Modéliser les maladies du foie avec des organoïdes
Avec des millions de personnes touchées dans le monde, les maladies métaboliques du foie représentent un enjeu de santé publique considérable. Comprendre et traiter ces troubles sévères exige des modèles expérimentaux capables de reproduire fidèlement la complexité du foie humain.
Des foies miniatures au service de la recherche
Dans ce contexte, les scientifiques du Département de physiologie cellulaire et métabolisme ont développé à partir de cellules souches humaines des organoïdes hépatiques (ovales roses, image de gauche). Ces minuscules structures tridimensionnelles se sont avérées reproduire très fidèlement les interactions entre les différents types de cellules.
Nous pouvons désormais reproduire en quelques semaines ce que la maladie met des années à construire.
L’équipe de recherche a pu ensuite forcer ces organoïdes à développer une accumulation de graisse, une inflammation ou une fibrose (en bleu, image du centre), et ainsi reproduire l’essentiel du spectre des maladies métaboliques du foie.
Des foies miniatures, organoïdes (ovales roses, image de gauche), ont été développés, puis rendus fibrotiques (image du centre, fibrose en bleu). Le traitement avec un complexe protéique a permis de ramener la fibrose à un niveau normal (image de droite). Adapté des Figures 3 et 4, Türkal et al. 2026
Du modèle à son utilisation
Les scientifiques ont ensuite tiré parti de leurs organoïdes hépatiques pour tester pour la première fois une hypothèse issue de leurs propres travaux : le rôle du complexe protéique S100A10-AnnexinA2 dans le développement de la fibrose hépatique.
En bloquant ce complexe, ils ont observé une nette réduction de la fibrose, sans effets sur l'accumulation de graisse dans le foie, le positionnant ainsi comme une cible thérapeutique prometteuse contre la fibrose hépatique.
Les organoïdes, l'avenir éthique de la recherche
Ces travaux illustrent parfaitement le potentiel des organoïdes hépatiques comme plateforme de recherche translationnelle. En reproduisant fidèlement la biologie du foie humain, ils offrent une alternative crédible aux modèles animaux. À mesure que ces modèles gagnent en maturité, ils pourraient non seulement accélérer la découverte de nouveaux traitements contre les maladies hépatiques chroniques, mais aussi contribuer à réduire significativement le recours à l'expérimentation animale en recherche biomédicale.