Rapport du directeur à la dixième réunion du Conseil. Le Bureau international d’éducation en 1938-1939 (1939) a

Première partie
questions administratives

I. — Membres du Bureau

L’année 1938-1939 a été marquée dans le monde entier par les plus graves préoccupations. Ceux qui consacrent leur activité au développement de la collaboration internationale, même sur un plan aussi purement technique que le Bureau international d’éducation, dont les statuts, les traditions et les méthodes de travail ont toujours été respectueux de la plus stricte objectivité, n’ont pu que s’interroger souvent et avec anxiété sur l’utilité de leur œuvre et ont parfois été presque tentés de jeter le manche après la cognée. Un même devoir de tenir et d’espérer s’est cependant imposé à nous tous et c’est dans cet esprit que nous abordons ce rapport annuel, sans orgueil, mais sans découragement.

Il va de soi qu’en de telles conditions, la discrétion élémentaire nous interdisait de poursuivre avec trop d’insistance toute démarche en vue de l’adhésion de nouveaux pays membres. En un temps où les budgets sont grevés de charges imprévues et urgentes, nous eussions vraiment craint, en soulevant les questions d’affiliations nouvelles, de paraître en dehors de toute réalité.

Dès lors, si étroites que soient devenues nos relations avec certains pays non membres qui sympathisent avec l’activité du Bureau, nous avons plus que jamais considéré la conclusion juridique et contractuelle de l’adhésion comme devant être laissée à l’initiative de ces pays eux-mêmes, sans demande explicite de notre part.

Nous n’en avons été que plus heureux et plus reconnaissants lorsque des gouvernements, après avoir été pendant des années en relations techniques suivies avec le Bureau international d’éducation, ont décidé de consacrer cette collaboration par la signature de nos statuts. C’est ce qui s’est produit à la 22e séance du comité exécutif, en décembre dernier, où M. le ministre de Velics, ministre de Hongrie auprès du gouvernement fédéral suisse, a bien voulu signer nos statuts au nom de son gouvernement. En une brève cérémonie, aussi pleine de signification qu’empreinte de sobriété, M. le conseiller d’État Adrien Lachenal, président du comité exécutif, a rappelé que la Hongrie n’était pas seulement une collaboratrice de la première heure du Bureau, mais qu’elle comptait pour ainsi dire parmi les terres d’origine de l’institution même qui nous réunit ici. L’un des précurseurs du Bureau international d’éducation est, en effet, M. François Kemeny, dont les écrits du début de ce siècle ont déjà tracé, avec une grande vigueur et une vision anticipatrice des choses, les lignes directrices de notre activité. D’autre part, M. le ministre de Velics, dans sa réponse, a développé le rôle que le comte Kuno Klebesberg a joué dans l’éducation nationale hongroise d’après-guerre. Le Bureau international d’éducation n’a pas manqué, il va de soi, de saisir cette occasion pour exprimer sa reconnaissance aux grands artisans de l’affiliation officielle de la Hongrie au Bureau international d’éducation : à M. le président du Conseil des ministres, le comte Paul Teleki, qui s’est montré un ami personnel et fidèle du Bureau bien avant d’occuper la haute charge dont il est aujourd’hui investi, à M. le ministre de Velics, qui s’est occupé lui-même des plus petites comme des plus grandes questions et a notamment esquissé en personne les plans du futur stand hongrois de notre Exposition permanente de l’instruction publique, à MM. Zoltan Baranyai et Ladislas Bartok, dont la participation aux Conférences de l’instruction publique a été si régulière et si cordiale, enfin, à M. le professeur de Kerekjarto, vice-président de la VIIe Conférence internationale de l’instruction publique, qui, en son cerveau de grand géomètre, réunit les aptitudes les plus diverses, entre autres celle de la collaboration internationale souriante et efficace. Nous formons les vœux les plus sincères pour que ces liens nouveaux qui nous unissent à la Hongrie nous permettent de toujours mieux connaître et faire connaître ce qu’apporte à l’éducation la culture si originale de ce pays, qui a su rester lui-même depuis des siècles tout en opérant sans cesse la synthèse entre les courants de civilisation les plus divers.

