Unité d'arménien

Cours public, automne 2017 : Ecrivains arméniens d’URSS à l’époque de la Grande Terreur stalinienne : “papiers brûlés” et déportations.

par Valentina Calzolari Bouvier, professeure d'études arméniennes

Les vendredis: 29 septembre, 13 et 27 octobre, 24 novembre, 1er et 15 décembre 2017
14h15‐16h00.

Uni-Philosophes, salle 204

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Le cours s'intéressera à trois écrivains arméniens de l’époque soviétique: Vahan Totovents, Eghishé Tcharentz, Gourguen Mahari. Ces trois auteurs, aux origines et aux personnalités littéraires très différentes, eurent un destin commun: accusés d'être des "nationalistes" et des "ennemis du peuple", ils furent victimes de la Terreur stalinienne.

Originaire de l’Empire ottoman, après plusieurs périples en Europe et aux Etats-Unis, et une collaboration avec la Fédération Révolutionnaire Arménienne, en 1922 TOTOVENTS s’établit au Caucase, après la soviétisation de la République d’Arménie. En 1934, il fut obligé de rénier publiquement le roman Papiers brûlés, où il met en scène la conversion au communisme d’un professeur d’histoire ; il fut arrêté en 1936 et fusillé en 1938. Né à Kars d’une famille arménienne originaire d’Iran, TCHARENTS devint dans un premier temps le chantre de la Révolution russe (cf.  Ballades à Lénine), avant de tomber en disgrâce. Il fut emprisonné en 1937 et “se suicida” en prison. Né à Van, qu’il quitta lors du génocide arménien, MAHARI trouva refuge en Arménie orientale, alors englobée dans l'Empire russe. A deux reprises, il vécut dans les goulags de Sibérie (1936-1947 et 1949-1954), avant d'être frappé par une nouvelle campagne de diffamation dans les années 1960 suite à la parution du roman Les vergers en feu, qui évoquait la vie de sa ville natale en Anatolie et accusait le mouvement nationaliste arménien. Le récit de son expérience des goulags a été laissé dans Les barbelés en fleurs et dans d’autres écrits en prose et dans des lettres.

Le cours s'intéressera aux œuvres de ces auteurs, et à d’autres encore, tout en mettant en relief les pratiques de la censure soviétique qui frappa leurs écrits de nombreuses années encore après leur mort.

20 septembre 2017
  2017