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Nouveau financement de projet FNS : Internet of things for occupational health - practical, ethical and legal issues

En collaboration avec Tobias Mettler et Sophie Weerts, professeurs à L’Université de Lausanne, Christine Clavien a obtenu un financement de 4 ans pour le projet : Internet of things for occupational health - practical, ethical and legal issues. Ce projet a été accepté par le FNS dans le cadre du Programme national de recherche "Transformation numérique" (PNR 77).

Dans le domaine de la santé, le quantified self (mesure de soi en français) ou personal analytics est de plus en plus important. Les coûts de la santé en augmentation attirent une attention accrue sur les maladies chroniques liées au mode de vie, telles que l’obésité, le diabète ou les maladies cardio-vasculaires. Si on les envisage de plus en plus comme des enjeux de santé publique, on considère également qu’elles relèvent de la responsabilité individuelle, faisant peser une lourde charge sur chacun. On voit ainsi un nombre grandissant d’individus s’équiper de capteurs en tout genre.

Dans le même temps, de nombreux employeurs investissent aussi dans des biosenseurs et autres Wearable Computing Devices pour augmenter le bien-être de leurs employés ou pour anticiper les problèmes de santé au travail. Bien sûr, les raisons ne sont pas désintéressées et le but est bien de réduire les pertes liées à l’absentéisme. Ces physiolytics, qui sont la combinaison de technologies intelligentes de mesure et de système d’analyse de données recourant à l’apprentissage automatique et à la gamification (par exemple : FitBit Heath Solution, Biovotion Everion), sont en passe de devenir des armes pour lutter contre l’absentéisme et les maladies liées au travail. Elles établissent un environnement contrôlé et encouragent un comportement plus sain.

L’introduction dans le monde du travail des physiolytics et autres solutions de l’Internet of Things (IoT) soulève un grand nombre de questions. À qui appartiennent les données générées ? Comment peuvent-elles être utilisées ? Les capteurs et les données qu’ils enregistrent sont-ils suffisamment sécurisés ? Les utilisateurs sont-ils conscients que les données enregistrées peuvent être utilisées contre eux lors d’un contentieux ? D’autres problèmes peuvent aussi découler de cette collecte de données, si on envisage que la masse d’informations obtenue ainsi par les entreprises pourrait servir à supprimer des postes ou à opérer d’autres changements drastiques au détriment des employés.

Bien que l’utilisation de ces nouvelles technologies soit encore marginale, il convient d’envisager les conséquences que les différents usages de ces données comportementales et de santé, collectées de façon très précise et en masse, pourraient avoir sur les relations de travail. L’introduction des physiolytics et de l’IoT dans les programmes de santé et de sécurité au travail annonce de nombreux défis. Ce projet vise donc à appréhender ces défis, qu’ils soient légaux, éthiques ou organisationnels.

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3 mars 2020
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