Enseignement en cabinet

COVID-19: Les stratégies ambulatoires

1.  EVALUATION DES SYMPTOMES CLINIQUES 

Mise à jour : 22 septembre 2020 

Coronarisk: Outil d'aide au tri pour patients et professionnels de santé

Symptômes les plus fréquents: 
Toux, fièvre, expectorations, asthénie, dyspnée (survenant si évolution défavorable après à environ 7 à 10 jours)

 
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Extrait de l'article Tudrej B, Sebo P, Lourdaux J, Cuzin C, Floquet M, Haller DM, Maisonneuve H. Self-Reported Loss of Smell and Taste in SARS-CoV-2 Patients: Primary Care Data to Guide Future Early Detection Strategies.  J Gen Intern Med. 2020 Jun 9:1–3. DOI: 10.1007/s11606-020-05933-9. Epub ahead of print

Risque de décompensation chez des patients isolés à la maison (source : OFSP)

Après environ 5 à 7 jours d’isolement, des patients ont présenté une dégradation critique caractérisée par de la fièvre et de l’asthénie, alors que les autres symptômes restaient limités. Bien que ne souffrant pas de dyspnée, ils pouvaient présenter une pneumonie accompagnée d’une faible saturation en oxygène.  Il est essentiel d’identifier au plus vite ceux qui risquent une évolution critique. En conséquence, demandez à vos patients de vous contacter si leur état les inquiète ou les signes suivants surviennent :

- Fièvre persistante
- Asthénie persistante
- Détresse respiratoire
- Fort sentiment de pression ou douleurs dans la poitrine - État confusionnel
- Lèvres ou visage bleuâtres (cyanose)

Un examen clinique standard avec des signes vitaux (y inclus saturation) permet d'évaluer si le patient doit être référé au système hospitalier.

2. PEDIATRIE

Mise à jour:  17 août 2020  

2.1. Maladies chroniques pédiatriques: catégorisation des risques,  indication au port du masque, reprise de l'école
Prise en charge COVID-19 des patients avec maladies chroniques en Pédiatrie (HUG) du 4 mai 2020
 
2.2. FAQ coronavirus
Enfants en bonne santé habituelle (HUG) du 23 mars 2020
 
2.3. Vaccination en période de pandémie
Recommandation de l'OFSP du 6 avril 2020
 
2.4. COVID-19 outbreak: présentations de cas pédiatriques
 
2.5. Revue de littérature pédiatrique
Sur le COVID du 23 mars 2020 
Article suggérant que les enfants asthmatiques -qui présenteraient une diminution des récepteurs ACE 2!- seraient de facto mieux protégés que les non asthmatiques
 
2.6. Société Suisse de Pédiatrie (SSP)
2.7. Recommandations DIP/SSEJ (Genève)
 

3. HANDICAP

Mise à jour: 17 août 2020

Protocole d’évaluation pour médecin traitant du 14 août 2020
Coordonnées pour filière handicap 
Description des buts et public cible de Handiconsult

4. EMS ET SOINS A DOMICILE

Mise à jour: 14 août 2020 

Texte rédigé par le Dr Cédric Gillabert

4.1. EMS

Toute question concernant la prise en charge d’un patient COVID-19 positif en EMS peut être adressée à la Task force EMS pluri-professionnelle : EMS.covid19@fegems.ch 

Prise en charge de patients suspects d'infection COVID19 ou confirmés en EMS
En préambule, il est important de respecter le fonctionnement des soins pratiqués en EMS, chaque institution ayant ses particularités quant au type de soins proposés (oxygénothérapie, traitement IV, monitoring clinique, etc.). Il en est de même pour le fonctionnement du médecin répondant de l’EMS qui peut proposer de prendre en charge de manière différente les résidents d’un EMS à l’autre suivant les règles institutionnelles.
Les recommandations suivantes représentent une synthèse de directives ou de recommandations de Swissnoso, de l’OSFP, du service du médecin cantonal, de la Task force EMS Covid19. Les autres sources sont citées dans le texte.

4.1.a En présence de symptômes évocateurs d'IVRS ou de pneumonie ou diarrhées inhabituelles 

1)      Isolement gouttelettes et contact du patient dans sa chambre, identique aux HUG : surblouse- gants-masque chirurgical ou FFP2-protection oculaire et s'il y a beaucoup d'expectoration : charlotte et surchaussures devant la porte de la chambre, le temps de l'attente du résultat de deux frottis négatifs à 48 heures d'intervalle ou -en cas de positivité- le temps de la disparition des symptômes + 2 jours mais au minimum 10 jours au total.

2)      Frottis COVID19 Il est de la responsabilité du médecin traitant ou du médecin répondant de proposer de faire le frottis. Genève-médecin (022 754 54 54) peut être mandaté pour faire le frottis. Les laboratoires d’analyses fournissent sur demande un set de prélèvement (écouvillon, tube, protection de tube, feuille de demande), Le résultat positif du frottis doit être annoncé par le prescripteur dans les 24 heures au médecin cantonal (cf. déclaration SMC) mais pas à l’OFSP.

3)      Définir les soins appropriés à la situation du patient en intégrant le cas échéant ses directives anticipées, le plan de soins anticipés, les co-morbidités et l'espérance de vie (cf. FGPG). Ceci détermine l’utilité d’une hospitalisation, des traitements de support ou curatifs, du monitoring clinique.

4)      En cas de suspicion de pneumonie, pratiquer un bilan biologique minimal permettant d'adapter la thérapeutique et de donner des éléments objectifs de pronostic (FSC, CRP, creat, Na, K) et une radiographie du thorax en chambre si le résultat influence la prise en charge (écarter un diagnostic alternatif, p.ex.) via Mobirad (tél. 078 685 11 11 pour un premier contact puis: Mobirad).

5)      Considérer le transfert aux urgences de Cluse-Roseraie pour une personne en détresse respiratoire* si éligible à une intubation et une ventilation mécanique. Ce cas de figure devrait concerner une minorité de personnes institutionnalisées au vu de leurs comorbidités et au vu de la rarissime réversibilité d'un SRAS dans ces conditions (cf. SSMI et ASSM).

6)      Proposer le cas échéant et en fonction du personnel soignant disponible un traitement optimal proche de celui pratiqué en service de gériatrie

  • 02 pour Sa02 >94%
  • antibiothérapie IV (coamoxicilline 1,2 gr 3x/j à adapter en fonction de la Cl creat)
  • hydratation IV si EF/ difficulté d'hydratation PO avec Glucosalin 2:1 (2/3 Glucose 5% + 1/3 NaCl 0.9%)
  • physiothérapie respiratoire quotidienne: un masque FFP2 est requis

7)      En l’absence de détresse respiratoire et quand l’accès au traitement proposé sous 6) n’est pas possible, considérer une hospitalisation dans un service de gériatrie.

8)      Proposer le cas échéant des soins palliatifs symptomatiques avec un accompagnement au décès en EMS.

*Fi02 > 50% et SaO2<90% avec signes d’insuffisance respiratoire sévère (FR >30/min, tirage)

4.1.b. Autres considérations en lien avec l'épidémie COVID19 en EMS

  • Les visites en EMS et les sorties de résidents sont autorisées. Les directions d’EMS, en concertation avec le médecin-répondant de l’institution organisent des visites individuelles, en respectant les recommandations fédérales et cantonales ainsi que les principes de précaution en matière de sécurité sanitaire et de distances sociales, pour maintenir le lien social des résidant.e.s avec leur famille proche. La fermeture partielle des EMS aux visites peut être décidée par les directions des EMS en cas de flambée de cas intra-EMS. Les visites seront toujours possibles avec une protection maximale des visiteurs.

  • La communication de la positivité au covid19 est faite aux familles concernées/représentant  thérapeutique (avec l’accord du résidant le cas échéant). Les EMS ne donnent pas de statistique interne ni de donnée nominative aux familles eu égard au secret de fonction et au secret médical.

