Notes sur le mimétisme des mollusques marins littoraux de Binic (Bretagne) (1914) a
Le mimĂ©tisme, connu de tout le monde Ă cause du rĂŽle considĂ©rable quâil joue dans les thĂ©ories Ă©volutionnistes et dans tout ce qui concerne lâadaptation au milieu, est un facteur bien souvent invoquĂ© faute de meilleur et qui est devenu une espĂšce de deus ex machina dans toutes sortes de problĂšmes biologiques. Si jâattire lâattention sur ce fait, câest pour renoncer dĂšs le dĂ©but Ă toute imagination philosophique et pour rester sur le strict terrain de lâobservation pure. Il convient toutefois de dĂ©buter par quelques gĂ©nĂ©ralitĂ©s.
Le mimĂ©tisme, ou facultĂ© de se dissimuler dans le milieu ambiant au moyen de diffĂ©rentes propriĂ©tĂ©s ne doit sans doute pas ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une recherche ou une tendance de toute ĂȘtre vivant, mais comme une consĂ©quence entiĂšrement passive de lâadaptation. Ainsi, pour prendre un exemple concret, un Dixipus morosus, insecte oriental ayant lâapparence dâun morceau de bois, nâira pas choisir son domicile parmi les rameaux et les branchages parce quâil sait quâil leur ressemble. Il faut admettre, au contraire, que des Dixipus beaucoup plus polymorphes Ă©taient jadis rĂ©pandus partout, mais quâils ont Ă©tĂ© dĂ©truits dans la lutte pour la vie, sauf ceux qui, ressemblant au bois sec et habitant prĂ©cisĂ©ment dans ce milieu, ont Ă©tĂ© protĂ©gĂ©s sans les secours de leur volontĂ©. Ou, pour parler autrement, lâĂ©volution de ces animaux a Ă©tĂ© canalisĂ©e par la force mĂȘme des choses, jusquâau point oĂč nous la voyons actuellement et que nous sommes tentĂ©s de considĂ©rer comme le rĂ©sultat dâune tendance du mimĂ©tisme.
Lâexplication est Ă©videmment trĂšs simpliste et incomplĂšte ; elle est schĂ©matique, si lâon peut sâexprimer ainsi, et explique dans les grandes lignes un fait infiniment complexe, se prĂ©sentant sous mille aspects, et aussi rĂ©pandu que lâest la lutte pour la vie. Prenons un autre exemple, tirĂ© des lignes qui vont suivre et imaginons une expĂ©rience de ce genre : supposons quâon jette au hasard, dans une mare, des quantitĂ©s de Littorina obtusata, grises, jaunes et vertes. Quelques-uns des individus verts tomberont par hasard sur des Fucus, des jaunes sur le sable et des gris sur la roche. Les autres au contraire auront Ă©tĂ© distribuĂ©s ailleurs, sans prĂ©senter cette particularitĂ©. Survient un ennemi vorace, un poulpe par exemple : il mangera dâabord les exemplaires dont la couleur nâest pas celle de leur milieu, et disparaĂźtra au retour de lâobservateur. Celui-ci devra-t-il voir dans lâeffet final un instinct ayant poussĂ© chaque littorine sur un fond qui puisse la dissimuler ? Non certes : le rĂ©sultat est purement passif.
ConsidĂ©rĂ© ainsi, le mimĂ©tisme existera partout, plus ou moins Ă©vident et se prĂ©sentant sous une foule de formes diffĂ©rentes. Il sera naturellement dĂ©veloppĂ© dans la mesure oĂč le danger est imminent et oĂč la lutte pour la vie est active. Un Solen enfoui dans le sable nâa pas besoin de la protection dont jouit la patelle sur son rocher, et la patelle elle-mĂȘme nĂ©cessite un mimĂ©tisme beaucoup moins dĂ©veloppĂ© que le poulpe nageant Ă la recherche de sa nourriture. En outre, il est des cas oĂč cette facultĂ© est inutile, ainsi lorsque lâanimal est plongĂ© dans quelque milieu protecteur, rocher ou vase.
