Rapport du directeur : cinquième réunion du Conseil. Le Bureau international d’éducation en 1933-1934 (1934) a
Première partie
Questions administratives
I. — Membres du Bureau
Dans notre rapport de l’an dernier, nous promettions de continuer sans nous lasser les démarches en vue d’adhésions nouvelles et nous proclamions notre espoir d’avoir à en enregistrer avant longtemps.
Cet acte de foi n’a heureusement pas été vain et c’est avec une grande satisfaction que nous pouvons vous annoncer aujourd’hui l’adhésion au Bureau international d’éducation du gouvernement fédéral suisse, ainsi que celle du ministère de l’Instruction publique du Portugal.
Il est à peine nécessaire d’insister sur l’importance que présentent ces événements pour la vie du Bureau : le comité exécutif, au moment de l’adhésion de la Suisse, a déjà souligné les heureux effets qu’aurait l’appui officiel de la Confédération pour notre Bureau. Le fait qu’il se trouvait sur le territoire d’un pays dont le gouvernement n’appuyait pas officiellement ses activités, pouvait faire naître de fâcheuses interprétations ; il pouvait, en tout cas, gêner nos efforts en vue de nouvelles adhésions. Ce n’était pas toujours facile de faire connaître les raisons qui avaient empêché la Confédération suisse de devenir membre du Bureau dès son origine.
Comme vous le savez, la Suisse ne possède pas de ministère fédéral de l’Instruction publique ; elle n’a pas non plus, à l’instar de certains pays de type fédératif, un bureau central de recherches et d’informations scolaires. Les 25 départements cantonaux et semi-cantonaux de l’Instruction publique sont entièrement indépendants ; leur seul lien commun est la Conférence des chefs de départements de l’Instruction publique et celle-ci n’a aucun pouvoir exécutif. Il a fallu que cette Conférence émît un vote unanime demandant l’adhésion de la Confédération au Bureau international d’éducation, pour que le Conseil fédéral, sur la proposition du Département fédéral de l’intérieur et du Département politique fédéral, prenne pour une fois une décision dans le domaine de l’éducation.
Les membres de notre conseil se rendront compte aisément des avantages qu’offre pour le Bureau l’appui du Conseil fédéral. En effet, l’accueil favorable fait par tous les gouvernements représentés ici à l’invitation qui leur a été envoyée de se faire représenter à la troisième Conférence internationale de l’instruction publique, est dû en grande partie à l’intérêt que le Conseil fédéral suisse a bien voulu témoigner à cette réunion, en se chargeant de transmettre les convocations par la voie diplomatique.
De plus, le gouvernement fédéral suisse s’est offert à faciliter nos démarches en vue d’obtenir de nouvelles adhésions ; dans ce domaine aussi, nous nous croyons autorisés à prévoir que l’entrée de la Suisse au Bureau international d’éducation aura une heureuse influence.
Notre reconnaissance va donc aujourd’hui à la Conférence des chefs de départements de l’Instruction publique, qui a su rendre efficace l’intérêt qu’elle prenait à l’activité du Bureau, aux chefs du Département politique fédéral et du Département fédéral de l’intérieur, ainsi qu’au Conseil fédéral tout entier. Nous songeons avec reconnaissance aussi à la signature apposée par le gouvernement genevois aux statuts du Bureau, lors de sa réorganisation juridique, le 25 juillet 1929. Genève exprimait ainsi son espoir de voir cet acte ratifié bientôt par la Suisse. Nos remerciements vont enfin au président de notre comité exécutif, M. le conseiller d’État Paul Lachenal, pour les démarches décisives qu’il a entreprises en notre faveur auprès de la Conférence des chefs de départements de l’Instruction publique et auprès du Conseil fédéral.
Lors de la quatrième réunion de notre conseil, le ministère de l’Instruction publique du Portugal y déléguait en qualité de représentant M. Oliveira Guimaraès, inspecteur général de l’Enseignement privé, dont vous vous rappelez sans doute l’intéressant rapport. Ce premier contact entre le ministère de l’Instruction publique du Portugal et notre Bureau s’est continué de la manière la plus heureuse. En effet, le 12 janvier 1934, le ministère annonçait son adhésion au Bureau, adhésion qui fut enregistrée par le comité exécutif, à sa 12e réunion, le 2 mai 1934. En outre, étaient désignés comme ses délégués au conseil M. le professeur José Lobo d’Avila Lima, ministre du Portugal en Suisse, M. le professeur Oliveira Guimaraès, inspecteur général de l’Enseignement privé, et M. Nobre Guédes, secrétaire général du ministère de l’Instruction publique. Le rôle qu’a joué autrefois et que continue à tenir la nation portugaise dans l’histoire de la civilisation, le mouvement pédagogique plein d’intérêt qui se développe dans ce pays — preuve en soit la riche littérature que nous en recevons — nous font bien augurer des relations entre la République portugaise et le Bureau. C’est avec joie que nous ferons connaître au monde pédagogique les résultats obtenus par les éducateurs portugais.
Dans nos précédents rapports, nous nous sommes bornés, en ce qui concerne les adhésions, à citer les faits accomplis ; nous ne dérogerons pas à cette règle aujourd’hui en vous révélant des espoirs que nous croyons justifiés, mais qui ne sont pas encore du domaine de la réalité.
