La Psychanalyse (1921) a đź”—
Collection d’ouvrages qui traitent de psychanalyse b. Le premier d’entre eux est une traduction des Fünf Vorlesungen de Freud, parues en 1910. À signaler une introduction très compréhensive de Claparède, qui tente une mise au point historique, et une traduction des notions freudiennes dans le langage de la psychologie courante. Ses lignes sur le pansexualisme lui ont valu des précisions de la part de Freud qu’on lira avec profit dans une note critique en fin de volume. Cet effort de mise au point et de vérification caractérise aussi la note de Bovet, dans laquelle on trouve un parallèle intéressant des procédés du symbolisme et des figures du langage.
Le petit livre de Mlle Hoffet ne contient aucun apport expérimental : l’auteur s’est donné comme tâche de comparer les différents textes de Freud concernant la censure et de les éprouver du seul point de vue de la critique interne. Mlle Hoffet discerne chez Freud deux conceptions irréductibles qu’elle schématise quelque peu. Une fois le genre admis, cette analyse est d’ailleurs claire et suggestive. Le livre de Vodoz (psychanalyse de la Chanson de Roland, du « Roland » de Vigny et de celui de Hugo) donne aussi l’impression que son auteur est peu familiarisé avec la pratique expérimentale. D’où une certaine lourdeur dans l’application des doctrines, ce qui n’exclut pas nombre d’idées intéressantes et un sens incontestable du symbolisme. Autre psychanalyse littéraire : la biographie d’Hebbel, de Sadger, est très riche de documents et de fines analyses tant à cause du sujet choisi (Hebbel s’intéressait fort à sa vie subconsciente et jouissait d’une exceptionnelle mémoire de sa petite enfance) qu’à cause de l’expérience de l’auteur.
Le livre de Pfister sur la psychanalyse et l’éducation nous paraît l’un de ses meilleurs. Très nourri de faits, il contient d’intéressantes pages sur le refoulement, qui éclairent cette difficile question en introduisant plusieurs distinctions utiles. À noter d’autres passages sur la fixation et la régression. En bref, heureux équilibre entre les aperçus théoriques et les suggestions pratiques, qui fait la saveur des livres de Pfister. Son volume sur la cure d’âme nous paraît par contre moins topique, non que la thèse en soit contestable, mais parce que la présentation des faits y est moins bien venue eu égard surtout au grand public auquel l’auteur s’adresse.
Voici un recueil posthume des articles de Putnam sur la psychanalyse, suivis d’une notice nécrologique de Jones. Nombreuses pages intéressantes sur l’œuvre de Freud et d’Adler, leur méthode, les psychonévroses, les rêves d’enfants, le symbolisme, les « psycholepsies » (Janet), la caractérologie, etc. Les courtes études de Ferenczi, Abraham, Simmel et Jones posent toutes quatre le problème important et nouveau des névroses d’origine relative au narcisme (et à son refoulement) auxquelles Freud et Jones ont ramené les névroses de guerre en 1917 et 1918. Les articles de Long dont plusieurs inédits, s’inspirent de Jung autant que de Freud et contiennent d’utiles contributions à la psychologie de l’enfant. À noter une étude sur les relations du symbolisme et de la censure, montrant que le premier de ces phénomènes peut être indépendant du second (p. 122), ce que Freud reconnaît du reste dans ses récents ouvrages.
Enfin le livre de Dunlap est un pamphlet contre la psychanalyse qu’il qualifie de « mystique » et à propos de laquelle il se livre à une étude (en 31 pages) du mysticisme de Denys l’Aréopagite à Maeterlinck ! Après ces massacres la 3e partie paraît bien pauvre : que l’on compare ce que Dunlap dit des associations d’idées avec la richesse des aperçus psycho-analytiques…