Note sur une nouvelle Vivipara subfossile du quaternaire de la plaine d’Annecy (1914) a b 🔗
Dans quelques matériaux que M. Marc Le Roux, directeur du Musée d’Annecy, m’a demandé d’examiner s’est trouvée une nouvelle Vivipara, très intéressante par sa forme et surtout par le fait qu’on l’ait recueillie en pleine Haute-Savoie. En effet, les deux espèces de ce genre qui vivent en France et dans l’Europe centrale ont, à peu de chose près, la même distribution géographique, c’est-à -dire qu’elles manquent aujourd’hui aux contrées montagneuses de l’est, en particulier à la Savoie. La variété inédite de la Vivipara fasciata découverte à Annecy montre donc une aire spécifique autrefois plus étendue.
Il est à remarquer du reste que cette espèce est répandue de l’autre côté des Alpes, c’est-à -dire au nord de l’Italie et au sud de la Suisse, dans les grands lacs et même assez haut dans l’Engadine (Lac Campfer à 1970 m.). Elle suit aussi d’assez loin la chaîne du Jura, est représentée aux environs de Mulhouse mais fait défaut dans le Plateau suisse. D’autre part, cette espèce réapparaît aux environs de Genève, d’abord introduite artificiellement par M. Boissier (cette tentative semble cependant avoir échoué), puis, on ne sait trop comment, sur le plateau de Pinchat, où l’a découverte le Dr Kampmann.
C’est dans un argile lacustre quaternaire de la plaine d’Annecy 1 que M. Le Roux a découvert cette paludine, en compagnie de Bythinia tentaculata, Valvata cristata, Planorbis fontanus, Limnæa truncatula var. oblonga et L. stagnatis. Il serait du reste téméraire de tirer de suite des conclusions, aussi me bornerai-je à décrire les caractères de ce mollusque, dont je n’ai vu que deux coquilles bien conservées.
Testa ovato-contracta, subconica, ventriosa, solida, irregulariter striatula ; spira curta valde obtusa, ad basim latissima, conica, apice minima, anfractus sex celerius typo accrescentes, ultimus maximus, sub sutura planis vel concavus, deinde valde convexus, obtusissime subangulatus prope a basi latior ceteris ; sutura profundiuscula ; aperture valde obliqua, ovato-rotundata ; peristoma simplex, armatum, non evasum ; umbilicus absens.
Alt. 21, dm. 15 mm.
Coquille ovoïde ramassée, conique bombée à la partie supérieure, ventrue inférieurement, solide et épaisse, actuellement blanchâtre terne, sans qu’on puisse rétablir la couleur primitive, sans fascies visibles, ornée de petites stries de grosseur inégale, irrégulièrement réparties, en général très peu marquées. Spire courte, très obtuse, extrêmement large à la base, puis s’atténuant progressivement, conique, bombée sur les côtés, à sommet très petit, un peu obtus, bien saillant ; 6 tours très convexes, s’accroissant plus rapidement que chez le type, le dernier énorme, occupant les deux tiers de la hauteur totale, tout plat sous la suture, voire même légèrement infléchi en dedans, puis très bombé, vaguement anguleux dans le bas et un peu arrondi en dessous, très large, déclive à son extrémité, une suture extrêmement peu profonde, à peine marquée. Ouverture très oblique, ovale arrondie, non échancrée par l’avant-dernier tour, très arrondie à l’insertion du bord columellaire, obtusément anguleuse à celui du labre ; péristome simple, bien arqué, non évasé, à callum épaissi et à bord columellaire très arqué. Ombilic nul 2.