Mais, tel quâil est, le mimĂ©tisme se prĂ©sente chez nos mollusques marins sous diffĂ©rents aspects : tantĂŽt câest un simple emploi de liquides naturels, parfois une adjonction dâobjets Ă©trangers, trĂšs involontaire il est vrai ; enfin, la plupart du temps câest une adaptation pure et simple Ă la couleur du sol ou des vĂ©gĂ©taux. On peut aussi admettre une catĂ©gorie spĂ©ciale pour le mimĂ©tisme par ressemblance avec dâautres animaux. Parfois encore, on observe une combinaison de deux variĂ©tĂ©s.
Mais, rĂ©pĂ©tons-le, tous ces rĂ©sultats sont purement passifs et je ne connais quâun cas oĂč le systĂšme nerveux de lâanimal joue quelque rĂŽle : câest lâexemple bien connu du poulpe et de ses chromatophores. Il en existe Ă©videmment dâautres, mais en dehors du sujet de ce travail.
Le mimĂ©tisme a naturellement de grandes consĂ©quences sur les habitudes biologiques de chaque espĂšce. Si tel mollusque a une coquille adaptĂ©e Ă un habitat sur les rochers, il sera dangereux pour lui de sâaventurer ailleurs et il se fera de cette maniĂšre une sĂ©lection toute naturelle, tendant Ă rendre les habitudes de cet animal de plus en plus invĂ©tĂ©rĂ©es. Les coutumes de nutrition et de reproduction qui sâensuivent se mĂȘlent en outre Ă cette action pour concourir au mĂȘme but. De cette maniĂšre, chaque espĂšce et peut-ĂȘtre chaque variĂ©tĂ© aura ses habitudes fixĂ©es, qui ne peuvent changer sans de profondes modifications biologiques et surtout morphologiques.
Câest donc dans ce sens quâil faut sâefforcer dâexercer les recherches, non pas en faisant intervenir les instincts de lâanimal, qui sont au contraire une consĂ©quence logique, quoique trĂšs indirecte, mais en observant les conditions oĂč se sera canalisĂ©, pour ainsi dire, le courant Ă©volutif. Le mimĂ©tisme en devient fort naturel, et doit ĂȘtre recherchĂ© comme un rĂ©sultat et non pas comme une tendance.
Pour en revenir Ă nos mollusques marins, les quelques cas oĂč le mimĂ©tisme ne peut ĂȘtre utile, Ă cause de la biologie spĂ©cifique, sont les suivants : le Pholas dactylus (L.), toujours enfoui dans les rochers ou dans les argiles sous-marines, a une coquille blanche qui est un protecteur amplement suffisant. Le Teredo Norvegica (Spgl.) nâest que trop connu par son habitat dans les bois immergĂ©s. Toute une catĂ©gorie de petits mollusques Ă coquille gĂ©nĂ©ralement sombre vivent en masse au sein des prairies de Zostera marina, dĂ©couvertes durant les fortes marĂ©es. Ce sont les Haminea navicula (Da Costa), Nassa pygmĂŠa (Lam.), Bittium reticulatum (D. C.), Lacuna puteolus (Turt.), Rissoa parva (D. C.), Alvania Montagui (Payr.), Alvania lactea (Whf.), Eulima polita (L.), Barleeia rubra (Ad.), Phasianella pullus (L.), Calliostoma striata (L.), etc. La plupart de ces espĂšces, bien protĂ©gĂ©es dans ce milieu, nây offrent pas dâexemple de mimĂ©tisme proprement dit, bien quâils aient souvent cette facultĂ© quand ils vivent dans dâautres conditions.
