Rapport du directeur. Le Bureau international d’éducation en 1932-1933 : quatrième réunion du Conseil (1933) a 🔗
Première partie
Questions administrativesđź”—
I. — Membres du Bureau🔗
Lorsque nous annoncions, l’an dernier, à cette même place, l’adhésion de 3 nouveaux membres du Bureau, nous avions l’espoir que l’année 1932-1933 nous apporterait de nouveaux appuis et de nouveaux renforts. Cela n’a malheureusement pas été le cas, ce qui d’ailleurs s’explique facilement. Tous nos efforts se sont heurtés d’un côté à la crise économique et financière et, de l’autre — circonstance nouvelle et singulièrement aggravante — au fait que chaque peuple se replie sur soi-même. Certes, l’appui financier demandé par le Bureau à ses membres ne représente qu’une part minime, non pas même de leur budget général, mais de leur budget de l’Instruction publique. Seulement, on touche là à une question de principe que vous connaissez tous. Ce n’est pas au moment où l’on opère des restrictions sous presque toutes les rubriques des chapitres du budget de l’éducation que l’on peut trouver le montant d’une contribution, si infime soit-elle, en faveur d’une institution lointaine, de caractère international. De plus, affolés par le désarroi qui règne dans le monde, laissant parler uniquement leur instinct de conservation, les pays et les peuples perdent, hélas, peu à peu, leur confiance naissante dans les bienfaits de la collaboration internationale.
Ces conditions adverses n’ont cependant pas entamé notre foi dans l’avenir. Nous sentons chaque jour davantage que, si nous avons besoin de l’appui des administrations nationales, elles commencent de leur côté à apprécier les services que le Bureau est à même de leur rendre. Nous sommes convaincus qu’il suffira d’une accalmie pour que les relations de fait qui existent aujourd’hui entre le Bureau et la presque totalité des ministères de l’Instruction publique deviennent des relations de droit.
La réalité aime à se jouer de la logique. Nous avons toujours cru que ce serait l’adhésion qui constituerait le point de départ de nos relations suivies avec les ministères. Les choses se sont passées tout autrement. Mais les relations d’ordre technique avec les ministères sont d’ores et déjà trop étroites pour qu’une participation plus directe de ces ministères à l’activité de notre organisation ne se produise pas.
Malgré les circonstances nettement défavorables, nous n’avons pas arrêté nos démarches auprès des administrations scolaires et, bien que nous devions cette année être beaucoup plus circonspects dans l’expression de notre espoir, il n’est pas exclu que nous puissions enregistrer sous peu de nouvelles adhésions.
Tout ceci ne fait, vous le pensez bien, qu’accroître notre gratitude envers vous, représentants des nations à l’avant-garde de la collaboration internationale dans le domaine de l’éducation qui, en dépit de tant de motifs de découragement, nous engagez à aller de l’avant.
Nous avons la certitude que ces efforts ne seront pas vains et que l’on reconnaîtra plus tard combien votre esprit d’initiative et votre ténacité ont fait avancer la cause de l’éducation.
II. — Finances🔗
Dans le rapport de l’année dernière, en commentant nos appréhensions d’ordre financier pour l’avenir, nous affirmions que, pour notre Bureau, il s’agissait non seulement de vivre, mais de grandir. Nous reconnaissons aujourd’hui, en observant les menaces qui pèsent sur d’autres institutions internationales, que nous étions sans doute trop exigeants et qu’il est déjà beau de vivre — sans grandir — lorsque les temps sont aussi difficiles. Grâce à la fidélité de nos membres, nous n’avons pas eu à nous imposer les restrictions qui ont entravé l’activité d’autres organisations de caractère international. Nous apprécions d’autant plus leur aide que beaucoup de nos membres luttent eux aussi contre de sérieuses difficultés.
Il résulte de l’enrichissement de la collection de nos publications, que le rendement commence à en devenir appréciable et s’il ne suffit pas encore à couvrir les dépenses d’édition, il les compense en partie.
Nous avons pu constater aussi une augmentation dans le nombre des abonnés à la collection complète de nos publications.
Le Payne Fund a renouvelé, une fois encore, pour l’exercice 1932-1933, sa subvention de 2000 dollars, ce qui a permis au service de littérature enfantine de prendre l’essor que vous savez. Nul doute que le conseil ne se joigne à nous pour exprimer à nos membres, ainsi qu’au Payne Fund, toute notre reconnaissance pour l’appui si précieux qu’ils nous ont apporté dans cette période difficile.
III. — Relations avec les membres🔗
Un de nos principaux soucis pendant l’exercice qui vient de s’écouler a été de répondre dans la mesure de nos forces aux preuves d’intérêt que nous venons de vous signaler. Nous constatons avec la plus grande satisfaction que beaucoup de nos membres recourent régulièrement aux services du Bureau. Quelques exemples illustreront quelles ont été, du point de vue technique, les relations entre le Bureau et ses membres.
Le ministère de l’Éducation nationale de Colombie nous a demandé des renseignements sur les budgets de l’instruction publique, sur l’organisation d’un voyage en Europe pour un groupe de professeurs colombiens, sur les collections de littérature enfantine, sur l’avancement dans la carrière de l’enseignement et sur l’embellissement des salles de classe. Il nous a priés aussi de lui fournir des données concernant la législation scolaire en Suisse.