  • En fonction du nombre d’isolements ou d’une situation de quarantaine d’un EMS, des soins réduits (ne touchant pas les soins de plaies ni la dispensation de médicaments) peuvent être transitoirement dispensés aux résidants afin d’apporter les soins nécessaires aux patients de COVID19 symptomatique (notion d’équité).
  • Le contact avec le corps du défunt COVID-19 positif ne requiert qu’un isolement de contact et non un isolement de type gouttelettes. Il en est de même pour les pompes funèbres qui n’ont aucune obligation de mettre le corps dans une housse en plastique et encore moins dans un cercueil au lit du défunt.
  • Tous les collaborateurs des EMS portent un masque lorsqu'ils sont en contact avec un résident à moins de 1,5 mètre et/ou durant plus de 15 minutes avec lui. Certains EMS demandent le port du masque tout le temps du service pour tous les collaborateurs. Une exposition sans masque d'un membre du personnel soignant à une personne COVID19 positive intra ou extra EMS impose une mise en quarantaine de celle-ci sur ordre du médecin cantonal. Un collaborateur COVID19 positif reste en isolement à domicile durant la durée des symptômes plus 2 jours sans symptômes mais 10 jours au minimum. L'employeur doit déclarer à l'assurance une maladie professionnelle et c'est la perte de gain maladie qui entre en ligne de compte.
  • Le personnel d’EMS présentant un risque de complications à l’infection COVID-19 (selon les critères de l’OFSP et des sociétés médicales (cf. SSH SSP) doit faire la demande à l’employeur d’un changement de poste permettant d’éviter le contact interpersonnel à moins de 1,5 mètres uniquement s'il existe des cas COVID-19 dans l'EMS. Il est demandé au personnel une attestation fournie par le médecin traitant (art 10 b et c ordonnance fédérale COVID19 OFcovid19).

4.1.c. EMS et Ventilation non invasive (CPAP) pour patients COVID ou suspects de COVID 

Mise à jour: 09 avril 2020

Rédigé par Dr Grégoire Gex, Hôpital du Valais (Version du 23.03.2020)
Validé par le SIG et le Comité de la Société Suisse de Pneumologie
Révisé par le Pr Jean-Paul Janssens, HUG, pour les patients en EMS (09.04.2020)

Patients en EMS, ou en foyer

Deux types d’appareillages en pression positive peuvent augmenter le risque de transmission virale aux soignants lors de COVID-19. L’attitude en cas de suspicion d’infection COVID dépend de la nature du traitement.

1. Traitement par CPAP ou par ventilation servo-assistée (pour syndrome d’apnées du sommeil obstructif, central ou mixte)
En cas de suspicion de COVID, et avec l’aval du pneumologue en charge du cas, mettre en suspens le traitement par CPAP.
Si le diagnostic de COVID-19 est retenu (forte présomption clinique et/ou FNP+), le traitement n’est pas repris avant 21 jours à dater du début des symptômes. Un FNP à J21 est possible si l’amélioration clinique est modeste. Le patient est mis en chambre seule.

Les précautions à prendre par les soignants sont détaillées dans le paragraphe 4.1.a ci-dessus.

2. Traitement par ventilation non-invasive (VNI)
En cas de suspicion de COVID et de décision de non-transfert en milieu hospitalier, l’interruption de la VNI ne peut se faire que sur décision du médecin ou pneumologue traitant (directives anticipées).
Déterminer pour tout patient sous VNI, le prestataire et le pneumologue responsables du patient.
L’EMS doit prévoir des masques FFP2, des sur-blouses et lunettes en nombre suffisant pour le/les patients concernés.

Le prestataire est contacté rapidement (< 6 heures) pour mettre en place le jour même un montage COVID sur le ventilateur : masque facial sans valve de fuite, filtre antibactérien ou HME, valve expiratoire, retrait de l’humidificateur. Ce montage diminue le risque d’aérosolisation de particules virales et protège donc les soignants.
Lorsque le patient utilise la VNI, le port d’un masque FFP2, d’une sur-blouse et de lunettes par les soignants est indispensable.
Lorsque le patient n’utilise pas sa VNI, les recommandations sont celles détaillées dans le paragraphe ci-dessus 4.1.a pour un patient avec COVID-19 suspecté/avéré
La séquence lors de mise en route et arrêt de la VNI est la suivante :

Mise en route : 1. Mettre en place le masque ; 2. Mettre en route le ventilateur
Arrêt : 1. Arrêter le ventilateur ; 2. Enlever le masque.

Le montage usuel peut être repris après 21 jours. Un FNP à J21 est possible si l’amélioration clinique est modeste. 

 Voir aussi 12.4. CPAP/VNI à domicile pour patients COVID ou suspects COVID

Recommandations du service de pneumologie des HUG du 7 avril 2020
Algorithme VNI HUG du 6 avril 2020

4.2. Soins à domicile 

Recommandations de l'OFSP datant du 2 avril 2020

4.2.a Ouverture de 12 lits d’accueil temporaire pour proches aidés asymptomatiques

Une unité d'accueil temporaire et de répit (UATR) de douze lits a ouvert mardi 14 avril 2020 dans le bâtiment des Érables de la Maison de Retraite du Petit-Saconnex (MRPS). Les personnes en âge AVS qui sont hébergées dans cette unité sont des proches-aidés asymptomatiques, dont le proche-aidant fait défaut en raison du Covid-19 et qui ne peuvent ni rester seules à domicile, ni être prises en charge par les prestataires de soins à domicile. Actuellement, des lits UATR sont encore disponibles.

Les demandes de court-séjour doivent être adressées à Madame Sylvie Charrière, Service des admissions de la Maison de Retraite du Petit-Saconnex, par téléphone au 022 730 71 11 ou par mail Sylvie.Charriere@mrps.ch

4.2.b Covimad - exemple d’itinéraire interprofessionnel à domicile

Actuellement les symptômes des personnes âgées qui ont contracté le virus du Covid-19 évoluent principalement autour des questions de dénutrition, de perte de mobilité associée à une fatigue extrême ou encore de fonte musculaire importante. Pour répondre à cette problématique de santé publique, imad coordonne depuis le 20 avril 2020 un nouvel itinéraire de prise en charge domiciliaire, notamment au sortir des HUG, appelé Covimad.
Pour en savoir plus

5. AUTO-ISOLEMENT / AUTO-QUARANTAINE

Mise à jour: 21 septembre 2020

Hotline pour les patients COVID-19 : 022 546 55 27

Documents à distribuer au patient

Consignes d'auto-isolement (patients malades ou symptomatiques): se référer au pdf 

Consignes d'auto-quarantaine (personnes exposées): se référer au pdf

Isolement des malades

Les personnes qui se font tester restent en isolement à domicile en attendant les résultats du test.
En cas de résultat positif, les personnes :

  • sont isolées à domicile ou sur le lieu de vie, si leur état de santé le permet ;
  • sont isolées aux HUG si leur état de santé le nécessite;
  • doivent respecter les consignes d’isolement de l'OFSP;
  • sont contactées systématiquement par le SMC;
  • sont appelées régulièrement par le SMC pour s'assurer du respect de cette mesure;
  • le suivi médical incombe au médecin traitant. Si la durée des symptômes excède 10 jours, il revient au médecin traitant de prolonger l'arrêt maladie du patient.

Les personnes testées positives pour lesquelles un résultat positif a déjà été effectué dans les 3 mois précédents ne sont pas isolées à nouveau.

Durée de l’isolement à domicile : selon recommandation de l'OFSP Situation clinique

Critères cliniques

Asymptomatique (ou anosmie/dysgueusie isolée) ET PCR positive

10 jours depuis la date du test

Maladie COVID + (tous tableaux cliniques)

Sans critères d’hospitalisation

10 jours depuis le début des symptômes ET

48 heures sans fièvre, ni symptômes respiratoires (toux, expectorations ou rhinorrhée)*

*L’anosmie, la dyspnée résiduelle, et l’asthénie ne sont pas considérées comme des symptômes contre-indiquant la levée des mesures spécifiques.

Durée de l’isolement pour les cas confirmés ou probables de COVID-19 hospitalisés : dépend de la sévérité des symptômes. En cas de retour à domicile ou de transfert dans un autre établissement, l’isolement doit être poursuivi selon les recommandations de Swissnoso et du médecin hospitalier.

Mesures pour les personnes symptomatiques avec un test négatif sans facteur de gravité: restent à domicile jusqu’à 24 heures après la disparition des symptômes, indépendamment du temps écoulé.

Après la période d'isolement, les personnes continuent de respecter les mesures d'hygiène et de conduite comme le reste de la population.

Risque de décompensation chez des patients isolés à la maison (source : OFSP)

Après environ 5 à 7 jours d’isolement, des patients ont présenté une dégradation critique caractérisée par de la fièvre et de l’asthénie, alors que les autres symptômes restaient limités. Bien que ne souffrant pas de dyspnée, ils pouvaient présenter une pneumonie accompagnée d’une faible saturation en oxygène.

