Enseignement en cabinet

COVID-19: Les stratégies ambulatoires

1.  EVALUATION DES SYMPTOMES CLINIQUES 

Mise à jour : 2 avril 2020 

Coronarisk: Outil d'aide au tri pour patients et professionnels de santé

Symptômes les plus fréquents: 
Toux, fièvre, expectorations, asthénie, dyspnée (survenant si évolution défavorable après à environ 7 à 10 jours)

Voici les symptômes répertoriés sur 1099 patients à Wuhan (% = pourcentage de patients présentant ce symptôme)

  • Toux (69%), mal de gorge (14%), souffle court (19%)
  • Fièvre (<38° : 22% ; >38° : 22%) ou douleurs musculaires (15%)
  • Fatigue/asthénie (38%)
  • Crachats/expectorations (34%)
  • Maux de tête /céphalées (14%)
  • Frissons (12%)
  • Rhinorrhée (5%)
  • Nausées, vomissements (5%)
  • Diarrhées (4%)
  • Douleurs thoraciques (myocardite) 
  • Raideur de nuque 
Guan WJ et al (China Medical Treatment Expert Group for Covid-19. Clinical Characteristics of Coronavirus Disease 2019 in China. N Engl J Med. 2020 Feb 28 
 

Il semble que l’anosmie et la perte de goût soient des symptômes fréquents selon les ORL genevois.

2. PEDIATRIE

Mise à jour:  22 juin 2020  

2.1. Informations sur le SARS-CoV-2 chez les enfants à Genève
Coron@ped-Ge du 8 mai 2020
 
2.2  Recommandations pour les patients pédiatriques en attente du résultats d'analyse pour le COVID-19
Recommandations des HUG pour les patients pédiatriques qui rentrent à domicile sans avoir été testés ou en attente de résultats d'analyse pour le COVID-19 du 25 mars 2020
 
2.3. Maladies chroniques pédiatriques: catégorisation des risques,  indication au port du masque, reprise de l'école
Prise en charge COVID-19 des patients avec maladies chroniques en Pédiatrie (HUG) du 4 mai 2020
 
2.4. FAQ coronavirus
Enfants en bonne santé habituelle (HUG) du 23 mars 2020
 
2.5. Vaccination en période de pandémie
Recommandation de l'OFSP du 6 avril 2020
 
2.6. COVID-19 outbreak: présentations de cas pédiatriques
 
2.7. Revue de littérature pédiatrique
Sur le COVID du 23 mars 2020 
 
2.8. Société Suisse de Pédiatrie (SSP)
2.9. Recommandations DIP/SSEJ (Genève)
 

3. HANDICAP

Mise à jour: 9 avril 2020

Protocole d’évaluation pour médecin traitant du 1er avril 2020
Coordonnées pour filière handicap 
Description des buts et public cible de Handiconsult

4. EMS ET SOINS A DOMICILE

Mise à jour: 23 avril 2020 

Texte rédigé par le Dr Cédric Gillabert

4.1. EMS

Toute question concernant la prise en charge d’un patient COVID-19 positif en EMS peut être adressée à la Task force EMS pluri-professionnelle : EMS.covid19@fegems.ch 

Prise en charge de patients suspects d'infection COVID19 ou confirmés en EMS
En préambule, il est important de respecter le fonctionnement des soins pratiqués en EMS, chaque institution ayant ses particularités quant au type de soins proposés (oxygénothérapie, traitement IV, monitoring clinique, etc.). Il en est de même pour le fonctionnement du médecin répondant de l’EMS qui peut proposer de prendre en charge de manière différente les résidents d’un EMS à l’autre suivant les règles institutionnelles.
Les recommandations suivantes représentent une synthèse de directives ou de recommandations de Swissnoso, de l’OSFP, du service du médecin cantonal, de la Task force EMS Covid19. Les autres sources sont citées dans le texte.

4.1.a En présence de symptômes évocateurs d'IVRS ou de pneumonie ou diarrhées inhabituelles 

1)      Isolement gouttelettes et contact du patient dans sa chambre, identique aux HUG : surblouse- gants-masque-protection oculaire et s'il y a beaucoup d'expectoration : charlotte et surchaussures devant la porte de la chambre, le temps de l'attente du résultat du frottis négatif ou -en cas de positivité- le temps de la disparition des symptômes + 2 jours mais au minimum 10 jours au total. Étant donné le manque de masque FFP2, les masques chirurgicaux sont utilisés par les soignants et sont portés entre 6 à 8h d’affilée tant qu’ils ne sont pas contaminés.

2)      Frottis COVID19 (ou multiplex virus respiratoire car épidémie de metapneumovirus coronavirus autre ou influenza possible). Il est de la responsabilité du médecin traitant ou du médecin répondant de proposer de faire le frottis. Genève-médecin (022 754 54 54) peut être mandaté pour faire le frottis. Les laboratoires d’analyses fournissent sur demande un set de prélèvement (écouvillon, tube, protection de tube, feuille de demande), Le résultat positif du frottis doit être annoncé par le prescripteur dans les 24 heures au médecin cantonal (cf. déclaration SMC) mais pas à l’OFSP.

3)      Définir les soins appropriés à la situation du patient en intégrant le cas échéant ses directives anticipées, le plan de soins anticipés, les co-morbidités et l'espérance de vie (cf. FGPG). Ceci détermine l’utilité d’une hospitalisation, des traitements de support ou curatifs, du monitoring clinique.

4)      En cas de suspicion de pneumonie, pratiquer un bilan biologique minimal permettant d'adapter la thérapeutique et de donner des éléments objectifs de pronostic (FSC, CRP, creat, Na, K) et une radiographie du thorax en chambre si le résultat influence la prise en charge (écarter un diagnostic alternatif, p.ex.) via Mobirad (tél. 078 685 11 11 pour un premier contact puis: Mobirad). Un set de protection avec masque FFP2 fournit par l’EMS est demandé par Mobirad.

5)      Considérer le transfert aux urgences de Cluse-Roseraie pour une personne en détresse respiratoire* si éligible à une intubation et une ventilation mécanique. Ce cas de figure devrait concerner une minorité de personnes institutionnalisées au vu de leurs comorbidités et au vu de la rarissime réversibilité d'un SRAS dans ces conditions (cf. SSMI et ASSM).

6)      Proposer le cas échéant et en fonction du personnel soignant disponible un traitement optimal proche de celui pratiqué en service de gériatrie

  • 02 pour Sa02 90-94% avec masque à haut débit si possible
  • antibiothérapie IV (coamoxicilline 1,2 gr 3x/j à adapter en fonction de la Cl creat)
  • hydratation IV si EF/ difficulté d'hydratation PO avec Glucosalin 2:1 (2/3 Glucose 5% + 1/3 NaCl 0.9%)
  • physiothérapie respiratoire quotidienne (un masque FFP2 est requis et doit être mis à disposition par l’EMS au physiothérapeute qui l’utilisera plusieurs fois si possible en le laissant sécher 24 heures)
  • l’utilisation d’hydroxychloroquine et de ritonavir-lopinavir est réservée aux HUG sur décision du pharmacien cantonal.

7)      En l’absence de détresse respiratoire et quand l’accès au traitement proposé sous 6) n’est pas possible, considérer une hospitalisation dans un service de gériatrie.

8)      Proposer le cas échéant des soins palliatifs symptomatiques avec un accompagnement au décès en EMS.

*Fi02 > 50% et SaO2<90% avec signes d’insuffisance respiratoire sévère (FR >30/min, tirage)

4.1.b. Autres considérations en lien avec l'épidémie COVID19 en EMS

  • L’arrêté du Conseil d’Etat du 20 avril prolonge jusqu’au 8 juin l’interdiction des visites dans les établissements médicaux publics et privés ainsi que dans les EMS. Les directions d’EMS, en concertation avec le médecin-répondant de l’institution, peuvent organiser des visites individuelles, en respectant les recommandations fédérales et cantonales ainsi que les principes de précaution en matière de sécurité sanitaire et de distances sociales, pour maintenir le lien social des résidant.e.s avec leur famille proche.La communication des proches avec les résidants et les soignants continue de manière téléphonique voire par video-conférence pour certains résidants.

