Rapport du directeur. Le Bureau international d’éducation en 1943-1944 (1944) a 🔗
Introductionđź”—
Après cinq ans de guerre, au cours desquelles il est parvenu à poursuivre son activité avec l’appui de l’unanimité de ses membres, et à la développer dans le sens d’une aide intellectuelle à toute une catégorie de victimes du conflit, le Bureau international d’éducation songe aujourd’hui à l’après-guerre et à l’ensemble impressionnant des tâches, durables ou relatives aux circonstances, qui l’attendent demain.
Tâches permanentes, d’une part : jamais il ne sera plus utile, après la catastrophe sans pareille qui s’est abattue sur l’humanité, de remettre en évidence les « constantes » de l’éducation : le droit de l’enfant à recevoir une formation intellectuelle et morale et les conditions nécessaires à cette double formation. De ce point de vue, les Recommandations de la conférence internationale de l’instruction publique, que le Bureau vient de rééditer en un recueil d’ensemble, constituent un cadre suffisamment précis pour inspirer un large plan d’action. Nul doute, d’autre part, que les prochaines conférences internationales de l’instruction publique, reprenant la filière de celles qui réunissaient avant-guerre la grande majorité des États, ne soient conduites à formuler une sorte de Charte de l’éducation, rappelant les principes essentiels auxquels les institutions pédagogiques de tous les pays civilisés adhèrent sans restriction.
Tâches de l’heure présente, d’autre part : une jeunesse privée des enseignements indispensables à la vie, sous-alimentée et nerveusement ébranlée, un corps enseignant décimé, l’absence de manuels et d’ouvrages scientifiques, la pénurie du matériel scolaire à tous les degrés (jusqu’aux laboratoires de l’enseignement supérieur), la ruine des bâtiments scolaires et une situation économique empêchant de remédier promptement à tous ces désastres, tel est le bilan. Avec d’autres institutions officielles et privées, le Bureau international d’éducation se doit de consacrer l’essentiel de ses forces à la reconstruction éducative et spirituelle qui est le programme de demain.
En abordant cette double tâche, le Bureau international d’éducation, fort de l’appui des pays membres qui n’ont cessé de le soutenir pendant la guerre elle-même, se sent aussi instruit par sa propre expérience. Ce n’est pas en vain que, de 1925 à 1939, nous avons acquis une technique de la collaboration internationale en matière d’éducation : les recherches poursuivies, le Bulletin, l’Annuaire de l’instruction publique, la préparation des conférences annuelles et tous les détails obscurs de ces activités multiples nous ont permis de forger un instrument de travail qui peut aujourd’hui déployer ses effets.
Pendant les hostilités, d’autre part, la mise en œuvre de tout le Service d’aide intellectuelle aux prisonniers de guerre nous a permis de faire l’expérience d’une activité à laquelle nous n’étions nullement préparés.
C’est cette double expérience, due à nos activités permanentes et aux services du temps de guerre, qui nous rend confiants au moment d’entreprendre une série de tâches nouvelles dont plusieurs seront immenses. Ce n’est pas que le Bureau international d’éducation se propose de faire des miracles, ni qu’il se croie seul à l’œuvre, mais là où il sera appelé à collaborer à la reprise de la vie normale, il est certain d’avoir une mission particulière à remplir.
Première partie
Questions administrativesđź”—
I. Relations avec les pays membresđź”—
L’appui moral et matériel que le Bureau n’a cessé de rencontrer auprès des pays affiliés est un des facteurs qui l’ont aidé le plus puissamment à traverser cette dure période de guerre.
Quand on songe aux soucis de toutes sortes de leurs autorités scolaires et aux souffrances endurées par leurs populations, on comprend mieux le prix que le Bureau attache à cette fidélité.
La guerre est, par définition, la négation de la vie internationale. Si celle-ci a pu continuer à se manifester dans le domaine pédagogique, c’est parce que le monde est profondément convaincu du rôle grandissant que l’avenir réserve à l’éducation.
Grâce à ce noyau qui, à Genève, a résisté à la tempête, tout ne sera pas à recommencer au lendemain de la guerre. Il ne sera pas nécessaire, comme dans tant d’autres aspects de la vie internationale, de créer en partant du néant.
Avant le déclenchement des hostilités, ce groupement initial s’agrandissait régulièrement d’une ou de deux unités par an. Il était naturel que la guerre interrompît le recrutement de nouveaux membres. C’est donc avec d’autant plus de satisfaction que nous avons enregistré cette année une nouvelle adhésion : celle du gouvernement finlandais.
Il y a longtemps que nous entretenons des relations fructueuses avec la Finlande. Les délégations finlandaises ont participé activement aux conférences internationales de l’instruction publique organisées par le Bureau, et la collaboration du ministère de l’Instruction publique d’Helsinki à nos travaux techniques s’est toujours montrée efficace et fertile. Le comité de gestion voudra bien se joindre à nous pour exprimer au gouvernement finlandais notre reconnaissance et notre joie de voir dorénavant la Finlande prendre place à côté des autres membres du Bureau.
