Rapport du directeur à la huitième réunion du Conseil. Le Bureau international d’éducation en 1936-1937 (1937) a

Première partie
Questions administratives

I. Membres du Bureau

Malgré la dureté des temps, le Bureau international d’éducation a eu la joie d’enregistrer régulièrement chacune de ces dernières années quelque nouvelle adhésion. C’est aujourd’hui le tour de la Roumanie qui, fidèle collaboratrice technique depuis la fondation du Bureau, auquel elle n’a cessé de communiquer rapports et documents du plus haut intérêt, a tenu à participer dorénavant à l’organisation même de notre institution et à ses différents rouages administratifs en devenant membre effectif. Il est inutile de souligner l’intérêt d’une telle adhésion. Tout le monde connaît la vitalité du mouvement pédagogique roumain, que les rapports envoyés ces dernières années par le ministère de l’Instruction publique de Bucarest ont soulignée si heureusement. Tout le monde connaît la valeur et la permanence des traditions de culture et d’art de ce pays, antique foyer de civilisation romaine. Aussi n’est-ce pas sans un plaisir très vif que nous saluons au milieu de nous les délégués du ministère de l’Instruction publique roumain, en particulier M. Constantin Kiritzescu, secrétaire général du ministère de l’Instruction publique et directeur de l’Enseignement supérieur, un vieil ami du Bureau international d’éducation, auquel il a eu l’occasion d’apporter, il y a longtemps déjà, la contribution personnelle de son expérience et de son talent.

Suivant une tradition du rapport du directeur, nous ne mentionnons pas ici les pays qui sont sur le point de devenir membres et dont seules des nécessités de procédure administrative ont retardé l’adhésion jusqu’à ce jour. Qu’il nous soit permis seulement de dire que ces pays nous paraissent plus nombreux que les années précédentes.

C’est que, en effet, nous ne croyons pas nous tromper en pensant qu’une ère nouvelle s’ouvre aujourd’hui pour notre institution. Depuis l’adoption de ses nouveaux statuts, en 1929, le Bureau international d’éducation s’est efforcé de construire un ensemble toujours plus systématique d’instruments de travail. Son Bulletin, ses communiqués pédagogiques, ses communiqués législatifs, ses multiples enquêtes périodiques, son Annuaire international de l’éducation et de l’enseignement, puis, venant sanctionner le tout, sa Conférence annuelle de l’instruction publique, ont permis d’établir une collaboration de plus en plus étroite entre les ministères de l’Instruction publique d’une part, et, d’autre part, entre ces ministères et l’opinion pédagogique des divers pays. Seulement, chose paradoxale, ce qui nous manquait jusqu’à ce jour c’est l’instrument de travail le plus élémentaire peut-être, mais le plus difficile à trouver dans les temps que nous vivons : je veux dire les locaux adaptés à des services de cette complexité. Certes, nous ne vivions pas en plein air, et les anciennes salles d’école dans lesquelles nous avons travaillé jusqu’à ce jour convenaient admirablement aux travaux de début auxquels nous nous sommes livrés pendant les années d’organisation. Seulement, lorsqu’il fallait passer, si j’ose dire, de la cuisine au salon, ou si l’on préfère de la table de travail à la réception de nos hôtes, des délégués à nos conseils et à nos conférences, la vérité est que nous n’avions pas de salon. Aussi le nombre de nos amis les plus fidèles ne nous ont-ils vus jusqu’à ce jour que dans les salles de l’Hôtel de Ville de Genève, du Palais Eynard, prêté par la Ville, ou dans des locaux gracieusement offerts pour la circonstance par la Société des Nations. Le malheur n’eût pas été grand, de vivre dans un souterrain pendant l’année et de ne nous montrer qu’en dehors de chez nous, au moment de la Conférence, si nous avions été en mesure de tirer parti des richesses accumulées grâce à la générosité des ministères de l’Instruction publique et des correspondants de toutes sortes qui nous ont pourvus de bibliothèques et de matériel. Or, cela même n’était pas possible.

Par contre aujourd’hui, grâce à des arrangements passés avec la Confédération suisse et l’État de Genève, nous occupons au palais Wilson, dans l’ancien secrétariat de la Société des Nations, les locaux les plus propres, non seulement au développement du Bureau, mais encore et surtout à la mise en valeur de tout le capital que nos membres nous ont confié pour le faire fructifier. Je pense essentiellement à notre bibliothèque et aux expositions permanentes de l’Instruction publique propres à chacun des pays qui contribuent à l’existence du Bureau.