Le ministère de l’Agriculture de Belgique a demandé au Bureau des documents sur l’organisation des études supérieures agricoles dans quelques pays et le ministère de l’Instruction publique s’est intéressé particulièrement aux résultats de l’enquête concernant la réglementation des constructions scolaires, enquête dont le Bureau a été chargé par le comité exécutif.
Le ministère de l’Instruction publique de la Tchécoslovaquie s’est informé de la formation des professeurs de l’enseignement secondaire.
Le ministère de l’Instruction publique et des Cultes de Pologne s’est adressé au Bureau pour obtenir des renseignements sur la réglementation des constructions scolaires et sur l’organisation et les fonctions des conseils de l’Instruction publique.
Le ministère de l’Instruction publique de l’Espagne s’est intéressé à l’organisation d’un centre de littérature enfantine, et le Zentralinstitut für Erziehung und Unterricht nous a demandé des renseignements sur la « Wirtschaftskunde » en Suisse.
Plusieurs de ces questions ont donné lieu à des enquêtes dont les résultats paraîtront dans la collection de nos publications.
Les pays membres ont continué à répondre avec empressement aux divers questionnaires que le Bureau leur a adressés. Nous ne sous-estimons point cette contribution technique à notre œuvre et nous sommes heureux de pouvoir ainsi propager, au travers de nos publications, l’activité éducative de ces pays. Nous avons été heureux aussi de réserver une place spéciale, soit dans nos communiqués législatifs, soit dans nos communiqués de presse, aux réformes législatives et aux innovations pédagogiques accomplies par nos membres.
Ce resserrement des liens entre le Bureau et ses membres s’est traduit par une augmentation dans la correspondance. Voici le nombre de lettres reçues et envoyées du 1er juillet 1932 au 30 juin 1933 : Allemagne : lettres reçues 29, lettres envoyées 57 ; Belgique : lettres reçues 22, lettres envoyées 44 ; Colombie : lettres reçues 31, lettres envoyées 48 ; Égypte : lettres reçues 24, lettres envoyées 37 ; Équateur : lettres reçues 23, lettres envoyées 37 ; Espagne : lettres reçues 21, lettres envoyées 56 ; Genève : lettres reçues 23, lettres envoyées 78 ; Institut des sciences de l’éducation : lettres reçues 2, lettres envoyées 7 ; Pologne : lettres reçues 22, lettres envoyées 64 ; Tchécoslovaquie : lettres reçues 18, lettres envoyées 36.
IV. — Relations avec les ministères de l’Instruction publique des pays non membres🔗
Les vœux que nous formulions, l’année dernière, au sujet du développement des relations techniques avec les ministères de l’Instruction publique des pays non membres se sont réalisés. On peut affirmer aujourd’hui que le Bureau international d’éducation est en contact direct et permanent avec les autorités scolaires de tous les pays.
En dépit de l’augmentation constante des services que nous leur demandons, non seulement les ministères de l’Instruction publique répondent avec régularité à toutes nos demandes d’information, mais ils y mettent un empressement auquel nous nous plaisons à rendre hommage aujourd’hui.
Nous avions déjà signalé dans le rapport de l’année 1932 que les réponses des ministères aux questionnaires envoyés par le Bureau étaient aussi nombreuses que celles obtenues par les institutions internationales les plus autorisées. Nous avons été agréablement surpris, cette année, de voir le délai apporté aux réponses sensiblement écourté, malgré les études parfois longues et complexes que supposent nos questionnaires.
De leur propre chef, beaucoup de ministères envoient actuellement, dès leur parution, tous les documents législatifs destinés à notre collection. Ils nous font également parvenir les textes des lois et décrets qu’ils souhaitent porter à la connaissance des autres pays, par l’intermédiaire du Bureau.
Une autre manifestation du développement des relations entre le Bureau et les ministères de l’Instruction publique, c’est l’envoi par ceux-ci, en vue de la publication dans l’Annuaire, de rapports sommaires sur le mouvement éducatif dans leur pays. Je n’ai pas besoin d’insister sur la portée de notre effort. Chacun se rendra compte de ce que signifie, pour le développement de l’éducation, le fait que les administrations scolaires nationales veuillent bien communiquer annuellement aux autres ministères, par l’intermédiaire du Bureau, leurs innovations, les obstacles qu’ils ont rencontrés, les succès remportés et même les échecs, aussi instructifs pour tous que les expériences positives elles-mêmes.
Tout en croyant que la pire erreur que le Bureau puisse commettre, ce serait de prétendre à l’unification des systèmes scolaires du monde, il est hors de doute que cet échange d’expériences pédagogiques ne peut que contribuer à l’avancement de l’éducation et de l’instruction.
V. — Relations avec les institutions internationales🔗
Nous avons développé l’année dernière l’idée de la nécessité d’une coordination plus étroite dans les travaux des institutions internationales qui se préoccupent plus ou moins directement de l’éducation. Après avoir énoncé les services que le Bureau pouvait rendre au point de vue technique à quelques-unes de ces institutions, nous exprimions l’espoir qu’une telle coordination ne se fît pas trop attendre. Malheureusement, là non plus, les temps n’ont pas été propices.
