Cours général 2019-2020

Le Genre en Révolution : rebelles, insurgé.e.s et révolté.e.s

De quoi la révolution est-elle le nom ? Y a-t-il un paradigme de la rébellion ? un devoir de révolte ? un destin d’insurgé-e ? Et, enfin, de quelles révolutions parlons-nous exactement ? 1789, 1968, 2018… on aurait tort de restreindre l’esprit de révolte au seul apanage de la France et de le résumer par le terme unique et historiquement daté de Révolution.  La révolte est de tous les temps, Chaque soulèvement porte diversement ses revendications qui ne sont pourtant jamais purement sociales ou seulement sexuelles.

Ceci dit, le genre compte, en révolution. Si la mémoire des mouvements insurrectionnels s’attache le plus souvent à des figures masculines, elles sont nombreuses celles qui ont assumé leurs actions politiques révolutionnaires et revendiqué l’égalité de leurs droits, face à leurs adversaires ainsi qu’à leurs camarades. Aujourd’hui les analyses politiques féministes et antiracistes constituent un apport central à la réflexion contestataire. Les revendications de groupes LGBTQI+, des exclus, des personnes racisées se fondent sur des modèles épistémologiques essentiels qui placent le genre au cœur des révolutions.

Les révolutions sont le plus souvent liées à une vie intellectuelle et artistique progressiste qui a toujours dû se battre pour exister. Quels mots, quelles images, quelles revendications esthétiques et poétiques viennent préparer, nourrir, identifier, commémorer les aspirations au changement et le rejet de l’ordre établi ? Quels sont les points de vue possibles sur une mutation qui se veut essentiellement politique, mais se vit souvent dans le mythe ? Quels usages du genre soutiennent et renforcent ou critiquent les élans des rebelles, des insurgé-e-s et des révolté-e-s ?

Les Etudes Genre et plus largement l’histoire du féminisme offrent des outils qui permettent de repenser les modalités et les avancées politiques grâce à un modèle critique devenu incontournable.