II. Relations avec les autres paysđź”—
Le Bureau international d’éducation est un exemple d’organisation internationale de type fédératif, se développant au fur et à mesure que de nouveaux membres viennent s’adjoindre au noyau initial. Les tentatives de créer une institution qui atteigne l’universalité dès le début ayant échoué, les fondateurs du Bureau ont préféré ce système progressif, plus lent sans doute, mais qui a donné à notre institution une base assez stable pour traverser une crise aussi grave que celle de la guerre actuelle. L’expérience a démontré que nos fondateurs avaient raison et que nous avions tout intérêt à maintenir ce principe fédératif.
Nous avons pu constater qu’au point de vue technique, l’universalité dans le domaine éducatif n’est pas impossible. Les conférences internationales de l’instruction publique en sont un exemple. Il en est de même pour les travaux d’information et de recherches entrepris par le Bureau.
Les assises internationales de l’éducation convoquées chaque année à Genève par le Bureau international d’éducation ont été suivies par une soixantaine de pays. Notre Bulletin et nos publications monographiques contiennent des informations et des données pédagogiques sur le monde entier. Tous les pays, même sans faire partie du conseil et du comité exécutif, ont eu l’occasion ainsi de coopérer à l’œuvre et à l’activité du Bureau.
La fin de la guerre va ouvrir à la coopération internationale dans le domaine éducatif des possibilités illimitées. La raison d’être d’une organisation assurant cette coopération n’est plus discutée comme il y a vingt ans. Il faut saisir cette conjoncture pour lui donner les développements qu’elle comporte. Ceci s’avère d’autant plus facile que l’instrument de travail existe et qu’il a pu être préservé.
Compte tenu des lois de l’évolution qui régissent aussi bien la vie nationale que la vie internationale, il s’agira de mettre nos vingt ans d’expérience au service des conceptions et des besoins éducatifs de demain.
III. Service d’aide intellectuelle aux prisonniers de guerre🔗
Les rapports que le Bureau reçoit régulièrement lui prouvent d’une façon tangible que son œuvre humanitaire ne cesse d’être appréciée dans les camps de prisonniers. Dans l’impossibilité d’en faire état ici, nous nous bornerons à signaler que, pendant l’exercice qui nous occupe, le service a battu une fois de plus le record de ses envois.
Au début de juillet 1943, celui-ci avait pu faire parvenir 361 263 livres aux camps de prisonniers de tous les continents. En juillet 1944, le chiffre de 566 800 était atteint. C’est dire qu’en une seule année, plus de 200 000 livres ont été envoyés, ce qui représente une expédition quotidienne de 700 volumes.
Ces chiffres auraient été plus éloquents encore si la difficulté à se procurer des livres ne s’était pas accentuée. La crise de l’édition, due au manque de papier et de main-d’œuvre, la difficulté des transports et la destruction des stocks sont venues entraver fortement notre activité. La collecte de livres réalisée en Suisse au nom des institutions s’occupant d’aide intellectuelle aux prisonniers nous a permis toutefois de satisfaire les demandes les plus pressantes des bibliothèques de camps.
Tout en faisant bénéficier de son aide tous les prisonniers sans distinction, le Bureau a naturellement voué un intérêt particulier aux membres du personnel enseignant retenus en captivité. Il a contribué à la constitution, dans une quarantaine de camps, de groupes d’études pédagogiques, dont quelques-uns ont fait preuve d’un esprit d’initiative que nous nous plaisons à souligner ici. Ne voyons-nous pas un de ces groupes organiser des « journées de l’enfant », accompagnées d’une exposition enfantine comprenant les dessins envoyés aux camps par les enfants des prisonniers ?
Nous avons tenu à encourager ces cercles d’études en leur fournissant la littérature pédagogique indispensable et en leur faisant le service de nos publications et de notre Bulletin. Le jugement porté par un de ces cercles sur cette publication trimestrielle nous a profondément touchés : « Cette vue panoramique de tant de dévouement à la cause de l’éducation nous rappelle dans des heures noires que la ferveur éducative n’est pas éteinte ; qu’elle ne saurait s’éteindre. Tout ceci nous réconforte et nous donne le courage nécessaire pour continuer, sous une forme différente, cette œuvre. »
Le Bureau a collaboré en outre à l’organisation du « concours de la captivité », institué pour stimuler l’intérêt d’études des prisonniers de guerre et leur fournir l’occasion de faire connaître à l’extérieur le fruit de leur travail. Ce concours a porté sur les branches suivantes : architecture, génie civil, pédagogie, psychologie, physique, mathématiques, beaux-arts, littérature, droit, économie, théologie, biologie et médecine. Le Bureau a assuré le fonctionnement de trois des neuf jurys nommés pour juger les travaux. Nous tenons à féliciter ici les lauréats dont les études — souvent remarquables — témoignent toutes de l’endurance de leur esprit et d’une énergie digne d’admiration. Dans le domaine qui nous touche de plus près, quelques dissertations sur l’école d’après-guerre nous ont paru intéressantes.