Toute nouvelle adhésion ne signifie pas uniquement un nouvel appui pour le Bureau, elle multiplie en outre, non pas en progression arithmétique, mais en progression géométrique, les possibilités d’autres adhésions. Telle est une des raisons de l’immense gratitude que voue le Bureau à ses membres de la première heure, membres qui n’ont pas craint de donner leur appui moral et matériel à ce premier essai de collaboration internationale dans le domaine de l’éducation. En faisant œuvre de pionniers, ces pays ont justement mérité non pas notre reconnaissance seulement, mais aussi celle des éducateurs du monde entier.
II. — Finances
Malgré les difficultés de tout genre qui n’ont pas épargné les pays membres du Bureau, ceux-ci ont continué à prêter leur appui financier à notre œuvre et nous leur en exprimons notre vive reconnaissance. Si nous n’avons pas pu, comme nous l’aurions désiré, développer notre travail de façon adéquate aux besoins de l’éducation dans le monde, nous n’avons cependant pas été obligés de le restreindre, comme ont dû le faire des institutions beaucoup plus puissantes que la nôtre.
Mais nous sentons tous que l’augmentation incessante des charges imposées au Bureau rend indispensable l’accroissement de nos moyens financiers. Il suffit d’établir, par exemple, un parallèle entre le rendement du Bureau dans le domaine des publications et ses ressources, pour se rendre compte qu’il serait impossible de le charger de nouvelles tâches sans augmenter ses revenus. Nous ne doutons pas que de nouveaux pays n’aient à cœur de contribuer, du point de vue matériel, comme ils le font déjà du point de vue spirituel, à soutenir et à développer notre institution.
Je tiens à signaler que le Payne Fund nous a renouvelé, pour l’année 1933-1934, sa subvention de 2000 dollars, destinée à la section de littérature enfantine ; nous lui en exprimons ici publiquement notre sincère gratitude.
III. — Relations avec les membres
Personne ne saurait nous en vouloir si nous avons consacré le meilleur de notre activité aux pays membres du Bureau. Ce n’est là qu’une preuve de gratitude plus que méritée envers ceux à qui notre institution doit son existence. Je vous ai déjà fait remarquer que la presque totalité de nos enquêtes ont été entreprises à la demande de nos pays membres. Ceux-ci, lorsqu’ils se trouvent en face d’un problème scolaire ou d’une question pédagogique déterminée, cherchent à se renseigner avant de les résoudre sur l’état de la même question dans d’autres pays. C’est là sans doute une saine méthode, d’autant plus que s’informer ne signifie pas imiter, et qu’on ne peut se diriger à coup sûr qu’en connaissant les échecs et les succès d’autrui.
Les enquêtes réalisées pendant l’année, et sur lesquelles je reviendrai plus loin, ont été entreprises à la demande du ministère de l’Instruction publique de la Tchécoslovaquie et du ministère des Cultes et de l’Instruction publique de la Pologne. D’autres demandes d’information présentées par les membres du Bureau n’ont pas nécessité de recherches spéciales. Je ne veux pas entrer dans le détail des renseignements fournis aux ministères de l’Instruction publique des pays membres : le Bureau a fait tout son possible pour se montrer à la hauteur de l’intérêt que ses membres n’ont cessé de lui témoigner.
C’est sur la diffusion des innovations pédagogiques et législatives des pays membres, que le Bureau a fait porter son effort cette année. Avant la publication de notre Bulletin, qui s’est spécialisé, comme vous le savez, dans la diffusion de nouvelles pédagogiques, avant la création du service d’échanges de nos communiqués de législation scolaire et de nos communiqués de presse, le monde pédagogique ignorait le plus souvent ce qui se passait ailleurs, sauf dans quelques grands pays. L’expérience nous a démontré qu’il est souvent beaucoup plus important pour un pays déterminé de savoir ce qui se passe dans tel ou tel autre État, dont les circonstances sont semblables aux siennes, que d’être au courant de certaines innovations très radicales introduites par une des nations à l’avant-garde du mouvement éducatif. La pratique nous a prouvé aussi qu’il existe parfois des efforts ignorés dont il peut être utile de donner connaissance même aux États où l’éducation est très avancée.
Nous avons réservé une grande place, dans nos communiqués de presse, aux innovations réalisées par les pays membres du Bureau. Ce faisant, et étant donné le grand intérêt de certaines de ces innovations, nous avons non seulement acquitté une dette de gratitude, mais en même temps, croyons-nous, rendu service à la cause de l’éducation en général.
Permettez-moi de répéter ici aux pays membres du Bureau que nos divisions d’information et de recherches sont toujours à leur service et que notre plus grand désir est de leur être de plus en plus utiles.
IV. — Relations avec les ministères de l’Instruction publique des pays non membres
Le fait le plus caractéristique de l’activité du Bureau, cette année, est sans doute d’avoir atteint la quasi-universalité au point de vue technique. Je dois avouer que, si nous avons toujours eu foi dans la collaboration technique de tous les pays du monde à l’œuvre du Bureau, nous ne nous attendions guère à atteindre ce résultat avec autant de rapidité. Deux ou trois ans ont suffi pour que tous les ministères de l’Instruction publique soient convaincus de l’intérêt que présente la collaboration établie entre eux par l’intermédiaire du Bureau. Plus de cinquante pays répondent à nos enquêtes. À l’enquête sur « la scolarité obligatoire et sa prolongation », nous avons reçu la réponse officielle de 47 pays ; à celle sur « l’admission aux écoles secondaires », il nous en est parvenu de 55 pays. Mais c’est peut-être l’envoi à nos réunions annuelles des rapports sur le mouvement éducatif qui démontre, plus que tout autre fait, l’universalité de nos relations.