II. — Finances

La situation financière du Bureau est, cela va de soi, étroitement liée à la courbe de son développement. Si nous n’avons pas avancé, cette année, nous n’avons pas reculé non plus, ce qui, à l’époque actuelle, signifie assurément quelque chose.

Du point de vue budgétaire, l’exercice 1938-1939 peut être considéré comme normal ; nous constatons même une augmentation de la vente de nos publications. Dans l’époque difficile que nous traversons, il serait illusoire de demander aux administrations qui doivent déjà faire face à des dépenses de tous genres, un effort supplémentaire en faveur du développement de la collaboration internationale en matière d’éducation. Nous tenons toutefois à les prier de persévérer pour maintenir ce qui a été fait. Nous tenons surtout, au moment du 10e anniversaire de la signature du statut officiel du Bureau, à remercier les gouvernements qui, depuis 1929, ont accordé leur appui matériel à notre œuvre. C’est grâce à leur initiative et à leur fidélité qu’un grand nombre d’administrations ont pu utiliser la vaste documentation recueillie par le Bureau et profiter du résultat des recherches qu’il a entreprises. Notre gratitude va aussi aux autres gouvernements qui, depuis 1929, se sont joints au noyau initial des signataires du statut.

En 1938 a été versée la première annuité de la subvention accordée au Bureau par la fondation Rockefeller, en vue d’une enquête sur la littérature enfantine en Amérique latine. Nous exprimons à cette fondation toute notre reconnaissance pour les nouveaux horizons qui, grâce à elle, ont été ouverts à la section de littérature enfantine.

III. — Relations avec les pays membres

Il nous a toujours semblé qu’une institution comme la nôtre pouvait rendre à ses membres des services de deux ordres : d’une part, le Bureau fait connaître aux autorités scolaires et aux éducateurs de tous les pays l’activité éducative et culturelle de chacun de ses pays membres ; d’autre part, il fait profiter de ses services d’information et de recherche ceux de ses membres qui estiment utile d’y recourir. Ces deux activités de direction inverse se complètent au lieu de s’exclure. Nous exprimions, l’année dernière, l’espoir que le transfert de notre organisation au palais Wilson nous permettrait de nous acquitter mieux qu’auparavant de notre dette de reconnaissance envers les pays membres. Grâce en effet à l’Exposition internationale permanente de l’instruction publique, le Bureau dispose d’un moyen nouveau et puissant pour illustrer et faire apprécier l’activité pédagogique des pays qui ont signé son statut. L’envoi de communiqués législatifs et de communiqués de presse aux ministères de l’Instruction publique et aux revues pédagogiques de tous les pays complète cette œuvre d’information mutuelle. En outre, parmi les nouvelles qui paraissent dans notre Bulletin, nous faisons une place plus grande aux pays membres.

En ce qui concerne les recherches, les études sur l’enseignement de la géographie et sur l’organisation de l’éducation préscolaire ont été entreprises par le Bureau à la demande de deux pays membres, particulièrement intéressés à ces questions. C’est, en effet, le délégué de l’Argentine qui a prié le comité exécutif de bien vouloir entreprendre pour son ministère de l’Instruction publique une étude sur l’enseignement de la géographie dans les écoles secondaires. À son tour, le délégué de la France au comité exécutif exprima le désir que l’organisation de l’éducation préscolaire fût l’objet d’une enquête systématique.

Au printemps dernier, deux nouveaux questionnaires ont été lancés par le Bureau, également sur l’initiative de deux pays membres : l’un sur l’organisation des bibliothèques scolaires, recherche demandée par la Colombie, et l’autre sur l’éducation physique dans l’enseignement primaire, à la demande de l’Égypte. Enfin, le délégué de la France propose d’entreprendre une enquête sur l’organisation de l’enseignement ménager. Permettez-moi de voir, dans toutes ces propositions, une preuve indéniable de l’intérêt croissant que les pays membres portent à l’activité du Bureau en tant qu’organe d’information et de recherches.

