Leçons d'adieu - Symposium de départ

12 septembre 2019: Leçon d'adieu du prof. Jacques Philippe

12h30
CMU - auditoire Alex-f. Müller (A250)

Jacques Philippe

Professeur ordinaire
Département de médecine, Faculté de médecine UNIGE
Médecin-chef du Service d’endocrinologie, diabétologie, hypertension et nutrition, HUG

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«LE diabète: soeur Anne, ne vois-tu rien venir?»

En progression épidémique depuis les années 1980, le diabète de type 2 touche actuellement 6 à 11% de la population adulte dans les pays occidentaux, et atteint même un taux record de 40% dans certains pays du Golfe persique. Si nous savons depuis longtemps que le diabète se caractérise par une hyperglycémie résultant d’un déficit en insuline et d’un excès de glucagon, deux hormones régulant le taux de sucre dans le sang, les mécanismes physiopathologiques de la maladie restent encore mal connus. Au cours des trente dernières années, les progrès de la recherche ont néanmoins permis de mieux comprendre la dysfonction des cellules pancréatiques alpha et beta, productrices, respectivement, du glucagon et de l’insuline.
Au cours de sa carrière, le professeur Philippe s’est intéressé aux anomalies que présentent les cellules alpha dans le diabète, et en particulier à la régulation du gène du glucagon ainsi qu’à la biosynthèse et à la sécrétion du glucagon dans des modèles expérimentaux. Au cours de sa conférence, il décrira les avancées ayant permis de mettre en lumière la dysfonction de la cellule alpha dans le diabète. Cependant, malgré les progrès de la recherche et le développement d’une approche thérapeutique plus ciblée et plus efficace que dans par le passé, le nombre de patients diabétiques augmente chaque année. Par ailleurs, la maladie affecte de plus en plus les populations les plus fragiles. Si le diabète constitue un problème majeur de santé publique, sa prise en charge clinique reste hétérogène et, pour beaucoup de patients, n’intègre malheureusement pas l’ensemble des découvertes réalisées par les scientifiques. Une meilleure cohérence entre la recherche fondamentale et les objectifs cliniques est aujourd’hui nécessaire afin de mieux prévenir et contrôler la maladie.

Biographie
Jacques Philippe obtient un diplôme de médecin à Genève en 1978 puis effectue une formation en médecine interne aux HUG, à l’Université du Tennessee et à Harvard, où il se spécialise en endocrinologie et diabétologie. De retour à Genève en 1988, il établit un laboratoire au Département de microbiologie de la Faculté de médecine et rejoint l’Unité de diabétologie des HUG. En 1994, il est nommé médecin responsable d’unité au sein du nouveau Service d’endocrinologie et diabétologie, service dont il prend la tête en 1998. Ses recherches portent sur l’expression et la régulation des gènes de l’insuline et du glucagon, les défauts génétiques du diabète et la transplantation d’îlots de Langerhans. Lauréat de nombreux prix, il a notamment été distingué par le Prix Cloëtta, la Capps Foundation de Harvard, la Diabetes Research and Education Foundation, la Fondation suisse du diabète ou encore la Société suisse de médecine interne. Il a en outre été le président la Société suisse d’endocrinologie et diabétologie, qu’il a co-fondée, et de la Société médicale de Genève, ainsi que membre du conseil de l’European Association for the Study of diabetes (EASD) et de la Société francophone du diabète. Privat-docent de la Faculté de médecine en 1990, puis professeur associé en 1995, il est nommé professeur ordinaire en 1998. Il a par ailleurs été vice-doyen responsable de la recherche de 2003 à 2011 et président du Collège des chefs de service des HUG de 2013 à 2018.

12 septembre 2019
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