Le Bureau a prêté aussi sa collaboration à la section d’aide intellectuelle aux prisonniers de guerre américains créée récemment à Genève par l’USAFI. La participation du Bureau porte surtout sur le contrôle des études poursuivies par les prisonniers en vue de leur validation ultérieure par les autorités académiques américaines.
IV. La reconstruction éducative🔗
Les circonstances créées par la guerre ont porté le Bureau international d’éducation à élargir le programme de son activité du temps de paix et à mettre sur pied un Service d’aide intellectuelle aux prisonniers.
Les mêmes circonstances nous obligent aujourd’hui à ne pas mettre un point final à cette activité humanitaire et à la continuer dans le cadre de la reconstruction éducative.
Dans sa réunion de décembre 1943, le comité de gestion a chargé le bureau du comité d’examiner avec la direction la contribution que le Bureau international d’éducation pouvait apporter à l’œuvre de reconstruction spirituelle et éducative du monde. Il a décidé en outre de nommer une commission consultative sur cette question.
La tâche est immense, répétons-le. Nous ne l’aurions pas entreprise si nous n’avions pas su que d’autres organisations s’apprêtaient, elles aussi, à collaborer à cette œuvre gigantesque. Comme pour l’aide intellectuelle aux prisonniers de guerre, le Bureau devra porter son effort dans les domaines où son action peut s’avérer la plus efficace.
La commission consultative s’est déjà mise au travail. Elle a élaboré un plan d’action portant notamment sur les points suivants : a) aide aux bibliothèques pédagogiques et scientifiques ; b) fourniture de manuels et de matériel scolaires ; c) personnel enseignant ; d) réformes éducatives d’après-guerre.
L’aide aux bibliothèques pédagogiques et scientifiques nous est apparue d’emblée comme une suite logique du Service d’aide intellectuelle aux prisonniers de guerre. L’expérience acquise sera là d’une grande utilité. Notre intérêt — cela va sans dire — se portera avant tout aux bibliothèques pédagogiques. Mais il n’est pas exclu que, par la force des choses, nous soyons amenés à nous occuper aussi de la fourniture de livres scientifiques ou classiques.
Il est fort probable aussi que l’aide aux bibliothèques ne se limitera pas aux pays dévastés. La guerre, en effet, a fortement entravé l’échange bibliographique dans le monde entier et les bibliothèques auront besoin partout de combler des vides. Nous songeons, par exemple, aux collections de revues pédagogiques et scientifiques. Celles-ci devront être complétées et, là aussi, les bons offices du Bureau pourront s’avérer utiles.
La question des manuels scolaires a préoccupé la commission dès le début de ses travaux. Remarquons que les autorités scolaires trouveront un bon nombre de suggestions pratiques soit dans l’enquête réalisée antérieurement par le Bureau sur l’élaboration des manuels, soit dans les collections de l’Exposition permanente de l’instruction publique.
Le Bureau international d’éducation vient d’être appelé déjà à rendre des services immédiats pour la réédition de manuels : c’est grâce à son intervention que les manuels scolaires dont le gouvernement du Luxembourg avait besoin ont pu être réédités en Suisse.
Quant au personnel enseignant, certains pays atteints par la guerre se trouveront sans doute devant la nécessité, tout au moins pour un temps et pour certaines catégories de maîtres, de compléter leurs cadres pédagogiques par du personnel étranger. Le Bureau est bien placé, nous semble-t-il, pour servir à l’occasion d’intermédiaire entre les autorités scolaires et les maîtres susceptibles de s’expatrier.
Nous n’avons pas manqué de nous intéresser aussi tout particulièrement aux cours organisés dès maintenant pour la formation des maîtres prêts à travailler dans les pays victimes de la guerre et des moniteurs chargés de l’éducation de la jeunesse abandonnée.
C’est toutefois dans le domaine des réformes éducatives que l’intervention du Bureau peut avoir, à notre avis, la plus grande répercussion. Cette activité d’après-guerre rejoint d’ailleurs, par une évolution toute naturelle, l’activité d’ordre technique qui a toujours été la sienne.
Le courant en faveur d’une réorganisation de l’école qui réponde davantage aux besoins des temps présents devient de plus en plus fort. Nous le faisons remarquer plus loin. Certains pays n’ont pas hésité à entreprendre dès maintenant des réformes. D’autres s’apprêtent à le faire dès que les circonstances le leur permettront.