Lors de notre deuxième réunion du conseil, nous n’avions reçu que 6 rapports, présentés par les pays membres. Le nombre des rapports reproduits dans l’Annuaire international de l’éducation et de l’enseignement 1933 s’est élevé à 35 ; mais pour l’Annuaire de 1934, nous avons reçu des rapports et des documents de 53 pays.
La troisième Conférence internationale de l’instruction publique, où 37 pays sont représentés et à laquelle ils ont envoyé des rapports, ne constitue-t-elle pas la preuve la plus décisive du développement croissant du Bureau et de l’universalité de ses relations techniques que je viens de vous signaler ?
Permettez-moi de vous affirmer une fois encore que, malgré les succès remportés par le Bureau, celui-ci n’a pas dévié d’un pouce de la ligne de conduite qu’il s’était tracée. S’il tend à l’universalité, il ne recherche pas l’uniformisation de l’instruction publique. Nos efforts tendent à renseigner tous les États, à mettre en valeur la richesse pédagogique de chaque pays. C’est en échangeant les résultats des expériences pédagogiques, et non pas en imposant quoi que ce soit, que l’éducation et l’instruction continueront à progresser.
Le contact direct entre le Bureau et les ministères de l’Instruction publique a été grandement facilité par l’existence et la création, dans de nombreux pays, de services techniques et de services d’information annexés aux ministères, qui ont été chargés des relations avec notre organisation.
J’avais déjà signalé, dans un rapport précédent, combien nous estimions qu’il serait utile que les ministères de l’Instruction publique possèdent, à l’instar d’autres ministères, des organes techniques ou d’information similaires. Le Bureau se félicite de l’existence de ces sections qui ne peuvent que faciliter de plus en plus nos rapports techniques avec les ministères en leur donnant plus de continuité.
V. — Relations avec les institutions internationales
De même que l’année dernière, nos relations avec la Société des Nations, le Bureau international du travail et l’Organisation internationale de coopération intellectuelle ont continué à être tout à fait cordiales ; la présence ici, à notre conférence, de représentants des deux grandes organisations internationales de Genève en fait foi.
Le comité de liaison du Bureau international du travail avec le Bureau international d’éducation a continué à démontrer, sous la présidence de M. Maurette, toute son utilité. C’est surtout dans l’examen des résultats de l’enquête sur la « scolarité obligatoire et sa prolongation », dont le questionnaire avait été élaboré précisément par ce comité, que l’appui technique du Bureau international du travail nous a été précieux.
L’impression qui se dégage du travail de ce comité est que ce contact peut, en évitant les doubles emplois, rendre plus rationnel le travail international. À quel titre souhaiterions-nous, d’ailleurs, que — dans le problème de la prolongation de la scolarité — les ministères du Travail et de l’Instruction publique collaborent, si l’exemple de la coopération ne leur était pas donné sur le terrain international par les institutions internationales dont la principale raison d’être est précisément de favoriser la collaboration.
La nomination du directeur du Bureau comme membre du comité d’experts pour l’enseignement de la Société des Nations a contribué à resserrer nos relations avec la Société des Nations. L’enseignement de la Société des Nations et de la collaboration internationale pose des problèmes pédagogiques complexes ; le Bureau ne se refusera jamais, bien entendu, à apporter une collaboration technique à la solution de ces problèmes. Nous tenons à remercier ici le secrétaire général de la Société des Nations, M. Avenol, et le directeur du Bureau international du travail, M. Butler, d’avoir bien voulu témoigner à notre institution le même intérêt que leurs prédécesseurs.
Deuxième partie
Recherches
I. — Éducation intellectuelle et morale
Les enquêtes sur « le travail par équipes » et « le self-government des écoliers », entreprises par le Bureau il y a longtemps déjà , et dont nos collaborateurs polonais et tchécoslovaques, trop chargés de besogne, n’avaient pu terminer la rédaction, sont enfin achevées et en voie d’impression.
Ces publications réuniront l’une et l’autre une documentation aussi objective que possible sur ces méthodes encore trop peu connues et sujettes à controverse ; elles présenteront les résultats négatifs aussi bien que positifs des expériences faites et les discuteront à la lumière de la psychologie de l’enfant.
II. — Éducation internationale
La littérature enfantine et la collaboration internationale. — Chaque jour, l’idée que les moyens indirects et auxiliaires, tels que le cinéma et la radio, sont les meilleurs instruments de propagande pour la collaboration internationale, gagne du terrain. Sans vouloir diminuer le moins du monde l’importance de ces facteurs de rapprochement, il me semble qu’on a trop négligé un autre instrument essentiel : la littérature enfantine.
Du fait de ses premières lectures, dont il garde l’empreinte toute sa vie, l’enfant peut apprendre à aimer ou à haïr, à comprendre ou à mépriser les habitants des pays étrangers. C’est pour tenir compte de ce fait indéniable que notre Bureau a créé, il y a près de six ans, grâce surtout à l’appui de Mme Stokowska et à celui du Payne Fund, une section de littérature enfantine, qu’il a réuni une très riche collection de livres d’enfants provenant de 38 pays et entrepris des enquêtes psychologiques dans ce domaine. Cinéma, radio, littérature enfantine, tels sont donc les trois instruments essentiels de la diffusion de l’esprit international. Les deux premiers se trouvent en très bonnes mains ; le Bureau est décidé à ce que le troisième, la littérature enfantine, ne soit pas négligé.
