Histoire des sciences exactes et naturelles… (1925) a 🔗
Excellente synthèse de tout ce que nous savons actuellement de l’histoire des sciences antiques. Mais le livre de M. Reymond est plus qu’un manuel. Non seulement le groupement des faits est original, mais l’auteur cherche à expliquer le développement et la décadence de la science grecque par des rapprochements très discrets, mais très judicieux, entre cette science et la logique hellène. Pour lui, la décadence de la science grecque est due à son trop grand souci de perfection. Non seulement les Grecs ont cherché à déduire les théorèmes scientifiques les uns des autres (ce qui est toujours le souci des modernes), mais encore ils ont cherché à ramener toute la science à quelques principes peu nombreux et pleinement intelligibles. Or, pour nous, un principe est valable pourvu qu’il s’accorde avec les faits, qu’il soit ou non transparent à la raison. Ainsi, les idées de mouvement, d’infini, etc., sont, par certains de leurs aspects, obscures, mais les savants modernes n’hésitent pas à s’en servir, à l’encontre des géomètres et physiciens hellènes. D’où vient cette prudence, presqu’exagérée, qui caractérise les Grecs ? D’après M. Reymond, c’est à Zénon et à ses paradoxes qu’il faut remonter pour la comprendre. Les scrupules d’Archimède lui-même (lequel, comme on sait, n’a abordé en physique que des problèmes de statique et a évité tout emploi de l’infini en mathématiques pures) prennent ainsi un sens.