Ce n’est pas lorsqu’on vit sous la menace d’une limitation par voie budgétaire de telle ou telle activité, ce n’est pas non plus quand on sent que la vie internationale générale traverse une période critique, que l’on peut songer à des plans de collaboration et de répartition des tâches. Vous me direz peut-être avec raison que c’est à ces moments-là que la rationalisation s’impose et que les organisations internationales devraient précisément en donner l’exemple en évitant les doubles emplois et en coordonnant leurs efforts.
À mesure que le Bureau grandit en expérience, il éprouve avec plus d’intensité le besoin de cette collaboration. Nous nous rendons très bien compte aujourd’hui de ce que nous pouvons faire et de ce que nous ne pouvons et ne devons pas faire. Nous sentons parfaitement dans quel domaine nous pouvons être utiles et dans quelle direction nous ne devons pas nous engager.
Le champ de l’éducation, même considérée uniquement sous un angle international, est immensément vaste, disproportionné au nombre des ouvriers. Le Bureau international d’éducation ne peut donc qu’appeler de tous ses vœux une coordination dont bénéficieront non seulement les institutions intéressées, mais surtout la cause de l’enfant.
Nos relations avec la Société des Nations, le Bureau international du travail et l’Organisation internationale de coopération intellectuelle ont continué à être empreintes de cordialité.
Vous vous rappellerez que l’enquête sur la situation de la femme mariée dans l’enseignement avait été élaborée par notre comité de liaison avec le Bureau international du travail. Un des membres du comité a bien voulu, avant sa publication, examiner notre rapport et nous faire des suggestions très utiles. Le Bureau international du travail a délégué deux de ses fonctionnaires pour parler à notre cinquième cours pour le personnel enseignant.
Il en a été de même pour le secrétariat de la Société des Nations. Nous nous en voudrions de ne pas signaler ici que son secrétaire général adjoint, M. de Azcárate, professeur lui-même, nous a fait l’honneur d’accepter de donner une conférence cet été à notre sixième cours. Nous ne doutons pas de rencontrer auprès du nouveau secrétaire général de la Société des Nations, M. Avenol, le même intérêt à l’égard de notre œuvre que nous avons toujours trouvé auprès de Sir Eric Drummond.
Deuxième partie
Recherchesđź”—
Nous remarquions déjà , l’an dernier, combien les enquêtes demandées au Bureau l’emportaient, du point de vue de leur nombre et du temps qu’elles exigent de nos collaborateurs, sur les recherches spontanément entreprises par nous. Cette année encore, il en a été ainsi : la plus grande partie de notre effort a porté sur les recherches réclamées par nos membres et c’est presqu’à leurs moments perdus que nos fonctionnaires se sont appliqués à terminer les travaux dus à l’initiative du Bureau lui-même, puisque, dans ce dernier cas, nous étions les seuls à souffrir du retard.
I. — Éducation intellectuelle et éducation morale🔗
L’enquête sur le « travail par équipes » touche à sa fin. L’ensemble des réponses est maintenant dépouillé. Les résultats de l’enquête sont certainement intéressants et démontrent combien les idées de travail par groupe et de communautés scolaires basées sur la coopération sont vivantes et répondent à un besoin chez les pédagogues du monde entier. L’un de nos collaborateurs rédige actuellement un rapport sur la question et ce travail donnera lieu à une utile publication.
L’enquête sur le self-government approche également de sa conclusion. Les documents polonais, allemands et tchécoslovaques ont éclairé et considérablement enrichi les matériaux recueillis ailleurs. La publication qui condensera cette étude comprendra, outre le dépouillement de notre questionnaire, quelques annexes législatives ainsi qu’une brève analyse psychologique du problème. Elle paraîtra sans doute au début de l’année prochaine.