Il est une catĂ©gorie fort vaste de mollusques habitant les sables plus ou moins vaseux, Ă quelques centimĂštres au-dessous de la surface. Ici non plus, le mimĂ©tisme nâest pas trĂšs apparent, quoique, par une consĂ©quence au reste bien naturelle, toutes ces coquilles aient la couleur ambiante. Il en est, il est vrai, quelques-unes de blanches et minces, mais cependant Ă lâabri de tout danger par le fait de ces habitudes arĂ©nicoles. On peut citer parmi les univalves, les Cylichna mamillata (Phil.), Philine aperta (L.), Natica catena (D. C.), N. Alderi (Forbes), etc. Mais ce sont les Bivalves qui nous fournissent la plus grande quantitĂ© de ces espĂšces, avec les Nucula nucleus (L.), Cardium echinatum (L.), tuberculatum (L.), Dosinia exoleta (L.), Chione gallina (L.), Donax vittatus (D. C.) et trunculus (L.), Psammobia depressa (Penn.), Solen vagina (L.), Ensis ensis (L.) et siliqua (L.), Pharus legumen (L.), Mactra glauca (Bom.), corallina (L.), solida (L.) et subtruncata (Mtg.), Lutraria elliptica (Lam.) et oblonga (Gm.), Corbula gibba (D. C.) Tellina incarnata (L.) et crassa (Gm.), Macona tenuis (D. C.) et balthica (L.), et Lucina lactea (L.)
Mais, pour en arriver Ă un mimĂ©tisme plus apparent, il faut observer lâanimal en dehors de ces milieux oĂč la lutte pour la vie est immobilisĂ©e par une recherche infĂ©rieure de la nourriture. DĂ©jĂ chez les espĂšces habitant tout prĂšs de la surface on observe des exemples curieux. On sait la difficultĂ© de distinguer les Tapes decussatus, aureus, rhomboides, les Venus verrucosa (L.), le Cardium edule (L.), etc., parmi les sables caillouteux et les graviers noirĂątres dans lesquels ils vivent. Il en est de mĂȘme des Natica. Les Scrobicularia piperata (Gm.) sont Ă©galement trĂšs difficiles Ă trouver dans leur milieu.
Câest seulement Ă partir du moment oĂč lâanimal se dĂ©place pour pourvoir Ă sa subsistance, que le mimĂ©tisme devient vraiment Ă©vident. Quâon observe en effet, pour sâen rendre compte, des Nassa reticulata (L.), rampant sur un fond vaseux Ă la recherche de quelque cadavre de poisson. Ă la moindre agitation la Nasse sâimmobilise Ă la surface de la vase, parfaitement confondue par sa coloration et surtout par les dĂ©pĂŽts terreux qui recouvrent son test. Il en est de mĂȘme des Nassa pygmĆa, quâon trouve Ă marĂ©e basse, prĂšs des zostĂšres. La Nassa incrassata est souvent presque invisible au milieu des cailloux brunĂątres et rugueux, parmi lesquels on la trouve au moment des fortes marĂ©es. Il faut aussi rattacher Ă ces exemples le cas des Clathurella reticulata (Ren.).
On pourrait multiplier les observations sur les espĂšces rampant Ă la surface du sable. On sait en particulier la difficultĂ© de distinguer dans ce milieu les Haminea navicula (D. C.), Philine aperta (L.), parfois les Natica, etc. Le Buccinum undatum Ă©veille plus rapidement lâattention, Ă cause de sa taille, mais a une coloration Ă©galement adaptĂ©e Ă lâambiance.
Mais quittons les espĂšces toujours capables de sâenfouir sous terre au moindre danger, pour passer aux mollusques dont les habitudes biologiques nâoffrent pas cette ressource. Tout dâabord, parmi les Fucus et autres algues, on sait quelle difficultĂ© il y a Ă reconnaĂźtre des Trivia europĂŠa, au manteau jaunĂątre et tachetĂ©. Un autre exemple trĂšs curieux est celui de la Littorina obtusata, dont la grande majoritĂ© des exemplaires de couleur verte, observĂ©s Ă Binic, vivaient sur les Fucus vesiculosus, et Ă©taient parfaitement confondus avec les flotteurs sphĂ©riques de ces vĂ©gĂ©taux. La ressemblance est parfois si frappante quâil mâest souvent arrivĂ© de saisir une de ces vĂ©sicules pleines dâair, en croyant avoir Ă faire Ă une littorine, ou vice versa.
Parmi ces phénomÚnes de ressemblance avec les végétaux, il faut citer le cas de la Modiola barbata (Lam.), qui se confond avec les petites herbes verdùtres ou brunùtres qui croissent dans les interstices des rochers et des pierres.