  • La communication de la positivité au covid19 est faite aux familles concernées/représentant  thérapeutique (avec l’accord du résidant le cas échéant). Les EMS ne donnent pas de statistique interne ni de donnée nominative aux familles eu égard au secret de fonction et au secret médical.
  • En fonction du nombre d’isolements ou d’une situation de quarantaine d’un EMS, des soins réduits (ne touchant pas les soins de plaies ni la dispensation de médicaments) peuvent être transitoirement dispensés aux résidants afin d’apporter les soins nécessaires aux patients de COVID19 symptomatique (notion d’équité).
  • Le contact avec le corps du défunt COVID-19 positif ne requiert qu’un isolement de contact et non un isolement de type gouttelettes. Il en est de même pour les pompes funèbres qui n’ont aucune obligation de mettre le corps dans une housse en plastique et encore moins dans un cercueil au lit du défunt (cf. décès covid19) . Il est demandé par le service du médecin cantonal d’effectuer un frottis COVID-19 post-mortem rapidement chez tout résidant non diagnostiqué qui aurait eu des symptômes respiratoires dans les jours précédant le décès.
  • Le diagnostic d’infection COVID19 chez un membre du personnel soignant symptomatique doit être proposé. Pour le personnel transfrontalier qui n’est pas au bénéfice d’une assurance Lamal, il est proposé à l’employeur une prise en charge financière du cout du test (180.- plus consultation). Un collaborateur symptomatique COVID19 négatif peut continuer à travailler avec un masque si son état de santé le permet. Un collaborateur COVID19 positif reste en isolement à domicile durant la durée des symptômes plus 2 jours sans symptômes mais 10 jours au minimum. Il n’y a pas lieu de demander un certificat médical si l’absence dure moins de 10 jours inclus.
  • Le personnel d’EMS présentant un risque de complications à l’infection COVID-19 (selon les critères de l’OFSP et des sociétés médicales (cf. SSH SSP) doit faire la demande à l’employeur d’un changement de poste permettant d’éviter le contact interpersonnel à moins de 2 mètres. Il est demandé au personnel une attestation fournie par le médecin traitant (art 10 b et c ordonnance fédérale COVID19 OFcovid19).

Recommandations de l'OFSP du 2 avril 2020

4.1.c. EMS et Ventilation non invasive (CPAP) pour patients COVID ou suspects de COVID 

Mise à jour: 09 avril 2020

Rédigé par Dr Grégoire Gex, Hôpital du Valais (Version du 23.03.2020)
Validé par le SIG et le Comité de la Société Suisse de Pneumologie
Révisé par le Pr Jean-Paul Janssens, HUG, pour les patients en EMS (09.04.2020)

Patients en EMS, ou en foyer

Deux types d’appareillages en pression positive peuvent augmenter le risque de transmission virale aux soignants lors de COVID-19. L’attitude en cas de suspicion d’infection COVID dépend de la nature du traitement.

1. Traitement par CPAP ou par ventilation servo-assistée (pour syndrome d’apnées du sommeil obstructif, central ou mixte)
En cas de suspicion de COVID, et avec l’aval du pneumologue en charge du cas, mettre en suspens le traitement par CPAP.
Si le diagnostic de COVID-19 est retenu (forte présomption clinique et/ou FNP+), le traitement n’est pas repris avant 21 jours à dater du début des symptômes. Un FNP à J21 est possible si l’amélioration clinique est modeste. Le patient est mis en chambre seule.

Les précautions à prendre par les soignants sont détaillées dans le paragraphe 4.1.a ci-dessus.

2. Traitement par ventilation non-invasive (VNI)
En cas de suspicion de COVID et de décision de non-transfert en milieu hospitalier, l’interruption de la VNI ne peut se faire que sur décision du médecin ou pneumologue traitant (directives anticipées).
Déterminer pour tout patient sous VNI, le prestataire et le pneumologue responsables du patient.
L’EMS doit prévoir des masques FFP2, des sur-blouses et lunettes en nombre suffisant pour le/les patients concernés.

Le prestataire est contacté rapidement (< 6 heures) pour mettre en place le jour même un montage COVID sur le ventilateur : masque facial sans valve de fuite, filtre antibactérien ou HME, valve expiratoire, retrait de l’humidificateur. Ce montage diminue le risque d’aérosolisation de particules virales et protège donc les soignants.
Lorsque le patient utilise la VNI, le port d’un masque FFP2, d’une sur-blouse et de lunettes par les soignants est indispensable.
Lorsque le patient n’utilise pas sa VNI, les recommandations sont celles détaillées dans le paragraphe ci-dessus 4.1.a pour un patient avec COVID-19 suspecté/avéré
La séquence lors de mise en route et arrêt de la VNI est la suivante :

Mise en route : 1. Mettre en place le masque ; 2. Mettre en route le ventilateur
Arrêt : 1. Arrêter le ventilateur ; 2. Enlever le masque.

Le montage usuel peut être repris après 21 jours. Un FNP à J21 est possible si l’amélioration clinique est modeste. 

 Voir aussi 12.4. CPAP/VNI à domicile pour patients COVID ou suspects COVID

Recommandations du service de pneumologie des HUG du 7 avril 2020
Algorithme VNI HUG du 6 avril 2020

4.2. Soins à domicile 

Recommandations de l'OFSP datant du 2 avril 2020

4.2.a Ouverture de 12 lits d’accueil temporaire pour proches aidés asymptomatiques

Une unité d'accueil temporaire et de répit (UATR) de douze lits a ouvert mardi 14 avril 2020 dans le bâtiment des Érables de la Maison de Retraite du Petit-Saconnex (MRPS). Les personnes en âge AVS qui sont hébergées dans cette unité sont des proches-aidés asymptomatiques, dont le proche-aidant fait défaut en raison du Covid-19 et qui ne peuvent ni rester seules à domicile, ni être prises en charge par les prestataires de soins à domicile. Actuellement, des lits UATR sont encore disponibles.

Les demandes de court-séjour doivent être adressées à Madame Sylvie Charrière, Service des admissions de la Maison de Retraite du Petit-Saconnex, par téléphone au 022 730 71 11 ou par mail Sylvie.Charriere@mrps.ch

4.2.b Covimad - exemple d’itinéraire interprofessionnel à domicile

Actuellement les symptômes des personnes âgées qui ont contracté le virus du Covid-19 évoluent principalement autour des questions de dénutrition, de perte de mobilité associée à une fatigue extrême ou encore de fonte musculaire importante. Pour répondre à cette problématique de santé publique, imad coordonne depuis le 20 avril 2020 un nouvel itinéraire de prise en charge domiciliaire, notamment au sortir des HUG, appelé Covimad.
Pour en savoir plus

5. AUTO-ISOLEMENT / AUTO-QUARANTAINE

Mise à jour: 29mai 2020

Documents à distribuer au patient

Consignes d'auto-isolement (patients malades ou symptomatiques): se référer au pdf 

Consignes d'auto-quarantaine (personnes exposées): se référer au pdf

Isolement des malades

Les personnes qui se font tester restent en isolement à domicile en attendant les résultats du test.
En cas de résultat positif, les personnes :

  • sont isolées à domicile ou sur le lieu de vie, si leur état de santé le permet;
  • sont isolées aux HUG si leur état de santé le nécessite;
  • doivent respecter les consignes d’isolement de l'OFSP;
  • sont contactées systématiquement par le SMC;
  • sont appelées régulièrement par le SMC pour s'assurer du respect de cette mesure;
  • le suivi médical incombe au médecin traitant. Si la durée des symptômes excède 10 jours, il revient au médecin traitant de prolonger l'arrêt maladie du patient.

 Les personnes testées positives pour lesquelles un résultat positif a déjà été effectué dans les 3 mois précédent ne sont pas isolées à nouveau.

Durée de l’isolement à domicile : selon recommandation de l'OFSP

Situation clinique

Critères clinique

Asymptomatique (ou anosmie/dysgueusie isolée)

ET

PCR positive

10 jours depuis la date du test

Maladie COVID + (tous tableaux cliniques) Sans critères d’hospitalisation

10 jours depuis le début des symptômes

ET

48 heures sans fièvre, ni symptômes respiratoires (toux, expectorations ou rhinorrhée)*

*L’anosmie, la dyspnée résiduelle, et l’asthénie ne sont pas considérées comme des
symptômes contre-indiquant la levée des mesures spécifiques

La durée de l’isolement pour les cas confirmés ou probables de COVID-19 hospitalisés dépend de la sévérité des symptômes. En cas de retour à domicile ou de transfert dans un autre établissement, l’isolement doit être poursuivi selon les recommandations de Swissnoso et du médecin hospitalier.

Mesures pour les personnes symptomatiques avec un test négatif sans facteur de gravité: restent à domicile jusqu’à 24 heures après la disparition des symptômes, indépendamment du temps écoulé.

Après la période d'isolement, les personnes continuent de respecter les mesures de distance sociale et d'hygiène comme le reste de la population.

Quarantaine des contacts étroits

Les personnes-contact, dont la liste a été établie en collaboration avec le patient malade, sont appelées par le SMC. Après une évaluation individuelle, les personnes qui répondent à la définition de contact étroit avéré sont placées en quarantaine par le SMC.
Elles doivent rester 10 jours en quarantaine à domicile à partir du jour du dernier contact avec le cas, surveiller leur état de santé, suivre les consignes de quarantaine et, si des symptômes apparaissent, s’isoler et se faire tester.
Les personnes-contact sont appelées régulièrement par le SMC jusqu'à la fin de la quarantaine.
Si une infection a été confirmée par PCR dans les 3 mois précédents, elles sont dispensées d'une quarantaine. En revanche, les résultats d'une sérologie ne permettent pas de lever les mesures de quarantaine.