II. — Éducation internationale🔗
La littérature enfantine et la collaboration internationale. — La deuxième édition du catalogue Littérature enfantine et collaboration internationale, qui a nécessité des mois de travail, est sortie de presse dans l’été de 1932. Les comptes rendus parus dans les revues et journaux de divers pays, ainsi que les commandes importantes — allant jusqu’à 46 exemplaires — que nous avons reçues, attestent l’intérêt suscité par cette publication. Durant cette nouvelle année, la commission d’experts pour l’étude de la littérature enfantine a vu s’augmenter le nombre de ses membres et s’élargir le cercle de ses activités. Un rapport a été publié sur deux questions étudiées par les membres de la commission, à savoir : la coordination dans le domaine de la littérature enfantine et : les avantages et les désavantages des listes de livres recommandés pour la traduction. Nous avons en outre obtenu la collaboration de nos membres à la rédaction d’un questionnaire sur les périodiques pour la jeunesse, dont nous allons nous servir pour lancer une enquête internationale. Au cours de cette année, nous avons réuni au Bureau environ 150 revues pour la jeunesse, publiées dans 14 pays ; ces publications font partie de notre exposition permanente et complètent en quelque sorte la collection internationale de livres d’enfants. Celle-ci a été beaucoup augmentée par l’introduction des meilleurs ouvrages publiés de 1930-1932 dans la plupart des pays. Des problèmes touchant à la littérature enfantine ont à plusieurs reprises retenu l’attention du comité exécutif du Bureau, qui a voté des résolutions s’y rapportant : une résolution visant à montrer aux ministères de l’Instruction publique l’importance de la littérature enfantine comme moyen d’arriver à une meilleure compréhension entre les peuples, et une autre souhaitant la création de sections de littérature pour la jeunesse auprès des ministères. Le service de littérature enfantine a eu l’occasion de fournir des renseignements bibliographiques sur des sujets variés : les revues pour la jeunesse, la vie des enfants dans les divers pays, le théâtre enfantin ; nous avons établi de nombreuses listes de livres : par exemple, pour la création d’une section de la jeunesse à la Bibliothèque moderne de Genève, pour une bibliothèque d’éclaireuses à Lausanne, pour une collection internationale d’ouvrages pour la jeunesse en Norvège ; une liste de livres pouvant être utilisés comme lectures complémentaires dans l’enseignement de l’allemand et de l’anglais ; une liste de contes pour la paix. Nous avons en outre suggéré au ministère de l’Instruction publique de la Colombie — à sa demande — un choix d’ouvrages pour une exposition permanente et internationale de livres d’enfants ; nous lui avons envoyé aussi un plan de travail pour un centre de littérature pour la jeunesse, qui a été communiqué à d’autres ministères encore, dont celui des Sciences et des Arts de la Belgique et celui de l’Espagne. Afin d’être utiles aux parents, nous avons organisé en décembre une petite exposition spéciale de livres d’étrennes en langue française, qui a eu beaucoup de succès et a été l’objet de comptes rendus élogieux dans la presse locale.
L’enquête psychologique qui, au début, portait sur les réactions des enfants à la lecture d’ouvrages sur les activités de la Société des Nations s’est, par la suite, étendue à des ouvrages sur la paix et, finalement, à des écrits documentaires ; des enfants et jeunes gens de 9 à 18 ans, garçons et filles, appartenant à des écoles très différentes (école primaire officielle, écoles internationales, institutions privées) ont été interrogés.
Cours spécial. — Suivant la tradition inaugurée en 1928, le Bureau a organisé un cinquième cours pour le personnel enseignant, sur le sujet : « Comment faire connaître la Société des Nations et développer l’esprit de collaboration internationale ». Ce cours a eu lieu du 25 au 30 juillet et a réuni 73 participants (83 en 1931), appartenant aux 15 pays suivants : Allemagne (2), Belgique (6), Canada (2), Chine (1), Égypte (1), États-Unis (1), France (3), Italie (1), Lettonie (1), Palestine (1), Perse (4), Pologne (3), Sarre (5), Suède (1), Suisse (41). Les boursiers ont été particulièrement nombreux cette année, grâce surtout au département de l’Instruction publique du canton du Tessin qui a envoyé un groupe de 29 instituteurs et institutrices ; les autres boursiers venaient des pays suivants : Sarre (5), Perse (4), Belgique (2), Égypte (1), Chine (1), Lettonie (1) ; il y en a donc eu au total 45. Du point de vue de leurs fonctions, les participants se répartissaient de la façon suivante : professeurs d’écoles secondaires : 11 ; professeurs d’écoles normales : 2 ; instituteurs : 40 ; inspecteurs : 1 ; étudiants : 8 ; divers : 11.
En ce qui concerne le programme, nous avons obtenu, comme chaque année, la collaboration de personnalités aussi compétentes qu’appréciées, auxquelles nous sommes heureux d’exprimer ici nos sentiments de vive gratitude. Tout en suivant les principes des cours précédents, nous avons fait une place plus grande aux questions d’ordre didactique, qui semblaient attirer particulièrement nos auditeurs.
Exposition permanente sur l’enseignement de la paix et de la collaboration internationale. — Nos collections continuent à s’enrichir progressivement de volumes et documents divers. Grâce à elles, nous avons pu rendre de nombreux services. C’est ainsi que nous avons fourni des renseignements utiles pour l’Exposition universelle de Chicago, où figure un stand sur l’enseignement de la Société des Nations et de la collaboration internationale. Une courte bibliographie de héros de la paix a été établie à la demande d’une éducatrice étrangère. Un membre de la commission d’éducation de l’Association américaine des femmes universitaires nous a demandé une liste de livres d’histoire susceptibles de développer dans les écoles américaines l’esprit de collaboration internationale. Nous avons envoyé quelques documents à l’exposition organisée par l’Union internationale des associations pour la Société des Nations lors de son assemblée plénière à Montreux. Enfin, plusieurs de nos visiteurs ont trouvé à notre exposition des indications précieuses pour des études ou des causeries.
III. — Psychologie de l’enfant🔗
Nous nous sommes bornés dans ce domaine à continuer les recherches annoncées l’an passé, sans avoir pu entreprendre aucune enquête nouvelle.
Une publication détaillée mettra prochainement les pédagogues au courant de notre enquête sur l’enseignement de la psychologie dans les écoles normales. Étant donné, d’une part, l’importance du problème et, d’autre part, l’abondance des travaux exécutés par nos services, nous avons dû charger de cette rédaction un collaborateur occasionnel, excellent spécialiste en la matière.