Cette reconstruction éducative ne pourra être viable que si elle est basée sur la connaissance exacte des faits et des expériences précédentes. Le Bureau international d’éducation tient à attirer l’attention des ministères de l’Instruction publique sur la documentation relative à l’organisation scolaire et à la didactique qu’il a pu recueillir depuis sa fondation. Il tient aussi à faire état des nombreuses enquêtes réalisées par lui, enquêtes portant toutes sur des problèmes scolaires qui continuent à se poser aux administrations.
Le Bureau met volontiers à la disposition des services techniques des ministères toutes ces informations. Il se tient prêt en outre à étudier — il l’a du reste déjà commencé — les nouveaux problèmes pédagogiques que l’après-guerre mettra au premier plan.
V. Les recommandations aux ministères de l’Instruction publique🔗
En formulant chaque année des recommandations sur les points inscrits à son ordre du jour, la Conférence internationale de l’instruction publique a élaboré peu à peu un corps de doctrine pédagogique pouvant servir de source d’inspiration, non seulement aux autorités scolaires, mais aux éducateurs en général.
Le Bureau vient de réunir, sous forme de recueil, cet ensemble de 200 articles portant sur les 18 points suivants : 1) La scolarité obligatoire et sa prolongation ; 2) L’admission aux écoles secondaires ; 3) Les économies dans le domaine de l’instruction publique ; 4) La formation professionnelle du personnel enseignant primaire ; 5) La formation professionnelle du personnel enseignant secondaire ; 6) Les conseils de l’instruction publique ; 7) L’organisation de l’enseignement spécial ; 8) L’organisation de l’enseignement rural ; 9) La législation régissant les constructions scolaires ; 10) L’inspection de l’enseignement ; 11) L’enseignement des langues vivantes ; 12) L’enseignement de la psychologie dans la préparation des maîtres primaires et secondaires ; 13) La rétribution du personnel enseignant primaire ; 14) L’enseignement des langues anciennes ; 15) L’élaboration, l’utilisation et le choix des manuels scolaires ; 16) La rétribution du personnel enseignant secondaire ; 17) L’organisation de l’éducation préscolaire ; 18) L’enseignement de la géographie dans les écoles secondaires.
Ces recommandations, votées par des représentants mandatés de près de 60 gouvernements appartenant à tous les continents, constituent une sorte de code international dont on ne saurait sous-estimer la portée. Elles n’ont pas le caractère de conventions — les États s’étaient montrés avant 1939 très réticents dans ce domaine —, mais elles expriment un idéal pédagogique acceptable par tous les pays. Elles tiennent compte en même temps de la situation scolaire des différentes nations, puisqu’elles ont été élaborées sur la base des résultats des enquêtes entreprises au préalable par le Bureau auprès des administrations nationales.
Ces recommandations, croyons-nous, gardent aujourd’hui toute leur valeur. Elles seront consultées avec profit par les autorités qui cherchent à adapter leur système éducatif aux besoins scolaires de l’après-guerre.
Et ne peuvent-elles pas servir aussi de levier puissant aux éducateurs et à l’opinion publique pour le triomphe de leurs revendications ? Des revues pédagogiques se sont déjà réclamées de l’autorité du recueil des Recommandations pour justifier telle ou telle réforme. On ne saurait concevoir, en effet, de meilleur soutien pour les innombrables praticiens qui cherchent à améliorer les formes existantes d’organisation scolaire que l’unanimité avec laquelle les représentants officiels de tant de pays ont adopté les principes contenus dans ces recommandations.
VI. Timbres du Bureauđź”—
Les dépenses extraordinaires exigées par le Service d’aide intellectuelle aux prisonniers de guerre avaient décidé le comité de gestion à émettre deux vignettes de bienfaisance. Ces vignettes, portant l’effigie de deux grandes figures de la pédagogie suisse : Pestalozzi et le père Girard, sont maintenant bien connues du public.
L’expérience a révélé que ces émissions procuraient non seulement des ressources appréciables, mais constituaient aussi un excellent moyen de propagande pour faire connaître l’œuvre du Bureau. Elle nous a encouragé à envisager la formation d’une collection non seulement de vignettes, mais de timbres-poste consacrés aux grands éducateurs.
L’émission d’un timbre-poste roumain à l’effigie de Maiorescu a démontré la possibilité de réaliser cette idée et d’obtenir l’assentiment des autorités postales.
Le Bureau a édité d’autre part un petit album qui, tout en stimulant les collectionneurs, fait connaître, par une notice biographique et des citations, la personnalité de l’éducateur représenté par le timbre.
La Direction générale des postes, télégraphes et téléphones suisses a voulu à son tour apporter sa part à l’initiative philatélique du Bureau. Elle ne s’est pas associée à la série des grands éducateurs mais a désiré émettre une série de timbres de service spéciaux, consistant en timbres-poste suisses des valeurs courantes d’affranchissement de 3 et à 10 francs et portant la surcharge « Courrier du Bureau international d’éducation ».