Pour ce qui est de la bibliothèque, nous avons pu, du jour au lendemain, occuper les centaines de mètres de rayons de l’ancienne bibliothèque de la Société des Nations, grâce aux 500 revues pédagogiques qui sont collectionnées chez nous et aux innombrables documents qui constituent l’instrument de travail quotidien des pédagogues.

Quant aux expositions, nous pensons que la meilleure manière de satisfaire les pays qui contribuent effectivement, grâce à leurs sacrifices financiers annuels, à la vie et à l’activité du Bureau international d’éducation, est de constituer pour eux des expositions pédagogiques permanentes de l’Instruction publique permettant aux chercheurs, aux étudiants, aux voyageurs de trouver sur place, en l’espace de quelques mètres, tout ce qui se rapporte aux écoles, à l’organisation de l’instruction publique, à la littérature pédagogique, aux manuels employés, au matériel, éventuellement aux travaux d’élèves pouvant faire connaître les richesses de ces pays. Nous comptons donc utiliser cet admirable local qu’est l’ancienne salle du Conseil de la Société des Nations, une salle de verre entourée d’arbres et sise au bord du lac, pour la répartir en stands que nous pourrons offrir aux pays qui participent à la vie matérielle du Bureau. Il n’y a pas de doutes que cette représentation plastique et matérielle de l’activité des pays contribuants ne symbolisera de la manière la plus certaine, parce que la plus visuelle, l’utilité de la collaboration internationale en matière d’éducation, collaboration à laquelle le Bureau invite tous les pays qui ont hésité, jusqu’à ce jour, à adhérer à notre institution.

C’est donc en pensant à ces nouveaux locaux, à cette nouvelle bibliothèque, à ces projets d’exposition permanente de l’Instruction publique que nous parlons d’une ère nouvelle. Il est indéniable, en effet, qu’avec de tels instruments de travail, nous pouvons songer maintenant à des réalisations plus effectives et à une action de coordination toujours plus étroite entre tous ceux qui ont à cœur le progrès de l’éducation et de l’enseignement dans le monde.

II. Finances

Le Bureau n’a cessé jusqu’à ce jour, de vivre et de se développer malgré les moyens financiers les plus modestes, constitués presque entièrement par les contributions de quelques pays ayant à cœur son existence et son avenir. Grâce à cette pauvreté même, le Bureau a moins souffert de la crise que s’il avait été riche. Il a même eu l’impression d’augmenter peu à peu chaque année ses ressources et ses moyens d’action. Nous espérons donc vivement, qu’avec l’atténuation de la crise économique, nous pourrons situer bientôt dans le passé l’époque où nous étions obligés de distribuer sur plusieurs années les enquêtes qu’il eût été intéressant de publier en bloc, et où nous étions obligés de surveiller les dimensions de chaque bulletin et le nombre des tableaux synoptiques de chaque monographie. En attendant que notre vœu se réalise, nous éprouvons le besoin d’exprimer d’autant plus clairement notre reconnaissance aux quelques pays dont la confiance et les sacrifices financiers ont permis au Bureau de réaliser son œuvre à travers les circonstances les plus difficiles et presque les plus décourageantes. C’est à eux que nous devons d’avoir pu tenir et d’être aujourd’hui animés du plus ferme espoir et de la foi la plus complète dans les destinées de notre œuvre.

III. Relations avec les pays membres

Plus encore que par le passé, nous nous sommes efforcés de servir spécialement les pays membres du Bureau, bien que les sacrifices financiers qu’ils font pour notre institution n’aient jamais eu pour intention une contrepartie matérielle ou intéressée.

D’une part, les enquêtes organisées par le Bureau et dont les représentants des pays membres donnent le résumé en qualité de rapporteurs à la Conférence annuelle de l’instruction publique, ont toujours été instituées à la demande de tel ou tel des pays représentés au conseil.

D’autre part, par ses communiqués de presse et ses communiqués législatifs périodiques, le Bureau s’efforce toujours davantage de faire connaître au monde des éducateurs, les innovations pédagogiques les plus saillantes réalisées par les administrations scolaires des pays membres.

Enfin et surtout, comme nous le disions tout à l’heure, le Bureau organise en ce moment une exposition pédagogique permanente de l’instruction publique dans laquelle chaque pays membre pourra présenter sous sa responsabilité l’ensemble des documents qu’il jugera propres à faire connaître son œuvre éducative.

