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Qu'est-ce qui fait un bon tueur ?

Notre corps est protégé contre les infections bactériennes par des cellules spécialisées (macrophages et neutrophiles) qui mangent et tuent les bactéries. Pour mieux comprendre ce processus, il est important de savoir comment les cellules tuent les bactéries. Les amibes imitent le comportement des macrophages et des neutrophiles, ce qui en fait de bons organismes modèles pour étudier la mort des bactéries. Comme nos cellules spécialisées, les amibes peuvent utiliser différentes stratégies de destruction, allant d'un pH faible aux radicaux libres. Cependant, l'importance relative de ces différents mécanismes, leur redondance et leur spécificité restent encore floues.

 

Ce que la biochimie nous apprend

Dans une étude récente publiée dans frontiers in cellular and infection microbiology, les scientifique du groupe du Pr. Pierre Cosson ont identifié une protéine particulière, nécessaire pour tuer une bactérie appelée Klebsiella pneumoniae. Ils ont observé que cette protéine seule n'était pas suffisante pour détruire les bactéries, indiquant qu'une seule arme pourrait ne pas suffire pour tuer une bactérie.

 

La génétique suggère-t-elle la même version ?

En parallèle, l'équipe de recherche a également utilisé une approche génétique pour identifier les gènes impliqués dans la mort de cinq bactéries différentes. Leurs expériences publiées dans mBio ont montré que des mécanismes radicalement différents étaient nécessaires pour tuer ces différentes bactéries, suggérant que les armes utilisées pour tuer une bactérie particulière ne sont pas nécessairement efficaces pour en tuer une autre.

Pas d'arme universelle contre les bactéries

Les protéines et les gènes identifiés dans ces deux études révèlent qu'il n'existe pas d'arme universelle capable de tuer toutes les bactéries, mais plutôt des armes spécifiques pour chaque bactérie. Cette découverte inattendue indique qu'il reste beaucoup à découvrir sur la façon dont les cellules phagocytaires éliminent les bactéries. L'équipe de recherche du Pr. Pierre Cosson vise maintenant à identifier d'autres protéines/gènes impliqués dans la destruction des bactéries et à mieux comprendre leur mécanisme d'action.

 

 

23 février 2021
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