Quarantaine des professionnels de la santé

En l'absence de pénurie de personnel, les professionnels de santé exposés sans protection à un cas confirmé (contact professionnel ou privé) ne doivent plus continuer de travailler même avec un masque. Ils suivent les mêmes recommandations que la population.

6. CRITERES D’HOSPITALISATION

Pour en savoir plus du 6 avril 2020

7. TELECONSULTATIONS ET SUIVI DES PATIENTS COVID NEG

Mise à jour : 9 avril 2020

Rédigé par la Dre Arabelle Rieder 

Depuis le début du confinement ordonné par le Conseil Fédéral, les médecins internistes généralistes et pédiatres ont d’emblée privilégié une prise en charge à distance de leurs patients pour remplir une double mission :

L’évaluation à distance permet d’identifier les patients à évaluer en présence au cabinet ou à adresser à un centre d’urgence pour un bilan approfondi et/ou une hospitalisation.

Quels outils ?

  1. Le téléphone reste l’outil le plus simple pour certains patients (et médecins)
  2. La vidéoconférence ou « télémédecine » permet d’avoir des informations non-verbales et d’évaluer des signes cliniques simples. Dans certaines situations, cette technologie apporte des informations précieuses (est-ce que le patient montre qu’il a bien compris les consignes, par exemple) et est très appréciée (1). Le RCGP a défini des astuces pour des consultations vidéo. Ne pas oublier d’inclure les proches aidants ou les soignants à domicile, qui peuvent assister les patients moins à l’aise avec la technologie digitale.

(1)   Donaghy E et al. Acceptability, benefits, and challenges of video consulting: a qualitative study in primary care. Br J Gen Pract 2019.Aug 29;69(686)e586-e594.

Quels produits utiliser pour une vidéoconférence?
  • docteur@home (pour Genève,gratuit, développé par les HUG, s’inscrire auprès de l’AMG : info@amge.ch)
  • vidéoconférence avec onedoc.ch (https://www.onedoc.ch/fr/) (outil de vidéoconférence proposé gratuitement par la startup genevoise pour ses abonnés)
  • d’autres produits (zoom, skype, whatsapp etc.) sont décrits sur le site de la FMH.

Quelles dispositions légales/de facturation ?

Selon les recommandations de la FMH, le médecin est tenu de respecter les principes usuels relatifs au dossier médical du patient, ainsi que les dispositions régissant la protection de données, le secret médical et le devoir de diligence (le fait d’évaluer le patient en présence si nécessaire ou de déléguer cet examen à un autre médecin si l’on ne peut pas le faire en personne).
La seule position tarifaire actuellement disponible pour facturer les prestations de télémédecine est la position « Consultation téléphonique par le spécialiste » (positions tarifaires 00.0110 et ss). Son champ d’utilisation est toutefois strictement délimité, puisqu’elle permet en règle générale de facturer 20 minutes par consultation, 30 minutes pour les enfants de moins de 6 ans et les personnes de plus de 75 ans et pour les personnes au-dessus de 6 ans et de moins de 75 ans nécessitant plus de soins.
Prise en charge des coûts des prestations ambulatoires à distance (OFSP du 6 avril 2020)

Envoi d'ordonnances?

Le médecin cantonal genevois rappelle que les ordonnances en absence doivent être soit faxées soit envoyées par mail à la pharmacie soit envoyées par courrier postal aux patients (pas par mail aux patients car risque de reproductions multiples).

8. MESURES DE PROTECTION

Mise à jour : 30 avril 2020

1)      Le matériel de protection : recommandations de l’OFSP

2)     Plan de protection pour l’exploitation des cabinets médicaux dès le 27 avril 2020
Message de la FMH:  À partir du 27 avril 2020, toutes les personnes qui le souhaitent peuvent être de nouveau soignées. Chaque entreprise est responsable de son plan de protection (obligation de protection de la santé des collaborateurs dans le cadre de la loi sur le travail et protection des patients dans le cadre du devoir de diligence). Les entreprises peuvent être soutenues par les sociétés de discipline respectives.  Pour ce faire, la FMH a développé un plan de protection en concertation avec Swissnoso, que les sociétés de discipline sont libres de préciser en fonction des exigences de leur spécialisation.

3)      Le port des masques destinés aux professionnel.le.s de la santé et autre personnel - Directives de la DGS concernant le port du masque datées du 24.04.2020

Bonne pratique du port du masque (information tirée du site Unisanté -CoVID-19 en médecine générale)

Avant de mettre votre masque :

  • Lavez-vous les mains avec du gel hydroalcoolique ou du savon et de l’eau
  • Couvrez la bouche et le nez avec le masque et assurez-vous qu’il n’y ait pas d’espace entre votre visage et le masque
  • Eviter de toucher le masque en le portant. Si vous le touchez, lavez les mains avec du gel hydroalcoolique ou du savon et de l’eau
  • Remplacez le masque avec un exemplaire neuf le plus vite possible s’il est mouillé, et ne réutilisez pas les masques à usage unique
  • Pour ôter le masque, enlevez par l’arrière (ne pas toucher le devant), jetez-le dans une poubelle, lavez-vous les mains avec du gel hydroalcoolique ou du savon et de l’eau
  • Il est à usage unique et ne doit en aucun cas être remis sur le visage une fois enlevé
  • Il ne doit jamais se trouver autour du cou ou sur le front
  • Un masque ne recouvrant pas le nez ou la bouche doit être changé

Vidéos montrant le port du masque à élastique et à lanières

A noter:

  • Lavage des mains: à l'eau et au savon (ou solution hydro-alcoolique)
  • Surfaces: désinfection standard avec les produits habituels

9. FROTTIS NASOPHARYNGE

Mise à jour : 29 juin 2020

9.1. Critères de dépistage

Contact tracing

De plus dès le 8 mai 2020, la direction générale de la santé (Genève) demande de remettre à nos patients dépistés le formulaire de contacts étroits qui a été traduit en plusieurs langues. Cette liste de contacts n'est transmise au service du médecin cantonal (SMC) qu'en cas de résultat positif. Il nous incombe également au moment du prélèvement de transmettre les consignes d'isolement de l'OFSP. Les médecins doivent impérativement communiquer les coordonnées téléphoniques des patients testés sur la demande d'analyse transmise au laboratoire.

Le document « Recommandations pour la prise en charge des malades et des contacts dès le 11 mai 2020» de l'OFSP a été publié sur leur site le 8 mai. Les mesures d’atténuation ont permis de contrôler la propagation du virus et diminuer le nombre de cas. Pour contenir l'augmentation des cas suite à la levée progressive des mesures depuis le 27 avril, des mesures strictes d'interruption des chaînes de transmission ont été mises en place par le canton depuis le 28 mars.

Objectif :

  • maintenir la propagation du virus sous contrôle et réduire le nombre de transmission;
  • protéger les personnes à risque accru d’évolution sévère (personnes vulnérables)

Mesures :

  • détection précoce des nouveaux cas;
  • recherche exhaustive des contacts étroits;
  • isolement des personnes malades;
  • quarantaine systématique des personnes-contact étroits.

Critères de la stratégie de prélèvement des échantillons à partir du 22 avril 2020

L’analyse pour le SARS-CoV-2 est désormais recommandée pour toutes les personnes qui répondent à au moins un des critères cliniques suivants. Pour en savoir plus sur les critères de suspicion, de prélèvement et de déclaration sous le lien https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/krankheiten/infektionskrankheiten-bekaempfen/meldesysteme-infektionskrankheiten/meldepflichtige-ik/meldeformulare.html, quelle que soit leur gravité:

  • symptômes d’une affection respiratoire aiguë (par exemple toux, mal de gorge, difficultés respiratoires) avec ou sans fièvre, sensation de fièvre ou douleurs musculaires
  • apparition soudaine d’une anosmie ou d’une agueusie (perte de l’odorat ou du goût) 

En outre, les médecins cantonaux peuvent prescrire l’analyse chez des personnes asymptomatiques dans les hôpitaux, les maisons de retraite et les établissements médico-sociaux, si cela est justifié, pour prévenir et contrôler la propagation du virus (foyers de maladie) au sein de l’établissement.

Ces tests permettent de poser le diagnostic lors de la survenue de symptômes compatibles avec un COVID-19. En ambulatoire, ce test est réalisé sur un frottis naso-pharyngé. Les auto-prélèvements (kits) réalisés par les patients eux-mêmes ne sont pas recommandés.

Ce test ne doit être réalisé que si la personne est symptomatique. Un frottis de contrôle ne doit pas être réalisé chez une personne positive. En effet, le test peut rester positif un certain temps après la disparition des symptômes, sans signifier que le virus est encore viable. Le risque de transmission après ≥10 jours avec ≥48 heures sans symptômes est jugé très faible.