IV. — Relations avec les ministères de l’Instruction publique des pays non membres

C’est avec grand plaisir que nous constatons que les relations avec les ministères de l’Instruction publique qui n’ont pas encore adhéré au Bureau international d’éducation continuent à se développer, comme en témoignent non seulement le nombre des réponses reçues mais encore et surtout leur qualité et la conscience avec laquelle elles sont rédigées. Malgré le nombre d’enquêtes entreprises, la longueur et la complexité des questionnaires, les ministères de la majorité des pays nous font parvenir leurs réponses dans un délai toujours plus court. L’année dernière, à pareille époque, nous constations que 60 pays avaient envoyé des renseignements pour l’Annuaire, 44 pour l’enquête sur l’élaboration, l’utilisation et le choix des manuels scolaires, 48 pour l’enquête sur la rétribution du personnel enseignant primaire, et 45 pour celle sur l’enseignement des langues anciennes. Cette année, 59 pays ont fait parvenir leur réponse pour l’Annuaire, 52 pour la rétribution du personnel enseignant secondaire, 43 pour l’organisation de l’éducation préscolaire et 44 pour l’enseignement de la géographie dans les écoles secondaires. Du point de vue technique, nous pouvons affirmer une fois de plus que la quasi-universalité est une des caractéristiques du Bureau. La collaboration des pays non membres avec le Bureau nous permet d’espérer que, bientôt, nos relations avec ces pays se resserreront et qu’ils tiendront à se joindre à ceux qui appartiennent statutairement à notre organisation. En attendant, nous remercions ici tous les ministères de l’Instruction publique des pays non membres de leur précieuse collaboration à notre œuvre.

V. — Exposition permanente internationale
de l’instruction publique

Nous avons déjà fait mention de l’Exposition internationale de l’instruction publique, mise à la disposition des membres du Bureau pour faire connaître d’une façon concrète les progrès culturels et éducatifs accomplis chez eux. On pouvait douter qu’une telle entreprise fût réalisable et qu’elle portât les fruits attendus. Il faut d’ailleurs reconnaître d’emblée que, comme cela a été le cas au début de presque chacune des activités spéciales du Bureau, cette initiative a été contrariée par des circonstances éminemment défavorables. En dépit de ces obstacles, l’Exposition permanente de l’instruction publique compte dès maintenant six stands qui permettent de se représenter ce qu’elle sera le jour où tous les pays membres auront organisé leurs salles respectives.

L’année dernière, vous avez tous admiré avec nous la richesse de la documentation ainsi que le goût parfait du premier stand polonais. Cette année, le ministère de l’Instruction publique et des Cultes de la Pologne a voulu illustrer le niveau atteint par ce pays dans l’enseignement de la géographie. Je tiens à exprimer une fois de plus ma reconnaissance aux autorités polonaises, à Mme Michalowska, présidente du comité polonais pour l’Exposition et à M. Gabriel, le réalisateur de ces deux stands. À mes remerciements, j’ajoute mes plus vives félicitations. Il sera permis à un psychologue de dire le plaisir qu’il prend à voir représentées de manière aussi vivante les méthodes actives adoptées en Pologne pour initier les écoliers à l’orientation dans l’espace et à la construction des plans et des cartes.

C’est avec une grande satisfaction que nous avons appris que le ministère de l’Instruction publique de l’Égypte avait décidé d’aménager les deux stands qui lui avaient été réservés. Il est parfois difficile pour nous de comprendre les multiples difficultés que doivent surmonter des pays lointains comme l’Égypte pour mener à bien une telle entreprise. Grâce à l’attitude si bienveillante du ministère de l’Instruction publique égyptien envers le Bureau, grâce à la bonne volonté et au don d’organisation de M. Seifed-Dean et de ses collaborateurs et à l’intérêt qu’a toujours porté au Bureau le chef de la Mission scolaire égyptienne à Genève, M. le Dr Fahmy Bey, l’Exposition internationale de l’instruction publique contient, dès cette année, une importante collection de spécimens du travail scolaire des enfants égyptiens, des jeunes gens et des jeunes filles. Tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ces deux stands voudront bien trouver ici l’expression de notre vive gratitude.