Ces timbres de service ont paru le 15 août 1944 et ne peuvent affranchir que des envois du Bureau. Ils sont, par contre, comme les timbres de service de la Société des Nations et du Bureau international du travail, vendus pour collections, oblitérés ou non, par le service philatélique de la Direction générale des postes, télégraphes et téléphones ou par la direction de l’arrondissement postal à Genève.
Le Bureau est actuellement en tractations avec d’autres pays en vue de l’émission de nouveaux timbres dans la collection des grands éducateurs. Ceci nous permet d’espérer que l’année prochaine la collection se sera enrichie de quelques unités.
Deuxième partie
Recherchesđź”—
EnquĂŞtesđź”—
Notre division des recherches a mis au point pendant l’exercice 1943-1944 le texte du volume que nous consacrons à l’enseignement de l’hygiène dans les écoles du premier et du second degré.
L’intérêt que présente actuellement un tel problème est indéniable. La famine, les restrictions et les maladies ont fait, dans la majorité des peuples en guerre, des ravages dont nous avons peine à réaliser toute l’ampleur. La santé et la vigueur des générations futures se trouvent grandement compromises puisque l’enfance est forcément la première victime de cette détresse.
À côté des secours d’urgence, il faut prévoir une action préventive dans laquelle l’école aura un rôle important à jouer. L’enseignement théorique, mais surtout pratique de l’hygiène doit prendre dans les programmes scolaires une place beaucoup plus grande que jamais.
Notre volume, avec son étude globale résumant sous forme de synthèse les résultats de notre enquête et ses monographies décrivant les modalités de cet enseignement dans les différents pays, offrira une source de documentation des plus complètes.
Voici les principaux points sur lesquels a porté le questionnaire qui a servi de base à l’enquête : classes dans lesquelles cet enseignement est donné ; âge des élèves ; caractère obligatoire ou facultatif de cet enseignement ; institutions scolaires officielles ou privées propagatrices de l’enseignement de l’hygiène à l’école ; buts de cet enseignement ; résumé des programmes appliqués dans les écoles de garçons et de filles, dans les écoles rurales et dans les écoles urbaines ; méthodes employées ; place faite à l’enseignement théorique ; applications pratiques de cet enseignement dans les crèches, consultations, etc. ; préparation spéciale du personnel enseignant ; collaboration des médecins et des infirmières ; transformations envisagées actuellement dans l’enseignement de l’hygiène.
Les deux autres enquêtes entreprises dernièrement par le Bureau, la gratuité du matériel scolaire et l’égalité d’accès à l’enseignement du second degré, répondent l’une et l’autre à la préoccupation générale d’une plus grande justice scolaire. Leur dépouillement étant encore en cours, nous nous bornerons à exposer sommairement le cadre de nos recherches.
L’enquête sur la gratuité du matériel scolaire aborde les questions suivantes : dispositions législatives prévoyant cette gratuité ; classes et catégories d’élèves bénéficiant de cette gratuité ; matériel distribué gratuitement par les administrations scolaires (manuels, fournitures, matériel pour l’enseignement ménager, pour l’éducation physique, pour les jeux, etc.) ; reprise du matériel à la fin de son emploi; instances auxquelles incombe la fourniture de ce matériel (État, province, commune, etc.) ; dépense moyenne par élève ; fabrication des fournitures scolaires (entreprises officielles ou privées) ; bureaux chargés de la distribution de ce matériel ; date à laquelle la gratuité du matériel a été introduite et modifications prévues pour l’avenir.
Le Bureau envisage l’enquête sur l’égalité d’accès à l’enseignement du second degré comme un complément des recherches réalisées précédemment sur l’admission aux écoles secondaires. C’est pourquoi nous avons évité, dans le choix des questions, de faire double emploi avec les problèmes soulevés dans notre première étude. Notre nouvelle enquête présente deux aspects : celui de la sélection et de la différenciation des élèves et celui de l’aide aux biens doués.
Dans la première partie, nous étudions tout d’abord les différents systèmes d’admission des élèves à l’enseignement du second degré (observations faites sur les écoliers au cours de leur scolarité primaire ; résultat d’un examen d’entrée ; système mixte). Une place est réservée ensuite aux classes d’orientation, classes d’essai, écoles primaires pour bien-doués, écoles secondaires pour une élite. Nous passons finalement aux méthodes d’acheminement vers les différentes écoles du second degré (préférences de l’élève, observations faites à l’école, examen de sortie ou d’entrée, examen d’aptitudes, etc.).