De plus dès le 8 mai 2020, la direction générale de la santé (Genève) demande de remettre à nos patients dépistés le formulaire de contacts étroits (version anglaise) qui a été traduit en plusieurs langues. Cette liste de contacts n'est transmise au service du médecin cantonal (SMC) qu'en cas de résultat positif. Il nous incombe également au moment du prélèvement de transmettre les consignes d'isolement de l'OFSP. Les médecins doivent impérativement communiquer les coordonnées téléphoniques des patients testés sur la demande d'analyse transmise au laboratoire.

Pour les personnes peu symptomatiques, il est possible de faire le dépistage dans la "filière rapide" du site de prélèvement des HUG (Urgences adultes 9:00-17:30 - 7/7). Le prélèvement est alors effectué par du personnel soignant sans consultation médicale.

Rappel concernant les dépistages post-mortemLes dépistages post-mortem ne sont momentanément plus recommandés chez les personnes décédées à domicile ou dans des institutions.

Dépistages pré-opératoires et/ou préhospitalisation : il n’est pas recommandé d’effectuer un dépistage systématique chez des personnes asymptomatiques lors d’admissions dans un hôpital, tant que la prévalence dans la communauté reste aussi basse.

Un dépistage ciblé peut toutefois être indiqué dans les situations ci-dessous:

  • dans certaines unités de soins (oncologie, greffe de moëlle);
  • pour des patients en quarantaine au moment de l'admission.

9.2. Critères de remboursement du frottis

Le 24 juin 2020, le Conseil fédéral a modifié l'ordonnance 3 sur les mesures destinées à lutter contre le coronavirus.

Ainsi, à compter du 25 juin 2020, la Confédération rembourse les coûts d'analyses diagnostiques de biologie moléculaire et sérologiques au SARS-CoV-2 effectuées en ambulatoire chez les personnes qui remplissent les critères de suspicion.

Les coûts, dont il est question, sont pris en charge à concurrence de CHF 169.- pour le test de biologie moléculaire, et de CHF 113.- pour les analyses sérologiques.

S'agissant des coûts relatifs à l'analyse de biologie moléculaire, les frais pris en charge par la Confédération sont répartis comme suit :
- CHF 50.- pour le prélèvement de l'échantillon (y   compris l'entretien médecin-patient);
- CHF 119.- pour l'analyse chimique en laboratoire.

En ce qui concerne l'analyse sérologique, le montant pris en charge par la Confédération est réparti comme suit :
- CHF 50.- pour le prélèvement (y compris l'entretien médecin-patient);
- CHF 63.- pour l'analyse chimique en laboratoire.

Si d'autres prestations sont fournies par le médecin-traitant, celles-ci doivent faire l'objet d'une facturation séparée, selon les positions tarifaires habituelles. Elles sont prises en charge par l'assurance de base.

Les factures relatives aux tests de biologie moléculaire et sérologiques doivent être adressées à l'assureur du patient, charge à ce dernier d'en requérir le remboursement par la Confédération.

9.3. Lieux et modalités de prélèvement

Lieux de frottis à Genève

  • HUG site E 9h-17h30 7/7j , directement sur place
  • Clinique des Grangettes: 10h-18h, contacter 022 305 07 77
  • Hôpital de La Tour: 9h-18h, contacter 022 719 77 66,
  • Cité génération:  9h-17h en semaine, WE sur rdv, contacter 022 709 00 00
  • Genève médecins: font le frottis sur demande, y inclus en EMS, contacter 022 754 54 54
  • Médecin à domicile: font le frottis et le suivi du Covid+, contacter 022 340 36 36
  • Certains médecins traitants

Procédure diagnostique : frottis nasopharyngé

Se munir du matériel nécessaire, soit :
- Un tube de prélèvement avec 1 écouvillon.
- Un tube de protection avec papier absorbant et bouchon.

Vidéo de démonstration 

  • Appliquer les Mesures de base VigiGerme® (hygiène des mains, gants, lunettes de protection, tablier) et la Mesure spécifique « AIR » (port d’un masque ultrafiltrant) pour réaliser ce geste.
  • Introduire l’écouvillon dans le conduit nasal jusqu’à atteindre le nasopharynx (environ 7 cm de l’arcade chez l’adulte), puis faire 2 rotations, retirer l’écouvillon, le plier et l’introduire directement dans le tube. Fermer le tube contenant le prélèvement et COLLER L’ETIQUETTE CORRESPONDANTE DU PATIENT.

Cette procédure n’est pas douloureuse, mais un peu désagréable

9.4. Critères de déclaration

Déclaration par les laboratoires : Tous les tests positifs pour SARS-CoV-2 sont déclarés par les laboratoires dans les 2 heures au médecin cantonal par fax et à l’OFSP.

Critères de déclaration pour les médecins (OFSP, nouveau dès le 11.05)
Nouveau : les médecins déclarent au SMC et à l'OFSP dans un délai de 24h tous les résultats cliniques de patients ambulatoires COVID-19 confirmés en laboratoire par PCR (y compris ceux des résidents dans les EMS et autres institutions et foyers). Les critères de déclaration pour les COVID-19 des personnes décédées (COVID-19 confirmé ou probable) restent en vigueur. La déclaration à l'OFSP par voie électronique est encouragée

Les flambées de cas de COVID-19 : pour permettre d'identifier rapidement les cas groupés et mettre en place des interventions cibles sur place. Pour en savoir plus

9.5. Performance du frottis 

Résumé

La probabilité d’être détecté COVID positif (en lien avec la charge virale) va dépendre de la durée des symptômes et de la sévérité de la condition mais également de la qualité de prélèvement du frottis naso-pharyngé.

Plusieurs études chinoises ont évalué les propriétés du frottis nasopharyngé-PCR en fonction d’un gold standard sous-optimal (anomalies CT, cas COVID-19 confirmé, au moins 1 PCR positive).

Sur la base de ces études de mauvaise qualité, la sensibilité du test, c’est-à-dire la probabilité qu'un test réalisé sur une personne malade se révèle positif a été estimée entre 56 et 85% (faux négatifs entre 35 et 44%). En estimant une spécificité (probabilité qu’un test réalisé sur une personne saine s’avère négatif) du test de 99% (1% de faux positif) :

Nos collègues lausannois ont calculé la probabilité qu’un individu soit réellement infecté en cas de test positif (valeur prédictive positive) ainsi qu’il ne soit pas infecté en cas de test négatif (valeur prédictive négative). Ces probabilités changent en fonction de la prévalence de la maladie. 

Probabilité pré-test

(prévalence supposée de la maladie dans la population)

Valeur prédictive positive (VPP)

Probabilité que l’individu ait le COVID-19 si le test est positif

Valeur prédictive négative (VPN)

Probabilité que l’individu n’ait pas le COVID-19 si le test est négatif

10%

0.86-0.90

0.95-0.98

20%

0.92-0.94

0.92-0.97

30%

0.97-0.99

0.88-0.95

50%

0.98-0.99

0.69-0.85

La VPP du frottis nasopharyngé-PCR est très élevée, quelle que soit la probabilité pré-test.

La VPN du frottis semble suffisamment élevée pour écarter un diagnostic de COVID-19 si la prévalence de la maladie est basse dans la population dont le patient est issu.

LE 26.3.2020, la prévalence pré-test était d’environ 30% dans les centres de prélèvement au Flon et au Bugnon 44 à Lausanne.

Recommandations

  • Un seul test négatif permet d’exclure un COVID-19 dans la plupart des situations.
  • Il est indispensable d’assurer le suivi de ces patients (VPN 88 - 95%) et leur recommander l’auto-isolement strict jusqu’à la résolution de leurs symptômes.
  • Un deuxième test peut être indiqué chez un patient qui cumule plusieurs symptômes typiques et qui aurait une probabilité pré-test de 40 à 50%. Dans ces situations un test négatif doit être interprété avec précaution.

10. GROUPES A RISQUE, GROSSESSE ET RAMADAN

Mise à jour : 28 avril 2020

10.1. Groupes à risque OFSP

 a) Asthme, BPCO, problèmes pulmonaires 

Explications et prise de position de la Société Suisse de Pneumologie concernant la
compréhension des maladies pulmonaires chroniques cmme un risque d'évolution grave de l'infection par le SARS CoViD19.Bale, 18.3.2020 

La Société Suisse de Pneumologie considère les maladies suivantes d’être des maladies pulmonaires chroniques :

  • Maladies pulmonaires obstructives chroniques de stade II-IV (GOLD)
  • Emphysème pulmonaire
  • Asthme bronchique incontrôlé, particulièrement grave
  • Maladies pulmonaires interstitielles
  • Cancer du poumon actif
  • Hypertension artérielle pulmonaire
  • Maladies vasculaires pulmonaires
  • Sarcoïdose active
  • Fibrose kystique
  • Infections pulmonaires chroniques (mycobactérioses atypiques, bronchectasies etc.)
  • Patients ventilés (quelle que soit la cause)
  • Apnée du sommeil en présence d'autres facteurs de risque. 