L’année 1939 avait été choisie, par la Ville de Zurich, pour l’Exposition nationale suisse, exposition qui fait une large part à l’enseignement. Cette circonstance constituait un obstacle évident à la participation de la Suisse à notre Exposition. Toutefois, l’énergie du premier représentant du Conseil fédéral au conseil et au comité exécutif du Bureau, M. Adrien Lachenal — secondé par le secrétaire du département de l’Instruction publique de Genève, M. Henri Grandjean ; par le directeur de l’École des arts et métiers de Genève aussi et par le doyen de l’École des métiers — a triomphé de ces difficultés et a permis que la Suisse, représentée par Genève, fît, dès cette année, partie de notre Exposition. L’aménagement et le mobilier d’une des deux salles sont une manifestation tangible de la valeur des maîtres, comme de l’intérêt et de la capacité des élèves de l’École des arts et métiers. La seconde salle présente de façon très vivante la méthode employée dans le canton de Genève pour l’enseignement de la géographie, depuis l’école primaire jusqu’à l’Université. Je crois être l’interprète du conseil en remerciant tous ceux qui ont contribué à la réussite de ces deux salles. Nous tenons également à remercier M. le conseiller d’État Antoine Borel, secrétaire de la Conférence des chefs de départements de l’Instruction publique, d’avoir bien voulu poser à cette conférence la question de la participation de la Suisse à notre Exposition et collaborer à la solution trouvée pour cette année.

D’après les nouvelles officielles reçues du ministère de l’Instruction publique de la Hongrie et du ministère de l’Éducation nationale de la Roumanie, les stands de ces pays seront inaugurés très prochainement. Le Bureau international d’éducation se réjouit à l’idée d’accueillir les collections réunies par ces deux ministères dont les efforts en faveur de l’enseignement sont connus de tous.

Avant de clore ce chapitre, je désire formuler un vœu, celui de voir tous les autres pays membres du Bureau suivre l’exemple des pays que nous venons de citer. Ce n’est que lorsqu’elle sera complète, lorsque chaque membre occupera la place à laquelle il a droit, que l’Exposition permanente de l’instruction publique aura atteint son utilité maximum.

Deuxième partie
Recherches

I. — Organisation et législation scolaires

L’année dernière, le Bureau international d’éducation a effectué, à la suggestion de la Conférence de Santiago du Chili, une enquête sur la rétribution du personnel enseignant primaire. Cette enquête en appelait logiquement une deuxième sur la rétribution du personnel enseignant secondaire. J’ai déjà signalé dans mon dernier rapport les difficultés d’ordre technique que rencontre toute recherche sur la rétribution du personnel enseignant, surtout si, comme nous l’avons fait, l’on ne s’en tient pas à la seule question des traitements, mais que l’on cherche à y englober celles des indemnités, du paiement des activités accessoires, de la réglementation de la durée du travail, des retraites, des congés de maladie, d’invalidité, de la situation des professeurs secondaires étrangers, etc. Les ministères de l’Instruction publique de 52 pays ont répondu au questionnaire que le Bureau leur a envoyé. Le fait que le nombre des réponses reçues cette année est supérieur à celui de l’année dernière montre que le problème des conditions de vie du personnel enseignant secondaire ne préoccupe pas seulement les milieux professionnels, mais aussi les ministères de l’Instruction publique.