Et voici maintenant quelle a été, dans ce domaine, l’activité du Bureau pendant l’exercice 1933-1934 :
Nous avons lancé au cours de l’été 1933 une enquête internationale sur les périodiques pour la jeunesse. Un questionnaire, rédigé avec la collaboration des membres de la commission d’experts pour l’étude de la littérature enfantine, et comprenant 12 questions, a été adressé à des spécialistes et à des éditeurs de divers pays. Des réponses, tantôt brèves, tantôt sous la forme de rapports détaillés, nous sont parvenues des pays suivants : Angleterre, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, Grèce, Hongrie, Lettonie, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Suède, Suisse, Tchécoslovaquie, Yougoslavie. Nous espérons publier prochainement le rapport de cette enquête. Plus de 400 périodiques pour la jeunesse ont été rassemblés au Bureau et constituent une collection du plus haut intérêt. Celle des livres d’enfants a été beaucoup augmentée, surtout par des ouvrages reçus des États-Unis, des pays scandinaves, de France et de Tchécoslovaquie, ainsi que par de nombreux volumes venus de Palestine — pays qui n’était pas encore représenté à l’exposition.
Le service de littérature enfantine a établi, à la demande de ses correspondants, plusieurs bibliographies et donné quantité de suggestions ; voici quelques-uns des sujets d’informations fournies : listes de livres et d’articles sur la littérature enfantine, l’organisation des bibliothèques enfantines, l’influence des lectures sur le caractère des enfants, biographies féminines en français, ouvrages et périodiques scientifiques. Nous avons été priés de faire des suggestions à des auteurs américains d’ouvrages pour la paix, à de futurs éditeurs de revues pour la jeunesse, à des éditeurs d’anthologies de contes et de poèmes écrits par des enfants. — Nous avons procuré, à l’occasion du « Jour de la bonne volonté », de la documentation à une importante station de radio. En dépit de la crise économique, un assez grand nombre d’éditeurs et d’éducateurs nous ont demandé de leur indiquer des ouvrages dignes d’être traduits. — Comme l’année dernière, nous avons organisé une exposition de livres d’étrennes et, plus tard, vu l’intérêt de nos visiteurs pour les journaux d’enfants, une exposition de périodiques qui est ouverte tous les jours. — Nous avons publié, dans divers journaux et revues, des articles en français et en anglais destinés à faire connaître notre collection internationale d’ouvrages pour la jeunesse. À la demande des organisateurs du 6e Congrès d’éducation morale, un rapport y sera présenté sur le sujet suivant : la littérature enfantine, moyen de rapprochement international (activité du Bureau dans ce domaine).
VIe Cours pour le personnel enseignant. — Ce cours a eu lieu du 31 juillet au 5 août et a réuni 30 participants appartenant aux 16 pays suivants : Angleterre (1), Belgique (4), Chine (1), Colombie (4), Écosse (1), Égypte (1), États-Unis (1), France (2), Inde (1), Pologne (4), Roumanie (1), Russie (1), Sarre (4), Suisse (2), Turquie (1), Union sud-africaine (1).
Les boursiers ont été au nombre de 11, venant des pays suivants : Belgique (3), Colombie (4), Pologne (1), Sarre (1), Suisse (2).
D’après leurs fonctions, les participants au sixième cours se répartissaient de la façon suivante : professeurs d’école normale, 1 ; instituteurs, 7 ; professeurs secondaires, 6 ; fonctionnaires de l’Instruction publique, 3 ; inspecteurs de lycées, 1 ; directeurs d’école, 1 ; étudiants, 5 ; divers, 6.
La convocation de la troisième Conférence internationale de l’instruction publique nous a décidés, entre autres considérations, à ne pas organiser de cours spécial cet été.
Exposition permanente sur l’enseignement de la paix et de la collaboration internationale. — Notre collection continue à s’enrichir progressivement de volumes et documents divers, le nombre des volumes s’élève actuellement à plus de 1300. C’est surtout la section des livres d’histoire qui s’est augmentée cette année d’ouvrages en anglais et en français. Nous avons à plusieurs reprises fourni des renseignements, par correspondance et oralement, sur l’éducation pour la paix. — L’exposition a reçu un grand nombre de visiteurs individuels, ainsi que des groupes ; citons parmi ces derniers : des élèves de l’École normale de Chaumont (France) ; de jeunes étudiants de l’école d’été de l’Association anglaise pour la Société des Nations ; des membres de l’Indian Student Tour, sous la conduite du professeur Rai Sahib Sohan Lal, du Central Training College de Lahore ; des élèves de l’école d’été de la Paix par le Droit, sous la direction de Mme Prudhommeaux ; 130 étudiants et étudiantes des sections française et anglaise de l’école d’été de l’Union des associations pour la Société des Nations ; un groupe de participants à la 2e Conférence démocratique internationale, organisée à Thonon par la Jeune République, sous la conduite de M. Georges Hoog ; des membres de l’Indian Women Students’ and Teachers’ Group qui ont visité l’Europe sous les auspices de l’Entraide universitaire internationale ; des élèves du Collège scandinave à Genève. Quelques-uns des membres de ces groupes sont venus à l’exposition à plusieurs reprises pour s’y livrer à des recherches personnelles. — Nous avons procuré à une association féminine du matériel (ouvrages et brochures sur l’organisation de la paix) pour une exposition itinérante qui a remporté un grand succès.