Toutefois, les maladies suivantes ne sont pas interprétées comme des maladies pulmonaires chroniques :

  • Maladies pulmonaires obstructives chroniques de stade I (GOLD)
  • Asthme bronchique contrôlé
  • Sinusite chronique et rhinite chronique
  • Rhinite saisonnière
  • Apnée du sommeil sans autres facteurs de risque  

b) Hypertension artérielle 
Texte rédigé par la Pre Antoinette Péchère du 1er avril 2020

L’OFSP a rapidement listé l’hypertension (HTA) comme un facteur de risque pour l’infection par SARS-CoV-2. Ceci a généré une certaine confusion, un grand nombre de personnes hypertendues, même jeunes et sans co-morbidités, bien contrôlées, ont exprimé leur anxiété et demandé des arrêts de travail. De même un grand nombre de collègues médecins se sont interrogés sur l’attitude à adopter.
L’HTA per se n’augmente pas le risque de contracter une infection par COVID-19 comparé à une personne normotendue. L’HTA cependant, est associée à un plus mauvais pronostic et une possible augmentation de la mortalité chez les patient.e.s COVID + hospitalisés aux soins intensifs. Ce risque, selon les études est doublé, voire triplé (cf. références 1, 2). Dans les études publiées, il n’y a pas eu d’ajustement systématique pour l’âge, ni pour les facteurs confondants. Le traitement anti-hypertenseur n’est jamais détaillé. On ne sait pas si l’on parle d’HTA pré-existante ou d’HTA diagnostiquée lors de l’infection. Le SARS-CoV-2 de plus, génère une atteinte rénale qui peut favoriser l’HTA. Finalement, la prévalence de l’HTA chez les personnes positives pour COVID-19, est la même que dans population générale (même légèrement inférieure).
Actuellement, sans une méta-analyse qui prendrait en compte l’âge des sujet.tes, il n’est pas possible d’exclure que cette association soit simplement dûe à la prévalence élevée d’HTA dans la population âgée de plus de 65 ans.
Ainsi un.e patient.e avec une pression artérielle bien contrôlée par des médicaments, sans co-morbidités, ayant moins de 65 ans, appliquera les mêmes mesures de prévention que la population générale.
Par ailleurs, nous ne pouvons pas exclure qu’un.e patient.e avec une HTA non contrôlée, ou compliquée d’atteintes d’organes cibles, soit considéré.e comme à haut risque de complications par Covid-19.

Plus d’information et références :

1. Wu et al, JAMA Intern Med. doi:10.1001/jamainternmed.2020.0994.
2. Zhou F et al. Lancet 2020 doi.org/10.1016

Explication et prise de position de la Société Suisse d’Hypertension du 19.3.2020

Jusqu'à présent, il n'existe pas de données indiquant que les patients souffrant d'hypertension artérielle sont plus susceptibles d'être infectés par la COVID-19.
Dans une analyse univariée, l'hypertension était associée à un pronostic plus défavorable.
Jusqu'à présent, il n'y a pas de données disponibles sur les associations entre les médicaments antihypertenseurs et le pronostic (meilleur ou pire).
(..)les patients souffrant d'hypertension artérielle doivent appliquer les mêmes précautions que les sujets de la même catégorie d'âge et présentant le même profil de comorbidités. Nous recommandons également de poursuivre le traitement pharmacologique antihypertenseur sans changements ni interruptions, sauf en cas d’effets secondaires ou lorsque la situation clinique l’exige.

10.2 Grossesse

Recommandation de la SSGO sur grossesses et Covid-19 du 24 mars 2020

10.3. Ramadan

Le Ramadan a lieu du 24 avril au 24 mai 2020. Certaines comorbidités associées à des formes compliquées de Covid-19 peuvent s’aggraver durant le jeûne et constituent donc un double risque en cas d’infection au Sars-Cov-2, risque qui doit être expliqué au patient. Par contre il n’y a pas de données disponibles permettant d’affirmer un lien entre jeûne du ramadan et risque augmenté de maladies infectieuses virales, et bien sûr encore aucune donnée concernant le Sars-Cov2.

Pour plus d’infos: 

11. CERTIFICATS MEDICAUX ET REPRISE DU TRAVAIL

Mise à jour: 18 mai 2020

RECOMMANDATIONS CONCERNANT LES ARRÊTS ET CERTIFICATS MÉDICAUX
Synthèse Dres N. Junod-Perron et J. Sommer

ARRET DE TRAVAIL

Certificat médical pour les personnes vulnérables
Un certificat médical peut être demandé par l'employeur pour les personnes vulnérables dont les mesures de protection ne pourraient être garanties sur leur lieu de travail.
Les critères de vulnérabilités ont été précisés dans l'annexe 6 de l'Ordonnance 2 COVID-19 du 16 avril 2020. Pour les patients vulnérables, voici deux exemples d’attestation médicale à l’intention de l’employeur: 

Catégories de personnes vulnérables

1. Hypertension artérielle

  • Hypertension artérielle avec atteinte dʼorganes cibles
  • Hypertension artérielle résistante au traitement

2. Maladies cardiovasculaires

2.1. Critères généraux

  • Classe fonctionnelle NYHA II et NT-Pro BNP > 125 pg/ml
  • Patients ayant 2 facteurs de risques cardiovasculaires (dont du diabète ou de l’hypertension artérielle)
  • Antécédent dʼattaque cérébrale et/ou vasculopathie symptomatique
  • Insuffisance rénale chronique (stade 3, DFG <60ml/min)

2.2. Autres critères

2.2.1. Maladie coronarienne

  • SCA (STEMI et NSTEMI) au cours des douze derniers mois
  • Syndrome coronarien chronique symptomatique malgré un traitement médical (indépendamment de toute revascularisation préalable)

2.2.2. Maladie des valves cardiaques

  • Sténose valvulaire congénitale et/ou régurgitation associée à au moins un critère général
  • Sténose modérée ou sévère et/ou régurgitation
  • Tout remplacement valvulaire chirurgical ou percutané

2.2.3. Insuffisance cardiaque

  • Patient de la classe fonctionnelle NYHA II ou NT-Pro BNP > 125pg/ml malgré un traitement médical de toute FEVG (ICFEP, ICFEI, ICFER)
  • Cardiomyopathie de toute origine
  • Hypertension artérielle pulmonaire 

2.2.4 Arythmie

  • Toute arythmie (bradycardie / tachycardie) associée à un critère général
  • Fibrillation atriale
  • Implantation préalable dʼun stimulateur cardiaque (y c. implantation dʼun appareil dʼICD et/ou de CRT) associée à un critère général
  • Ablation préalable associée à un critère général

2.2.5 Adultes atteints dʼune maladie cardiaque congénitale

  • Toute maladie cardiaque congénitale

3. Maladies respiratoires chroniques

  • Maladies pulmonaires obstructives chroniques, stades II-IV de GOLD
  • Emphysème pulmonaire
  • Asthme bronchique non contrôlé, notamment sévère
  • Maladies pulmonaires interstitielles
  • Cancer actif des poumons
  • Hypertension artérielle pulmonaire
  • Maladie vasculaire pulmonaire
  • Sarcoïdose active
  • Fibrose kystique
  • Infections pulmonaires chroniques (mycobactérioses atypiques, bronchecta-sies, etc.)
  • Patients sous assistance respiratoire
  • Apnée du sommeil en cas de présence dʼautres facteurs de risque (p. ex. obésité)

4. Diabète

  • Diabète sucré, avec complications tardives ou une HbA1c > 8%

5. Maladies/traitements qui affaiblissent le système immunitaire

  • Immunosuppression sévère (p. ex. CD4+< 200μl)
  • Neutropénie ≥ 1 semaine
  • Lymphocytopénie <0.2x109/L
  • Immunodéficiences héréditaires

Pour en savoir plusInformations et recommandations cantonales  destinées aux médecins traitants genevois concernant le COVID-19, DGS du 17 avril 2020

CRITERES DE GUERISON ET LEVEE DE L'ISOLEMENT
Extrait des  Informations et recommandations cantonales  destinées aux médecins traitants genevois concernant le COVID-19, DGS du 17 avril 2020

Les critères de guérison et de levée des mesures d’isolement sont les mêmes pour les patients COVID-19 positifs ou suspects:

  • Après une période minimale de 10jours suivant l’apparition des symptômes
    ET
  • Au moins 48h après résolution des symptômes (en particulier fièvre)

A noter

  • En cas de perte soudaine de l’odorat et/ou du goût, les nerfs touchés peuvent prendre plus de temps à se rétablir. S'il s'agit du seul symptôme résiduel, l’isolement peut être levé.
  • En cas de symptômes persistants (fièvre, toux) ou de symptômes difficiles à évaluer, les patients ne sont plus contagieux après 21 jours depuis le début des symptômes.
  • La guérison peut survenir avant les 21 jours mais est plus difficile à évaluer chez les patients avec troubles cognitifs ou psychiatriques ou ayant une pathologie respiratoire chronique (BCPO, bronchite chronique, asthme, mucoviscidose, bronchectasies).