Il est essentiel d’identifier au plus vite ceux qui risquent une évolution critique. En conséquence, demandez à vos patients de vous contacter si leur état les inquiète ou les signes suivants surviennent:

  • Fièvre persistante
  • Asthénie persistante
  • Détresse respiratoire
  • Fort sentiment de pression ou douleurs dans la poitrine
  • État confusionnel
  • Lèvres ou visage bleuâtres (cyanose)

Un examen clinique standard avec des signes vitaux (y inclus saturation) permet d'évaluer si le patient doit être référé au système hospitalier.

Quarantaine des contacts étroits

Les personnes-contact, dont la liste a été établie en collaboration avec le patient malade, sont appelées par le SMC. Après une évaluation individuelle, les personnes qui répondent à la définition de contact étroit avéré sont placées en quarantaine par le SMC.

Elles doivent rester 10 jours en quarantaine à domicile à partir du jour du dernier contact avec le cas, surveiller leur état de santé, suivre les consignes de quarantaine et, si des symptômes apparaissent, s’isoler et se faire tester.

Les personnes-contact sont appelées régulièrement par le SMC jusqu'à la fin de la quarantaine.

Si une infection a été confirmée par PCR dans les 3 mois précédents, elles sont dispensées d'une quarantaine. En revanche, les résultats d'une sérologie ou d'un test de dépistage ne permettent pas la levée de quarantaine.

Quarantaine pour les voyageurs en provenance d'Etats ou de zones à risque

Les personnes en provenance d'un pays ou d'une zone présentant un risque élevé d'infection (liste de l'OFSP actualisée) doivent s'annoncer au SMC via le formulaire en ligne et se mettre en quarantaine pour une durée de 10 jours après l'entrée. Elles sont ensuite contactées par le SMC.

Quarantaine des professionnels de la santé

En l'absence de pénurie de personnel actuellement, les professionnels de santé exposés sans protection à un cas confirmé (contact professionnel ou privé) ne doivent plus continuer de travailler même avec un masque. Ils suivent les mêmes recommandations que la population.

La règle des 10 jours de quarantaine s’applique à toute personne revenant d’un pays à risque. Les professionnels de la santé sont actuellement astreints aux mêmes règles que les autres voyageurs, à part pour les professionnels qui répondent aux critères d'exemption (Ordonnance COVID-19 mesures dans le domaine du transport international de voyageurs).

6. CRITERES D’HOSPITALISATION

Pour en savoir plus du 6 avril 2020

7. TELECONSULTATIONS ET SUIVI DES PATIENTS COVID NEG

Mise à jour : 7 juillet 2020

Rédigé par la Dre Arabelle Rieder 

Depuis le début du confinement ordonné par le Conseil Fédéral, les médecins internistes généralistes et pédiatres ont d’emblée privilégié une prise en charge à distance de leurs patients pour remplir une double mission :

L’évaluation à distance permet d’identifier les patients à évaluer en présence au cabinet ou à adresser à un centre d’urgence pour un bilan approfondi et/ou une hospitalisation.

Quels outils ?

  1. Le téléphone reste l’outil le plus simple pour certains patients (et médecins)
  2. La vidéoconférence ou « télémédecine » permet d’avoir des informations non-verbales et d’évaluer des signes cliniques simples. Dans certaines situations, cette technologie apporte des informations précieuses (est-ce que le patient montre qu’il a bien compris les consignes, par exemple) et est très appréciée (1). Le RCGP a défini des astuces pour des consultations vidéo. Ne pas oublier d’inclure les proches aidants ou les soignants à domicile, qui peuvent assister les patients moins à l’aise avec la technologie digitale.

(1)   Donaghy E et al. Acceptability, benefits, and challenges of video consulting: a qualitative study in primary care. Br J Gen Pract 2019.Aug 29;69(686)e586-e594.

Quels produits utiliser pour une vidéoconférence?
  • docteur@home (pour Genève,gratuit, développé par les HUG, s’inscrire auprès de l’AMG : info@amge.ch)
  • la FMH et Health Info Net AG (HIN) proposent aux médecins un système gratuit, simple et fiable de vidéoconférence, disponible sur le site https://www.hin.ch/fr/services/hin-talk-video/)
  • vidéoconférence avec onedoc.ch (https://www.onedoc.ch/fr/) (outil de vidéoconférence proposé gratuitement par la startup genevoise pour ses abonnés)
  • d’autres produits (zoom, skype, whatsapp etc.) sont décrits sur le site de la FMH.

Quelles dispositions légales/de facturation ?

Selon les recommandations de la FMH, le médecin est tenu de respecter les principes usuels relatifs au dossier médical du patient, ainsi que les dispositions régissant la protection de données, le secret médical et le devoir de diligence (le fait d’évaluer le patient en présence si nécessaire ou de déléguer cet examen à un autre médecin si l’on ne peut pas le faire en personne).
La seule position tarifaire actuellement disponible pour facturer les prestations de télémédecine est la position « Consultation téléphonique par le spécialiste » (positions tarifaires 00.0110 et ss). Son champ d’utilisation est toutefois strictement délimité, puisqu’elle permet en règle générale de facturer 20 minutes par consultation, 30 minutes pour les enfants de moins de 6 ans et les personnes de plus de 75 ans et pour les personnes au-dessus de 6 ans et de moins de 75 ans nécessitant plus de soins.

Les prestations de télémédecine des psychiatres ou des psychologues délégués exerçant au cabinet sont à nouveau soumises aux limitations fixées le 1.1.2018 par le Conseil fédéral dans le TARMED 01.09_BR.

Envoi d'ordonnances?

Le médecin cantonal genevois rappelle que les ordonnances en absence doivent être soit faxées soit envoyées par mail à la pharmacie soit envoyées par courrier postal aux patients (pas par mail aux patients car risque de reproductions multiples).

8. MESURES DE PROTECTION

Mise à jour : 22 septembre 2020

1)      Le matériel de protection : recommandations de l’OFSP

2)     Plan de protection pour l’exploitation des cabinets médicaux

Les cabinets médicaux ne sont pas assimilés à des commerces et le port du masque n'est pas obligatoire pour les patients. Toutefois, tous les patients étant potentiellement des cas suspects de COVID-19, nous recommandons de leur proposer systématiquement un masque à tous dès l'entrée dans le cabinet, après la désinfection des mains. Le masque doit être porté lorsque la distance de 1.50m ne peut pas être respectée (sous arrêté du conseil d’état du 24 juillet) ou que le patient présente des symptômes respiratoires ou en cas de suspicion de COVID-19 ou des personnes mises en quarantaine qui doivent se rendre à une consultation. Dans les cabinets où deux filières distinctes ne peuvent être mises en œuvre (en raison de la disposition des locaux, p.ex.), le port du masque peut être une bonne alternative lorsqu'il y a plus d'un patient dans la salle d'attente.

Remarque sur l’utilisation de l’application SwissCovid par les employés des cabinets médicaux

L’application SwissCovid ne permet pas de détecter si des mesures de protection spéciales (blouses de protection, écran en plexiglas, etc.) ont été prises en cas de contacts à risque (distance de 1,5 m ou moins, durée du contact d’au moins quinze minutes). Les employés d’un établissement de santé utilisant l’application sont largement plus susceptibles de recevoir un message d’avertissement. Comme la notification ne contient ni l’heure, ni des informations sur le lieu du contact avec la personne contaminée, les employés ne sont pas en mesure de savoir s’ils ont réellement été exposés à un risque ou si le contact a eu lieu au sein du cabinet médical sécurisé par les mesures de protection. L’application SwissCovid offre la possibilité de désactiver le traçage à tout moment et de le réactiver ultérieurement.

