Unité de portugais

Hommage à l'écrivain José Saramago

L'unité de portugais organise trois conférences en hommage à l'écrivain José Saramago les 25 et 28 avril 2012 ainsi que le 3 mai 2012.

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Photo: José Saramago vu par Armando Franca

25 avril 2012 | 16h
Uni Bastions, salle B302

« Saramago : la place des hommes dans l´histoire de chaque jour. À la recherche d’un lieu perdu »
Prof. Maria Alzira Seixo, Universidade de Lisboa - CEC, Centre d’Études Comparatistes

 

Saramago transmet le quotidien des hommes, dont les grands et menus gestes conforment l´histoire que dit le roman. Elle se rend présente par l’écriture, ou par des biais allégoriques, précisés de façon fictive par le narrateur. C’est donc une société vivante qui existe dans ses récits, où l’activité des hommes met en relief l’espace concret de leur existence, de leurs parcours. Car c’est le mouvement (marche ou quête) et l’objectif y impliqué (idée, idéal) qui les fait agir, dans l’héroïsme de l’homme simple. En motion qui se déclenche par le sentiment d’une perte, par un manque qu’on va récupérer. La communauté humaine s’unit et, appuyée sur son terroir, donne voix à l’entreprise de reconstruction, celle du lieu de chaque individu. Lieu et pensée y constituent l’existence.

La vision saramaguienne du monde connaît-elle des succédanés? Il y a des voix qui réclament, dans des modes de récit autres, des idées semblables et des processus d’écriture convergents. Plutôt un héritage qu’une succession.

« Marcenda n’est qu’un gérondif »
Prof. Maurizio Perugi à l’UNIGE

Marcenda, l’un des personnages féminins du roman de José Saramago «O ano da morte de Ricardo Reis», est en fait un gérondif que Ricardo Reis-Fernando Pessoa a formé à partir d’un verbe inexistant en portugais. Référé à une rose dans une ode de Reis, ce verbe signifie «faner, flétrir»: on pense immédiatement au poncif littéraire de la rose qui se fane. Marcenda, femme inconsistante dont la substance est purement verbale, représente dans le roman de Saramago une classe sociale en voie de disparition.

28 avril | 16h30
Université Ouvrière de Genève, auditorium Wyss

« José Saramago: o homem e o escritor »
Dr Jorge Vaz de Carvalho, Universidade Católica Portuguesa

Em José Saramago, o homem e a obra, a afirmação cívico-política e realização da obra literária são de uma prodigiosa coerência. Procuraremos relevar o exemplo de escritor e de humanista em que notavelmente se conjugam a atitude ética e a atitude estética.

3 Mai 2012 | 18h
Uni Bastions, salle B106

« José Saramago et les pouvoirs de la fiction »
Prof. Maria Graciete Besse, Université de Paris-Sorbonne/Paris IV

 

José Saramago (1922-2010), Prix Nobel de Littérature en 1998, était un écrivain en prise directe sur son temps, un homme d’engagements et un intellectuel humaniste qui posait sur le monde un regard très lucide, souvent ironique, jamais indifférent. Son oeuvre fictionnelle, nourrie par un imaginaire singulier, explore la complexité des rapports humains et les paradoxes de la société, nous proposant la carte de son territoire profond où s’inscrit toujours une forme de résistance à la clôture qui passe par la réévaluation de l’Histoire, la déconstruction des grands mythes, la tentation allégorique et l’intérêt indéfectible pour l’humain.

Dans chacun de ses livres, il invente des «mondes possibles», manifestant souvent une préférence pour les héros anonymes et opprimés, les femmes salvatrices et les situations les plus inattendues. Pour pénétrer dans cet univers qui joue souvent avec la tradition populaire et érudite, nous présenterons d’abord les grandes étapes de la trajectoire littéraire de l’écrivain, avant de montrer dans quelle mesure son écriture romanesque est traversée par une triple dimension éthique, politique et esthétique, susceptible d’aiguiser le sens critique des lecteurs et de répondre enfin à ces questions: que peut la fiction dans la société contemporaine? Quelles valeurs peut-elle apporter et transmettre? La littérature pour quoi faire?

« L’ Autre comme moi, ou les duplicata sociaux »
Dr Nazaré Torrão, chargée d’enseignement à l’UNIGE

 

La singularité du corps humain est le dernier rempart contre l’indifférenciation grandissante de nos sociétés, quand un double de soi (hantise très ancienne) se matérialise, cela signifie une mort imminente – c’est cette situation que José Saramago crée dans le roman O Homem Duplicado, image d’une société toujours plus individualiste. Du soi-même comme un autre à l’autre comme moi il y a un cheminement qui va de l’ouverture à l’autre à l’enfermement en soi. Identité, singularité, pluralité, multiplication des êtres – seront les thèmes abordés dans ma communication sur ce roman.

20 avr. 2012

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