Les recherches sur la manière dont les enfants comprennent les notions historiques ont été activement poursuivies, en collaboration avec l’Institut des sciences de l’éducation. Nous avons d’abord cherché à déterminer ce qu’il demeurait dans l’esprit des enfants, après une ou deux années, d’un enseignement historique bien donné. Puis nous avons tenté d’analyser à quelles déformations systématiques donnait lieu, chez les petits, la compréhension du passé. Enfin, nous essayons actuellement d’étudier comment se développe l’esprit d’objectivité et de réciprocité dans les jugements portés sur les événements historiques. Ces recherches n’ont pour but, naturellement, que de fournir aux éducateurs qui nous l’ont demandée une méthode d’investigation susceptible d’être généralisée.
Il en est de même de notre enquête sur les effets psychologiques de la littérature enfantine. Cette recherche, d’assez longue haleine, a été poursuivie systématiquement, avec le double but de nous renseigner sur la portée réelle des ouvrages collectionnés par notre service de littérature enfantine et de fournir aux pédagogues un instrument de contrôle.
IV. — Organisation et législation scolaires🔗
Cette année encore, notre effort de recherche a porté avant tout sur des questions d’ordre législatif. Les enquêtes qui nous sont demandées par les ministères de l’Instruction publique concernent, cela se comprend, non pas la pédagogie pure, mais des questions de pédagogie comparée.
Il y a un an, le dépouillement de l’enquête sur le travail et les congés scolaires était déjà avancé ; il est terminé et le rapport est sous presse en ce moment. Ce travail, qui paraissait au début devoir se borner à un tableau schématique des vacances et des heures de classe, a pris beaucoup d’ampleur. Les autorités scolaires et les éducateurs eux-mêmes y trouveront des suggestions utiles.
L’enquête sur la prolongation de la scolarité obligatoire touche à sa fin et le rapport va être édité sous peu. Sa publication ne saurait être plus opportune ; en effet, ce n’est pas seulement du point de vue pédagogique que ce travail présente de l’intérêt : l’aggravation constante du chômage et le besoin urgent d’y trouver des remèdes ont mis au premier plan la question du retard de l’entrée des jeunes gens dans la vie professionnelle. Une vue d’ensemble de l’état actuel de cette question, accompagnée de données sur l’état du problème dans chaque pays, telle est la contribution — indirecte il est vrai — apportée par le Bureau international d’éducation à la solution de cette angoissante question sociale.
Vous nous avez chargés, lors de notre dernière réunion, d’entreprendre une étude sur les répercussions des économies budgétaires dans le domaine de l’éducation. Nous avons établi un questionnaire très détaillé que nous avons fait parvenir, après approbation du comité exécutif, aux ministères. Les doutes qui s’étaient manifestés à cette occasion quant au résultat d’une pareille enquête se sont révélés sans fondement, puisque 29 pays ont répondu à notre questionnaire. Nous rédigeons un rapport qui va être publié prochainement. Cette enquête sur les économies ne nous a pas empêchés d’établir, comme les années précédentes, un tableau des budgets annuels de l’instruction publique comparés aux budgets globaux. Ainsi que nous l’avons déjà dit à d’autres occasions, nous voyons là un exemple concret des possibilités qu’a le Bureau international d’éducation de susciter, grâce à des informations objectives, une émulation entre les pays.
Nous vous soumettons aujourd’hui le rapport de l’enquête sur la situation de la femme mariée dans l’enseignement, enquête qui avait été demandée par le représentant du gouvernement égyptien au conseil. Cette étude a, elle aussi, acquis un caractère d’actualité qu’on n’aurait pu prévoir au début, car la question est discutée aujourd’hui, comme celle de la prolongation de la scolarité obligatoire, du point de vue du chômage. En nous interdisant de prendre parti pour l’une ou l’autre des solutions données à ce problème dans les différents pays, nous estimons que la publication de cette étude peut contribuer à poser le problème de façon plus claire et plus documentée.
Le problème de l’enseignement secondaire préoccupe actuellement un grand nombre d’administrations scolaires : il suffit de consulter les rapports contenus dans notre Annuaire de 1933 pour s’en rendre compte. Au cours de l’année, le cabinet du ministre de l’Éducation nationale de France nous a demandé des renseignements sur l’admission dans les écoles secondaires. Le comité exécutif a estimé que cette étude présentait un intérêt général et qu’il y avait lieu d’entreprendre une enquête à ce sujet. La rapidité avec laquelle les ministères ont répondu à notre questionnaire nous prouve l’intérêt éveillé par notre enquête. Le dépouillement des réponses va commencer et nous avons l’espoir qu’une étude approfondie paraîtra avant la fin de l’année.
Lors de la dernière réunion du comité exécutif, celui-ci a décidé, en réponse à une demande d’information que nous avait adressée le ministère de l’Instruction publique de Tchécoslovaquie, de lancer une enquête sur la préparation professionnelle du personnel enseignant secondaire ; le questionnaire vient d’être envoyé et nous espérons pouvoir, en automne, commencer le dépouillement des documents que nous aurons reçus.
Le comité exécutif a, en outre, chargé le Bureau d’entreprendre, en temps voulu, deux enquêtes qui lui ont été suggérées par le ministère des Cultes et de l’Instruction publique de Pologne, sur la législation régissant les constructions scolaires et sur l’organisation et le fonctionnement des conseils de l’Instruction publique.