À la demande du délégué de la France, le comité exécutif avait chargé le Bureau d’entreprendre une étude sur l’organisation de l’éducation préscolaire. Nous avions pu nous rendre compte, lors de la discussion des rapports nationaux sur le mouvement éducatif de l’année, combien grand était l’intérêt que soulève actuellement, dans de très nombreux pays, la question de l’organisation de l’éducation préscolaire. L’enquête réalisée par le Bureau montre que, malgré la diversité des solutions qui ont été données, la position du problème est la même partout, de sorte qu’il peut utilement faire l’objet d’une recommandation de la part de la conférence. Le Bureau a entrepris cette étude en se plaçant uniquement au point de vue de l’organisation et sans prendre position dans les questions de méthodologie. Bien que le volume publié n’envisage ainsi qu’un aspect de la réalité, nous espérons que ce travail n’aura pas été inutile et qu’il contribuera au progrès de l’éducation préscolaire. Celle-ci est, en effet, toujours plus nécessaire, aussi bien du point de vue social que du point de vue pédagogique.

II. — Éducation intellectuelle

Poursuivant, selon le plan qu’il s’est tracé il y a quelques années, ses études sur le programme de l’enseignement du second degré, le Bureau international d’éducation a pu soumettre à la Conférence internationale de l’instruction publique de 1937 un rapport d’ensemble sur l’enseignement des langues vivantes, et à celle de 1938 un rapport sur l’enseignement des langues anciennes. Cette année, à la demande du délégué de l’Argentine, le Bureau a consacré une partie de son activité à l’enseignement de la géographie dans les écoles secondaires. Cette branche, qui était souvent enseignée jadis de la manière la plus livresque et la moins active — tant et si bien que le but en était de remplir la mémoire des élèves d’une nomenclature aussi complète que possible —, s’est révélée de plus en plus, grâce au progrès de la technique éducative, un instrument de culture générale et de compréhension des diverses civilisations. La géographie, c’est à la fois la géologie appliquée aux conditions actuelles, l’histoire devenue contemporaine et l’explication des phénomènes économiques fondamentaux, la géographie donc c’est en un sens la clef de l’étude des civilisations. Il était d’un intérêt capital de réunir et de comparer les initiatives prises au cours des dernières années par les différents pays pour développer un tel enseignement : c’est ce que le questionnaire envoyé en 1938 aux ministères de l’Instruction publique a cherché à obtenir.

Ce questionnaire, approuvé par le comité exécutif en sa séance du 30 avril 1938, porte sur les points suivants : place faite à l’enseignement de la géographie, importance de cet enseignement, but de l’enseignement de la géographie, programmes, orientation et méthodes, auxiliaires de l’enseignement de la géographie, professeurs qui donnent cet enseignement.

Notre attente n’a pas été déçue. Quarante-quatre pays ont répondu à notre questionnaire et nous ont permis de rédiger ainsi un volume de quelque 200 pages. Les renseignements obtenus sur la manière dont sont conçus les programmes et sur les méthodes actuellement employées sont particulièrement intéressants pour l’éducateur.

III. — Éducation internationale

L’enquête entreprise par le service de littérature enfantine avec l’aide de la fondation Rockefeller et portant sur les livres pour enfants en Amérique latine est en bonne voie. Des renseignements qui prennent parfois la forme de rapports détaillés nous sont parvenus des pays suivants : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, Équateur, Guatémala, Mexique, Nicaragua, Porto Rico, San Salvador, Uruguay. Plusieurs spécialistes de ces pays sont en rapport constant avec notre service de littérature enfantine et s’adressent à lui pour des listes d’ouvrages recommandés, d’Europe et d’Amérique du Nord.

À la demande du délégué de la Colombie au comité exécutif du Bureau, une nouvelle enquête a été entreprise sur l’organisation des bibliothèques scolaires. Le questionnaire de cette enquête a été envoyé aux ministères de l’Instruction publique.

La collection générale d’ouvrages pour l’enfance et la jeunesse continue à augmenter, ce qui rend indispensable la publication très prochaine d’un deuxième volume du catalogue intitulé Littérature enfantine et collaboration internationale, paru il y a quelques années. La rédaction de ce catalogue, qui représente un travail considérable, se poursuit d’une façon satisfaisante.

Des renseignements ont été fournis sur toutes les questions touchant à la littérature enfantine, des bibliographies diverses ont été établies, celles d’ouvrages recommandés pour la traduction sont particulièrement demandées.