Quant à l’aide aux biens doués, objet de la seconde partie, nous l’examinons aux points de vue suivants : gratuité ou non de l’enseignement du second degré ; s’il est payant, montant de la rétribution scolaire exigée, réductions et exemptions prévues ; facilités de transport ; les bourses : par qui sont-elles octroyées (autorités, associations privées, particuliers), leur montant, les bénéfices auxquels elles donnent droit ; possibilités de préparer le baccalauréat pour les jeunes gens ayant dû prendre du travail salarié à la sortie de l’école primaire ; baccalauréat artistique donnant accès à l’université ; situation des jeunes gens empêchés de terminer leurs études secondaires à cause de la guerre. Enfin le dernier chapitre, concernant les réformes prévues dans le sens de cette enquête, ne sera pas le moins intéressant. Il nous permettra de donner un aperçu des projets qui s’élaborent à propos d’un des aspects les plus caractéristiques de la reconstruction éducative.
Troisième partie
Informationđź”—
I. — Renseignements🔗
La tâche d’une section dont le propre est de se tenir au courant de ce qui se passe dans le monde n’est certes pas facilitée lorsque les communications avec l’extérieur s’avèrent de plus en plus rares et compliquées. Il faut bien admettre que les renseignements que nous pouvons glaner sur l’activité pédagogique des différents pays sont souvent fragmentaires et ne sont pas toujours de première main. Nous pouvons affirmer sans présomption cependant que notre division d’information, pour autant que les circonstances le lui permettent, n’a pas failli à sa tâche. Les documents et les revues qu’elle reçoit, s’ils lui parviennent en moins grand nombre, sont dépouillés avec d’autant plus de soin. Les fichiers, dossiers et bibliographies sur tel ou tel sujet sont complétés et mis à jour chaque fois que l’occasion s’en présente. Enfin, le Bulletin, qui constitue l’activité par excellence de cette division, a continué à paraître régulièrement.
Nous avions annoncé l’année dernière la composition d’un fichier spécial sur les répercussions de la guerre sur la vie scolaire et sur l’enseignement. Ce fichier s’agrandit et se complète. Il a déjà servi à des personnes qui étudient les conséquences de l’époque catastrophique actuelle sur la santé physique et morale de l’enfant, aussi bien que sur ses capacités intellectuelles et sur ses possibilités d’études.
Une autre préoccupation, mise au premier plan dans les milieux éducatifs les plus divers, et qui fait suite en quelque sorte à celle que nous venons de relever, est celle de la reconstruction éducative, soit sur le plan international, soit sur le plan national. Sur ce sujet également, nous nous sommes documentés à fond et nous avons constitué des dossiers d’un intérêt tout particulier. Nous avons pu constater que le terme de reconstruction éducative ne s’applique pas uniquement à la reconstruction matérielle des écoles et du matériel d’enseignement détruits ou endommagés par la guerre, mais aussi à tout un effort de réformes scolaires visant à un approfondissement des buts de l’éducation et à une meilleure adaptation de l’enseignement aux besoins de la vie présente. La guerre, faisions-nous déjà remarquer dans notre rapport de l’année dernière, aura eu cet effet positif de rendre les autorités scolaires et le personnel enseignant plus conscients de leurs responsabilités et du rôle de l’enseignement pour assurer la stabilité du monde. Nous nous efforçons donc de suivre de très près ces mouvements de réforme, dont les tendances s’accentuent dans le sens de la justice scolaire, c’est-à -dire de l’égalité des possibilités d’accès à l’enseignement, quelle que soit la situation sociale ou matérielle des parents. Parallèlement à notre enquête sur l’égalité d’accès à l’enseignement secondaire, nous recueillons toutes les informations relatives à ces problèmes importants.
Notre Bulletin se fait l’écho des circonstances et des préoccupations que nous venons de souligner. Les faits qui y sont relatés brièvement offrent, avec les ouvrages signalés dans la partie bibliographique, une image aussi exacte que possible de l’état de l’école et de l’enseignement et des aspirations pédagogiques à l’heure actuelle. L’accueil fait à ce Bulletin, en particulier dans les pays privés de communications avec une bonne partie du monde, nous permet de croire qu’il est apprécié et que nous avons eu raison de le maintenir en dépit des difficultés. Pendant l’exercice écoulé, nous avons pu faire paraître, comme d’habitude, quatre numéros de 40 pages chacun. Ils ont donné des nouvelles sur 33 pays différents et les comptes rendus de 245 ouvrages pédagogiques.
En terminant ce chapitre, nous indiquerons, selon l’usage, le nombre des lettres reçues et expédiées par le Bureau pendant l’année :
Lettres reçues : troisième trimestre 1943 : 3484 ; quatrième : 2949 ; premier trimestre 1944 : 3530 ; deuxième : 3054 ; total du 1er juillet 1943 au 30 juin 1944 : 13 017.
Lettres expédiées : troisième trimestre 1943: 6419 ; quatrième: 4614 ; premier trimestre 1944 : 4835 ; deuxième : 5099 ; total du 1er juillet 1943 au 30 juin 1944 : 20 967.