Deux mots encore avant de clore le chapitre de l’organisation et de la législation scolaires, sur l’Annuaire international de l’éducation et de l’enseignement, publié par le Bureau, en 1933, pour la première fois. Ce travail pourrait être considéré plutôt comme témoignant de nos activités dans le domaine de l’information ; cependant, du point de vue technique, cette étude est menée d’après les mêmes méthodes que les autres enquêtes.
Il existe déjà des annuaires nationaux et internationaux de l’éducation, quelques-uns d’une autorité indiscutable. Toutefois, il n’était pas possible jusqu’ici, de trouver un tableau annuel du mouvement éducatif, analogue dans le domaine pédagogique aux publications éditées par les grandes institutions internationales sur le mouvement social, économique, d’hygiène, etc. En dépit de ses moyens limités, le Bureau a entrepris, bien plus modestement cela va sans dire, cette œuvre dont nous n’ignorons pas toutes les difficultés. Nous savions d’avance qu’il ne pouvait s’agir que d’un essai. Nous sommes conscients des lacunes que contient notre annuaire, mais nous espérons qu’il finira, grâce à l’aide des administrations scolaires, par répondre aux desiderata des éducateurs.
Tel est, dans ses grandes lignes, le bilan de notre travail dans le domaine de l’organisation et de la législation scolaires. C’est peut-être là que nous avons, au cours de cette année, le mieux réalisé l’utilité du rôle joué par le Bureau. Certes, quelques ministères de l’Instruction publique entreprennent pour leur propre compte des études plus ou moins étendues sur l’état actuel d’un problème donné. Certes, aussi, quelques grandes associations internationales poursuivent des enquêtes auxquelles répondent non pas des administrations scolaires, mais des membres nationaux de ces associations. Mais il manquait, pensons-nous, une institution qui se chargeât de ces études de façon à la fois objective et universelle, sans être gênée par des préoccupations d’ordre corporatif ou professionnel et en faisant porter ses enquêtes sur les petits pays aussi bien que sur les grands. Le Bureau international d’éducation ne pouvait se dérober à cette tâche. C’est donc avec la satisfaction intérieure que nous procure le sentiment de ne faire double emploi avec personne et de marcher sur un terrain en grande partie vierge, que nous espérons poursuivre, avec votre assentiment, nos recherches de pédagogie comparée.
Troisième partie
Informationđź”—
I. — Renseignements🔗
Correspondance : troisième trimestre de 1932, lettres reçues : 737 ; quatrième : 997 ; 1933, premier trimestre : 1142 ; deuxième : 1005 ; total du 1er juillet 1932 au 30 juin 1933 : 3881. — Lettres expédiées : 1932, troisième trimestre : 995 ; quatrième trimestre : 1346 ; 1933, premier trimestre : 1598 ; deuxième trimestre : 1521 ; total : 5460.
Visites reçues : 1932, troisième trimestre : 191 ; quatrième, 114 ; 1933, premier trimestre 85 ; deuxième trimestre, 75. Total du 1er juillet 1932 au 30 juin 1933 : 465.
Nous nous permettons de mentionner spécialement la visite du commissaire de l’Éducation des États-Unis, M. William John Cooper, du ministre de l’Instruction publique d’Espagne, S. E. M. Fernando de los Rios et de plusieurs chefs de départements de l’Instruction publique en Suisse. Le nombre de nos visiteurs s’élevait à 742 l’an dernier et à 899 l’année précédente. Il est évident que la crise économique empêche de plus en plus les éducateurs de voyager.
Renseignements fournis : Grâce à l’organisation systématique de notre fichier documentaire, notre service de renseignements se perfectionne toujours davantage et nous sommes en mesure de fournir des informations de plus en plus précises et complètes. Outre les demandes qui ont donné lieu à des enquêtes, dont il est fait mention dans un autre chapitre, nous avons élaboré durant l’année écoulée une trentaine de bibliographies sur des sujets très divers. Les demandes les plus fréquentes sont celles qui concernent la didactique des différentes branches et les méthodes. Citons, par exemple, parmi les bibliographies de cette année : l’enseignement du français, l’enseignement du chant et de la danse, l’enseignement de l’écriture, de la lecture, des travaux manuels, l’instruction civique, les méthodes actives dans l’enseignement secondaire, l’autonomie des écoliers, la project-method, etc. Nous avons aussi à plusieurs reprises fourni des listes de livres de pédagogie générale. Mentionnons encore des bibliographies sur le groupement des élèves et la sélection des écoliers, sur la radio et l’éducation, sur le jeu, sur l’éducation des parents, sur les mouvements de la jeunesse, sur le perfectionnement des maîtres, etc. Pour une étude du Royal Institute of International Affairs à Londres, nous avons obtenu de divers départements de l’Instruction publique en Suisse des renseignements sur l’enseignement de l’histoire et sur l’instruction civique dans les écoles primaires. À une autre occasion, nous avons obtenu de ces départements la liste des manuels employés dans les écoles de leur canton. Enfin, nous continuons à recevoir — bien que moins souvent — des demandes d’adresses d’écoles dans certains pays, particulièrement en Suisse. À l’intention des éducateurs qui voyagent, nous avons établi entre autres les listes suivantes : classes d’orthophonie et de lecture labiale en Suisse ; centres de formation de maîtres d’anormaux ; instituts et académies pour la formation des maîtres en général ; institutions éducatives à visiter dans le Proche-Orient, sans compter les nombreuses adresses que nous avons données oralement à nos visiteurs.