Troisième partie
Information

I. — Renseignements

Correspondance. — Lettres reçues : troisième trimestre de 1938, 812 ; quatrième, 824 ; premier trimestre de 1939, 912 ; deuxième, 722 ; total du 1er juillet 1938 au 30 juin 1939, 3270. — Lettres expédiées : troisième trimestre de 1938, 1058 ; quatrième, 1175 ; premier trimestre de 1939, 1561 ; deuxième, 1156 ; total du 1er juillet 1938 au 30 juin 1939, 4950.

Visites reçues. — Troisième trimestre de 1938, 370 ; quatrième, 80 ; premier trimestre de 1939, 91 ; deuxième, 146 ; total du 1er juillet 1938 au 30 juin 1939, 667. Il y a lieu de remarquer ici que, depuis l’installation du Bureau au palais Wilson, en 1937, le nombre des visiteurs ne cesse de s’accroître. Alors qu’il était seulement de 326 en 1936-1937, il est monté à 480 l’année dernière et s’augmente encore cette année de presque 200.

Renseignements fournis. — Notre service d’information, toujours prêt à répondre aux multiples demandes qui lui sont adressées, a été particulièrement actif cette année. Nous nous efforçons toujours de renseigner rapidement les personnes qui s’adressent à nous et de leur fournir toutes les indications susceptibles de faciliter et de guider leurs travaux. Le nombre des bibliographies établies sur les sujets pédagogiques et scolaires les plus variés s’accroît d’année en année ; d’autre part, elles sont constamment remises à jour et complétées.

Échange de législation scolaire. — Le Bureau a communiqué aux ministères de l’Instruction publique et à la presse pédagogique les textes législatifs suivants :

Extraits de l’arrêté du 23 mars 1938 du ministère de l’Éducation nationale de la France fixant les programmes du cours de fin d’études primaires.

Règlement du cours d’éducation civique pour l’âge postscolaire, signé par le chef du département de l’Instruction publique et des Cultes du canton de Vaud (Suisse).

Extraits de la circulaire du 26 janvier 1938 concernant le plan et le programme détaillé du cours de préparation à l’enseignement maternel, signé par le directeur de l’Instruction publique de l’État de Mysore (Inde).

Extraits des instructions relatives à l’application des arrêtés du 30 août et du 11 avril 1938 fixant les programmes de l’enseignement du second degré, signées le 30 septembre 1938 par le ministère de l’Éducation nationale de la France.

Extraits de la loi du 8 juillet 1938 relative à la scolarité obligatoire sur le territoire du Reich.

Extraits du décret du 8 août 1938 relatif à l’examen en vue de l’admission sans baccalauréat aux études universitaires du Reich.

Circulaire du chef du département de l’Éducation du Conseil du comté de Surrey (Angleterre), envoyée le 2 septembre 1938, au sujet des devoirs à domicile en relation avec le programme des écoles primaires.

Extraits de la loi du 7 juillet 1938 sur l’éducation physique en Turquie.

Extraits de la loi du 8 avril 1938 sur l’enseignement primaire et secondaire en Équateur.

Extraits de la Charte de l’école approuvée par le Grand Conseil fasciste dans sa réunion du 15 février 1939.

Communiqués à la presse pédagogique. — Outre les textes législatifs mentionnés plus haut, le Bureau a envoyé aux revues pédagogiques les communiqués suivants :

VIIe Conférence internationale de l’instruction publique.

Un exemple de self-government aux États-Unis.

Les offices de consultations pédagogiques en Écosse.

L’éducation des enfants de bateliers aux Pays-Bas.

L’œuvre des écoles expérimentales aux États-Unis.

L’Académie d’éducation physique Joseph-Pilsudski à Varsovie.

Le projet fédéral de beaux-arts aux États-Unis.

Service d’échange de textes radiophoniques (États-Unis).

École rurale avec internat en Hongrie.

Les écoliers et la culture maraîchère (Irlande et Suisse).

VIIIe Conférence internationale de l’instruction publique.

Expériences scolaires de préparation à la responsabilité sociale (Angleterre).

