Discussion (1948) a b

M. Piaget reprend la question de notre intuition a priori d’un tout autre point de vue. Ce n’est plus le temps mais l’espace qui forme l’objet de son examen. Et ce n’est pas la notion plus ou moins achevée telle qu’elle se présente chez l’adulte qu’il étudie, mais sa genèse et son évolution chez l’enfant, jusqu’au moment de son fonctionnement normal. Il conclut :

Cette notion ne s’installe pas d’un seul coup toute faite et toute prête. Au contraire elle se forme peu à peu, se présentant tout d’abord comme un instrument imparfait qu’il faut d’assez longues années pour amener à son stade d’achèvement relatif. À aucun moment cette notion ne manifeste le caractère d’absolu. Il peut même arriver, observation assez singulière, que l’installation progressive des schèmes spatialisants ne corresponde pas nécessairement à une efficacité progressive dans tous les détails. Dans la comparaison visuelle de certaines longueurs non parallèles, le maximum de précision est détenu par l’enfant de quatre à six ans et non pas par l’adulte qui éprouve des difficultés plus grandes. Ces résultats complètent les remarques de M. Mejer sur le caractère biologiquement relatif du monde propre de l’adulte.