Si nous avons souvent eu recours aux départements de l’Instruction publique en Suisse, nous avons pu de notre côté leur fournir plusieurs renseignements : budgets de quelques universités allemandes (pour le département de l’Instruction publique du canton de Zurich) ; perfectionnement des maîtres (pour la direction de l’Instruction publique du canton de Berne) ; biographie des principaux éducateurs suisses (pour le Département fédéral de l’intérieur). Notons encore, parmi les autres demandes officielles, que — grâce à nos indications — le chef du service de l’Enseignement au Sénégal français, où la question des écoles rurales a, comme dans la plupart des colonies, une importance capitale, s’est mis en rapport avec le Dr Moisés Sáenz, ancien ministre de l’Instruction publique du Mexique et inspirateur de la remarquable réorganisation de l’éducation rurale dans son pays, qui lui a fait parvenir une documentation abondante sur ce sujet.
Échange de législation scolaire : Poursuivant l’initiative prise en 1931, le Bureau a continué à communiquer aux ministères de l’Instruction publique les dispositions législatives qui lui ont été adressées dans ce but. Grâce à ce service d’échange de législation, quelques innovations législatives du plus haut intérêt ont été connues des autres administrations scolaires. Nous avons le sentiment que ce service devrait être développé encore. Voici la liste des textes législatifs que le Bureau a transmis au cours de cet exercice. Venant de la France : circulaire relative à l’application des lois qui ont instauré la gratuité de l’externat dans les classes de 6e, 5e et 4e de l’enseignement secondaire. De la Tchécoslovaquie : note concernant les décrets sur l’éducation des chômeurs, sur les programmes des écoles primaires et sur les programmes du 4e degré de l’école primaire supérieure. De la Colombie : décret sur la réorganisation de l’enseignement primaire et secondaire. De la Ville libre de Dantzig : loi pour le règlement des affaires extérieures des écoles primaires. De la Belgique : annexe à l’arrêté fixant le programme détaillé des règles à observer dans la construction, les dispositions intérieures et l’ameublement des locaux scolaires. De l’Espagne : décret réorganisant l’inspection professionnelle de l’enseignement primaire. Du Mexique : décret réorganisant le Conseil de l’Instruction publique du district fédéral. De la Suisse (Bâle-Ville) : règlement pour les Kindergartens officiels. De l’Allemagne (Prusse) : décret sur l’appréciation de la conduite à l’école et de l’application en classe. De l’Espagne : décret autorisant le ministre de l’Instruction publique à présenter aux Cortès un projet de loi sur les bases de la réforme universitaire. De la Pologne : arrêté sur le conseil supérieur de l’Instruction publique. De la Suisse (Neuchâtel) : texte des principes généraux du programme d’enseignement pour les écoles enfantines et primaires.
Communiqués à la presse pédagogique. — Nous avons toujours considéré ce service comme un moyen d’attirer l’attention du monde pédagogique sur les innovations qui nous paraissent heureuses et que nous aimerions répandre. Grâce au bon accueil qu’un nombre considérable de revues pédagogiques de bien des pays différents apportent à nos communiqués, la division d’information peut donner une grande diffusion à une série de documents importants qui ne sauraient trouver place dans notre Bulletin. Voici la liste des communiqués de presse expédiés durant cet exercice : l’enseignement primaire et secondaire en Égypte ; l’école de plein air ; l’organisation des cours professionnels radiophoniques obligatoires dans le canton de Vaud ; l’« École opportune » de Denver, aux États-Unis ; le Jour de la paix dans les écoles argentines ; l’éducation professionnelle en Écosse ; l’école Jules Anspach à Bruxelles ; la neuvième année scolaire dans le canton de Vaud ; l’éducation et les économies aux États-Unis ; l’enseignement agricole au Dahomey ; les classes supérieures facultatives à l’école primaire (Berlin et Hambourg) ; l’instruction publique dans la province de Manitoba (Canada) pendant l’année 1931-1932 ; un cours de perfectionnement au Brésil ; l’éducation des nomades dans l’Irak.
II. — Documentation🔗
Collection de revues. — Nous nous sommes préoccupés cette année d’organiser plus rationnellement notre service de périodiques. C’est surtout sur l’enregistrement et le contrôle de la réception des 500 revues pédagogiques que le Bureau international d’éducation et l’Institut des sciences de l’éducation reçoivent régulièrement qu’ont porté nos efforts. Nous possédons là une source de documentation extrêmement importante et dont le rendement est en augmentation constante.
Fichier documentaire. — Nous avons terminé l’adaptation de ce fichier au système décimal. Nous classons dans ce fichier documentaire les références aux articles importants des revues de notre collection dépouillées par notre personnel. C’est grâce à ce fichier surtout qu’ont pu être établies les bibliographies dont nous parlons dans la rubrique « Renseignements fournis ».
