Note sur trois variétés nouvelles de mollusques suisses (1911) a 🔗
Eulota fruticum MĂĽllerđź”—
1774. Helix fruticum Müller, Verm. hist., Nr. 267.
Var. Godetiana mihi (Fig. I).đź”—
Varietas multo minor typo (Type : fig. 2).
Diam. maj. : 12-15 mm. ; alt. : 10-11 mm.
Certains mollusques diminuent beaucoup de taille en raison de l’altitude à laquelle ils vivent, comme par exemple l’Arionta arbustorum (Linn.) et le Tachea sylvatica (Drap.) ; Charpentier, dans son Catalogue des mollusques suisses (p. 6) a fait deux variétés (var. alpicola Charp.) pour les tout petits exemplaires alpins de ces deux dernières espèces. Mais on n’a pas signalé, en Suisse, de différences notables chez l’Eulota fruticum.
J’ai trouvé dans le val Ferret (Valais), à partir d’une altitude d’environ 1050 m., l’équivalent, chez cette espèce, des var. alpicola de Charpentier, qui diffère bien nettement du type par sa toute petite taille. La spire est plus ou moins élevée ou déprimée et la couleur varie entre le jaune, le blanc et le rose.
Cette nouvelle variété se trouve à partir de Ville d’Issert (1050 m.) jusque bien en amont dans la vallée ; au-dessous de Ville d’Issert je n’ai trouvé que le type de l’espèce, mais entre cette localité et Praz-de-Fort (surtout dans la plaine de Saleinaz) on remarque un grand nombre d’Eulota intermédiaires, variant entre 15 et 17 mm. de grand diamètre. Je range aussi ces intermédiaires dans ma variété, puisqu’ils ont une taille plus petite que le type pour les mêmes raisons qu’elle, et qu’il est bien facile de les distinguer des individus normaux, qui ont au moins 18, mais en général 19 à 21 mm. de grand diamètre et 15 mm. de hauteur.
Voici le classement des 85 premiers individus qui me sont tombés sous la main ; ils ont tous été récoltés dans la plaine de Saleinaz, indiquée sur la figure par le carré noir et pointillé. 13 sont normaux, 57 intermédiaires et 15 sont typiques de ma var. Godetiana :
Limnæa (Limnus) stagnalis Linné🔗
1758. Helix stagnalis Linné, Syst. nat., ed. X, I, p. 774.
Var. laciniosa mihi (fig. 3-5)đź”—
Testa fragilis, translucens, cornea ; spira minutissime striatula ; anfractus septem, ultimus alteris striatior, plerumque scaber ; apertura ovalis, marginata duabus vel una roseo purpurea linea 1 1/2 vel 2 mm. lata, margine dextro prope basim dilatato laciniam 3-4 mm. profundam formante. Hac ipsa lacinia hæc varietas imprimis ab typo differt.
Alt. : 40-45 mm. ; diam. : 20-23 mm. Apert. : alt. 21-23 mm. ; diam. : 13-15 mm.
F. minor : 34-36 mm. alta.
Cette nouvelle variété diffère du type par un caractère qui est constant chez les adultes, c’est la profonde échancrure qui est formée par un gros prolongement du bas du bord droit de l’ouverture. Ce caractère n’existe pas toujours chez les individus jeunes ; il est facile de se rendre compte de ce fait en observant des spécimens dont la croissance s’est interrompue quelque temps (fig. 7). À la première étape de croissance, le bord droit est normal et la coquille est lisse, mais dans la seconde étape, le plus fréquemment, le test devient comme martelé, l’échancrure se marque de plus en plus et enfin, après la formation de la bande rosée qui borde toujours l’ouverture, la croissance est généralement terminée et l’échancrure est très bien marquée.
La spire est parfaitement normale et n’a rien d’anguleux, comme chez les var. intermedia Godet et angulosa Cless., qui portent aussi une échancrure au bord droit de l’ouverture, mais cette échancrure est formée précisément par l’angle très marqué qui caractérise ces variétés. La var. laciniosa s’en distingue donc bien nettement :
1° Par sa spire absolument régulière ;
2° Par son test beaucoup plus mince et plus transparent ;
3° Par la ou les bandes rosées qui bordent l’ouverture, caractère qui est constant chez la var. laciniosa.
En outre, certains autres individus présentent une échancrure, mais ont une ouverture très ample à sa partie supérieure déjà , en quoi ils diffèrent fort nettement de notre variété qui a une ouverture étroite et resserrée à sa partie supérieure mais s’élargissant beaucoup vers la base. On trouve parfois des exemplaires à deux bandes rosées, distantes de quelques millimètres ; le test est corné et si transparent qu’on peut même souvent lire à travers le dernier tour de spire, en le posant sur le papier. Les autres tours de spire sont peu convexes et la suture est très peu profonde.
En résumé, la var. laciniosa se distingue très facilement des spécimens normaux par son échancrure, et * des individus isolés appartenant aux var. angulosa, turgida ou intermedia, et présentant une échancrure, par la régularité de sa spire et les autres caractères indiqués plus haut.
Hab. : Un petit lac marqué sur la Carte topographique de la Suisse (Carte Dufour) « au Bochet » et appelé par les habitants « la Grande-Gouille » ; il est situé près de Begnins, dans le district de Nyon (canton de Vaud).
Limnæa (Gulnaria) limosa Linné🔗
1788. Helix limosa Linné, Syst. nat. ed. X, p. I, p. 774.
1912. Limnæa limosa (L.), Piaget (sensu latiore), Journ. Conch., LIX, p. 327.
Subsp. peregra MĂĽllerđź”—
1776. Buccinum peregrum Müller, Verm. hist., II, p. 130.
Var. Dautzenbergiana mihi (fig. 6-7)đź”—
Testa parvula, fragilissima, cornea, translucens ; anfractus quatuor, spira truncata ; apertura ovalis. Ab typo subspeciei peregræ differt testa multo minori, graciliori, spiraque truncata. Ab var. Blauneri differt testa multo graciliori pauloque minori.
Alt. cum spira 9,5 mm. ; sine spira 7-8 mm. ; diam. 4-5 mm.
Cette variété diffère très nettement de toutes les formes connues, par la petitesse, l’étroitesse et la fragilité de son test ainsi que par sa spire tronquée. Sur 48 individus, 6 seulement avaient leur spire intacte, parmi lesquels 4 jeunes.
Elle habite des petites mares à Praz-de-Fort, au val Ferret (Valais). Ces étangs sont marqués sur la figure de la répartition de l’Eulota fruticum, près de la plaine de Saleinaz, à la lettre S.