ENTOURAGE DES PERSONNES VULNERABLES

Enfants-élèves
Lorsqu'un élève vit avec une personne vulnérable, le médecin de la personne vulnérable (à l'exclusion du médecin pédiatre de l'enfant) peut établir un certificat qui atteste que son patient fait partie des catégories vulnérables au sens de l'article 10b, al. 2 et 3 de l'Ordonnance COVID-19 du Conseil Fédéral.
Les parents concernés peuvent alors requérir de la direction de l'établissement scolaire de son enfant, que ce dernier puisse continuer à suivre les cours à domicile. La décision finale demeure à la discrétion du responsable de l'établissement considéré.
La compétence du médecin s'arrête à la délivrance du certificat susmentionné. Comme vous le savez, le médecin n'est pas habilité à délivrer un certificat maladie en faveur de l'enfant si celui-ci n'est effectivement pas malade.
Concernant les enfants atteints de maladie chronique, merci de vous référer au point 2 Pédiatrie des stratégies ambulatoires.

Proche aidant ou personne faisant ménage commun

Il n’existe pour l’instant pas de recommandations claires de l’OFSP à ce sujet. La fiche d’information « Recommandations pour les proches aidant ou faisant ménage commun avec les personnes à risque » du 20.4.2020 ne parle pas des implications pour le travail.

REPRISE DU TRAVAIL

Rédigé par Dre N. Junod

Un frottis naso-pharyngé (analyse par RT-PCR) n’est pas indiqué pour permettre le retour au travail.

Retour sur le lieu de travail pour les personnes COVID-19 + ou suspects ou pour les personnes en auto-quarantaine
Si on tient compte des recommandations en lien avec l’auto-isolement/auto-quarantaine, la proposition qui en découle est la suivante : la personne peut reprendre le travail 48 heures après la disparition complète des symptômes, mais au plus tôt 10 jours après l'apparition des symptômes.
Site OFSP pour FAQ 

Reprise du télétravail pour les personnes COVID-19 + ou suspects
Il n’y a pas de recommandation officielle à ce sujet, mais de manière pragmatique, la reprise de travail se fait selon l’évolution des symptômes cliniques et de leurs répercussions physiques et psychologiques.

Reprise pour les professionnels de la santé travaillant en soins aigus
Pour éviter un taux d’absence trop élevé et de trop longue durée chez les professionnels de la santé travaillant en soins aigus dans le contexte de la pandémie à coronavirus, le centre national de prévention des infections swissnoso  a émis des recommandations extraordinaires.
Position du 20.3.2020

  • En attente du résultat si symptômes le permettent (peu de toux et absence de fièvre): peuvent travailler avec un masque chirurgical
  • Pour les soignants paucisymptomatiques: 48h d’isolation puis peuvent travailler avec un masque chirurgical
  • Pour les soignants testés Covid+ qui présentent des symptômes (fièvre >38°, toux ou dyspnée et asthénie) : repos au domicile jusqu’après 48h de résolution des symptômes (avec port de masque minimum 10 jours depuis le début des symptômes).

Management of COVID-19 positive or suspect employees involved in care of patients in acute care hospitals du 20 mars 2020 

12. ORDONNANCES / GESTION DES TRAITEMENTS EN COURS / DES VACCINATIONS

Mise à jour : 28 avril 2020

Résumé de synthèse rédigé par Dres N. Junod Perron, J. Sommer

12.1. Ordonnances

Le médecin cantonal genevois rappelle que les ordonnances en absence doivent être soit faxées soit envoyées par mail à la pharmacie soit envoyées par courrier postal aux patients (pas par mail aux patients car risque de reproductions multiples).

Recommandations concernant l'envoi des ordonnances du 6 avril 2020
Liste des officines de pharmacie avec e-mail à Genève

12.2. Médicaments en cours

AINS et COVID-19
Mise à jour: 23 avril 2020

A ce jour, nous ne disposons pas d’évidence scientifique associant la prise d’AINS et l’aggravation d’une infection à SARS-CoV2 (COVID-19). Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pourraient être associés à une aggravation des symptômes lors de virose ou d’infection bactérienne. Par principe de précaution, nous préférons donner le paracétamol en 1e intention.

Recommandations :

  • En cas d’état grippal dû à un COVID-19 confirmé ou suspecté, il est recommandé de prescrire le paracétamol en 1e intention et de réserver les AINS en cas de contrôle symptomatique insuffisant de cet état grippal.
  • En cas de situation clinique lié au COVID-19 nécessitant un traitement anti-inflammatoire (p. ex. péricardite), il est possible de prescrire un AINS en 1e intention.
  • En cas de situation clinique qui nécessite les AINS (p. ex. trauma ou migraines), il n’y a pas de contre-indication à donner les AINS, même en période de pandémie COVID-19.
  • Un traitement d’AINS prescrit au long cours pour une maladie chronique ou l’aspirine utilisée à dose antiagrégant plaquettaire (100 mg) ne devrait pas être interrompu. 

Plus d’informations et références :
https://www.england.nhs.uk/coronavirus/wp-content/uploads/sites/52/2020/04/C0211-NSAIDs-RPS_14-April.pdf
https://www.ema.europa.eu/en/news/ema-gives-advice-use-non-steroidal-anti-inflammatories-covid-19
https://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/structures/coronavirus/documents/ains_et_covid-19.pdf

IEC/ARA-II et COVID-19
Mise à jour: 28 avril 2020 

A l’heure actuelle aucune association épidémiologique entre IEC/ARA-II et COVID-19 n’a été mise en évidence.
Le possible lien entre sévérité plus importante à SARS-CoV-2 et prise d’IEC/ARA-LL a été suggéré par le fait que l’ACE2 (une enzyme différente de ACE (ACE =enzyme de conversion de l’angiotensine I en angiotensine II, vasoconstrictrice, voie classique) est le récepteur cellulaire pour l’entrée de SARS-CoV-2 dans les cellules hôtes des poumons et autres sites extra-pulmonaires. L’ACE2 convertit l’angiotensine II en angiotensine 1-7, vasodilatatrice et antiproliférative. Dans des expériences animales, les IEC n’inhibent cependant pas l’activité de l’ECA2 et le lien entre un nombre plus élevé de récepteurs ECA2 et des dommages plus importants aux organes en cas d’infection par COVID-19 n’a pas été établi.  

Recommandations :

  • A l’heure actuelle, les évidences scientifiques sont insuffisantes pour justifier l’arrêt d’un traitement antihypertenseur par IEC ou ARA-II chez les patients susceptibles d’être infectés par le SARS-CoV-2 (maladie COVID-19) (et en accord avec la position des diverses Sociétés internationales et nationales de Cardiologie et d’Hypertension).
  • En cas d’infection par le SARS-CoV-2, une évaluation au cas par cas de la poursuite du traitement par IEC/ARA-II devrait se faire en fonction de la sévérité de l’infection, de la stabilité hémodynamique du patient et de la valeur de fonction rénale.

Plus d’informations et référence:
https://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/structures/coronavirus/documents/iec-araii_et_covid-19.pdf

Corticoïdes et COVID-19

Nous n’avons aucune étude spécifique à l’infection COVID-19 et les recommandations se basent sur l’expérience durant les épidémies de SRAS précédentes et avec d’autres infections virales. Durant cette période de pandémie COVID-19, le traitement des maladies respiratoires, tels que l’asthme et la BPCO, par corticoïdes dépend de l’état de santé du patient. Chez le patient non-infecté ou sans critères de pneumonie, nous devons poursuivre les traitements inhalés chroniques car un asthme ou BPCO mal-contrôlé est un facteur de risque probable pour une COVID-19 sévère.

