Le parallélisme entre la logique et la morale chez l’enfant. Ninth International congress of psychology, Yale University, New Haven, Connecticut. September 1 to 7, 1929 : proceedings and papers (1930) a

Nous voudrions montrer brièvement que l’acquisition des notions morales, chez l’enfant, s’opère selon un processus très comparable à celui qui caractérise le développement logique.

En ce qui concerne la logique de l’enfant, nous avons cru pouvoir établir les 3 points suivants :

1. La logique spontanée de l’enfant diffère de celle de l’adulte parce que l’enfant est égocentrique. L’égocentrisme enfantin, qui s’observe dans le langage et la vie sociale des enfants, n’est pas une conduite asociale mais un état d’indifférenciation entre le social et l’individuel pur. L’égocentrisme aboutit en logique à des conséquences systématiques : difficulté à manier le jugement de relation, etc.

2. La contrainte adulte n’abolit pas l’égocentrisme : ses résultats se superposent à ceux de l’égocentrisme sans les transformer. Exemple : le verbalisme scolaire.

3. La coopération seule conduit à la logique.

En ce qui concerne la morale, nous retrouvons les mêmes phénomènes :

1. L’attitude morale spontanée de l’enfant consiste en un mélange de réactions sociales élémentaires et de réactions égocentriques. Cette attitude ignore donc toute règle morale et tout devoir particulier.

2. Le respect de l’enfant pour les consignes adultes est source de la conscience d’obligation (Bovet). Mais cette conscience primitive du devoir ne suffit pas d’emblée à refouler l’attitude égocentrique : l’enfant adopte une conduite intermédiaire (réalisme moral).

3. La coopération seule conduit à la conscience morale autonome.