3)      Le port des masques destinés aux professionnel.le.s de la santé et autre personnel - Directives de la DGS concernant le port du masque datées du 3.09.2020

Bonne pratique du port du masque (information tirée du site Unisanté -CoVID-19 en médecine générale)

Avant de mettre votre masque :

  • Lavez-vous les mains avec du gel hydroalcoolique ou du savon et de l’eau
  • Couvrez la bouche et le nez avec le masque et assurez-vous qu’il n’y ait pas d’espace entre votre visage et le masque
  • Eviter de toucher le masque en le portant. Si vous le touchez, lavez les mains avec du gel hydroalcoolique ou du savon et de l’eau
  • Remplacez le masque avec un exemplaire neuf le plus vite possible s’il est mouillé, et ne réutilisez pas les masques à usage unique
  • Pour ôter le masque, enlevez par l’arrière (ne pas toucher le devant), jetez-le dans une poubelle, lavez-vous les mains avec du gel hydroalcoolique ou du savon et de l’eau
  • Il est à usage unique et ne doit en aucun cas être remis sur le visage une fois enlevé
  • Il ne doit jamais se trouver autour du cou ou sur le front
  • Un masque ne recouvrant pas le nez ou la bouche doit être changé

Vidéos montrant le port du masque à élastique et à lanières

A noter:

  • Lavage des mains: à l'eau et au savon (ou solution hydro-alcoolique)
  • Surfaces: désinfection standard avec les produits habituels

9. FROTTIS NASOPHARYNGE

Mise à jour : 22 septembre 2020

9.1. Critères de dépistage

Prise en charge des personnes présentant des symptômes au cabinet

  • Posez un masque chirurgical au patient dès son arrivée.
  • Isolez le patient dans un local pouvant être facilement aéré.
  • Portez un masque chirurgical et évaluez les critères de suspicion et les critères de test. Ces critères sont régulièrement actualisés par l'OFSP.

Critères de suspicion et de prélèvement (OFSP 24.06.2020)

Critères cliniques de l'OFSP

Il est recommandé de tester toute personne présentant des symptômes compatibles avec le COVID-19:

  • Symptômes d'affection aiguë des voies respiratoires (par ex. toux, maux de gorge, souffle court, douleurs thoraciques) et/ou
  • Fièvre sans autre étiologie et/ou
  • Apparition soudaine d'une anosmie et/ou d'une agueusie (perte de l’odorat et du goût) et/ou
  • Etat confusionnel aigu ou détérioration de l'état général chez une personne âgée sans autre étiologie

Note : d’autres symptômes moins fréquents et moins spécifiques peuvent se présenter (Douleurs musculaires, maux de tête, sensation de fatigue généralisée, rhume, symptômes gastro-intestinaux (p. ex. nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales), éruptions cutanées (p. ex. lésions de type engelure, urticarienne, vésiculeuse, morbilliforme).

Critères épidémiologiques de l'OFSP

Lien épidémiologique: contact étroit (<1,5 m pendant >15 minutes) avec un cas de COVID-19 confirmé en laboratoire ou exposition dans le cadre d’une flambée de COVID-19 confirmée.

Critères de test de l'OFSP

Un test PCR est recommandé pour:

  • les personnes symptomatiques qui répondent aux critères cliniques
  • les personnes ayant reçu une notification de contact avec un cas de COVID-19 par l’application SwissCovid et qui sont asymptomatiques; le test est recommandé par l'OFSP dès le 5e jour après le contact
  • des personnes asymptomatiques sur demande du médecin cantonal (dans le cadre de contrôle de flambées ou de personnes en quarantaine).

Pour les enfants de moins de 12 ans, l'indication est à évaluer par le pédiatre selon les recommandations spécifiques reçues le 24.6 (OFSP et SMC-HUG).

  • Les critères de tests ne sont pas remplis dans les situations ci-dessous et un test par PCR n'est par conséquent actuellement pas recommandé:
    • les personnes asymptomatiques en quarantaine, sauf si elles développent des symptômes compatibles avec une infection au SARS-CoV-2. Un test négatif éventuel ne réduit pas la durée de la quarantaine;
    • les personnes en isolement avant le retour au travail, car le test peut rester positif pendant une période prolongée bien que la personne ne soit plus contagieuse; la date de fin d'isolement repose sur des critères cliniques.
    • les personnes revenant d'un séjour à l'étranger avant la reprise du travail, car un résultat négatif peut se positiver les jours suivants (les personnes revenant de pays à risque doivent se conformer aux mesures de quarantaine, l'OFSP met régulièrement sa liste à jour en fonction de l'évolution épidémiologique
  • Si les critères de tests sont remplis:
    • Si le patient est au cabinet, il est idéal dans ce cas de réaliser le test au cabinet:

                        - Mettez des lunettes de protection (si disponibles), une surblouse et des gants. (Le masque chirurgical est déjà porté depuis le début de la consultation.)
                        - Réalisez le frottis naso-pharyngé.
                         - Demander au patient de compléter le formulaire de contacts étroits (dès 48h avant le début de symptômes), traduit en plusieurs langues, que le patient conserve avec lui et transmettra au SMC en cas de résultat positif.
                        - Expliquez au patient les recommandations de l’OFSP sur l’isolement à domicile et donnez-lui les consignes correspondantes.

                        - Indiquer le numéro de téléphone du patient sur la demande de test PCR à envoyer au laboratoire pour faciliter le traçage des contacts par le SMC.

                         - Communiquez le résultat du test au patient.

  • Les tests rapides ainsi que les tests sérologiques ne sont actuellement pas recommandés pour attester de la présence d'une immunité protectrice ni pour un usage de routine.

9.2. Critères de remboursement du frottis

Les tests sont pris en charge par la Confédération depuis le 25.6.20 lorsqu’ils sont effectués conformément aux recommandations de l’OFSP du 18.09.20. Le remboursement de l’analyse diagnostique du SARS-CoV-2 est expliqué en détail sur fiche de la FMH et la FAQ de la FMH actualisée.
Vous devez informer votre patient si des frais ne sont pas couverts par le forfait de la Confédération et lui occasionneraient des frais supplémentaires.
A noter que les personnes frontalières au bénéfice d'une assurance LAMal peuvent également bénéficier de cette prise en charge gratuite.

9.3. Lieux et modalités de prélèvement

Lieux de frottis à Genève

  • HUG: Unité d'urgences ambulatoires adultes 9:00-12:00 – 14:00-18:00 7j/7. Sur rendez-vous - prise de rendez-vous en ligne
  • La Tour: rendez-vous en ligne
  • Clinique de Carouge : 9:00-17:00 du lundi au vendredi, 9:00-12:00 le samedi. Informations
  • Certains cabinets médicaux

Procédure diagnostique : frottis nasopharyngé

Se munir du matériel nécessaire, soit :
- Un tube de prélèvement avec 1 écouvillon.
- Un tube de protection avec papier absorbant et bouchon.

Vidéo de démonstration 

  • Appliquer les Mesures de base VigiGerme® (hygiène des mains, gants, lunettes de protection, tablier) et la Mesure spécifique « AIR » (port d’un masque ultrafiltrant) pour réaliser ce geste.
  • Introduire l’écouvillon dans le conduit nasal jusqu’à atteindre le nasopharynx (environ 7 cm de l’arcade chez l’adulte), puis faire 2 rotations, retirer l’écouvillon, le plier et l’introduire directement dans le tube. Fermer le tube contenant le prélèvement et COLLER L’ETIQUETTE CORRESPONDANTE DU PATIENT.

Cette procédure n’est pas douloureuse, mais un peu désagréable

9.4. Critères de déclaration

Déclarations à l'OFSP et au SMC

Les médecins déclarent à l'OFSP et au SMC dans un délai de 24h :

  • tous les résultats cliniques de patients COVID-19 confirmés par PCR;
  • les cas hospitalisés (et en EMS) et décédés pour des patients COVID-19 confirmés ou probables
  • Les résultats cliniques doivent être déclarés par voie électronique à l'OFSP selon cette procédure :
    1. Une identité HIN est requise (par exemple une adresse électronique @HIN).
    2. Envoyez un e-mail vierge sécurisé HIN à pin@hin.infreport.ch. Le lien vers le formulaire en ligne sera renvoyé immédiatement par courrier électronique et reste valable pendant 24 heures.
    3. Une fois la déclaration en ligne effectuée, vous pourrez télécharger le PDF de votre déclaration et l'utiliser pour vos dossiers et déclaration au SMC.
  • Des formulaires PDF sont toujours disponibles pour les médecins sans hin (Fax : 058 463 87 77)

9.5. Performance du frottis 

PCR

Ce test est actuellement le seul recommandé pour confirmer une suspicion clinique en pratique ambulatoire. La détection directe de l'acide nucléique viral dans un écouvillon nasopharyngé permet de déduire une infection par le SARS-CoV-2 chez les patients présentant des symptômes COVID-19 compatibles. Les frottis ne doivent être réalisés que par des personnes formées et expérimentées Pendant la période d'incubation, un test PCR négatif n'exclut pas la possibilité que la maladie se déclare plus tard.

Résumé

La probabilité d’être détecté COVID positif (en lien avec la charge virale) va dépendre de la durée des symptômes et de la sévérité de la condition mais également de la qualité de prélèvement du frottis naso-pharyngé.