Dans les infections sévères, la réponse inflammatoire au SARS-CoV-2 dans les voies respiratoires inférieures entraîne des lésions pulmonaires avec formation d’œdème et d’importants exsudats protéiques. Toutefois, lors de pneumonies virales sévères, on considère les traitements par corticostéroïdes intraveineux contre-indiqués en raison de la suppression du système immunitaire inné qu’ils engendrent, ce qui s’est confirmé les des épidémies de SRAS en 2003 et 2013.
Recommandations

  • Corticostéroïdes, inhalés ou systémiques dans l’asthme :
    • Il faut poursuivre le traitement habituel avec corticostéroïdes inhalés
    • Les corticostéroïdes systémiques ne devraient toutefois pas être prescrits en cas de pneumonie
  • Corticostéroïdes, inhalés ou systémiques, dans la BPCO :
    • Il faut garder un traitement de fond efficace par voie inhalée
    • Il ne faut pas interrompre un traitement de corticostéroïdes chez les patients en exacerbation aigüe de BPCO
    • L’indication à des corticostéroïdes systémiques dans l’exacerbation de BPCO est à évaluer au cas par cas en fonction de la sévérité clinique. Ils sont à éviter dans les exacerbations non sévères et en cas de suspicion de pneumonie associée
  • Corticostéroïdes et ARDS dans le contexte d’une pneumonie virale à SARS-CoV-2:
    • Les corticostéroïdes systémiques ne devraient pas être administrés de routine dans le traitement de la pneumonie virale, y compris à SARS-CoV-2, en dehors des essais cliniques
    • L’utilisation des corticostéroïdes reste possible s’ils sont indiqués pour d’autres raisons, telles qu’une exacerbation d’asthme bronchique ou de BPCO ou un choc septique. Dans ces cas, l’introduction de corticostéroïdes se fait au cas par cas, après analyse soigneuse de la balance risque-bénéfice.
    • L’utilisation des corticostéroïdes dans l’ARDS sévère est controversée et n’est en principe pas prescrite dans le contexte d’une pneumonie virale.

Plus d’informations et références :
https://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/structures/coronavirus/documents/corticosteroides_et_covid-19_suspects_ou_confirmes.pdf
http://www.pneumo.ch/fr/641/147.html

Méthotrexate et COVID-19

Le méthotrexate (MTX), comme d’autres immunosuppresseurs, peut favoriser une infection nouvelle ou aggraver les symptômes lors de virose ou d’infection bactérienne. A ce jour, nous ne disposons pas d’évidence scientifique associant spécifiquement la prise de MTX et l’aggravation d’une infection à SARS-CoV2 (COVID-19). Les patients sous médicaments immunosuppresseurs rentrent dans la catégorie des personnes vulnérables. Les symptômes d’une infection pulmonaire à SARS-CoV2 peuvent être difficiles à distinguer d’une toxicité pulmonaire du MTX.
Recommandations

  • La prise au long cours de MTX à faible posologie (5 à 25 mg une fois par semaine) peut être poursuivie en l’absence de signes infectieux, d’autant plus qu’un arrêt brutal peut aggraver une maladie sous-jacente.
  • En cas de survenue de symptômes compatibles avec une infection à SARS-CoV2 (COVID-19) il est recommandé de discuter l’arrêt du traitement de MTX avec l’accord du médecin prescripteur.
  • L’administration de MTX à haute dose est à discuter au cas par cas.

Plus d’informations et références :

Carbimazole et COVID-19

Le carbimazole est un antithyroïdien de synthèse dont un des effets indésirables hématologiques est l’agranulocytose aiguë. Les données sur l’effet immunosuppresseur de carbimazole sont limités mais rassurantes. Hormis la période de premiers mois depuis l’introduction du traitement par carbimazole durant laquelle le risque de développer une agranulocytose et une neutropénie est plus augmenté, les patients sous traitement de longue date ne semblent pas présenter un risque d’immunosuppression lié à ce traitement.
Recommandations

  • Les patients traités par carbimazole peuvent poursuivre leur traitement
  • Pour les patients nécessitant de débuter un traitement par carbimazole cette thérapie n’est pas contre-indiquée, mais il conviendra de procéder au contrôle de la formule sanguine vu le risque d’immunosuppression présent mais rare.

Plus d’informations et références

12.3. Vaccins

Vaccinations en période de pandémie de COVID19 (OFSP du 6 avril 2020)

Vaccin pneumocoque Prevenar 13 (note OFSP 20.3.2020)
On observe actuellement en Suisse une demande accrue du vaccin conjugué contre les pneumocoques, le Prevenar 13® dans le contexte de la pandémie de SARS-CoV-2. Cela est peut-être dû entre autre à de fausses informations qui circulent et selon lesquelles la vaccination contre les pneumocoques pourrait prévenir une évolution compliquée ou grave de COVID-19. Cette évolution ne résulte pas d'infections bactériennes pneumococciques secondaires, mais plutôt de réponses inflammatoires pulmonaires et systémiques dues au virus SARS-CoV-2. Cette évolution ne peut être évitée par la vaccination contre les pneumocoques.
Recommandations

  • Il n’est pas utile de vacciner les patients contre le pneumocoque pour éviter la pneumonie COVID.
  • Le vaccin Prevenar13® est livrable, mais sa disponibilité est limitée. Il doit être utilisé selon les recommandations figurant dans le plan de vaccination suisse pour les groupes à risque.

12.4. CPAP/VNI à domicile pour patients COVID ou suspects COVID

Rédigé par Dr Grégoire Gex, Hôpital du Valais (Version du 23.03.2020)
Validé par le SIG et le Comité de la Société Suisse de Pneumologie

  • Patients ambulatoires avec CPAP/VNI

3 options peuvent être proposées selon la situation, au vu du risque d’aérosolisation virale :

  • Stop CPAP/VNI si indiqué pour trouble respiratoire du sommeil peu sévère et/ou peu morbide
  • Poursuite CPAP/VNI dans une chambre à part, à aérer le matin.
  • Poursuite CPAP/VNI sans précaution si patient vit seul

L’appareillage peut être repris après 2j. sans symptôme, minimum 10j. après le début des symptômes.

  • Retour à domicile avec CPAP/VNI après hospitalisation

Il n’y a pas suffisamment de données pour proposer une recommandation formelle. Une attitude pragmatique serait d’utiliser un montage classique (avec masque venté sans filtre) et de recommander au patient d’utiliser sa VNI/CPAP dans une pièce à part pendant 2 semaines.

Patients à domicile vivant seuls

Poursuite du traitement de CPAP ou VNI sans modification ou selon recommandation du médecin ou pneumologue traitant

Patients à domicile vivant avec conjoint et/ou autres membres de la famille

1. Traitement par CPAP ou par ventilation servo-assistée
Idem à a.1.
Si l’interruption du traitement n’est pas possible, poursuite du CPAP, le patient dormant seul (dans une autre pièce que le conjoint) ; aération de la pièce le matin. Retour au statu quo ante au moins 10 jours après le début des symptômes et après au moins 48 heures sans symptômes (ou 21 jours si l’amélioration clinique est modeste).

2. Traitement par ventilation non-invasive (VNI)
Poursuite de la VNI le patient dormant seul (dans une autre pièce que le conjoint); aération de la pièce le matin. Retour au statu quo ante au moins 10 jours après le début des symptômes et après au moins 48 heures sans symptômes (ou 21 jours si l’amélioration clinique est modeste).

Voir aussi chapitre 4.1 EMS

12.5. Addictions

Prise en charge des patients sous traitement agoniste opioide (traitement de substitution)

La Société Suisse de Médecine de l’Addiction (SSMA) nous rappelle qu’une majorité des personnes sous traitement agoniste opioïde (TAO « traitement de substitution») appartient au groupe à haut risque en cas d’infection au Covid-19 du fait de la polymorbidité et de l’âge. De ce fait, ces personnes doivent être sensibilisées et bénéficier d’une protection spécifique.
Il faut informer ces patients, les encourager à respecter les mesures de protection usuelles pour le privé et le professionnel.
Les personnes dont le test est positif doivent être accompagnées de manière intensive dans leur période d’isolement volontaire, avec des contacts téléphoniques réguliers et un suivi des symptômes, dont prise de la température corporelle. Ces personnes doivent être sensibilisées à l’importance des mesures de protection des tiers.
Penser à munir les personnes soignées de certificats attestant du traitement.
Pour respecter le confinement, les intervalles de remises doivent être maximisés, en tenant compte des contre-indications individuelles (par exemple : troubles mentaux ou somatiques en voie de décompensation) et des directives cantonales en matière de TAO.
Un TAO stabilisé avec prescription de méthadone, L-méthadone, buprénorphine et morphine à libération prolongée devrait pouvoir être remis à l’emporter jusqu'à 30 jours.
Pour les personnes non stabilisées et à risque pour elles-mêmes ou pour les tiers, en cas de remise à l’emporter, il y a lieu d’impliquer la pharmacie la plus proche du domicile.
Pour les traitements avec prescription de diacétylmorphine, l’OFSP a adressé une circulaire (13.03.2020) permettant notamment l’emport du traitement jusqu’à une semaine.
Dans la mesure du possible, les entretiens de suivis doivent être réalisés par téléphone ou visio-conférence.
Pour les mesures de confinement au domicile, le médicament peut être livré par coursier (ce qui est également prévu par la circulaire de l’OFSP précitée). Si nécessaire, mettre en place des services de soins et visites médicales à domicile.

