Discours du directeur du Bureau international d’éducation. 16ᵉ Conférence internationale de l’instruction publique convoquée par l’Unesco et le BIE : procès-verbaux et recommandations (1953) a

Au nom du Bureau international d’éducation, je souhaite la bienvenue à MM. les délégués et j’adresse mes remerciements aux gouvernements qui se sont fait représenter à cette conférence. Une seule ombre au tableau : l’absence de notre ami M. Marcel Abraham, premier délégué de la France, retenu par la maladie, et auquel je vous propose de faire parvenir un télégramme de sympathie. Mon premier devoir est de saluer ici le nouveau directeur général de l’Unesco et de lui dire la profonde joie que nous éprouvons à le voir parmi nous. Sa présence a une signification plus grande qu’on ne pourrait le supposer : installé dans sa nouvelle fonction depuis samedi à midi, il se trouve déjà ce matin, lundi, à l’ouverture de la Seizième Conférence internationale de l’instruction publique. C’est là une preuve d’amitié et de confraternité dont nous nous souviendrons toujours. C’est une preuve d’amitié d’autant plus grande que l’un des deux seuls discours prononcés contre l’élection du Dr Luther Evans à la direction générale de l’Unesco a été précisément le mien en ma qualité de délégué de la Confédération suisse. Il est vrai que mon intervention n’était fondée que sur des questions de principe et que je soulignais en même temps les deux qualités principales de mon ami Evans : d’être un homme courageux et d’être un beau joueur. L’amitié et l’esprit de collaboration l’ont emporté sur le conflit des principes et tôt après son élection, le beau joueur qu’est Luther Evans m’a fait savoir qu’il serait aujourd’hui à Genève. Ce sont là des gestes que l’on n’oublie pas et je l’en remercie profondément. J’exprime ma reconnaissance à M. le conseiller d’État Picot ainsi qu’à M. Evans des paroles de sympathie qu’ils ont prononcées à propos du décès de Mlle Marie Butts, notre secrétaire générale honoraire. Toujours dans le cadre de la vie du secrétariat, j’aimerais encore signaler que ces jours nous fêtons le vingt-cinquième anniversaire de la nomination de M. Rosselló au poste de directeur adjoint, et vous savez ce que le directeur adjoint a fait pour notre institution.

Nous sommes réunis ici pour discuter les problèmes de la formation et de la situation des maîtres primaires ; vous me permettrez, puisque je suis psychologue, de dire deux mots du rôle de la psychologie dans la formation du personnel enseignant primaire. On affirme souvent que l’éducation est un art et pas une science et que donc elle ne saurait requérir une formation scientifique. Si c’est vrai que l’éducation est un art, elle l’est au même titre que la médecine qui, si elle exige des aptitudes et un don inné, requiert également des connaissances anatomiques, pathologiques, etc. De même, si la pédagogie doit façonner l’esprit de l’élève, elle doit partir de la connaissance de l’enfant, donc de la psychologie. Depuis 1935, des progrès considérables ont été faits dans le domaine psychologique : nous pensons aux nombreux travaux américains et anglais, travaux de recherches dont on a déjà trouvé de multiples applications à la didactique. Une bonne formation psychologique est donc indispensable pour assurer au maître une préparation plus large que celle qui pourrait être inspirée par un utilitarisme ou un empirisme soi-disant réalistes.