Discours du directeur du Bureau international d’éducation. 18ᵉ Conférence internationale de l’instruction publique (1955) a 🔗
Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les délégués, veuillez me permettre tout d’abord de remercier très vivement les gouvernements et les ministères de l’Éducation qui ont envové des délégations si nombreuses et si bien choisies à notre Conférence internationale de l’instruction publique de cette année. J’aimerais leur souhaiter une cordiale bienvenue et me féliciter du nouveau pas que nous avons fait vers l’universalité.
Un seul sujet de chagrin, une seule ombre à ce tableau : nous avons perdu cette année un ami très cher, le président de la Conférence internationale de l’instruction publique de l’année dernière, M. l’inspecteur général Marcel Abraham. Il est impossible de dire ce qu’il a été pour le Bureau. Il n’a pas seulement présidé pendant de nombreuses années notre conseil et deux de nos conférences, mais il a été un ami très sûr, d’un complet dévouement et d’une fidélité à toute épreuve. Il nous a aidés dans les moments les plus difficiles et conseillés avec sagesse tout au cours de ses mandats. Il nous a réconfortés par son entrain et son optimisme et nous a entourés de son affection. En le perdant, le Bureau international d’éducation a perdu un de ses meilleurs animateurs.
Permettez-moi de rappeler les grandes traditions de cette conférence : a) l’information mutuelle et la recherche en commun des solutions les meilleures, convaincus que nous sommes que le progrès naît d’un échange sincère des informations et des opinions ; b) la compréhension réciproque des points de vue, qui n’est pas une recherche de règles universelles sur des problèmes variés, mais l’unité dans la réciprocité ; c) la prédominance du technique sur le politique : bien sûr, l’instruction publique est solidaire de tous les problèmes politiques, mais nous nous efforçons de faire abstraction des différences ou des oppositions doctrinales pour trouver entre toutes les questions le commun dénominateur ; d) mettre en valeur les réussites plutôt que les échecs. L’année dernière, vous avez donné un admirable exemple de cette méthode et nous sommes certains qu’il se renouvellera cette année.
Nous avons à l’ordre du jour : le financement de l’instruction publique ; l’enseignement des arts plastiques ; les rapports sur le mouvement éducatif en 1954-1955. Je parlerai peu du financement, car je n’ai aucune compétence ni aptitudes en ce domaine, ni aucune des qualités d’un administrateur chargé des finances scolaires, mais si je ne suis pas un administrateur, je suis un administré et connais les difficultés de financement dans le domaine de l’enseignement et de la recherche. J’ai cru m’apercevoir d’une règle générale, s’il est permis de généraliser ce que j’ai vu autour de moi : c’est que les ministères de l’Instruction publique sont bien disposés et les ministères des Finances le sont un peu moins. Aussi n’avons-nous pas invité ici les représentants des finances publiques, pensant que les représentants de l’éducation s’entendraient mieux entre eux pour trouver les arguments universels et les mesures générales susceptibles d’influencer les ministres des Finances.
Quant à l’enseignement des arts plastiques, il ne s’agit pas là uniquement d’un grand sujet pédagogique, mais d’une question qui présente aussi un grand intérêt psychologique, car c’est par le modelage et le dessin que l’enfant manifeste souvent le mieux sa personnalité affective et intellectuelle. C’est pourquoi on peut affirmer que le dessin est à bien des égards le meilleur des instruments d’observation, ce qui explique qu’il est utilisé par les psychologues dans les buts les plus divers : tests de personnalité, d’intelligence, etc. Nous-mêmes l’avons utilisé jadis pour étudier la représentation que l’enfant se fait de l’espace.
Je me permets, Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les délégués, en vous renouvelant mes vœux de bienvenue, de vous souhaiter et de nous souhaiter à nous-mêmes la meilleure réussite dans nos travaux.