L’albinisme chez la Limnæa stagnalis (1912) a b

La Limnæa stagnalis, L. a une teinte noirâtre et une coquille d’un corné plus ou moins foncé, mais, dans certains de nos petits lacs, la couleur se trouve être beaucoup plus claire ; c’est ainsi que les exemplaires du bassin du Doubs, aux Brenets, sont bien plus pâles que ceux du lac d’Etalières. En outre, la variété lacustris, Stud., spéciale à nos trois grands lacs, a une coloration plus claire que les individus normaux, aussi bien sous le rapport du test que sous celui de l’animal lui-même. En 1907, dans leur monographie du lac de St-Blaise, les Amis de la Nature mentionnaient au Loclat « quelques exemplaires albinos, c’est-à-dire dont la coquille est d’un blanc pur, tandis que l’animal conserve sa teinte très foncée » ; M. Godet dit exactement la même chose dans son Catalogue. Ce curieux fait est en contradiction avec les observations de Moquin-Tandon, suivant lesquelles, « quand la coquille présente cette modification, l’animal en est lui-même plus ou moins affecté ».

Dans un étang situé près d’Épagnier, j’ai même pu observer le phénomène inverse : parmi de gros individus, légèrement plus pâles que d’habitude, mais à coquille normale, il y en avait un dont le limbe, la tête et le pied étaient d’un blanc sale qui contrastait avec la couleur ocrée du test. J’ai encore remarqué un cas exactement semblable à Cudrefin, dans le lac, parmi des spécimens appartenant à la variété lacustris.