III. — Organisation et législation scolaires
Je m’abstiens de dire cette année quelles sont les raisons qui ont amené le Bureau à porter ses efforts sur des questions d’organisation et de législation scolaires. Je me bornerai à énumérer les travaux accomplis dans ce domaine.
Au début de l’année 1933-1934, l’enquête sur « le travail et les congés scolaires » a été terminée et ses résultats imprimés dans la collection des publications du Bureau. Cette étude contient des données sur le nombre annuel des jours de travail, la durée des vacances d’été, de Noël et de Pâques fixées par la loi, les congés à l’occasion de fêtes religieuses ou nationales, les congés revenant régulièrement et ceux qui sont conditionnés par des excursions, par exemple, le nombre d’heures de classe par semaine et la durée des leçons et des récréations. Le volume est complété par des tableaux récapitulatifs qui permettent d’établir des comparaisons entre les différents pays.
Au cours de cette année, le Bureau a achevé le dépouillement des réponses à l’enquête sur « les économies dans le domaine de l’instruction publique ». Le rapport a été publié et envoyé à tous les gouvernements, en vue de la troisième Conférence internationale de l’instruction publique, à l’ordre du jour de laquelle cette question a été inscrite.
Vous connaissez le rapport de l’enquête sur « la scolarité obligatoire et sa prolongation », question qui intéresse non seulement les éducateurs mais aussi le grand public, à cause de la crise économique et du chômage de la jeunesse. C’est à la suite d’une enquête entreprise sur les occupations des enfants libérés de l’obligation scolaire avant 14 ans, que le Bureau international d’éducation décida de faire de nouvelles recherches sur la scolarité obligatoire et sa prolongation. Notre rapport contient une étude globale du problème et des monographies sur l’état de la question dans 47 pays. Elle est complétée par 5 tableaux synthétiques montrant les limites et la durée de la scolarité obligatoire, l’âge d’entrée à l’école et l’âge de sortie, la durée et le nombre d’heures de l’enseignement postscolaire. Comme vous le savez, la question de la scolarité obligatoire et sa prolongation est inscrite à l’ordre du jour de notre conférence : le rapport publié par le Bureau est destiné à servir de base aux discussions de la conférence.
Le surpeuplement des écoles secondaires, comme celui des universités et autres établissements d’enseignement supérieur, a posé dans beaucoup de pays, avec une grande acuité, la question de l’admission aux écoles secondaires. À la suite de demandes de renseignements émanant du ministère de l’Éducation nationale de la France, ainsi que des administrations centrales de quelques autres pays, le Bureau décida d’envoyer aux gouvernements un questionnaire portant sur la gratuité de l’enseignement secondaire, les bourses et les systèmes de sélection des candidats, questionnaire auquel 55 pays ont répondu. Cette enquête a battu le record des réponses obtenues jusqu’ici, ce qui démontre l’importance que les ministères attachent à la question de l’admission aux écoles secondaires qui figure à l’ordre du jour de la conférence, et nous souhaitons que le rapport publié par le Bureau en facilite la discussion.
Dans le domaine de l’enseignement secondaire, le Bureau a entrepris, sur une demande d’information venue du ministère de l’Instruction publique de la Tchécoslovaquie, une autre enquête, portant cette fois-ci sur « la préparation professionnelle du personnel enseignant secondaire ». Le dépouillement des réponses a été commencé et nous espérons être en mesure d’inscrire cette question à l’ordre du jour de la conférence de 1935.
Au cours de cet exercice, le Bureau a lancé deux nouvelles enquêtes, suggérées par le ministère des Cultes et de l’Instruction publique de la Pologne et portant, l’une, sur « la législation régissant les constructions scolaires », l’autre, sur « le fonctionnement des conseils de l’Instruction publique ». Nous avons déjà reçu un grand nombre de réponses et de documents très intéressants relatifs à ces deux enquêtes. Le dépouillement en sera effectué au cours de l’année 1934-1935 ; nous espérons pouvoir en publier alors les résultats.
Permettez-moi, avant de terminer ce chapitre, de mettre en relief un fait d’une certaine importance. Depuis longtemps, le monde pédagogique ressentait la nécessité de développer la pédagogie comparée ; récemment encore, la documentation relative à ce sujet était fort restreinte. Tout en rendant hommage aux efforts réalisés dans ce sens par le Board of Education de Londres, l’Office of Education de New York et l’International Institute of Education de l’Université de Columbia, il faut reconnaître que l’on manquait — surtout en langue française — d’études se rapportant non pas à un groupe de pays, mais autant que possible à tous les pays, et basées sur une documentation officielle fournie par les ministères de l’Instruction publique. C’est là le travail que nous avons accompli.
Troisième partie
Information
I. — Renseignements
Correspondance : Lettres reçues : troisième trimestre de 1933 : 791 ; quatrième : 849 ; premier trimestre de 1934 : 950 ; deuxième : 819 ; total du 1er juillet 1933 au 30 juin 1934 : 3409. — Lettres expédiées : troisième trimestre de 1933 : 1446 ; quatrième : 1479 ; premier trimestre de 1934 : 1641 ; deuxième : 1160 ; total du 1er juillet 1933 au 30 juin 1934 : 5726.
