Discours du directeur du Bureau international d’éducation. 14ᵉ Conférence internationale de l’instruction publique convoquée par l’Unesco et le BIE : procès-verbaux et recommandations (1951) a 🔗
M. Piaget déclare qu’après l’éloquent et émouvant discours de M. Torres Bodet, il se bornera à faire quelques remarques sur l’organisation et l’esprit des conférences de l’instruction publique et sur celle-ci en particulier. Il remercie les gouvernements d’avoir envoyé des délégations si nombreuses et si bien choisies, il remercie les délégués eux-mêmes qui ont eu parfois de longs trajets à accomplir et il remercie l’Unesco, cadette en âge du Bureau international d’éducation, mais devenue son aînée en grandeur et en sagesse. La collaboration entre l’Unesco et le Bureau international d’éducation est un exemple de collaboration entre deux organisations internationales : l’Unesco aurait pu ignorer ou absorber le Bureau international d’éducation, mais elle a préféré collaborer, à l’essai d’abord, puis de façon permanente. Il remercie tout spécialement le directeur général de l’Unesco, M. Torres Bodet ainsi que M. Elvin et M. Akrawi. L’Unesco et le Bureau international d’éducation ont des buts complémentaires et des moyens différents ; l’Unesco est un grand pouvoir, elle a des attaches politiques, c’est un organe d’action dans le monde ; le Bureau international d’éducation est un organe plus modeste, un organe de recherches. La collaboration entre ces deux organisations est donc tout indiquée : l’action suppose des recherches préalables et la recherche n’a de valeur qu’en vue de l’action. Les conférences convoquées en commun aboutissent à des recommandations qui sont fondées sur des recherches et qui préparent l’action. L’esprit de ces conférences est un esprit de sérénité, de collaboration, d’amitié, un esprit positif. Il y règne, par tradition, un esprit fédéraliste (esprit inspiré de celui de cette Confédération qui reçoit la conférence et qui est le siège du Bureau international d’éducation) qui tient compte de la diversité des États : ne cherchant pas à imposer mais à stimuler et convaincre, l’esprit fédéraliste s’avère aussi excellent sur le plan international. La diversité des problèmes des pays ne permet pas de solution unique. Les rapports que présenteront les pays et qui seront publiés ensuite dans l’Annuaire de l’éducation et de l’enseignement constituent une vaste mine d’expériences, de nouveautés, de documentation. L’obligation scolaire et sa prolongation seront étudiées avec tout le soin qu’elle mérite et la question des cantines et vestiaires scolaires sera aussi examinée.
Il annonce qu’il ne pourra pas, à son grand regret, assister à tous les travaux de la conférence, car il doit se rendre à un congrès de psychologie.
Pour terminer, il souhaite, au nom du Bureau international d’éducation, un esprit de collaboration, des délibérations fructueuses, et des résultats positifs qui permettront de faire de nouveaux progrès à l’éducation.