Enquête sur l’organisation des bibliothèques scolaires.

L’éducation physique dans l’enseignement primaire.

Exposition internationale de l’instruction publique, le stand polonais.

Éducation rurale en Angleterre.

II. — Documentation

Les publications reçues des divers pays et qui constituent nos sources d’information deviennent toujours plus nombreuses, ce qui augmente l’intérêt et l’importance de notre bibliothèque pédagogique.

C’est avec un grand empressement que les éditeurs nous font parvenir leurs nouveautés pédagogiques, grâce auxquelles nous sommes au courant des tendances les plus modernes qui se manifestent dans l’éducation.

Signalons particulièrement l’enrichissement continu de notre collection de périodiques. Plusieurs nouveaux échanges de revues ont été organisés cette année. Le dépouillement régulier et systématique de ces publications est l’une des tâches importantes de notre section d’information et contribue à l’extension de notre fichier documentaire. Rappelons que ce fichier est à la disposition de toutes les personnes qui désirent le consulter.

En outre, les ministères de l’Instruction publique continuent à nous adresser leurs publications qui viennent enrichir notre collection de législation scolaire.

Notre bibliothèque contient enfin une série de rapports de congrès et d’annuaires pédagogiques internationaux, ainsi qu’une collection de publications non officielles consacrées à l’éducation dans les différents pays, qui sont de précieuses sources d’information pour les études de pédagogie comparée.

III. — Publications

Le Bureau a fait paraître les publications suivantes durant l’année 1938-1939 :

Bulletin du Bureau international d’éducation (éditions française et anglaise) (416 pages).

VIIe Conférence internationale de l’instruction publique. Procès-verbaux et résolutions (126 pages).

La Rétribution du personnel enseignant secondaire (356 pages).

L’Enseignement de la géographie dans les écoles secondaires (210 pages).

L’Organisation de l’éducation préscolaire (216 pages).

Annuaire international de l’éducation et de l’enseignement 1939 (518 pages).

Ce qui fait un total de 1842 pages.

IV. — Propagande

Le Bureau continue à se faire représenter régulièrement aux réunions du Comité d’entente des grandes associations internationales par sa secrétaire générale. Ces réunions ont eu lieu à l’Institut international de coopération intellectuelle, à Paris, et au secrétariat de la Société des Nations, à Genève.

Le directeur du Bureau a fait durant l’année un certain nombre de conférences sur la psychologie de l’enfant, notamment à Anvers, à la Société pour l’étude de l’enfance de La Haye, et à l’Université de Liège, à l’occasion du Xe anniversaire de l’Institut supérieur de pédagogie.

Conclusion

Il y a dix ans, Messieurs, que le Bureau international d’éducation a été fondé ou plutôt recréé sous sa forme actuelle après avoir vécu quatre années à l’état d’institution privée. Je ne veux pas insister sur les difficultés — en un sens croissantes — que nous avons rencontrées dans l’accomplissement de notre tâche, je préfère souligner au contraire les privilèges dont nous avons été très conscients. Nous nous trouvons, après les dix premières années, plus riches de travaux, de collaborations, d’amitiés et d’expériences. Toutefois, nous sommes effrayés, une fois de plus, de la disproportion totale qui existe entre l’œuvre qu’il eût fallu accomplir et celle à laquelle les moyens dont nous disposons nous ont forcément limités. Si les sociétés humaines, à la différence des sociétés animales qui sont presque uniquement réglées par les instincts héréditaires, sont surtout un produit de l’éducation que les générations se passent de l’une à l’autre, il faut avouer que le monde contemporain offre matière à de singuliers retours sur soi-même. Est-ce là une raison pour renoncer à travailler ? Si l’on compare les résultats atteints avec les espérances que chacun a pu former, avec celles que les sociétés entières conçoivent dans les moments d’enthousiasme, certes il y aurait de quoi. Mais si l’on se place au point de vue d’une connaissance de l’histoire plus objective et moins abusée, on en vient à sentir un impérieux devoir, qui est de ne désespérer ni de l’homme ni surtout de l’enfant.