II. — Documentation🔗
Il nous suffira d’énoncer dans ce chapitre l’état des collections de publications qui composent notre bibliothèque. Ces collections représentent des sources de documentation toujours à la disposition des étudiants et des spécialistes qui y trouvent, dans les branches les plus variées de la pédagogie, de la psychologie de l’enfant, de l’organisation scolaire et de l’éducation comparée, matière à satisfaire leur curiosité et à alimenter leurs travaux de recherches.
Durant l’année 1943-1944, la bibliothèque s’est augmentée de 452 ouvrages. Elle atteint au 30 juin 1944 un total de 42 212 volumes et brochures qui se répartissent comme suit :
Collection d’ouvrages de pédagogie et de psychologie : 15 503.
Collection de publications officielles et dispositions législatives des ministères de l’Instruction publique : 8011.
Collection de documents privés sur l’enseignement dans les divers pays : 2911.
Collection de manuels scolaires et ouvrages complémentaires : 7007.
Collection de littérature enfantine : 8780.
La collection des revues pédagogiques, dont la valeur numérique est plus difficile à établir, n’est pas comprise dans ce total. Elle occupe cependant une large place sur nos rayons et offre un champ de documentation particulièrement vaste et fécond. La limitation des communications postales a forcément restreint le nombre des revues que nous recevons régulièrement, mais nous en avons reçu encore un bon nombre de l’étranger et nous cherchons à mettre nos collections à jour dès que le contact normal se rétablit avec tel ou tel pays.
III. — Publications🔗
Deux des publications éditées par le Bureau cette année émanent de son désir d’avoir toujours à portée des informations précises et complètes sur le mouvement éducatif des différents pays. Elles donnent un nouvel essor à sa série de monographies nationales, restée en suspens depuis un certain temps.
La monographie sur L’Instruction publique en Hongrie, composée avec le plus grand soin par M. le professeur J. Somogyi, rend compte en détail du développement scolaire de la Hongrie et atteste de l’effort remarquable d’un pays qui, malgré les circonstances adverses, a su défendre son patrimoine culturel et maintenir son idéal pédagogique. Nous savons donc gré au ministère hongrois de l’Instruction publique et des Cultes d’avoir tenu à la publication de cet ouvrage.
La traduction du Livre blanc anglais sur la Reconstruction éducative reproduit le texte intégral d’un document officiel dont l’intérêt a largement dépassé les frontières de son pays d’origine. Le Bureau a été heureux d’assumer, avec l’autorisation du Board of Education, la tâche quelque peu ardue d’exprimer en français l’exposé des réformateurs anglais. Tout en se maintenant dans une prudente réserve et dans le respect des institutions établies, le Livre blanc suggère une série de réformes, révélatrices des secousses et des réflexions que la guerre aura imposées à tous les peuples aux points de vue social, moral et spirituel. On y trouve concrétisée, par exemple, cette tendance à l’égalité d’accès à l’éducation dont nous avons parlé tout à l’heure. Qu’une nation en pleine guerre ait déjà posé les bases d’une réforme complète de son enseignement — le Livre blanc, présenté en juillet 1943, a abouti en effet, après la discussion d’un projet de loi dans le courant de l’hiver, à l’adoption définitive d’une nouvelle loi scolaire le 3 août dernier — montre l’importance que l’on entend donner à l’éducation dans l’œuvre de reconstruction.
Nous signalions l’an dernier l’étude historique consacrée par M. Rossello aux Précurseurs du Bureau international d’éducation. Cet ouvrage a suscité l’intérêt de bien des milieux. Nous avons même eu la joie d’en voir paraître une édition anglaise, ceci grâce au travail d’adaptation et de traduction de Mlle Marie Butts, notre secrétaire générale, à l’intérêt bienveillant de Sir Fred. Clarke, directeur de l’Institut pédagogique de l’Université de Londres, qui a bien voulu en rédiger la préface, et à la bonne volonté de la maison d’édition Evans. À l’heure où des plans de collaboration mondiale en matière d’éducation prennent corps surtout dans les pays anglo-saxons, il semble utile d’attirer l’attention sur les expériences déjà faites soit par le Bureau international d’éducation, soit par ses devanciers.
Nous avons publié en outre dans notre collection de publications, sous le titre de Le Bureau international d’éducation et la reconstruction éducative d’après-guerre, le programme d’action de la Commission consultative pour la reconstruction éducative. Enfin, nous avons fait paraître le Recueil des recommandations formulées par les conférences internationales de l’instruction publique, dont nous signalons plus haut toute l’importance.
IV. — Exposition permanente de l’instruction publique🔗
Nous avions souligné dans nos rapports précédents tout le prix que nous attachions à cette manifestation internationale maintenue intacte malgré les circonstances et nous avions exprimé les espoirs que nous mettions dans son développement dès la fin des hostilités.
Nous étions loin de prévoir le malheur qui faillit anéantir le résultat de tant d’efforts. Dans la nuit du 25 mars 1944, un violent incendie se déclarait dans les sous-sols du bâtiment de l’exposition.