IV. Relations avec les ministères de l’Instruction publique des pays non membres

À part le droit de siéger au conseil du Bureau, et, par conséquent, de diriger le travail effectif de celui-ci, par exemple de proposer des enquêtes nouvelles à entreprendre, et à part le droit de participer à l’exposition permanente de l’Instruction publique, les pays ne contribuant pas matériellement à notre institution entretiennent néanmoins avec elle les relations techniques les plus suivies et les plus effectives. En effet, d’une part, tous les ministères de l’Instruction publique répondent avec la plus grande complaisance à nos questionnaires et à nos demandes d’information. D’autre part, très souvent également, ils ont recours aux services d’information de notre secrétariat parce que les publications du Bureau constituent un répertoire qui vise à être de plus en plus complet de l’état des questions de l’Instruction publique. De la sorte, nous avons l’impression qu’entre les ministères de l’Instruction publique et nos services s’établissent des rapports d’action mutuelle et d’entraide de plus en plus étroits. De cela, nous tenons à les remercier très chaudement et à exprimer tout particulièrement notre reconnaissance aux très nombreux fonctionnaires connus de nous ou restant anonymes qui veulent bien passer un temps souvent considérable à assurer cette liaison. Leur labeur ne s’accomplit pas en vain : si chacun en rédigeant les réponses à nos questionnaires peut avoir dans son isolement une impression fastidieuse, le rapport final des enquêtes montre assez combien la collaboration même anonyme et opérant à distance porte ses fruits au loin.

V. Relations avec les institutions internationales

Nos relations avec la Société des Nations et spécialement avec l’Organisation de coopération intellectuelle se sont développées de la manière la plus cordiale.

Comme l’année précédente, le directeur du Bureau a été convié à participer, à titre d’invité spécial, à la session du Comité consultatif pour l’enseignement de la Société des Nations, comité qui d’ailleurs s’appellera dorénavant « Comité consultatif pour l’enseignement des principes et des faits de la coopération internationale ». Il a donné à ce comité un aperçu de l’état de l’enquête sur l’enseignement des langues vivantes, qui fera l’objet d’un des points à l’ordre du jour de la VIe Conférence internationale de l’instruction publique, et qui servira de point de départ en même temps à un rapport plus spécialisé, destiné à l’Organisation de coopération intellectuelle, sur l’utilisation des langues vivantes du point de vue de la compréhension internationale. Ce rapport sera préparé par le Bureau pour la prochaine session du Comité consultatif, qui aura lieu en juillet 1938.

D’autre part, les relations avec l’Organisation du travail ont présenté cette année un caractère particulier du fait de la résolution approuvée par la Conférence des États américains membres de l’Organisation internationale du travail, réunie à Santiago du Chili. Cette conférence avait approuvé, en effet, une résolution recommandant au conseil d’administration du Bureau international du travail d’examiner et d’étudier la question suivante : étude dans les pays d’Amérique, en collaboration avec le Bureau international d’éducation, à Genève, des conditions de vie et de travail du personnel de l’enseignement primaire et secondaire public et privé. Le comité de liaison, entre le Bureau international du travail et le Bureau international d’éducation, a élaboré deux questionnaires, à adresser, l’un aux ministères de l’Instruction publique, l’autre aux principales associations d’instituteurs. Le Bureau international d’éducation s’est chargé de l’envoi du premier de ces questionnaires et le Bureau international du travail du questionnaire adressé aux associations. Il y a là, nous semble-t-il, un exemple de collaboration très fertile entre les deux institutions internationales, lequel ne pourra que raffermir encore les liens qui existaient depuis la fondation de notre Bureau.

Deuxième partie
Recherches

I. Organisation et législation scolaires

Lors de la réunion du conseil, le représentant de l’Espagne a demandé au Bureau de bien vouloir entreprendre une enquête sur la question de l’inspection de l’enseignement. Le comité exécutif du Bureau a approuvé dans sa dix-huitième réunion le questionnaire qui a été envoyé à tous les ministères de l’Instruction publique. Malgré le temps très limité dont le Bureau disposait pour mener à bien cette enquête, 39 pays ont répondu au questionnaire et ont démontré par l’étendue de leurs réponses et les détails très intéressants de celles-ci, toute l’importance qu’ils accordent à cette question. Voici, à titre d’indication, les principales questions abordées par l’enquête : organes chargés du contrôle de l’enseignement ; catégories d’inspecteurs ; organisation de l’inspection ; nombre d’écoles inspectées par chaque inspecteur ; attributions pédagogiques et administratives des inspecteurs ; inspecteurs de branches spéciales d’enseignement ; rapports d’inspection ; appréciation du travail des professeurs et du rendement scolaire ; préparation, nomination et traitement des inspecteurs ; situation de la femme dans l’inspectorat.