Plusieurs études chinoises ont évalué les propriétés du frottis nasopharyngé-PCR en fonction d’un gold standard sous-optimal (anomalies CT, cas COVID-19 confirmé, au moins 1 PCR positive).

Sur la base de ces études de mauvaise qualité, la sensibilité du test, c’est-à-dire la probabilité qu'un test réalisé sur une personne malade se révèle positif a été estimée entre 56 et 85% (faux négatifs entre 35 et 44%). En estimant une spécificité (probabilité qu’un test réalisé sur une personne saine s’avère négatif) du test de 99% (1% de faux positif) :

Nos collègues lausannois ont calculé la probabilité qu’un individu soit réellement infecté en cas de test positif (valeur prédictive positive) ainsi qu’il ne soit pas infecté en cas de test négatif (valeur prédictive négative). Ces probabilités changent en fonction de la prévalence de la maladie. 

Probabilité pré-test

(prévalence supposée de la maladie dans la population)

Valeur prédictive positive (VPP)

Probabilité que l’individu ait le COVID-19 si le test est positif

Valeur prédictive négative (VPN)

Probabilité que l’individu n’ait pas le COVID-19 si le test est négatif

10%

0.86-0.90

0.95-0.98

20%

0.92-0.94

0.92-0.97

30%

0.97-0.99

0.88-0.95

50%

0.98-0.99

0.69-0.85

La VPP du frottis nasopharyngé-PCR est très élevée, quelle que soit la probabilité pré-test.

La VPN du frottis semble suffisamment élevée pour écarter un diagnostic de COVID-19 si la prévalence de la maladie est basse dans la population dont le patient est issu.

LE 26.3.2020, la prévalence pré-test était d’environ 30% dans les centres de prélèvement au Flon et au Bugnon 44 à Lausanne.

Recommandations

  • Un seul test négatif permet d’exclure un COVID-19 dans la plupart des situations.
  • Il est indispensable d’assurer le suivi de ces patients (VPN 88 - 95%) et leur recommander l’auto-isolement strict jusqu’à la résolution de leurs symptômes.
  • Un deuxième test peut être indiqué chez un patient qui cumule plusieurs symptômes typiques et qui aurait une probabilité pré-test de 40 à 50%. Dans ces situations un test négatif doit être interprété avec précaution.

10. GROUPES A RISQUE, GROSSESSE

Mise à jour : 21 septembre 2020

10.1. Groupes à risque OFSP

Sont vulnérables :

  • les personnes de plus de 65 ans;
  • les adultes atteints d’une des maladies suivantes : 
    - hypertension artérielle
    - maladies cardio-vasculaires
    - diabète
    - maladies chroniques des voies respiratoires
    - cancer
    - une faiblesse immunitaire due à une maladie ou à un traitement
    - obésité de classe III (morbide, IMC ≥ 40 kg/m2).

 Le document pdf « Catégories de personnes vulnérables » (sous "Qui est vénérable") précise qui sont les personnes vulnérables. Il est actualisé en permanence par l’OFSP en permanence en fonction des dernières connaissances scientifiques.

10.2 Grossesse

Sur la base des connaissances actuelles, l’OFSP, en collaboration avec la Société suisse de gynécologie et d’obstétrique (SSGO), a conclu que les femmes enceintes font partie des personnes vulnérables.

Selon les données actuelles, les femmes enceintes ont un risque accru d'évolution grave en cas d'infection par COVID-19 (par rapport aux femmes non enceintes). Des complications foetales ou la transmission à l'enfant peuvent rarement se produire. Dans l'ensemble, les cas graves chez les nouveau-nés infectés sont très rares.

Recommandations de Swissnoso sur le travail des collaboratrices enceintes (28.08):

  • Les femmes enceintes peuvent poursuivre leur travail régulier tout en respectant les mesures d'hygiène.
  • Exceptions : elles ne doivent pas s'occuper de patients COVID confirmés ni faire de dépistage.

11. CERTIFICATS MEDICAUX ET REPRISE DU TRAVAIL

Mise à jour: 7 juillet 2020

RECOMMANDATIONS CONCERNANT LES ARRÊTS ET CERTIFICATS MÉDICAUX
Synthèse Dres N. Junod-Perron et J. Sommer

ARRET DE TRAVAIL

Certificat médical pour les personnes vulnérables
L’ordonnance 2 COVID-19 a été abrogée le 22 juin 2020, si bien que la distinction entre personnes vulnérables et personnes non-vulnérables n’existe plus. Cela implique également que les certificats pour les personnes vulnérables prévus par l’ordonnance 2 COVID-19 ne sont plus nécessaires.

CRITERES DE GUERISON ET LEVEE DE L'ISOLEMENT

Extrait des  Informations et recommandations cantonales  destinées aux médecins traitants genevois concernant le COVID-19, DGS du 17 avril 2020

Les critères de guérison et de levée des mesures d’isolement sont les mêmes pour les patients COVID-19 positifs ou suspects:

  • Après une période minimale de 10jours suivant l’apparition des symptômes
    ET
  • Au moins 48h après résolution des symptômes (en particulier fièvre)

A noter

  • En cas de perte soudaine de l’odorat et/ou du goût, les nerfs touchés peuvent prendre plus de temps à se rétablir. S'il s'agit du seul symptôme résiduel, l’isolement peut être levé.
  • En cas de symptômes persistants (fièvre, toux) ou de symptômes difficiles à évaluer, les patients ne sont plus contagieux après 21 jours depuis le début des symptômes.
  • La guérison peut survenir avant les 21 jours mais est plus difficile à évaluer chez les patients avec troubles cognitifs ou psychiatriques ou ayant une pathologie respiratoire chronique (BCPO, bronchite chronique, asthme, mucoviscidose, bronchectasies).

ENTOURAGE DES PERSONNES VULNERABLES

Enfants-élèves
Lorsqu'un élève vit avec une personne vulnérable, le médecin de la personne vulnérable (à l'exclusion du médecin pédiatre de l'enfant) peut établir un certificat qui atteste que son patient fait partie des catégories vulnérables au sens de l'article 10b, al. 2 et 3 de l'Ordonnance COVID-19 du Conseil Fédéral.
Les parents concernés peuvent alors requérir de la direction de l'établissement scolaire de son enfant, que ce dernier puisse continuer à suivre les cours à domicile. La décision finale demeure à la discrétion du responsable de l'établissement considéré.
La compétence du médecin s'arrête à la délivrance du certificat susmentionné. Comme vous le savez, le médecin n'est pas habilité à délivrer un certificat maladie en faveur de l'enfant si celui-ci n'est effectivement pas malade.
Concernant les enfants atteints de maladie chronique, merci de vous référer au point 2 Pédiatrie des stratégies ambulatoires.

Proche aidant ou personne faisant ménage commun

Il n’existe pour l’instant pas de recommandations claires de l’OFSP à ce sujet. La fiche d’information « Recommandations pour les proches aidant ou faisant ménage commun avec les personnes à risque » du 20.4.2020 ne parle pas des implications pour le travail.

REPRISE DU TRAVAIL

Rédigé par Dre N. Junod

Un frottis naso-pharyngé (analyse par RT-PCR) n’est pas indiqué pour permettre le retour au travail.

Retour sur le lieu de travail pour les personnes COVID-19 + ou suspects ou pour les personnes en auto-quarantaine
Si on tient compte des recommandations en lien avec l’auto-isolement/auto-quarantaine, la proposition qui en découle est la suivante : la personne peut reprendre le travail 48 heures après la disparition complète des symptômes, mais au plus tôt 10 jours après l'apparition des symptômes.
Site OFSP pour FAQ 

Reprise du télétravail pour les personnes COVID-19 + ou suspects
Il n’y a pas de recommandation officielle à ce sujet, mais de manière pragmatique, la reprise de travail se fait selon l’évolution des symptômes cliniques et de leurs répercussions physiques et psychologiques.

Reprise pour les professionnels de la santé travaillant en soins aigus
Swissnoso  a émis des recommandations pour les professionnels de la santé travaillant en soins aigus dans le contexte de la pandémie à coronavirus selon deux scénarios : personnel suffisant ou grave pénurie de personnel (version 4 du 17.4.2020, version 4).

