ACTUALITÉS

Les effets néfastes du stress décortiqués – Alexandre Dayer

neuroglia_synapsy.png

 

La 12e newsletter de Synapsy est riche en interviews et en portraits d’étudiants, de chercheurs cliniciens et de chercheurs fondamentalistes du groupe de travail sur le stress développemental (work package 4, WP#4), dont l’objectif est d’évaluer les effets à long terme d’une exposition au stress lors du développement. Prenez votre temps pour découvrir leurs idées et les avancées de leurs recherches !

L’anxiété est une nouvelle dimension clé pour Synapsy. Elle peut agir comme un facteur de risque transdiagnostique commun pour les troubles de l’humeur et les troubles psychotiques. Dans cette perspective, les chercheurs cliniciens Camille Piguet et Paul Klauser ont lancé un projet prometteur qui évalue l’effet de la méditation en pleine conscience sur la réponse au stress des adolescents anxieux. Zoé Schilliger, lauréate de la bourse Synapsy 2019, s’est récemment jointe à ce projet et explique comment elle souhaite étudier les interactions entre le stress oxydatif et la neuroinflammation dans le contexte de l’anxiété. De plus, vous en apprendrez davantage sur les projets de Cristina Berchio (laboratoire Christoph Michel) et Virginie Perizzolo (laboratoire Daniel Schecheter), qui utilisent l’EEG à haute densité pour étudier l’anxiété chez les enfants de mères atteintes du syndrome de stress post-traumatique lié à la violence.

Au niveau des neurosciences fondamentales, vous aurez le plaisir de découvrir les projets et les parcours de plusieurs chercheurs de Synapsy. Silvia Monari, chercheuse au laboratoire Carmen Sandi, nous fait part des progrès qu’elle réalise sur un modèle animal translationel utilisé pour étudier les différences individuelles de vulnérabilité au stress. Bianca Silva, qui travaille dans le groupe de Johannes Gräff, explique les stratégies qu’elle utilise pour identifier de nouvelles zones du cerveau comme cibles d’approches thérapeutiques contre les souvenirs traumatiques. Enfin, Foivos Markopoulos explique ses travaux sur la sérotonine et des sous-types particuliers d’interneurones corticaux dans le cadre d’un projet collaboratif entre les laboratoires d’Anthony Holtmaat et d’Alexandre Dayer.

Enfin, nous nous réjouissons du prochain événement majeur de Synapsy ! La 3e Conférence sur la neurobiologie de la santé mentale aura lieu au Campus Biotech du 26 au 28 février 2020. Des conférenciers d’exception participeront à l’événement et des chercheurs de Synapsy exposeront leurs brillantes recherches à cette occasion spéciale.

Bonne lecture !

 

–– Alexandre Dayer

 

 

Stress, angoisse et peur, de quoi parle-t-on ?

L’anxiété diffère de la « peur » et du « stress ». Elle est généralement déclenchée par des situations qui ne représentent pas un danger immédiat apparent, alors que la peur est la réaction à une menace réelle ou imminente. « L’anxiété est un état de l’esprit, dans le sens où l’on peut se sentir anxieux sans en connaître les raisons, contrairement à la peur », précise Daniel Schechter. Le stress, pour sa part, est une réaction face à une difficulté qui exige un changement de comportement. Il peut varier de la nécessité d’étudier plus durement, à celle de fuir un agresseur violent. Le stress chronique, comme le fait de devoir être constamment attentif face à la présence d’une personne agressive au quotidien, entraîne une anxiété accrue.

L’anxiété, la peur et le stress extrême comme le stress traumatique impliquent une gamme de réactions physiologiques telles qu’une augmentation du rythme cardiaque, de la pression artérielle, de la transpiration et du taux de glucocorticoïdes (c’est-à-dire du cortisol chez l’homme). En parallèle, des réactions émotionnelles conditionnant au combat ou à la fuite apparaissent, ainsi que des réactions comportementales comme l’évitement et l’inhibition. Les psychiatres reconnaissent désormais différents troubles de l’anxiété. Parmi eux, le trouble panique, celui de l’anxiété généralisée ou encore les troubles du stress en réponse à des événements traumatisants de la vie comme le syndrome de stress post-traumatique (PTSD).

Les chercheurs fondamentaux de Synapsy travaillent sur des modèles animaux transposables à l’homme pour comprendre les bases synaptiques de l’anxiété et des troubles liés au stress. Pour ce faire, ils exposent les animaux à un stress qui a des conséquences à long terme sur le cerveau et le comportement de l’animal. Une de ces conséquences est que l’animal apprend à craindre le retour du stimulus. Les chercheurs parlent alors de conditionnement et d’apprentissage de la peur, suggérant toute l’importance des mécanismes cérébraux d’apprentissage et de mémorisation. ●

 

10 mars 2020
  ACTUALITÉS