Visites reçues : Troisième trimestre de 1933 : 443 ; quatrième : 102 ; premier trimestre de 1934 : 59 ; deuxième : 133. Total du 1er juillet 1933 au 30 juin 1934 : 737. L’augmentation sur le chiffre de l’an passé, qui n’atteignait que 465, est sensible. Ceci est dû en partie à plusieurs visites collectives (d’écoles, de groupes d’éducateurs et d’étudiants) que le Bureau a reçues l’été dernier et en juin de cette année.
Renseignements fournis : Les demandes adressées à notre service de renseignements ont été fréquentes. C’est dire que l’utilité de notre fichier documentaire, qui permet d’élaborer rapidement, sur presque tous les points de la pédagogie, de l’enseignement et de l’éducation, des bibliographies assez complètes, se manifeste de plus en plus. Parmi les bibliographies fournies au cours de cet exercice, citons celles sur : le traitement et l’éducation des jeunes délinquants, l’architecture scolaire, les coopératives scolaires, le surmenage à l’école, l’enseignement de la grammaire, la formation des maîtres, l’école de plein air, l’enseignement primaire dans les pays d’Europe, l’attention, les classes parallèles. Comme les années précédentes, nous avons établi souvent — pour la constitution d’une bibliothèque de maîtres, par exemple — des bibliographies d’ouvrages de pédagogie générale et moderne. Des demandes plus spéciales, nécessitant des recherches assez longues, ont concerné : la question des langues dans les universités de certains pays bilingues ; l’hygiène scolaire et les rapports entre le médecin, l’infirmière et l’instituteur ; l’organisation des études secondaires réales dans certains pays ; les subventions à l’enseignement privé dans quelques pays, etc.
Nous avons fourni de nombreux renseignements sur l’éducation en Suisse et constitué des itinéraires à l’usage d’éducateurs en mission d’études en Europe. C’est ainsi, par exemple, que nous avons pu rendre service à la mission pédagogique chinoise envoyée en Europe par le département de l’Éducation de la province de Shantung.
La collection constituée à notre exposition permanente, et toujours tenue à jour, nous permet de répondre facilement aux questions concernant l’éducation internationale, renseignement de la paix, de l’histoire, de la géographie et du civisme, questions qui nous paraissent toutefois être posées moins souvent qu’autrefois.
Échange de législation scolaire : Poursuivant l’initiative prise il y a deux ans, le Bureau a continué de communiquer aux ministères de l’Instruction publique et à la presse pédagogique les textes concernant des innovations législatives qu’il a reçus dans ce but. En voici la liste :
Colombie : Décret sur la Faculté des sciences de l’éducation.
Équateur : Résolution du ministère de l’Éducation publique sur l’organisation de centres pédagogiques. — Règlement concernant les bourses aux instituts d’enseignement normal.
Suisse : Bâle-Ville : Règlement pour l’examen des candidats au diplôme de maître primaire.
Suisse : Genève : Règlement des études pédagogiques préparant à l’enseignement primaire.
Tchécoslovaquie : Décret concernant la nouvelle orientation des cours postscolaires pour la jeunesse libérée des écoles.
États-Unis (État de l’Alabama) : Décret obligeant les enfants sourds et aveugles à fréquenter l’Institut pour sourds et aveugles.
France : Loi sur le Conseil supérieur de l’instruction publique, publiée dans le Journal officiel du 18 décembre 1933.
France : Arrêté du 1er septembre 1933 relatif à l’examen d’admission en classe de 6e dans les établissements publics d’enseignement secondaire.
France (Soudan) : Arrêté du lieutenant-gouverneur, en date du 21 septembre 1932, concernant la création d’une « Maison des artisans soudanais ».
Italie : Statuts de l’Institution nationale pour les bibliothèques populaires et scolaires de l’Italie.
Mexique : Règlement des associations de parents du District fédéral au Mexique.
Australie méridionale : Circulaire concernant l’orientation professionnelle et le placement adressée aux maîtres par le directeur de l’Éducation le 1er novembre 1933.
Communiqués à la presse pédagogique. — Dans le préambule aux statuts du Bureau, il est affirmé « qu’il faut assurer un large échange d’informations et de documentation afin que chaque pays se sente stimulé à bénéficier des expériences des autres ». C’est pour contribuer à ce résultat que le Bureau international d’éducation a inauguré le service des communiqués à la presse pédagogique, grâce auquel toute innovation pédagogique peut être connue d’un très grand nombre d’éducateurs.
Nous avons constaté cette année avec une réelle satisfaction que les principales revues de tous les pays reproduisent non seulement un très grand nombre de nos communiqués, mais aussi les nouvelles qui figurent dans notre Bulletin trimestriel sous la rubrique « Le mouvement éducatif ». Plusieurs revues, parmi lesquelles quelques-unes publiées par des ministères de l’Instruction publique, ont introduit un chapitre intitulé « Nouvelles de l’étranger », ou elles reproduisent intégralement les nouvelles de notre Bulletin. Je vous laisse juger de l’importance que cette ébauche de collaboration internationale faite par la presse pédagogique peut avoir pour les progrès de l’éducation. Voici la liste des communiqués de presse envoyés durant cet exercice :
— Congrès de la Ligue française d’éducation morale.