12. ORDONNANCES / GESTION DES TRAITEMENTS EN COURS / DES VACCINATIONS

Mise à jour : 28 avril 2020

Résumé de synthèse rédigé par Dres N. Junod Perron, J. Sommer

12.1. Ordonnances

Le médecin cantonal genevois rappelle que les ordonnances en absence doivent être soit faxées soit envoyées par mail à la pharmacie soit envoyées par courrier postal aux patients (pas par mail aux patients car risque de reproductions multiples).

Recommandations concernant l'envoi des ordonnances du 6 avril 2020
Liste des officines de pharmacie avec e-mail à Genève

12.2. Médicaments en cours

AINS et COVID-19
Mise à jour: 23 avril 2020

A ce jour, nous ne disposons pas d’évidence scientifique associant la prise d’AINS et l’aggravation d’une infection à SARS-CoV2 (COVID-19). Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pourraient être associés à une aggravation des symptômes lors de virose ou d’infection bactérienne. Par principe de précaution, nous préférons donner le paracétamol en 1e intention.

Recommandations :

  • En cas d’état grippal dû à un COVID-19 confirmé ou suspecté, il est recommandé de prescrire le paracétamol en 1e intention et de réserver les AINS en cas de contrôle symptomatique insuffisant de cet état grippal.
  • En cas de situation clinique lié au COVID-19 nécessitant un traitement anti-inflammatoire (p. ex. péricardite), il est possible de prescrire un AINS en 1e intention.
  • En cas de situation clinique qui nécessite les AINS (p. ex. trauma ou migraines), il n’y a pas de contre-indication à donner les AINS, même en période de pandémie COVID-19.
  • Un traitement d’AINS prescrit au long cours pour une maladie chronique ou l’aspirine utilisée à dose antiagrégant plaquettaire (100 mg) ne devrait pas être interrompu. 

Plus d’informations et références :
https://www.england.nhs.uk/coronavirus/wp-content/uploads/sites/52/2020/04/C0211-NSAIDs-RPS_14-April.pdf
https://www.ema.europa.eu/en/news/ema-gives-advice-use-non-steroidal-anti-inflammatories-covid-19
https://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/structures/coronavirus/documents/ains_et_covid-19.pdf

IEC/ARA-II et COVID-19
Mise à jour: 28 avril 2020 

A l’heure actuelle aucune association épidémiologique entre IEC/ARA-II et COVID-19 n’a été mise en évidence.
Le possible lien entre sévérité plus importante à SARS-CoV-2 et prise d’IEC/ARA-LL a été suggéré par le fait que l’ACE2 (une enzyme différente de ACE (ACE =enzyme de conversion de l’angiotensine I en angiotensine II, vasoconstrictrice, voie classique) est le récepteur cellulaire pour l’entrée de SARS-CoV-2 dans les cellules hôtes des poumons et autres sites extra-pulmonaires. L’ACE2 convertit l’angiotensine II en angiotensine 1-7, vasodilatatrice et antiproliférative. Dans des expériences animales, les IEC n’inhibent cependant pas l’activité de l’ECA2 et le lien entre un nombre plus élevé de récepteurs ECA2 et des dommages plus importants aux organes en cas d’infection par COVID-19 n’a pas été établi.  

Recommandations :

  • A l’heure actuelle, les évidences scientifiques sont insuffisantes pour justifier l’arrêt d’un traitement antihypertenseur par IEC ou ARA-II chez les patients susceptibles d’être infectés par le SARS-CoV-2 (maladie COVID-19) (et en accord avec la position des diverses Sociétés internationales et nationales de Cardiologie et d’Hypertension).
  • En cas d’infection par le SARS-CoV-2, une évaluation au cas par cas de la poursuite du traitement par IEC/ARA-II devrait se faire en fonction de la sévérité de l’infection, de la stabilité hémodynamique du patient et de la valeur de fonction rénale.

Plus d’informations et référence:
https://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/structures/coronavirus/documents/iec-araii_et_covid-19.pdf

Corticoïdes et COVID-19

Nous n’avons aucune étude spécifique à l’infection COVID-19 et les recommandations se basent sur l’expérience durant les épidémies de SRAS précédentes et avec d’autres infections virales. Durant cette période de pandémie COVID-19, le traitement des maladies respiratoires, tels que l’asthme et la BPCO, par corticoïdes dépend de l’état de santé du patient. Chez le patient non-infecté ou sans critères de pneumonie, nous devons poursuivre les traitements inhalés chroniques car un asthme ou BPCO mal-contrôlé est un facteur de risque probable pour une COVID-19 sévère.

Dans les infections sévères, la réponse inflammatoire au SARS-CoV-2 dans les voies respiratoires inférieures entraîne des lésions pulmonaires avec formation d’œdème et d’importants exsudats protéiques. Toutefois, lors de pneumonies virales sévères, on considère les traitements par corticostéroïdes intraveineux contre-indiqués en raison de la suppression du système immunitaire inné qu’ils engendrent, ce qui s’est confirmé les des épidémies de SRAS en 2003 et 2013.
Recommandations

  • Corticostéroïdes, inhalés ou systémiques dans l’asthme :
    • Il faut poursuivre le traitement habituel avec corticostéroïdes inhalés
    • Les corticostéroïdes systémiques ne devraient toutefois pas être prescrits en cas de pneumonie
  • Corticostéroïdes, inhalés ou systémiques, dans la BPCO :
    • Il faut garder un traitement de fond efficace par voie inhalée
    • Il ne faut pas interrompre un traitement de corticostéroïdes chez les patients en exacerbation aigüe de BPCO
    • L’indication à des corticostéroïdes systémiques dans l’exacerbation de BPCO est à évaluer au cas par cas en fonction de la sévérité clinique. Ils sont à éviter dans les exacerbations non sévères et en cas de suspicion de pneumonie associée
  • Corticostéroïdes et ARDS dans le contexte d’une pneumonie virale à SARS-CoV-2:
    • Les corticostéroïdes systémiques ne devraient pas être administrés de routine dans le traitement de la pneumonie virale, y compris à SARS-CoV-2, en dehors des essais cliniques
    • L’utilisation des corticostéroïdes reste possible s’ils sont indiqués pour d’autres raisons, telles qu’une exacerbation d’asthme bronchique ou de BPCO ou un choc septique. Dans ces cas, l’introduction de corticostéroïdes se fait au cas par cas, après analyse soigneuse de la balance risque-bénéfice.
    • L’utilisation des corticostéroïdes dans l’ARDS sévère est controversée et n’est en principe pas prescrite dans le contexte d’une pneumonie virale.

Plus d’informations et références :
https://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/structures/coronavirus/documents/corticosteroides_et_covid-19_suspects_ou_confirmes.pdf
http://www.pneumo.ch/fr/641/147.html

Méthotrexate et COVID-19

Le méthotrexate (MTX), comme d’autres immunosuppresseurs, peut favoriser une infection nouvelle ou aggraver les symptômes lors de virose ou d’infection bactérienne. A ce jour, nous ne disposons pas d’évidence scientifique associant spécifiquement la prise de MTX et l’aggravation d’une infection à SARS-CoV2 (COVID-19). Les patients sous médicaments immunosuppresseurs rentrent dans la catégorie des personnes vulnérables. Les symptômes d’une infection pulmonaire à SARS-CoV2 peuvent être difficiles à distinguer d’une toxicité pulmonaire du MTX.
Recommandations

  • La prise au long cours de MTX à faible posologie (5 à 25 mg une fois par semaine) peut être poursuivie en l’absence de signes infectieux, d’autant plus qu’un arrêt brutal peut aggraver une maladie sous-jacente.
  • En cas de survenue de symptômes compatibles avec une infection à SARS-CoV2 (COVID-19) il est recommandé de discuter l’arrêt du traitement de MTX avec l’accord du médecin prescripteur.
  • L’administration de MTX à haute dose est à discuter au cas par cas.

Plus d’informations et références :

Carbimazole et COVID-19

Le carbimazole est un antithyroïdien de synthèse dont un des effets indésirables hématologiques est l’agranulocytose aiguë. Les données sur l’effet immunosuppresseur de carbimazole sont limités mais rassurantes. Hormis la période de premiers mois depuis l’introduction du traitement par carbimazole durant laquelle le risque de développer une agranulocytose et une neutropénie est plus augmenté, les patients sous traitement de longue date ne semblent pas présenter un risque d’immunosuppression lié à ce traitement.
Recommandations

  • Les patients traités par carbimazole peuvent poursuivre leur traitement
  • Pour les patients nécessitant de débuter un traitement par carbimazole cette thérapie n’est pas contre-indiquée, mais il conviendra de procéder au contrôle de la formule sanguine vu le risque d’immunosuppression présent mais rare.

