Centre collaborateur de l’OMS pour la formation et la recherché en santé mentale

Re-désignation du Centre collaborateur

En octobre 2017, l'OMS a approuvé la nouvelle désignation du Centre collaborateur (CC) de l'Université de Genève sur la santé mentale et le vieillissement. Cette grande réalisation a été rendue possible grâce à la collaboration étroite, productive et efficace entre le Département de psychiatrie de l'Université de Genève et l'OMS.

Au cours des quatre dernières années, nous avons travaillé en tant qu'experts pour l'élaboration des directives de l'OMS en matière de santé mentale (lien) et de vieillissement (lien).
Notre CC OMS jouit maintenant d'une solide réputation internationale, notamment grâce à ses travaux dans le domaine de la démence, de la toxicomanie et de la santé mentale mondiale:

  • Nous avons mené une enquête mondiale, sous les auspices de l'OMS, afin d'identifier les priorités de recherche qui seront abordées au cours des 10 prochaines années et qui auront le plus grand potentiel pour réduire le fardeau mondial de la démence (lien).
  • Nous avons collaboré avec l'OFSP suisse et contribué de manière significative à la conception et au développement de la stratégie mondiale de l'OMS sur une réponse de santé publique à la démence (PDF), qui a été adoptée par l'AMS en mai 2017 (lien).  
  • Nous avons également collaboré avec l'OMS et plusieurs experts internationaux pour concevoir, développer et piloter l'Observatoire mondial de la démence, la plate-forme mondiale de surveillance de l'OMS utilisée pour suivre les progrès à mesure que le plan de lutte contre la démence est déployé à l'échelle mondiale (lien).
  • Nous avons rédigé le rapport final de la collaboration de six ans entre l'OMS et la Plateforme mondiale de santé mentale Gulbenkian. Ce rapport, intitulé "Options politiques en matière de santé mentale" (lien), constitue une source complète mais pratique d'information et d'inspiration pour les décideurs et les décideurs nationaux, ainsi que pour tous les acteurs de la santé mentale désireux de contribuer à la mise en œuvre du Plan d'action de l'OMS pour la santé mentale 2013-2020 (lien) au niveau national et international. Le rapport a été lancé en novembre 2017 et a des implications importantes pour la Confédération suisse et pour le canton de Genève, car les 32 options politiques que nous avons identifiées sont pertinentes et utiles pour renforcer la réponse de tous les secteurs aux besoins non satisfaits des personnes atteintes de troubles mentaux, y compris au niveau national et cantonal.

Une approche de santé publique de la santé mentale et du vieillissement est impérative à l'ère des DSD. Nous nous réjouissons à la perspective de poursuivre nos travaux, de cimenter et d'entretenir notre collaboration avec l'OFSP suisse, l'OMS et ses nombreux partenaires internationaux, tant dans les pays à revenu élevé que dans les pays à faible revenu, afin de contribuer à l'amélioration de la santé et du bien-être de la population mondiale.

Objectifs

A. Développer un réseau francophone sur la santé mentale en vue de la révision de la 10e version de la Classification internationale des maladies de l’OMS (ICD-10) (Dr Othman Sentissi)

B. Soutenir les activités de niveau mondial de l’OMS concernant les aspects de santé publique de la démence (Prof. Emiliano Albanese)

B.1. Mise à jour des lignes directrices 2015 du Centre de ressources factuelles du programme d'action
en santé mentale de l'OMS (mhGAP) et de ses forum

Nous fournissons une expertise internationale de référence afin de formuler la portée des questions concernant la démence, de mettre en œuvre des revues systématiques, et d’évaluer les données factuelles en utilisant la méthodologie GRADE, dans le cadre du Groupe d’établissement des lignes directrices de l’OMS. Nous participons officiellement et activement au forum annuel mhGAP.

 http://www.who.int/mental_health/mhgap/evidence/fr/

B.2. Formulation, dans le cadre du Programme d’action mhGAP,
de recommandations fondées sur des donnés factuelles
pour la gestion de la démence dans des contextes non spécialisés, ainsi que d’un guide d’intervention

Nous faisons partie de l’équipe d’experts collaborant avec l’OMS afin de mettre en œuvre du guide d’intervention du Programme d’action mhGAP : en concevoir la structure et en vérifier le contenu, ainsi qu’en  prévoir une phase pilote, son évaluation puis sa mise en œuvre.

