédée d’une espace après son numéro. On ne peut pas revenir à la ligne à l’intérieur d’une note en français. Attention : une note est assimilable à une phrase, il faut donc toujours la terminer par un point, même pour les notes purement bibliographiques, par exemple : Balmain Colette, Introduction to Japanese Horror Film, Edinburgh, Edinburgh University Press, 2008, p. 52.

[2] Quand ibid. ou id. est placé en début de note, il faut naturellement mettre une majuscule à l’initiale : Ibid., ou Id.

[3] Tr. fr. par G. Renondeau sous le titre Quatre sœurs (Gallimard, 1964).