— Une expérience de réorganisation d’écoles rurales dans le Suffolk (Angleterre).
— L’Amérique latine et le Bureau international d’éducation.
— Les bibliothèques et l’éducation au Canada.
— Colonie scolaire et école de plein air à Anvers.
— La formation scientifique et pédagogique des professeurs d’enseignement secondaire.
— Les voyages scolaires à l’étranger (Prusse).
— L’éducation collective dans les écoles primaires supérieures expérimentales de Tchécoslovaquie.
— Le sixième Congrès international d’Éducation morale (Pologne).
— Union pour l’étude des questions d’éducation (France).
— Les économies dans le domaine de l’Instruction publique.
— Règlement de l’École de pédagogie de l’Université libre de Bruxelles.
— Rapport du Service de l’enseignement du gouvernement général de l’Afrique occidentale française.
— L’orientation professionnelle et la préparation des maîtres à Birmingham.
— La Troisième Conférence internationale de l’instruction publique (Genève).
— La radiophonie dans l’enseignement (Australie méridionale).
— La radiophonie scolaire (Angleterre).
— L’éducation des chômeurs aux États-Unis.
— Internat primaire pour fillettes à Chamagnieu (France).
II. — Documentation
Collection de revues. — Le nombre des revues pédagogiques reçues régulièrement par le Bureau est toujours en augmentation, en particulier celui des revues officielles. Actuellement la division d’information reçoit 530 périodiques.
Je voudrais rappeler ici l’intérêt pédagogique que présentent certaines de ces revues. Pendant longtemps, les ministères de l’Instruction publique s’étaient bornés à publier des bulletins officiels ayant une portée purement administrative. Mais de plus en plus nombreux sont ceux qui font paraître aujourd’hui des revues pédagogiques souvent distribuées gratuitement à tout le personnel enseignant du pays. Il nous semble que c’est là une idée féconde et le Bureau ne peut que se montrer très heureux de l’intérêt pour la pédagogie dont font preuve quelques administrations scolaires.
Fichier documentaire et service bibliographique. — Fidèles à la méthode expérimentale, nous venons de tenter un nouvel essai de service bibliographique.
Les administrations scolaires, les bibliothèques d’écoles normales, d’instituts de recherches pédagogiques ou de sections pédagogiques universitaires, les rédacteurs de revues pédagogiques, les instituteurs, professeurs et inspecteurs de l’enseignement, les étudiants en pédagogie, en un mot toutes les institutions et les personnes qui s’occupent d’éducation, ont besoin d’avoir à leur disposition une solide documentation pédagogique. Il est indispensable qu’elles puissent trouver rapidement les renseignements exacts et suffisants sur l’éducation dans tel pays, sur tel ordre d’enseignement ou telle méthode éducative, bref sur une grande variété de sujets touchant soit à l’éducation en général, soit à une spécialité déterminée…
Lorsqu’un éducateur lit ou travaille, il note en général sur des fiches tous les renseignements dont il veut pouvoir se servir plus tard : titres d’ouvrages ou d’articles de revues importants, citations d’auteurs connus, renvois à des notices de journal, etc.
Afin d’ajouter à l’utilité de notre Bulletin en permettant aux bibliothécaires, aux éducateurs et aux étudiants qui le dépouillent d’établir et de classer plus rapidement la documentation que nous leur fournissons, nous avons commencé, avec le n° 31 de notre Bulletin trimestriel, à noter en tête de chaque nouvelle et de chaque compte rendu bibliographique, la cote décimale sous laquelle ils se classent et le mot souche. Ce classement est établi d’après le « Plan de classification de la documentation pédagogique pour l’usage courant », publié par le Bureau en 1931, et qui donne à la fois les mots souches et les cotes décimales, de façon que les partisans des deux méthodes puissent utiliser celle qu’ils préfèrent.
Nous espérons rendre service en particulier aux instituteurs et aux étudiants en leur facilitant ainsi la constitution du fichier pédagogique international que tout éducateur moderne doit posséder. Les nouvelles et la bibliographie contenues dans notre Bulletin leur fourniront déjà une documentation variée et riche, à laquelle ils incorporeront facilement les fiches qu’ils établiront d’après les autres revues pédagogiques et les ouvrages qu’ils lisent, ainsi que les renseignements utiles qui leur tombent sous les yeux.
Depuis huit ans, notre Bulletin s’est fait une spécialité de fournir des informations pédagogiques sous forme de brèves nouvelles et de comptes rendus d’ouvrages d’actualité. En systématisant ce service, le Bureau fait un nouveau pas dans l’accomplissement de la tâche qui lui est assignée par ses statuts : « servir de centre d’information pour tout ce qui touche à l’éducation ».
Collection de législation scolaire. — Cette collection des lois, rapports statistiques, annuaires, programmes scolaires et autres publications officielles des ministères de l’Instruction publique s’est enrichie, au cours de l’exercice, de 1500 documents.
Elle a rendu service non seulement au Bureau, mais à divers éducateurs et étudiants qui sont venus la consulter. Nous avons complété, cette année aussi, notre collection de documents officiels en y adjoignant des documents relatifs à l’enseignement privé.
III. — Publications
Depuis le mois de juillet 1933, le Bureau a fait paraître (outre les deux éditions du Bulletin : 416 pages), les ouvrages suivants :
Le Bureau international d’éducation en 1932-1933 (68 p.).
