Deux mollusques trouvés accidentellement à Neuchâtel (1910) a b 🔗
Le 5 avril dernier, en passant Place du Marché à Neuchâtel, j’ai vu, rampant sur le bord de la fontaine, deux mollusques étrangers à la faune du Jura.
L’un est l’Helix aspersa, Müller. C’est une espèce comestible, un peu plus petite que notre Helix pomatia, Linné (Hélice vigneronne). Elle est remarquable par son test jaunâtre coupé de stries brunes qui elles-mêmes sont tachées de jaune. Le sommet de la spire est grisâtre. L’exemplaire était jeune. Cette espèce vit en Italie, en France (je l’ai trouvée en Bretagne) et jusqu’en Angleterre. Des marchands de comestibles l’ont introduite à Genève et à Lausanne, où elle s’est beaucoup multipliée. M. le Dr P. Godet l’a déjà trouvée à Neuchâtel, mais, jusqu’à maintenant, elle ne paraît pas s’y être établie.
La deuxième espèce n’a jamais été rencontrée, même accidentellement, dans notre contrée. C’est l’Euparypha pisana, Müller, sp. (Helix pisana, Müller). La coquille adulte a la taille de notre Tachea nemoralis, Linné, sp. Le test est clair, mais parsemé de taches et de stries brunes. Les dix exemplaires que j’ai trouvés sont tous très petits. Le mollusque ainsi jeune est différent de l’adulte : la coquille est aplatie, ayant une carène assez forte sur le côté. Certains spécimens sont rayés, tandis que d’autres simplement tachetés.
Linné a fait une espèce spéciale (Helix albella, L.) pour des jeunes de l’Euparypha pisana (Voir Rossmässler, Iconographie der Land und Süsswässer Mollusken, Dresden 1835. — Planche 26, figure 359a et planche 39, figure 540.
Cette espèce amenée accidentellement à Neuchâtel par des marchands de légumes du Midi, s’y acclimatera-t-elle ? C’est peu probable.
Jean Piaget, élève du Collège latin.s