13. TRAITEMENT MEDICAMENTEUX DU COVID

Mise à jour : 28 mars 2020

Synthèse rédigée par Dres N. Junod-Perron et J. Sommer

Critères pour commencer un traitement Anti COVID19

Le traitement en milieu ambulatoire est symptomatique : paracétamol 3x1g/j, hydratation, surveillance.
En date du 20.3.2020, en raison de stocks limités, le traitement antiviral est réservé aux patients COVID-19+, hospitalisés et avec > 1 facteur de risque ou en aggravation en besoin d’oxygène.
Il n’y a pas de médicament reconnu efficace pour le traitement de patients COVID-19.
Actuellement la prise en charge clinique repose sur la prévention de l’infection et les mesures de surveillance et de soutien, incluant de l’oxygène et un support mécanique ventilatoire si nécessaire.
L’effet antiviral de nombreux médicaments est testé dans des nombreux protocoles de recherche dans le monde entier. Le traitement est donc réservé actuellement aux patients en milieu hospitalier ou dans le cadre d’un protocole de recherche.

Informations sur les médicaments en étude pour le traitement d'une infection COVID-19 en date du 20.3.2020
https://ssi.guidelines.ch/results?query=COVID-19

14. COVICARE

Mise à jour: 2 avril 2020

Pour en savoir plus 

15. CRITERES DE FRAGILITE ET SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Mise à jour : 16 avril 2020

Rédigé par les Drs Sigiriya Aebischer Perone CICR-HUG, Nicolas Perone, Anne Meynard UIGP et Centre médical de Lancy

Les mesures de confinement peuvent affecter divers domaines de la santé. Les cabinets de médecine générale et de pédiatrie ont un rôle important à jouer pour garantir les soins de premier recours.

Une consultation pour conseils sur l’attitude face au Covid peut permettre d’aborder les craintes des patients face au Covid (fausses représentations) ainsi que d’autres sujets afin de préserver la santé d’une manière globale.

Un questionnaire associé permet à l’assistante médicale, au médecin ou d’autres professionnels de collecter les informations nécessaires à assurer le maintien d’un bon état de santé durant la période de confinement.

15.a. Critères de fragilité (liste non exhaustive)

  1. Multi-morbidité ou maladie mal contrôlée
  2. Pluri-médication (plus de 5 médicaments)
  3. Atteinte de la santé mentale : troubles cognitifs, comportement addictifs, troubles de l’humeur, troubles alimentaires (anorexie, boulimie), suicidalité
  4. Situation socio-économique : problèmes d’assurance, précarité financière, logement inadéquat
  5. Acteurs : absence de proche ou membre de la famille, isolement
  6. Interactions entre les acteurs : absence de concordance thérapeutique, résistance ou opposition aux soins, agressivité verbale ou physique.
  7. Barrières de langue ou de culture : penser aux enfants qui traduisent pour leurs parents (se référer au document OFSP)
  8. Handicap
  9. Statut de séjour : requérants d’asile et particulièrement mineurs et jeunes non accompagnés, personnes sans papiers
  10. Situation familiale fragile : post-partum, enfants ou jeunes en foyers, mères célibataires, violence domestique, troubles psychiques ou addiction des parents
  11. Maladies chroniques : impact de la maladie des parents sur les enfants et adolescents ou vice versa.

L’équipe du cabinet établit une liste des patients fragiles et prend contact de façon proactive par téléphone ou par mail.
Le questionnaire peut être utilisé comme fiche de suivi.
Un accord pour le type de suivi (mode de consultation, horaires du cabinet, consultations en présence-téléconsultation) est consigné dans le dossier au cas par cas.
Il appartient au médecin traitant de décider du suivi approprié pour son patient dans le respect des mesures de protection en cabinet (personnel et patients), des recommandations sanitaires en vigueur. Le médecin traitant fait une analyse liée au Covid ET aux effets négatifs de retarder des consultations pour la santé du patient (physique, psychique et sociale).
Une liste des ressources pour l’encadrement psychosocial est régulièrement mise à jour.
Un plan de suivi individualisé peut ainsi être établi dans le cabinet pour les mois à venir.

15.b. Comment protéger la santé mentale?

Rédigé par Dre Sigiriya Aebischer Perone, CICR-HUG

Recommandations

  • Garder les liens avec ses proches par téléphone, médias sociaux et avoir les numéros de téléphone importants et d’urgence à disposition (e.g. médecin traitant, pharmacie, personnes à avertir en cas de problème, etc.). La communication avec les autres, le partage et écoute, le maintien des relations avec les amis et les familles sont importants pour rester connecté et résilient. La liste de téléphones importants facilement disponible est rassurante dans des périodes d’incertitude
  • Etre assuré de la couverture des besoins de base : nourriture, médicaments : identifier une personne qui peut faire les courses, sortir le chien etc. et savoir à qui s’adresser
  • Limiter son exposition aux médias et choisir des sources d’information fiables. Les sources recommandées sont l’OFSP et l’OMS - Information Coronavirus / CoVid19; mettre des mots clés sur silencieux sur Twitter, ou désinscription de différents comptes ; mettre Whatsapp sur silencieux1
  • Apprendre à gérer l’incertitude « par exemple retenez-vous d’envoyer immédiatement un SMS à un ami la prochaine fois que vous cherchez une réponse à une question. En renforçant la tolérance à l’incertitude, on peut réduire sa propension à consulter internet pour se tenir constamment au courant de l’évolution de la situation »2
  • Diminuer l’ennui et l’isolement :
    • garder une routine (se lever à une heure fixe, repas, s’habiller, etc.)3
    • couvrir les besoins de base : nourriture, sommeil, activité physique (qu’est-ce qui est possible de faire : activité physique avec bouteilles remplies d’eau, etc.), musique ; lecture, cuisine, techniques de relaxation, jeux, yoga on-line, méditation
    • se faire une liste de choses à faire qu’on n’a habituellement pas le temps de faire
  1. Coronavirus: How to protect your mental health By Kirstie Brewer BBC News 16 March 2020
  2. Psychologie : sept stratégies pour gérer l’anxiété liée au coronavirus March 16, 2020 10.45pm GMT Jelena Kecmanovic Adjunct Professor of Psychology, Georgetown University
  3. Parent/Caregiver guide to helping families cope with the coronavirus disease 2019. NCTSN
 
Checklist 

Date

Garder les liens

Besoins de base

Exposition média

Gestion incertitude

Gestion ennui, isolement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15.c. Questionnaire d’évaluation psychosociale et suivi des facteurs de fragilité psychosociale

Ce questionnaire est une adaptation permettant à tout professionnel de santé de prendre en compte les besoins des personnes vulnérables en période de confinement. Il peut être introduit dans le dossier informatisé (Mediway par exemple) avec l’entête du cabinet et ainsi permettre un suivi des besoins du patient.
Chaque cabinet peut y ajouter des documents à faire parvenir au patient (conseils alimentaires, idées d’exercice physique, consommation alcool, etc.) et une liste de ressources d’aide disponibles (voir les ressources dans le document Covicare Genève santé mentale) dans la région.
Questionnaire d’évaluation psychosociale et suivi des facteurs de fragilité psychosociale

16. SEROLOGIES et TESTS RAPIDES

Mise à jour: 11 juin 2020

L’analyse sérologique des anticorps contre le SARS-CoV-2 (par exemple par ELISA ou par test rapide) ou des antigènes du SARS-CoV-2 ne fait actuellement pas partie de la LA et ne peut donc pas être facturée à la charge de l’AOS. Pour en savoir plus: Fiche d’information de l’OFSP du 22 avril 2020

  •  Tests sérologiques

Ils ne sont actuellement pas recommandés en pratique ambulatoire. Ils font l'objet de recherches visant à déterminer plus précisément leur utilité et à élaborer des recommandations pour leur utilisation. A l’heure actuelle, les tests sérologiques ne permettent ni de juger de l’immunité protectrice contre la maladie, ni d’exclure la contagiosité d’une personne.

Cependant, en médecine ambulatoire, des situations particulières peuvent justifier le test sérologique :

  1. Si deux tests de dépistage (naso-pharyngés) sont négatifs malgré la présence de symptômes importants et que la probabilité d’une infection au SRAS-CoV-2 est grande, les sérologies peuvent contribuer au diagnostic.
  2. En cas de doute ou discordance diagnostique, les test sérologiques peuvent aider à la détection du virus dans des situations complexes, au cas par cas.
  3. Chez un patient vulnérable et à haut risque, par exemple dans le cadre d’un bilan pré-greffe.
  • Tests rapides 

Les auto-tests (Quick-tests ou tests rapides) vendus dans certaines pharmacies ou par internet n’ont pas été validés et ne sont pas adaptés au diagnostic du COVID-19. Ces tests ne sont pas recommandés.

Pour en savoir plus:  Recommandations pour le diagnostic du 8 juin 2020

17. MESURE EN CAS DE DECES

Mise à jour: 19 mai 2020

Directive concernant les mesures de précautions du 31 mars 2020
Formulaire pour déclaration de décès

Attention: la nécessité de faire un frottis post-mortem en cas de suspicion de décès par Covid a été suspendue par la direction générale de la santé au 15.05.2020 en raison de la situation épidémiologique et pour ne pas surcharger les équipes.