Mais le roc et les cailloux de toute nature sont de beaucoup le milieu le plus favorable au mimĂ©tisme par adaptation Ă la couleur ambiante. En effet, cette dissimulation est le seul moyen de dĂ©fense que les espĂšces possĂšdent dans un tel milieu, Ă part la soliditĂ© du test, car elles ne peuvent disparaĂźtre devant le danger Ă la maniĂšre dâun Solen ou dâune Nassa. Du reste, cette sorte de mimĂ©tisme est peu variĂ©e : avec les Ocinebra erinaceus (L.) on assiste Ă une imitation des accidents de la roche, ce qui produit souvent une ressemblance assez frappante. Ailleurs, câest une vague identitĂ© de coloration et de rugositĂ©, comme chez les Haliotis tuberculata (L.), Ostrea edulis (L.), Gibbula magus (L.), Bittium reticulatum (D. C.), Nassa incrassata (MĂŒll.), etc., etc. Les Anomia ephippium ont la particularitĂ© de prendre la forme du rocher quâelles habitent, ce qui ajoute encore Ă lâeffet de la couleur du test. Un grand nombre de petites espĂšces se dissimulent mieux par leur position dans les anfractuositĂ©s que par leur coquille elle-mĂȘme, mais cette particularitĂ© est encore renforcĂ©e par un certain mimĂ©tisme, comme chez les Alvania Montagui (Payr.) et lactea (Whf.), Cingula cingillus (Mtg.), Barleeia rubra (Ad.), etc., les MytĂŻlus edulis (L.) et Modiola adriatica (Lam.), qui offrent souvent une teinte identique Ă la roche quâils habitent. Les Fissurella reticulata et Acmea virginea se confondent frĂ©quemment dâune maniĂšre frappante sur des cailloux de teinte variĂ©e. Ă cette catĂ©gorie se rattache Ă©galement le cas des CalyptrĆa sinensis (L.), coquilles blanches quâon trouve la plupart du temps sur les coquillages roulĂ©s.
Le mimĂ©tisme devient plus curieux lorsque lâon a affaire Ă des coquilles trĂšs variables. La Purpura lapillus (L.) fournit Ă cet Ă©gard des exemples trĂšs suggestifs : trĂšs rugueuse sur les roches accidentĂ©es, elle sera lisse sur les cailloux polis, unicolore dans ces derniĂšres conditions, elle deviendra fasciĂ©e dans les mares oĂč lâabondante vĂ©gĂ©tation produit des effets dâombres changeants, foncĂ©e par places elle aura ailleurs une teinte blanchĂątre, etc., etc. De mĂȘme les trois Littorina, rudis, littorea et obtusata ont presque toujours la coloration ambiante, variant Ă©normĂ©ment des nuances les plus claires au gris ardoisĂ©. Les Gibbula obliquata (Gm.) et cineraria (L.) fournissent souvent des faits semblables avec le jeu de leur coloration plus ou moins fasciĂ©e ou intense. Il en est de mĂȘme des Monodonta crassa. Le Chiton marginatus est souvent des plus difficiles Ă distinguer, prenant toujours la couleur du caillou quâil occupe, gris, vert, brunĂątre, unicolore ou tachetĂ©, avec toutes les variations possibles.
Nous passerons plus loin au cas des patelles, qui tient aussi de ce genre de phénomÚnes.
Voyons maintenant ce que lâon peut admettre dans la catĂ©gorie du mimĂ©tisme par adjonction dâobjets Ă©trangers. On sait que cette particularitĂ© est portĂ©e Ă la perfection par les larves de phryganes ou dâautres, qui sâentourent elles-mĂȘmes dâun fourreau couvert de paillettes, coquilles, cailloux, etc. Cette habitude a naturellement dĂ» se prendre dâune maniĂšre assez passive et lâon peut voir dans le cas des mollusques marins un dĂ©but tendant vers une voie analogue. Chez les espĂšces habitant la vase il se forme souvent une croĂ»te terreuse, bien naturelle du reste et quâil est inutile dâĂ©tudier plus amplement ici. Les patelles sont, comme nous le verrons, trĂšs souvent recouvertes dâune Ă©paisse couche vĂ©gĂ©tale ou dâune quantitĂ© de balanes. On trouve trĂšs frĂ©quemment des CalyptrĂŠa, Gibbula ou Littorina complĂštement garnies dâune vĂ©gĂ©tation touffue et habitant des mares trĂšs riches en algues. Au reste, toutes les espĂšces habitant sur les roches, dont nous avons parlĂ© plus haut, peuvent prĂ©senter cette particularitĂ© avec plus ou moins de dĂ©veloppement. Lâexemple le plus frappant est celui des Anomia ephippium (L.), parfois enterrĂ©es sous une Ă©paisse couche de grosses balanes.