http://www.who.int/mental_health/mhgap/evidence/dementia/fr/

B.3. Alzheimer Disease International – Rapports mondiaux sur la maladie d’Alzheimer

Au cours des dernières années, le professeur Albanese a contribué en tant qu’auteur principal à plusieurs éditions du Rapport mondial sur la maladie d’Alzheimer, traitant de sujets tels l’épidémiologie mondiale de la démence, les facteurs de risques et de protections, ainsi que les aspects de nutrition dans la gestion clinique. 

https://www.alz.co.uk/research/world-report

B.4. Première conférence ministérielle de l’OMS sur une action mondiale contre la démence, en 2015

Notre Centre collaborateur de l’OMS est l’un des principaux contributeurs académiques à cet événement OMS de portée historique, qui a ouvert la voie, sous l’égide de l’OMS, au développement d’un Plan  d’action mondial sur la démence.

http://www.who.int/mediacentre/events/meetings/2015/global-action-against-dementia/en/

B.5. Etablir les priorités de recherche, au niveau mondial, dans le domaine de la démence
(effectuer une évaluation selon la méthodologie CHNRI) – en cours

Le professeur Albanese fait partie à la fois des groupes d’experts et de conseil de l’OMS qui ont mené, en 2015, une évaluation globale selon la méthodologie CHNRI afin d’établir les priorités de recherche dans le domaine de la démence. Le but de cet exercice sans précédent est d’aider les décideurs, les donateurs et les Etats membres à développer un agenda de recherche qui soit à la fois solide, bien informé et coordonné, afin que, au niveau mondial, la recherche avance et que le fardeau de la maladie diminue.

Les résultats préliminaires concernant la priorisation des recherches ont été présentés lors de la Conférence ministérielle de l’OMS en 2015. En date de juin 2016, nous sommes en train de finaliser un rapport de l’OMS, ainsi que des publications dans des journaux à politique éditoriale afin de maximiser la diffusion des résultats. 

B.6. Analyse de l’éventail mondial de recherche sur la démence – en cours

Nous avons effectué une cartographie complexe et structurée de toutes les recherches dans le domaine de la démence financée à travers le monde. Les résultats de cette enquête ambitieuse sont maintenant en passe d’être combinés avec ceux concernant la priorisation de la recherche (voir ci-dessus) afin de fournir des informations complètes et d’optimiser les investissements dans ce champ de recherche.

B.7. Observatoire mondial de la démence – en cours

L’objectif de l’Observatoire mondial de la démence (Global Dementia Observatory - GDO) est de fournir des services basés sur des données objectives de planification et de renforcement des politiques de santé et de protection sociale, en utilisant des indicateurs comparables. Cela inclut des données sur le fardeau de la maladie et de son impact, sur les politiques, les services et les ressources, de même que sur la recherche et l’innovation. L’observatoire mondial de la démence fonctionnera également comme plateforme d’échange et d’application des connaissances.

Notre Centre collaborateur de l’OMS est activement impliqué dans le développement, la phase pilote et la mise en œuvre plus large du GDO, également en collaboration avec l’Office fédéral de la santé publique (OFSP/ BAG).

B.8. Algorithme iSupport

iSupport est une plateforme en ligne à l’attention du personnel soignant et des familles des personnes atteintes de démence. Cette plateforme fournit entre autre des contenus éducatifs et de formation, ainsi qu’un algorithme unique en son genre permettant d’adapter de manière dynamique l’utilisation de la  plateforme afin de répondre au mieux aux besoins réels des soignants selon la progression de la maladie. http://www.who.int/mental_health/neurology/dementia/isupport/en/

Notre Centre collaborateur de l’OMS a conçu et développé cet algorithme avec le soutien de l’Association pour la Recherche sur Alzheimer (anciennement Association IFRAD Suisse; https://recherchealzheimer.ch/)

B.9. iCope – soins intégrés pour les personnes âgées

Le professeur Albanese fait partie du Comité de pilotage ayant conseillé et contribué au développement des lignes directrices de l’OMS iCOPE, dont le but est de fournir au personnel soignant  une nouvelle approche basée sur des données factuelles guidelines concernant la prévention du déclin des capacités intrinsèques (physiques et mentales) et les soins aux personnes âgées dépendantes.