Travail et congés scolaires (134 p.).
Les Économies dans le domaine de l’Instruction publique (128 p.).
La Scolarité obligatoire et sa prolongation (232 p.).
L’Admission aux écoles secondaires (222 p.).
La Réforme scolaire polonaise (40 p.).
L’Annuaire international de l’éducation et de l’enseignement 1934 (488 p.).
Cette nouvelle série de publications donne un total de 1728 pages (1546 en 1932-1933).
Nous voudrions signaler ici le développement pris par l’Annuaire. Certes, nous en sommes encore à la phase du tâtonnement. Toutefois, les renseignements officiels portent sur 53 pays (35 l’année dernière). En outre, nous avons demandé, cette année-ci, aux ministères de l’Instruction publique, des données statistiques beaucoup plus détaillées. En ce qui concerne les budgets, nous nous sommes efforcés d’obtenir non seulement les chiffres correspondant au budget de l’État, mais aussi ceux correspondant aux budgets provinciaux et municipaux. Nous avons aussi demandé le montant des dépenses se rapportant à chacun des ordres de l’enseignement : primaire, secondaire, professionnel et supérieur. Les renseignements sur le nombre d’écoles, le nombre d’élèves et le personnel enseignant, sont beaucoup plus circonstanciés aussi que ceux de l’année dernière. De plus, nous avons fait une distinction entre les écoles publiques et les écoles privées.
IV. — Propagande
Le Bureau s’est fait régulièrement représenter aux réunions trimestrielles du Comité d’entente des grandes associations internationales qui ont lieu à Paris, à l’Institut international de coopération intellectuelle. Mlle Butts a été chargée, par ce comité, de la rédaction d’une brochure décrivant ses activités.
La secrétaire générale a assisté, en février, à Bruxelles, aux séances de la commission de l’éducation de l’Union internationale des associations pour la Société des Nations et au Congrès pour la défense de la paix. De Bruxelles, elle s’est rendue à Londres.
Comme dans les dernières années, notre collaborateur polonais, M. Jakiel, a représenté le Bureau au congrès de la Fédération internationale des associations d’instituteurs, à Santander, en août 1933.
Le Bureau a délégué Mlle E. Schatzmann au Congrès international du cinéma éducatif à Rome.
Le directeur a représenté le Bureau au congrès Montessori, qui a eu lieu à Rome également, où il a fait un exposé sur l’évolution de la notion de l’espace chez le petit enfant. Il a fait aussi une conférence au Comité d’entente des associations françaises pour la paix par l’éducation, à l’Institut de coopération intellectuelle.
Le directeur adjoint, M. Rossello, a parlé, à l’Université de Barcelone, du mouvement éducatif en 1932-1933.
À l’occasion de la « semaine du livre pour la jeunesse », à Bâle, et de l’assemblée annuelle de la Jugendschriftenkommission du Schweizerishe Lehrerverein, à Berne, Mlle Weber a parlé de l’activité du service de littérature enfantine au Bureau international d’éducation et de l’état actuel de la littérature enfantine dans divers pays.
MM. Piaget et Rossello et Mlle Weber ont parlé à Radio suisse romande de l’organisation et des activités du Bureau et de la littérature pour la jeunesse.
Conclusion
Il y a 20 ans devait se réunir à La Haye la première Conférence internationale de l’instruction publique qui avait, entre autres buts, celui de fonder un Bureau international d’éducation ; nous sommes heureux de pouvoir rendre ici hommage, une fois de plus, à Mrs Fannie Fern Andrews qui avait été l’inspiratrice de cette réunion.
Il y a 15 ans, à Versailles, l’éducation ne fut pas incluse dans le pacte de la Société des Nations.
Le 25 juillet 1929, il y a donc juste 5 ans, les premiers membres de notre Bureau signaient le nouveau statut donnant une base plus large et plus stable à l’actuel Bureau international d’éducation que l’Institut universitaire des sciences de l’éducation, à Genève, avait fondé, en 1925, avec autant de courage que de foi. C’est la première fois, à notre connaissance, que des gouvernements affirmaient, dans un contrat international, que « le développement de l’instruction et de l’éducation est un facteur essentiel pour la paix mondiale, et le progrès moral et matériel de l’humanité », ajoutant « qu’il importe, pour favoriser ce développement… d’assurer un large échange d’informations et de documentation afin que chaque pays se sente stimulé à bénéficier des expériences des autres ».
L’éducation, qui avait joué de malheur dans le domaine international, possédait enfin son statut.
Aujourd’hui, cinq ans plus tard, la présence des délégués de 37 pays à la troisième Conférence internationale de l’instruction publique organisée par le Bureau, nous permet de proclamer que les efforts et les espoirs de 1925 et de 1929 n’ont pas été vains.
Il est vrai que si, au lieu de regarder en arrière, on songe à la tâche à accomplir demain, à celle même d’aujourd’hui, si l’on songe que seule l’éducation est apte à sauver nos sociétés d’une dissolution possible, violente ou graduelle, on se prend à douter et à sourire de nos essais et de nos tâtonnements. Mais il suffit de se rappeler qu’une grande idée porte en elle sa force, et que la réalité est en bonne partie ce que nous la voulons, pour avoir confiance et s’assurer que — partis de rien — nous parviendrons à donner à l’éducation, sur le plan international, la place qui lui revient de droit.