Lettre d’invitation adressée aux gouvernements. 14ᵉ Conférence internationale de l’instruction publique convoquée par l’Unesco et le BIE : procès-verbaux et recommandations (1951) a

Monsieur le ministre,

Nous avons l’honneur de porter à votre connaissance que l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture et le Bureau international d’éducation ont décidé, conformément à l’accord qu’ils ont conclu, de convoquer conjointement, suivant l’usage, la XIVe Conférence internationale de l’instruction publique qui se tiendra à Genève du 12 au 21 juillet 1951.

Cette conférence revêt une importance particulière du fait qu’elle aura pour thème principal l’extension de l’enseignement obligatoire et la prolongation de la scolarité. L’Unesco est particulièrement désireuse d’assurer une plus large application du droit à l’éducation énoncé à l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Pour atteindre cet objectif, elle lance actuellement, en faveur de l’enseignement obligatoire, un programme à long terme qui aura pour effet de concentrer l’attention sur cette question. Les principaux problèmes que pose l’enseignement obligatoire seront étudiés ; pour essayer de les résoudre, on fera appel à l’expérience des pays relativement avancés, et peut-être parviendra-t-on à définir certaines mesures concrètes qu’il conviendrait de prendre sur le plan national et international.

La XIVe Conférence de l’instruction publique constituera l’étape initiale de cette campagne. À cette occasion devrait s’engager un débat général sur le problème de l’enseignement obligatoire tel qu’il se pose dans les pays où le principe d’un tel enseignement n’est pas encore pleinement appliqué, et sur celui du relèvement de l’âge limite de la scolarité dans les pays qui sont dotés depuis un certain temps d’un système d’enseignement obligatoire fonctionnant bien. Les étapes ultérieures de la campagne dépendront dans une large mesure des conclusions et des recommandations de la conférence.

La préparation de la XIVe Conférence de l’instruction publique a donné lieu à d’importantes études. D’une part, le Bureau international d’éducation a entrepris dans le monde entier une enquête générale sur le problème, au moyen d’un questionnaire adressé aux gouvernements ; de son côté, l’Unesco a procédé, avec le concours d’autorités reconnues, à des recherches sur l’instruction obligatoire dans six pays caractéristiques, ainsi qu’à une enquête sur la question de l’âge limite de la scolarité. L’Organisation internationale du travail a préparé pour sa part une étude sur le travail des enfants et l’enseignement obligatoire. Ces études semblent devoir fournir à la conférence une base suffisante pour lui permettre de se livrer à un large examen de la question en l’envisageant sous ses divers aspects.

Les débats porteront également sur une question connexe : celle des cantines et des vestiaires scolaires ainsi que sur les rapports annuels des ministères de l’Éducation au sujet des progrès de l’enseignement dans leurs pays respectifs. L’ordre du jour de la conférence comprendra donc les trois points suivants :

1. La scolarité obligatoire et sa prolongation ;

2. Les cantines et les vestiaires scolaires ;

3. Rapports succincts des ministères de l’Instruction publique sur le mouvement éducatif pendant l’année scolaire 1950-1951.

L’Unesco et le Bureau international d’éducation ont donc l’honneur d’inviter votre gouvernement à participer à cette conférence en y envoyant une délégation. Ils espèrent qu’en raison de l’importance de la question de l’enseignement obligatoire, votre délégation sera composée de hauts fonctionnaires appartenant à votre ministère de l’Éducation et de spécialistes de l’enseignement, et que grâce à leurs connaissances et leur expérience, il sera possible de soumettre à un examen approfondi les problèmes en cause et de définir la politique ultérieure de votre propre pays à cet égard.

Le fait que la XIVe Conférence internationale de l’instruction publique doit se réunir immédiatement après la sixième session de la Conférence générale de l’Unesco permettra peut-être aux pays situés loin de Genève de se faire représenter à l’une et l’autre par les mêmes délégués.

La liste des États et des organisations internationales invités à la conférence est annexée à la présente communication. Un commentaire de l’ordre du jour et divers documents préliminaires sur les questions à débattre vous seront adressés à bref délai.

Nous espérons vivement que votre gouvernement voudra bien contribuer au succès de cette XIVe Conférence internationale de l’instruction publique en acceptant la présente invitation, et nous vous serions très obligés de nous faire connaître la composition de votre délégation.

Nous attacherions également le plus grand prix à recevoir, quinze jours au moins avant l’ouverture de la conférence, votre rapport annuel sur les progrès de l’enseignement dans votre pays pour l’année scolaire 1950-1951. Afin de faciliter la distribution et l’étude de ce rapport, nous vous serions obligés de bien vouloir, si possible, le faire reproduire et nous en envoyer 150 exemplaires rédigés de préférence en anglais et en français. Cela accroîtrait considérablement l’effet de votre rapport et éviterait toute perte de temps dans l’échange de vues auquel il pourra donner lieu.

Le secrétariat de la conférence est établi au siège du Bureau international d’éducation, palais Wilson, Genève, où toute correspondance devra être adressée.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le ministre, les assurances de notre très haute considération.

Jaime Torres Bodet
Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture
Jean Piaget
Directeur du Bureau international d’éducation