http://www.who.int/ageing/health-systems/integrated-care/en/

B.10. Priorités dans le contrôle de la maladie - Volume 4

Le professeur Albanese est l’auteur d’un chapitre de livre sur l’épidémiologie et l’impact de la démence.

http://dcp-3.org/mentalhealth

B.11. Diagnostic rapide de la démence et du déclin cognitif
(en collaboration avec le professeur Giovanni Frisoni et le laboratoire LANVIE)

Le Centre collaborateur de l’OMS promeut toute recherche ou effort clinique visant à améliorer de manière substantielle le diagnistic rapide de la démence. Le professeur Albanese collabore avec le professeur Frisoni et le Dr Idris Guessous, aux HUG: http://www.hug-ge.ch/medecine-premier-recours/unite-epidemiologie-populationnelle-1 ) pour intégrer la démence et les déficiences cognitives dans les enquêtes annuelles menées à Genève par les HUG, à travers le Bus Santé.

Laboratoire LANVIE: https://www.unige.ch/medecine/psyat/en/research-groups/935frisoni/

C. Soutenir les activités mondiales de l’OMS dans le domaine de l’abus de substances (Prof. Daniele Fabio Zullino et Dre Sophia Achab)

Cette activité de collaboration consiste majoritairement en une mission d’expertise auprès de l’OMS, en un engagement dans les différents projets de l’OMS et en un support logistique dans le champ des addictions avec ou sans substance (jeu pathologique et trouble en lien avec l’usage d’Internet) et de leurs implications de santé publique.

D. Améliorer le bien-être psychosocial des adolescentes enceintes et des très jeunes mères (Prof. François Ansermet et Dr Amir Moayedoddin)

Prise en charge psychosociale des mères adolescentes au Cameroun

Chercheurs responsables

Dr Beat Stoll, Dr Amir Moayedoddin

Contexte

En 2011 l’Institut national de la statistique camerounaise indique que 42% des mères au Cameroun sont âgées de 12 à 19 ans. Elles ont des relations sexuelles précoces et des partenaires multiples et ceci les expose à un risque élevé de maladies sexuellement transmissibles et à la grossesse alors que 53% ne reçoivent aucun soin périnatal. En outre, un nombre considérable de ces mères adolescentes sont victimes de viol. Ces mères sont souvent abandonnées par le père de l'enfant ainsi que par leur propre famille et sont contraintes d'abandonner leurs études. Cette vulnérabilité psycho-sociale les expose à un risque élevé de maladies mentales avec une répercussion directe sur la santé de la mère et du bébé. En effet, selon les études réalisées en pays industrialisés, une mère adolescente sur deux développe une dépression du post-partum. Nous pouvons imaginer que ce chiffre soit encore plus élevé dans des situations de vulnérabilité sociale qui est en soi, un facteur de risque connu pour les troubles mentaux en période périnatale. Les effets délétères de la dépression périnatale sur la santé de l’enfant sont connus de la littérature scientifique et consistent en une perturbation de la relation mère-bébé avec comme conséquence un retard de développement chez l’enfant. Malheureusement, en absence de toute prise en charge, l’on déplore également des cas de suicide maternel et d’infanticide qui sont très fréquemment rapportés dans les médias Camerounais.

But-temporalité

Ce projet a débuté en mai 2014 et vise à évaluer sur le plan psychosociale sur 3 ans, 1000 mères adolescentes et prendre en charge plus de la moitié d’entre elles sur ce plan.

Actuellement le projet a atteint les buts suivants :

  • A l’heure actuelle, 807 mères adolescentes ont été évaluées, 485 (61%) sont suivies avec 83% d’amélioration (300 mères évaluées par an).
  • 143 soignants (psychologues, sages-femmes, infirmiers, travailleurs sociaux, paires-éducateurs) ont été formés et 102 personnels hospitaliers ont été sensibilisés.
  • Au cours de ce projet, un groupe de jeunes mères a été formé pour réaliser un film à titre de promotion de leur cause.
  • Sous l’influence du projet, un des hôpitaux mère-enfant vient d’ouvrir un service de gynéco-obstétrique dédié aux problèmes spécifiques des mères-adolescentes.
  • Nous disposons d’une convention avec le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille. Une autre convention est en cours de signature avec le Ministère de la Santé Publique.
  • Enfin, en termes de production scientifique, 5 communications orales et 2 posters ont été présentés aux congrès internationaux.