Les dégâts ont été estimés à une soixantaine de mille francs. Ils ont atteint surtout l’ameublement des différents stands. Les collections documentaires, les travaux d’élèves, malgré quelques détériorations, ont par bonheur été sauvés et pourront être exposés à nouveau. Nous avons donc eu le soulagement d’avoir pu conserver ce que nous avions de plus précieux, puisque beaucoup de ces collections contiennent des documents aujourd’hui introuvables.
En outre, l’indemnité de l’assurance ayant couvert un pourcentage élevé des dégâts, la reconstruction des stands peut être envisagée dans des conditions presque identiques à celles d’avant le sinistre.
Qu’il nous soit permis d’exprimer ici notre reconnaissance envers les représentants des pays participant à l’exposition. Ils nous ont donné le témoignage réconfortant de leur attachement au Bureau et c’est grâce à leur compréhension bienveillante que ce contretemps n’aura pas entravé outre mesure la réalisation des plans élaborés en 1938.
Ceux-ci sont même devenus plus ambitieux. On sait que, dans sa forme primitive, l’exposition pouvait contenir seize stands. Or, en vue de l’extension que nous comptons lui voir prendre après la guerre, ce nombre risque d’être rapidement dépassé. C’est pourquoi il nous a semblé que la reconstruction des locaux offrait une occasion propice de prévoir un agrandissement de la surface exposable.
Les autorités cantonales et fédérales ont partagé ce point de vue et une solution a été trouvée pour mettre à la disposition du Bureau une surface double de celle qui nous avait été octroyée. Ceci nous permettra d’offrir à tous les pays membres la possibilité de participer à l’exposition.
Plus que jamais cette exposition s’avérera utile. Plus que jamais chaque pays aura besoin de connaître de visu les réalisations pédagogiques d’ailleurs. Placées sous le signe de la reconstruction éducative, ces collections seront consultées avec plus de profit encore qu’auparavant. Nos pays membres en sont convaincus, nous avons été heureux de le constater. Malgré les problèmes de toutes sortes qui les assaillent, ils nous ont fait savoir qu’ils étaient prêts à nous confier leurs collections dès la première occasion favorable.
Nous nous en voudrions de terminer ce chapitre sans faire allusion à la parfaite réussite du réaménagement des stands roumains. Qu’il s’agisse de la conception moderne de leur ameublement, à la fois pratique et élégant, ou de la richesse et de l’intérêt pédagogique du matériel exposé, ces stands nous apparaissent comme un modèle du genre. Réjouissons-nous de pouvoir les faire admirer au public dès la réouverture de l’exposition.
Enfin, il nous faut souligner ici le succès de la première exposition itinérante organisée par le Bureau.
Cette exposition, formée d’ouvrages choisis dans nos collections de littérature enfantine et de manuels scolaires, comprend de beaux livres d’images, d’aventures et de lecture appartenant à une quarantaine de pays. Après avoir reçu l’accueil de l’École normale de Locarno, puis celui de la Bibliothèque nationale de Berne, elle orne actuellement une salle du Pestalozzianum de Zurich. Elle a été partout commentée très favorablement par le public et par la presse.
Des suggestions nous sont parvenues en vue de prolonger cette expérience en dehors de la Suisse. L’idée nous paraît excellente et nous serons heureux de pouvoir, dès que les circonstances le permettront, lui donner une suite favorable. Nous voyons dans ces expositions itinérantes un moyen de mettre à la portée d’un public plus vaste la documentation réunie par le Bureau tout au long de ses années d’existence.
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Pour la cinquième fois nous devons clore notre rapport annuel, tandis que les forces meurtrières déchaînées par la guerre continuent à sévir de toutes parts. Comme le pays qui nous donne asile, nous nous trouvons miraculeusement intacts au milieu de la tourmente, et si nous connaissons quelques restrictions dans nos activités, nous n’avons connu encore aucune de ces limitations qui portent atteinte à la vitalité même d’un organisme collectif.
Ce privilège, nous le sentons de plus en plus, nous impose de sérieuses responsabilités pour l’avenir. Resté sain et vigoureux, notre Bureau a conservé tous les éléments nécessaires à un travail positif. Il a le devoir de participer à la sauvegarde et à la restauration de ce qui doit assurer la paix du monde.
Nous avons rappelé nos diverses activités et nous avons laissé entrevoir quelques perspectives d’avenir. Il faut surtout que nous restions prêts à servir. L’année dernière, nous souhaitions que la paix ne nous prenne pas au dépourvu. Notre ambition d’aujourd’hui est de coopérer aux vastes tâches qui s’imposeront sitôt la guerre finie, sans toutefois empiéter sur des domaines où d’autres s’avéreraient plus utiles que nous. C’est dans ce sens que nous tenons à préserver notre œuvre et à persévérer dans nos efforts.