Mais, arrivons-en aux patelles, qui tiennent de tous les cas prĂ©cĂ©dents, parfaitement confondues par leur coloration variable et par leur sculpture, sur les rochers quâelles habitent. En outre, elles sont trĂšs souvent recouvertes soit dâalgues, soit de balanes ou de polychĂštes tubicoles. Mais, il est Ă remarquer que si la patelle changeait de milieu lâeffet serait complĂštement dĂ©truit par un contraste bien naturel. Or tout le monde sait que la patelle quitte si peu son domicile que la marque de leur coquille est presque toujours visible sur la roche. On a observĂ© en effet quâĂ chaque marĂ©e cet animal abandonne momentanĂ©ment son logis, cherche sa nourriture et revient se fixer au mĂȘme endroit. Cette fidĂ©litĂ© au home doit ainsi ĂȘtre attribuĂ©e au mimĂ©tisme et a sans doute dĂ» entrer dans les mĆurs de lâanimal par la mĂȘme voix passive de sĂ©lection naturelle.
On peut rattacher Ă la catĂ©gorie du mimĂ©tisme par ressemblance avec dâautres animaux le cas de lâAnomia ephippium, bien connu du reste, et assez frĂ©quent Ă Binic. Les Anomia habitant sur les Pecten maximus imitent la sculpture de cette grande coquille et en prennent tout Ă fait la coloration. De cette maniĂšre le mollusque Ă test mince et plutĂŽt fragile a lâapparence dâun robuste peigne dont on sait la soliditĂ© Ă toute Ă©preuve.
Pour traiter complĂštement notre sujet il nous faudrait parler de la pieuvre (Octopus vulgaris L.) et de ses chromatophores. Mais cet exemple est si connu quâil est totalement inutile dây revenir. Ă noter toutefois le mimĂ©tisme frappant que prĂ©sentent ces animaux au repos, sous les gros rochers, parmi les algues. Ainsi blottis dans leur antre et laissant voir trois ou quatre mamelons rougeĂątres foncĂ©s, on les croirait, Ă sây mĂ©prendre, inanimĂ©s et faisant partie des blocs rouges et marbrĂ©s, si frĂ©quents tout Ă lâentour.
AprĂšs cette brĂšve esquisse de tous les exemples de mimĂ©tisme prĂ©sentĂ©s par nos mollusques littoraux, nous constaterons que ce phĂ©nomĂšne se prĂ©sente Ă peu prĂšs partout. Cependant, nous nâavons jamais de ces cas aussi frappants que chez les insectes, par exemple, des ressemblances Ă©tonnantes de deux espĂšces radicalement distinctes, des imitations surprenantes de telle branche ou telle feuille dĂ©terminĂ©es ou mille autres particularitĂ©s. Ici au contraire, nous ne nous trouvons en prĂ©sence que dâune vague ressemblance avec le milieu ambiant, une couche dâalgues ou de coquilles recouvrant le test indĂ©pendamment de la volontĂ© ou de lâinstinct de lâanimal, etc. Inutile de rĂ©flĂ©chir beaucoup pour comprendre que tous les moyens de dĂ©fense dont sont pourvus les mollusques en sont lâexplication, ainsi la soliditĂ© du test, le sable ou le rocher protecteurs, la nourriture venant dâelle-mĂȘme Ă portĂ©e sans que lâanimal ait Ă se dĂ©ranger, etc.
MalgrĂ© tous ces avantages, la lutte pour la vie et la sĂ©lection qui en rĂ©sulte ont produit passivement tous les effets que nous avons parcourus briĂšvement, peu suggestifs, assez Ă prĂ©voir, mais intĂ©ressants tout de mĂȘme Ă Ă©tudier.