Plus d’informations et références

12.3. Vaccins

Mise à jour: 21 septembre 2020

Vaccinations en période de pandémie de COVID19 (OFSP du 6 avril 2020)

Vaccination contre la grippe

Cette année - comme les années précédentes -, la vaccination contre la grippe est recommandée par l'OFSP/la CFV principalement aux personnes à risque (âge dès 65 ans, femmes enceintes, personnes souffrant de maladies chroniques, etc.) dès la mi-octobre, pour diminuer la surcharge du système hospitalier.

La vaccination est également recommandée aux personnes proches de ces personnes à risque (à partir de l’âge de 6 mois) : l’importance de la vaccination des proches est soulignée cette année puisque les facteurs de risques de complications de la grippe incluent ceux de complications du COVID-19.

Pour rappel, à ce jour les coûts de la vaccination de l’entourage ne sont pas à la charge de l’assurance obligatoire des soins.

Toutes les doses de vaccin contre la grippe ont été précommandées/réservées. Si vous n’avez pas commandé assez de doses de vaccins ce printemps, voyez si votre pharmacie peut vous en livrer ou passez commande auprès de vos fournisseurs/grossistes pour une livraison supplémentaire attendue fin novembre – début décembre.

Bulletin Infovac N°7-8/2020

Vaccin pneumocoque Prevenar 13 (note OFSP 20.3.2020)
On observe actuellement en Suisse une demande accrue du vaccin conjugué contre les pneumocoques, le Prevenar 13® dans le contexte de la pandémie de SARS-CoV-2. Cela est peut-être dû entre autre à de fausses informations qui circulent et selon lesquelles la vaccination contre les pneumocoques pourrait prévenir une évolution compliquée ou grave de COVID-19. Cette évolution ne résulte pas d'infections bactériennes pneumococciques secondaires, mais plutôt de réponses inflammatoires pulmonaires et systémiques dues au virus SARS-CoV-2. Cette évolution ne peut être évitée par la vaccination contre les pneumocoques.
Recommandations

  • Il n’est pas utile de vacciner les patients contre le pneumocoque pour éviter la pneumonie COVID.
  • Le vaccin Prevenar13® est livrable, mais sa disponibilité est limitée. Il doit être utilisé selon les recommandations figurant dans le plan de vaccination suisse pour les groupes à risque.

12.4. CPAP/VNI à domicile pour patients COVID ou suspects COVID

Rédigé par Dr Grégoire Gex, Hôpital du Valais (Version du 23.03.2020)
Validé par le SIG et le Comité de la Société Suisse de Pneumologie

  • Patients ambulatoires avec CPAP/VNI

3 options peuvent être proposées selon la situation, au vu du risque d’aérosolisation virale :

  • Stop CPAP/VNI si indiqué pour trouble respiratoire du sommeil peu sévère et/ou peu morbide
  • Poursuite CPAP/VNI dans une chambre à part, à aérer le matin.
  • Poursuite CPAP/VNI sans précaution si patient vit seul

L’appareillage peut être repris après 2j. sans symptôme, minimum 10j. après le début des symptômes.

  • Retour à domicile avec CPAP/VNI après hospitalisation

Il n’y a pas suffisamment de données pour proposer une recommandation formelle. Une attitude pragmatique serait d’utiliser un montage classique (avec masque venté sans filtre) et de recommander au patient d’utiliser sa VNI/CPAP dans une pièce à part pendant 2 semaines.

Patients à domicile vivant seuls

Poursuite du traitement de CPAP ou VNI sans modification ou selon recommandation du médecin ou pneumologue traitant

Patients à domicile vivant avec conjoint et/ou autres membres de la famille

1. Traitement par CPAP ou par ventilation servo-assistée
Idem à a.1.
Si l’interruption du traitement n’est pas possible, poursuite du CPAP, le patient dormant seul (dans une autre pièce que le conjoint) ; aération de la pièce le matin. Retour au statu quo ante au moins 10 jours après le début des symptômes et après au moins 48 heures sans symptômes (ou 21 jours si l’amélioration clinique est modeste).

2. Traitement par ventilation non-invasive (VNI)
Poursuite de la VNI le patient dormant seul (dans une autre pièce que le conjoint); aération de la pièce le matin. Retour au statu quo ante au moins 10 jours après le début des symptômes et après au moins 48 heures sans symptômes (ou 21 jours si l’amélioration clinique est modeste).

Voir aussi chapitre 4.1 EMS

12.5. Addictions

Prise en charge des patients sous traitement agoniste opioide (traitement de substitution)

La Société Suisse de Médecine de l’Addiction (SSMA) nous rappelle qu’une majorité des personnes sous traitement agoniste opioïde (TAO « traitement de substitution») appartient au groupe à haut risque en cas d’infection au Covid-19 du fait de la polymorbidité et de l’âge. De ce fait, ces personnes doivent être sensibilisées et bénéficier d’une protection spécifique.
Il faut informer ces patients, les encourager à respecter les mesures de protection usuelles pour le privé et le professionnel.
Les personnes dont le test est positif doivent être accompagnées de manière intensive dans leur période d’isolement volontaire, avec des contacts téléphoniques réguliers et un suivi des symptômes, dont prise de la température corporelle. Ces personnes doivent être sensibilisées à l’importance des mesures de protection des tiers.
Penser à munir les personnes soignées de certificats attestant du traitement.
Pour respecter le confinement, les intervalles de remises doivent être maximisés, en tenant compte des contre-indications individuelles (par exemple : troubles mentaux ou somatiques en voie de décompensation) et des directives cantonales en matière de TAO.
Un TAO stabilisé avec prescription de méthadone, L-méthadone, buprénorphine et morphine à libération prolongée devrait pouvoir être remis à l’emporter jusqu'à 30 jours.
Pour les personnes non stabilisées et à risque pour elles-mêmes ou pour les tiers, en cas de remise à l’emporter, il y a lieu d’impliquer la pharmacie la plus proche du domicile.
Pour les traitements avec prescription de diacétylmorphine, l’OFSP a adressé une circulaire (13.03.2020) permettant notamment l’emport du traitement jusqu’à une semaine.
Dans la mesure du possible, les entretiens de suivis doivent être réalisés par téléphone ou visio-conférence.
Pour les mesures de confinement au domicile, le médicament peut être livré par coursier (ce qui est également prévu par la circulaire de l’OFSP précitée). Si nécessaire, mettre en place des services de soins et visites médicales à domicile.

13. TRAITEMENT MEDICAMENTEUX DU COVID

Mise à jour : 7 juillet 2020

Synthèse rédigée par Dres N. Junod-Perron et J. Sommer

Critères pour commencer un traitement Anti COVID19

Le traitement en milieu ambulatoire est symptomatique : paracétamol 3x1g/j, hydratation, surveillance.
Le traitement est donc réservé actuellement aux patients en milieu hospitalier ou dans le cadre d’un protocole de recherche.

Informations régulièrement réactualisées sur les médicaments en étude pour le traitement d'une infection COVID-19 se trouvent sur le site https://ssi.guidelines.ch/results?query=COVID-19

14. COVICARE

Mise à jour: 2 avril 2020

Pour en savoir plus 

15. CRITERES DE FRAGILITE ET SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Mise à jour : 16 avril 2020

Rédigé par les Drs Sigiriya Aebischer Perone CICR-HUG, Nicolas Perone, Anne Meynard UIGP et Centre médical de Lancy

Les mesures de confinement peuvent affecter divers domaines de la santé. Les cabinets de médecine générale et de pédiatrie ont un rôle important à jouer pour garantir les soins de premier recours.

Une consultation pour conseils sur l’attitude face au Covid peut permettre d’aborder les craintes des patients face au Covid (fausses représentations) ainsi que d’autres sujets afin de préserver la santé d’une manière globale.

Un questionnaire associé permet à l’assistante médicale, au médecin ou d’autres professionnels de collecter les informations nécessaires à assurer le maintien d’un bon état de santé durant la période de confinement.