La dix-neuvième réunion du comité exécutif a chargé aussi le Bureau d’entreprendre deux nouvelles enquêtes, l’une sur la rétribution du personnel enseignant primaire (en relation avec l’enquête sur les conditions de vie et de travail du personnel enseignant du continent américain), et l’autre, sur l’élaboration et l’utilisation des manuels d’enseignement (à la demande du délégué de l’Égypte). Nous espérons recevoir à temps les réponses des ministères de l’Instruction publique afin que ces deux questions puissent figurer à l’ordre du jour de la Conférence de l’instruction publique de 1938.

II. Éducation intellectuelle

Comme on s’en souvient, le Bureau s’est proposé d’entreprendre une série d’enquêtes sur les programmes et méthodes de l’enseignement secondaire. L’une des questions par laquelle il nous a paru intéressant de débuter est celle de l’enseignement des langues vivantes, et cela d’autant plus qu’il nous est ainsi possible de combiner cette recherche avec un rapport pour l’Organisation de coopération intellectuelle.

Nous avons, à cet égard, rédigé un questionnaire portant sur les programmes, les horaires, les méthodes et divers autres aspects de l’enseignement des langues vivantes, ainsi que les statuts des professeurs de langues vivantes. Cette enquête a rencontré un certain succès, puisque 52 ministères de l’Instruction publique ont tenu à répondre à notre demande d’information. Elle a donné lieu à une discussion de la VIe Conférence internationale de l’instruction publique.

Enfin, la troisième enquête dont les résultats ont été publiés par le Bureau pendant l’année écoulée, est l’enquête sur l’enseignement de la psychologie dans la préparation des maîtres primaires et secondaires. On se rappelle que cette enquête avait été entreprise il y a plusieurs années déjà à la suite de demandes d’information et que nous avons collectionné peu à peu les réponses de divers pays. Plus récemment, le Bureau a édité des volumes sur la préparation professionnelle du personnel enseignant primaire et sur la préparation professionnelle du personnel enseignant secondaire, volumes qui ont servi de base aux discussions de la Ve Conférence internationale de l’instruction publique. Or, l’un des éléments principaux de cette préparation est précisément l’enseignement de la psychologie. Cette question ayant dû être traitée parmi quantité d’autres, il nous a paru intéressant de la reprendre à part à titre de complément et d’éditer un volume spécial sur ce point. Cela est d’autant plus important que l’enseignement de la psychologie, du fait même du caractère jeune de cette science en formation, est en perpétuelle refonte et qu’ainsi un échange mutuel de documents et les réflexions qui surgissent naturellement à l’occasion de cette confrontation, ne peuvent qu’être utiles aux autorités responsables de l’organisation de l’enseignement psychologique.

Cette dernière enquête a porté sur les points suivants : place de la psychologie dans le cycle des études pédagogiques ; qualifications des professeurs donnant cet enseignement ; nature de l’enseignement (développements personnels du professeur ou emploi de manuels) ; épreuves pratiques et expériences faites par les élèves eux-mêmes ; exemples de recherches d’élèves ; nombre de leçons par semaine.

III. Éducation internationale

Malgré les restrictions imposées à la section de littérature enfantine, en raison des ressources financières limitées dont elle bénéficie actuellement, celle-ci a continué son activité et s’est enrichie de volumes nouveaux, reçus en particulier des États-Unis, de l’Inde, de Grèce, de Pologne, etc. Les quelque 4000 volumes de 39 pays qui constituent actuellement notre collection ont pu être mis en valeur grâce à notre installation dans nos nouveaux locaux. L’intérêt non seulement documentaire mais artistique que présente cette exposition nous paraît incontestable. La collection des périodiques pour enfants, qui parviennent désormais régulièrement au Bureau, s’accroît aussi incessamment.

À côté des nombreux renseignements fournis comme chaque année, la section a élaboré un catalogue sur fiches des ouvrages de référence sur la littérature enfantine que possède le Bureau et constitué une documentation sur la critique de la littérature enfantine dans divers pays.