Collection de législation scolaire. — Cette collection, créée au début de l’année 1931, a continué à s’accroître durant cet exercice. Nous comptons aujourd’hui 2200 documents législatifs provenant de tous les pays du monde. Cette collection est particulièrement complète pour certains pays (États-Unis, Uruguay, Suisse). Fait réjouissant, beaucoup de ministères de l’Instruction publique nous envoient régulièrement tous leurs nouveaux documents législatifs au fur et à mesure qu’ils paraissent. Nous vouons un soin spécial aux revues et journaux officiels publiés par les ministères de l’Instruction publique. Cette collection de législation scolaire, ainsi que celle des revues, a attiré l’attention de beaucoup de visiteurs et nous avons reçu plusieurs demandes de personnes étrangères au Bureau désireuses de les consulter ou de les étudier, entre autres de l’éditeur de la revue Educational Law and Administration aux États-Unis qui se propose de passer quelque temps à Genève.
III. — Publications🔗
Notre Bulletin trimestriel compte maintenant régulièrement 52 pages, soit pour l’édition française, soit pour l’édition anglaise.
Depuis juillet 1932, le Bureau a fait paraître (outre les deux éditions du Bulletin : 416 pages), les ouvrages suivants : Littérature enfantine et collaboration internationale, 2e édition (244 pages). Le Bureau international d’éducation en 1931-1932 (228 p.). Cinquième Cours pour le personnel enseignant (138 p.). L’Instruction publique en Égypte (24 p.). L’Instruction publique en Estonie (16 p.). La Coordination dans le domaine de la Littérature enfantine (46 p.). Annuaire international de l’éducation et de l’enseignement, 1933 (346 p.). La Situation de la femme mariée dans l’enseignement (88 p.). Cette nouvelle série de publications donne un total de 1546 pages (774 en 1930-1931, 1060 en 1931-1932).
Nous voudrions souligner la parution dans la collection de nos publications de l’Annuaire international de l’éducation et de l’enseignement, 1933. Le Bureau s’efforce de donner à travers son Bulletin un tableau trimestriel du mouvement éducatif mondial. Au moyen de son volume Organisation de l’instruction publique dans 53 pays, que nous pensons rééditer tous les 5 ans, les éducateurs posséderont le bilan quinquennal de ce mouvement. Mais ce plan d’information présentait une lacune. C’est l’Annuaire international de l’éducation et de l’enseignement, avec son tableau annuel des événements scolaires les plus marquants, qui la comblera dorénavant.
IV. — Propagande🔗
Relations. — Le Bureau se fait représenter régulièrement par sa secrétaire générale aux réunions trimestrielles du Comité d’entente des grandes associations internationales qui ont lieu à Paris, à l’Institut international de coopération intellectuelle. Mlle Butts a pris part comme d’habitude, en février à Bruxelles, aux séances de la commission d’éducation de l’Union internationale des associations pour la Société des Nations. Il ne nous a malheureusement pas été possible de nous faire représenter à l’assemblée plénière de cette organisation qui s’est réunie dernièrement à Montreux.
L’été dernier, notre collaborateur polonais a représenté le Bureau au congrès de la Fédération internationale des associations d’instituteurs, à Luxembourg, et plusieurs membres de notre secrétariat ont pris part au Congrès international de l’éducation nouvelle à Nice, où le directeur a fait, sur l’évolution sociale et la pédagogie nouvelle, une conférence dont le résultat a été d’assurer un contact spirituel étroit entre notre Bureau et la Ligue internationale pour l’éducation nouvelle.
Voyages. — Le directeur a été invité en Pologne, où il a parlé à Varsovie, Cracovie, et Poznan de l’éducation morale et sociale de l’enfance. De plus, il a donné à Berlin une conférence au Zentralinstitut für Erziehung und Unterricht.
De passage en Hollande, Mlle Butts a profité de sa présence à La Haye et Amsterdam pour nouer des relations avec le ministère de l’Instruction publique et avec des représentants autorisés de grandes organisations pédagogiques. Elle a parlé de l’éducation internationale à la section de l’éducation de l’Union néerlandaise pour la Société des Nations. Tout dernièrement, elle a eu l’occasion de donner à Londres une causerie sur notre Bureau.
M. Rossello a fait à Madrid deux conférences, l’une sur l’activité du Bureau, l’autre sur les progrès éducatifs réalisés en 1931-1932.
Conclusionđź”—
L’an dernier, nous nous félicitions, au terme de notre rapport, d’avoir survécu à la tourmente que constituait la crise économique naissante. Conclusion toute négative en apparence, puisqu’elle revenait à constater un arrêt momentané dans notre développement. Cette année-ci, alors que la crise économique s’aggrave d’une crise spirituelle sans précédent de la coopération internationale en général, vivre, pour un bureau tel que le nôtre, c’est beaucoup.
Grâce à l’appui d’un certain nombre de gouvernements à l’égard desquels notre dette de reconnaissance s’accroît d’année en année, nous avons pu travailler à l’abri de la tempête. Nous avons même pu beaucoup travailler. Et si au chaos présent succède un renouveau d’organisation, nous serons prêts à reprendre notre essor. À tous nos membres, aux derniers venus comme aux premiers, nous nous sentons pressés de dire notre pensée : c’est grâce à leur compréhension et à leurs sacrifices que l’on pourra un jour parler de collaboration réelle dans le domaine de la pédagogie internationale.