15.a. Critères de fragilité (liste non exhaustive)

  1. Multi-morbidité ou maladie mal contrôlée
  2. Pluri-médication (plus de 5 médicaments)
  3. Atteinte de la santé mentale : troubles cognitifs, comportement addictifs, troubles de l’humeur, troubles alimentaires (anorexie, boulimie), suicidalité
  4. Situation socio-économique : problèmes d’assurance, précarité financière, logement inadéquat
  5. Acteurs : absence de proche ou membre de la famille, isolement
  6. Interactions entre les acteurs : absence de concordance thérapeutique, résistance ou opposition aux soins, agressivité verbale ou physique.
  7. Barrières de langue ou de culture : penser aux enfants qui traduisent pour leurs parents (se référer au document OFSP)
  8. Handicap
  9. Statut de séjour : requérants d’asile et particulièrement mineurs et jeunes non accompagnés, personnes sans papiers
  10. Situation familiale fragile : post-partum, enfants ou jeunes en foyers, mères célibataires, violence domestique, troubles psychiques ou addiction des parents
  11. Maladies chroniques : impact de la maladie des parents sur les enfants et adolescents ou vice versa.

L’équipe du cabinet établit une liste des patients fragiles et prend contact de façon proactive par téléphone ou par mail.
Le questionnaire peut être utilisé comme fiche de suivi.
Un accord pour le type de suivi (mode de consultation, horaires du cabinet, consultations en présence-téléconsultation) est consigné dans le dossier au cas par cas.
Il appartient au médecin traitant de décider du suivi approprié pour son patient dans le respect des mesures de protection en cabinet (personnel et patients), des recommandations sanitaires en vigueur. Le médecin traitant fait une analyse liée au Covid ET aux effets négatifs de retarder des consultations pour la santé du patient (physique, psychique et sociale).
Une liste des ressources pour l’encadrement psychosocial est régulièrement mise à jour.
Un plan de suivi individualisé peut ainsi être établi dans le cabinet pour les mois à venir.

15.b. Comment protéger la santé mentale?

Rédigé par Dre Sigiriya Aebischer Perone, CICR-HUG

Recommandations

  • Garder les liens avec ses proches par téléphone, médias sociaux et avoir les numéros de téléphone importants et d’urgence à disposition (e.g. médecin traitant, pharmacie, personnes à avertir en cas de problème, etc.). La communication avec les autres, le partage et écoute, le maintien des relations avec les amis et les familles sont importants pour rester connecté et résilient. La liste de téléphones importants facilement disponible est rassurante dans des périodes d’incertitude
  • Etre assuré de la couverture des besoins de base : nourriture, médicaments : identifier une personne qui peut faire les courses, sortir le chien etc. et savoir à qui s’adresser
  • Limiter son exposition aux médias et choisir des sources d’information fiables. Les sources recommandées sont l’OFSP et l’OMS - Information Coronavirus / CoVid19; mettre des mots clés sur silencieux sur Twitter, ou désinscription de différents comptes ; mettre Whatsapp sur silencieux1
  • Apprendre à gérer l’incertitude « par exemple retenez-vous d’envoyer immédiatement un SMS à un ami la prochaine fois que vous cherchez une réponse à une question. En renforçant la tolérance à l’incertitude, on peut réduire sa propension à consulter internet pour se tenir constamment au courant de l’évolution de la situation »2
  • Diminuer l’ennui et l’isolement :
    • garder une routine (se lever à une heure fixe, repas, s’habiller, etc.)3
    • couvrir les besoins de base : nourriture, sommeil, activité physique (qu’est-ce qui est possible de faire : activité physique avec bouteilles remplies d’eau, etc.), musique ; lecture, cuisine, techniques de relaxation, jeux, yoga on-line, méditation
    • se faire une liste de choses à faire qu’on n’a habituellement pas le temps de faire
  1. Coronavirus: How to protect your mental health By Kirstie Brewer BBC News 16 March 2020
  2. Psychologie : sept stratégies pour gérer l’anxiété liée au coronavirus March 16, 2020 10.45pm GMT Jelena Kecmanovic Adjunct Professor of Psychology, Georgetown University
  3. Parent/Caregiver guide to helping families cope with the coronavirus disease 2019. NCTSN
 15.c. Questionnaire d’évaluation psychosociale et suivi des facteurs de fragilité psychosociale

Ce questionnaire est une adaptation permettant à tout professionnel de santé de prendre en compte les besoins des personnes vulnérables en période de confinement. Il peut être introduit dans le dossier informatisé (Mediway par exemple) avec l’entête du cabinet et ainsi permettre un suivi des besoins du patient.
Chaque cabinet peut y ajouter des documents à faire parvenir au patient (conseils alimentaires, idées d’exercice physique, consommation alcool, etc.) et une liste de ressources d’aide disponibles (voir les ressources dans le document Covicare Genève santé mentale) dans la région.
Questionnaire d’évaluation psychosociale et suivi des facteurs de fragilité psychosociale

16. SEROLOGIES et TESTS RAPIDES

Mise à jour: 22 septembre 2020

  •  Tests sérologiques

Recommandations et interprétations des tests selon la fiche d'information sur les tests COVID-19 en cours en Suisse (1.09): lien

Plusieurs tests sérologiques de différents fabricants sont disponibles sur le marché suisse. La grande majorité de ces tests sont basés sur les méthodes ELISA10 ou ECLIA11. Les premiers résultats des travaux de validation dans les laboratoires suisses montrent une grande variabilité de la valeur diagnostique des différents tests disponibles sur le marché suisse: la sensibilité varie entre 92 et 100%, et la spécificité entre 97 et 99.8%12.

Il n’est actuellement pas possible de recommander des tests sérologiques pour répondre à des questions individuelles dans le domaine ambulatoire et hors du cadre d’études. En particulier, une sérologie positive ne doit pas être assimilée à l’existence d’une immunité, c’est-à-dire d’une protection contre une infection par le SARS-CoV-2. Si un test sérologique est néanmoins prescrit, il est important de garder à l’esprit les points suivants:

  • Les tests doivent être limités aux anticorps de la classe IgG (ou Ig totales), car la performance de ces tests est meilleure dans les études de validation.
  • Les tests sérologiques disponibles actuellement pour rechercher les anticorps des classes IgA et IgM ont une validité diagnostique nettement inférieure et ne sont donc pas recommandés.
  • Le test ne doit pas être effectué avant le 15e jour suivant le début des symptômes car c’est seulement à partir de ce moment que les IgG sont détectables.

L’interprétation des résultats des tests sérologiques est un défi lorsqu’il y a peu de cas dans la population.

Une sérologie positive (IgG) signifie seulement qu’une réponse immunitaire (production d’anticorps) a pu avoir lieu suite à une exposition au virus. Elle ne signifie pas que la personne testée est protégée contre une infection par le nouveau coronavirus.

Dans des cas exceptionnels, les tests sérologiques peuvent être utiles pour répondre à des questions individuelles dans le cadre du traçage des contacts par le service cantonal compétent. Par exemple, si une personne identifiée comme une personne-contact a présenté des symptômes compatibles avec le COVID-19 dans les trois derniers mois (mais n’a pas subi de PCR à l’époque) et que sa sérologie est positive, on peut renoncer à lui imposer une quarantaine. Dans ces situations très spécifiques, en effet, la probabilité pré-test est plus élevée, ce qui augmente la valeur prédictive positive et la validité de la sérologie. Dans ces cas, c’est le service cantonal compétent qui prescrit les tests sérologiques, impliquant par-là leur prise en charge par la Confédération.

Situation particulière dans laquelle une sérologie peut être justifiée chez des patients hospitalisés: la sérologie peut être employée comme méthode diagnostique complémentaire si le test PCR est négatif mais que le tableau clinique et l’image radiologique indiquent une infection (probabilité pré-test élevée). Une sérologie positive dans une telle situation permet de poser le diagnostic de COVID-19 avec une haute probabilité et de prendre les mesures appropriées (mettre en isolement, envisager certains traitements, etc.)

Les coûts des tests sérologiques ne sont pris en charge par la Confédération que s'ils ont été effectués sur l'ordre exprès du médecin cantonal.

  • Tests rapides 

Les auto-tests (Quick-tests ou tests rapides) vendus dans certaines pharmacies ou par internet n’ont pas été validés et ne sont pas adaptés au diagnostic du COVID-19. Ces tests ne sont pas recommandés.

Pour en savoir plus:  Recommandations pour le diagnostic du 8 juin 2020

17. MESURE EN CAS DE DECES

Mise à jour: 19 mai 2020

Directive concernant les mesures de précautions du 31 mars 2020
Formulaire pour déclaration de décès

Attention: la nécessité de faire un frottis post-mortem en cas de suspicion de décès par Covid a été suspendue par la direction générale de la santé au 15.05.2020 en raison de la situation épidémiologique et pour ne pas surcharger les équipes.