Un rapport sur les activités de la section de littérature enfantine ayant été présenté à la séance plénière du Comité d’entente des grandes associations internationales qui a eu lieu à Genève le 19 février 1937, le Comité a adopté des vœux tendant à appuyer les résolutions que le conseil et le comité exécutif du Bureau international d’éducation avaient prises dans le domaine de la littérature enfantine et attirant l’attention de ses membres sur les services que peut leur rendre notre section et la collaboration qu’ils peuvent y apporter.

Enfin l’enquête sur les réactions des enfants à la lecture d’ouvrages à tendance d’amitié internationale a pu être terminée et un rapport provisoire a été envoyé au directeur du comité Nobel. Nous espérons que ce rapport, qui sera complété encore par une bibliographie et par les données que Mlle Weber recueillera au cours de son voyage aux États-Unis, pourra être envoyé à l’impression en automne.

Troisième partie
Information

I. Renseignements

Correspondance. — Lettres reçues : troisième trimestre de 1936 : 524 ; quatrième : 781 ; premier trimestre de 1937 : 804 ; deuxième : 733 ; total, du 1er juillet 1936 au 30 juin 1937: 2842. — Lettres expédiées : troisième trimestre de 1936 : 672 ; quatrième : 1390 ; premier trimestre de 1937 : 1039 ; deuxième : 910 ; total, du 1er juillet 1936 au 30 juin 1937 : 4011.

Visites reçues. — Troisième trimestre de 1936 : 142 ; quatrième : 68 ; premier trimestre de 1937 : 50 ; deuxième : 66 ; total, du 1er juillet 1936 au 30 juin 1937 : 326.

Renseignements fournis. — Les demandes de renseignements pédagogiques et scolaires adressées au Bureau sont toujours aussi fréquentes. Ajoutons que, grâce à l’enrichissement incessant de sa documentation, le Bureau est à même de fournir des bibliographies toujours plus complètes et constamment mises à jour.

Échange de législation scolaire. — Le Bureau a communiqué aux ministères de l’Instruction publique et à la presse pédagogique les textes législatifs suivants :

Extraits du règlement de la Junta nationale de l’Éducation au Portugal.

Extraits de la loi sur l’éducation publique, concernant la scolarité obligatoire en Angleterre et pays de Galles.

Arrêté du 13 mai 1936 du ministère de l’Instruction publique de Belgique concernant le plan d’études et les instructions pédagogiques pour les trois premiers degrés des écoles primaires et des classes d’application annexées aux écoles normales et pour les sections préparatoires des écoles moyennes.

Loi du 7 août 1936 modifiant la loi du 28 mars 1882 relative à l’obligation scolaire en France.

Loi sur l’année à la campagne dans l’État du Brunswick (Allemagne).

Circulaire concernant les classes surpeuplées de l’enseignement secondaire en France.

Extrait de l’acte d’amendement de 1936 à la loi de l’Instruction publique de la Nouvelle-Zélande.

Ordonnance du 29 janvier 1937, du ministre des Sciences, de l’Instruction et de l’Éducation populaire du Reich et de la Prusse.

Communiqués à la presse pédagogique. — Ces communiqués sont adressés aux revues pédagogiques, dont plusieurs les reproduisent intégralement ou partiellement. Ils ont porté, cette année, sur les sujets suivants :

L’administration de l’école primaire au Danemark.

Les écoles de la jeunesse au Japon.

Le lycée (gymnase) de l’Association des commerçants à Varsovie et les devoirs à domicile.

L’enseignement primaire en Afrique occidentale française.

Le centenaire de la Société philecpédeutique d’Athènes.

Le cinéma d’enseignement en Allemagne.

Camps scolaires et classes Ă  la campagne en Angleterre.

Réforme des programmes scolaires dans la province d’Alberta (Canada).

L’utilisation des loisirs dans la République tchécoslovaque.

Les centres d’éducation populaire de la femme en France.

Sixième Conférence internationale de l’instruction publique.

Troisième Congrès international des écoles en plein air.

Une association d’écoles expérimentales aux États-Unis.

Contribution de l’école primaire à l’orientation professionnelle en Belgique.

II. Documentation

Collection de revues. — Le service des revues prend une ampleur toujours plus grande. Les collections s’accroissent avec les années et s’augmentent sans cesse de nouveaux périodiques. Au cours de l’année écoulée, le Bureau s’est occupé en particulier de renforcer le service des échanges réguliers et de remplacer les séries incomplètes. L’installation du Bureau dans ses nouveaux locaux permettra une meilleure disposition de cette importante source d’information et, par conséquent, facilitera son utilisation.

