- Distinctions
Deux ERC Proof of Concept pour la Faculté de médecine
Gauche/left: Alan Carleton. Droite/right: Christoph Scheiermann
Alan Carleton, professeur ordinaire au Département des neurosciences fondamentales et membre du Centre Synapsy de recherche en neurosciences pour la santé mentale et Christoph Scheiermann, professeur ordinaire au Département de pathologie et immunologie et membre du Centre de recherche sur l’inflammation de Genève, décrochent chacun un ERC Proof of Concept, un subside du Conseil européen de la recherche destiné aux chercheuses et chercheurs déjà titulaires d'un financement ERC, pour explorer le potentiel applicatif de leurs découvertes. Les Proof of Concept visent ainsi à combler l'écart entre la découverte scientifique et sa valorisation concrète au travers d'un brevet, d'un prototype ou d'une preuve de faisabilité clinique.
Alan Carleton: réparer les circuits cérébraux pour restaurer la cognition
Les troubles cognitifs — déficits de mémoire de travail, de flexibilité mentale ou de contrôle attentionnel — pèsent lourdement sur le quotidien des personnes atteintes de troubles neurodéveloppementaux et psychiatriques (schizophrénie, autisme, TDAH). Cependant, les traitements actuels, largement fondés sur une modulation globale des neurotransmetteurs, n'offrent qu’une efficacité modeste. Le projet CLAUSTUNE s'appuie sur des travaux ayant identifié une population de neurones du claustrum jouant un rôle clé dans les fonctions exécutives. L’équipe d’Alan Carleton est déjà parvenue à restaurer l'activité de ces neurones chez la souris pour rétablir la mémoire de travail et la flexibilité cognitive. Le projet testera à présent si un composé pharmacologique candidat, puis une modulation ciblée des circuits, peuvent restaurer ces fonctions dans des modèles de troubles neurodéveloppementaux, avec l'ambition d'établir le claustrum comme nouvelle cible thérapeutique.
Projet: Tuning claustrum circuits to restore cognitive function (CLAUSTUNE).
Christoph Scheiermann: la biologie circadienne au service de l'immunothérapie
Les thérapies CAR-T ont révolutionné le traitement de certains cancers du sang, avec des taux de réponse pouvant atteindre 90 %. Mais les rémissions durables restent limitées à 30–40 % des cas, et leur efficacité contre les tumeurs solides demeure faible. Le projet de Christoph Scheiermann part d'une découverte essentielle : le rythme circadien régule la réponse immunitaire et influence l'efficacité des immunothérapies selon l’heure à laquelle elles sont administrées. Son équipe a développé cirCAR-T, une stratégie qui améliore les performances des cellules CAR-T sans modification génétique supplémentaire — avec, en laboratoire, une multiplication par dix de la capacité à détruire les cellules tumorales. Ce subside Proof of Concept permettra d'évaluer cette approche dans des contextes plus proches de la réalité clinique, notamment pour les tumeurs solides, et d'en clarifier les voies de valorisation réglementaire et commerciale.
Projet : Circadian-conditioned CAR-T cells (cirCAR-T) for enhanced tumor immunotherapy.