Fichier documentaire et service bibliographique. — Ces organes techniques de documentation se perfectionnent et s’enrichissent, parallèlement au développement de toute l’activité du Bureau. Il ne saurait en être autrement si le Bureau désire disposer d’un service d’information aussi utile que compétent.

Collection de législation scolaire. — Les ministères de l’Instruction publique de nombreux pays veulent bien continuer à nous faire parvenir leurs publications (lois, rapports, programmes, etc.). Ces documents sont classés dans la collection de législation scolaire, qui, en plein développement, présente un haut intérêt et a une valeur unique, en tant que moyen de référence sur l’instruction publique des divers pays.

III. Publications

Les publications que le Bureau a fait paraître durant l’année 1936-1937 sont les suivantes :

Bulletin du Bureau international d’éducation (éditions française et anglaise) (416 pages).

Ve Conférence internationale de l’instruction publique. Procès-verbaux et résolutions (166 pages).

L’Enseignement de la psychologie dans la préparation des maîtres primaires et secondaires (130 pages).

L’Enseignement des langues vivantes (246 pages).

L’Inspection de l’enseignement (268 pages).

Annuaire international de l’éducation et de l’enseignement 1937 (448 pages).

Ce qui fait un total de 1674 pages.

IV. Propagande

Le Bureau s’est fait représenter, cette année, aux congrès pédagogiques internationaux suivants :

VIIe Congrès mondial de la Ligue internationale pour l’éducation nouvelle, à Cheltenham (Angleterre), en août 1936, par sa secrétaire générale, Mlle Butts.

Congrès annuel de la Fédération internationale des associations d’instituteurs, à Genève, en août 1936, par M. Rossello et Mlle Gampert.

Le directeur du Bureau a été invité à participer à la Conférence du tricentenaire de l’Université de Harvard (États-Unis), où il a parlé des facteurs déterminant la conduite humaine, de l’enfance à l’âge adulte. Il a parlé également aux Universités de Columbia (New York) et de John-Hopkins (Baltimore) des facteurs sociaux de la psychologie de l’enfant, et de la psychologie de la pensée symbolique.

Mlle Weber, chef du service de littérature enfantine, a été invitée par l’American Library Association à son congrès annuel, à New York.

Comme par le passé, le Bureau s’est fait représenter par sa secrétaire générale aux réunions du Comité d’entente des grandes associations internationales, qui ont lieu à l’Institut international de coopération intellectuelle, à Paris, et au secrétariat de la Société des Nations, à Genève. Le directeur a assisté à celle qui a eu lieu à la fin de juin à Paris. Mlle Weber a présenté, à la séance du 19 février, à Genève, un rapport sur les activités de la section de littérature enfantine.

Conclusion

Il nous est impossible de conclure ce rapport sans éprouver un double sentiment. D’une part, et je pense aux mauvais jours, à ceux durant lesquels les obstacles semblent se multiplier sur la route, il peut paraître absurde, dans un monde en équilibre instable, dans un monde tel que tout esprit sain ne peut que s’inquiéter et s’interroger sur les destinées de chaque nation, que quelques rêveurs soient assez candides pour songer au développement d’une institution internationale qui suppose la paix, l’équilibre et la confiance mutuelle. Mais, d’autre part, il n’est pas moins évident que notre œuvre s’est révélée viable et que, par conséquent, chaque effort reposant précisément sur cette confiance et cette volonté d’équilibre et de travail paisible, s’est montré fructueux. C’est donc qu’au-dessus ou qu’en deçà des luttes politiques et économiques, il est toujours possible de concevoir un plan de collaboration simplement technique et humaine. Et même pour les esprits réalistes, un tel fait apparaît au fond comme naturel, puisque le domaine même dans lequel se meut notre activité est, par définition, non pas celui des luttes actuelles, mais celui de la formation des êtres nouveaux et de l’éducation des générations futures. Autrement dit, quels que soient les antagonismes d’idéologies et de conditions matérielles de vie, il est un bien commun auquel chacun tient plus qu’à la prunelle de ses yeux : ce bien, c’est le développement normal des enfants et des adolescents, qui sont notre espoir et notre consolation. C’est en restant fermement attaché à cet idéal collectif que le Bureau réalisera la tâche qu’il s’est assignée et qu’envers et contre tout, il vivra et agira dans l’avenir.