Lettre d’invitation adressée aux gouvernements. 18ᵉ Conférence internationale de l’instruction publique (1955) a

Monsieur le ministre,

Nous avons l’honneur de vous inviter à participer à la XVIIIe Conférence internationale de l’instruction publique, organisée dans le cadre de l’accord qui gouverne les relations entre l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture et le Bureau international d’éducation. Cette conférence se tiendra à Genève du 4 au 12 juillet 1955.

La commission mixte chargée de régler les diverses questions relatives à la mise en œuvre de l’accord mentionné ci-dessus a, selon l’usage, inscrit à l’ordre du jour de la conférence deux sujets, dont l’un porte sur le système d’éducation dans son ensemble tandis que l’autre a trait à un enseignement particulier.

En premier lieu, la conférence est appelée à examiner le problème général du financement de l’éducation. Après avoir formulé, lors de sa XIVe session, des recommandations concernant la scolarité obligatoire et gratuite, la conférence a entrepris de traiter plus en détail les principales questions relatives au développement et à l’amélioration de l’éducation scolaire. C’est ainsi qu’elle a déjà étudié, en 1952, le problème de l’accès des femmes à l’éducation, en 1953 et 1954, la formation et le statut du personnel enseignant primaire et secondaire. Mais il est évident que, dans la majorité des pays, les recommandations formulées par la conférence depuis 1950 ne peuvent pas être pleinement appliquées, faute de ressources financières suffisantes. D’autre part, la conférence régionale sur l’enseignement gratuit et obligatoire, convoquée par l’Unesco à Bombay en 1952 (UNESCO/ED/125 : Rapport de la Conférence régionale sur l’enseignement gratuit et obligatoire en Asie du Sud et dans le Pacifique), et la Conférence des États arabes sur le même sujet, que le gouvernement égyptien a organisée au Caire avec le concours technique de l’Unesco (décembre 1954- janvier 1955), ont mis l’accent sur l’aspect financier du développement de l’éducation dans ces deux régions. Il semble donc que le moment soit venu d’attirer sur ce sujet l’attention des autorités compétentes dans les divers États participant à la Conférence internationale de l’instruction publique.

En second lieu, la conférence est invitée à traiter la question de l’enseignement des arts plastiques dans les écoles du premier et du second degré.

Enfin, les rapports présentés par les ministères de l’Éducation sur les principales mesures prises au cours de l’année scolaire 1954-1955 et sur les projets élaborés durant la même période feront l’objet d’un échange de vues entre les délégués.

L’ordre du jour de la XVIIIe Conférence internationale de l’instruction publique comporte donc les points suivants :

1. Financement de l’éducation.

2. Enseignement des arts plastiques dans les écoles primaires et secondaires.

3. Rapports succincts des ministères de l’Éducation sur le mouvement éducatif durant l’année 1954-1955.

Étant donné la nature et l’importance des deux premiers sujets, nous serions très heureux si vous pouviez participer vous-même à la conférence. Si vous n’êtes pas en mesure d’accepter cette invitation, nous formons le vœu que vous vous fassiez représenter, à cette occasion, par de hauts fonctionnaires appartenant à votre ministère, accompagnés de spécialistes des questions figurant à l’ordre du jour. Nous vous serions très obligés de bien vouloir nous faire connaître le plus tôt possible la composition de votre délégation.

La liste des États et des organisations internationales invités à la conférence figure en annexe à la présente communication. Un commentaire sur les trois points inscrits à l’ordre du jour vous sera adressé sous peu et vous recevrez en temps utile les documents rédigés à l’intention de la conférence.

Nous serions très heureux de recevoir, quinze jours au moins avant l’ouverture de la conférence, le rapport succinct sur les progrès de l’éducation dans votre pays au cours de l’année scolaire 1954-1955, dont l’examen est prévu au troisième point de l’ordre du jour. Afin de faciliter la distribution et l’étude de ce rapport, nous vous saurions gré de bien vouloir le faire reproduire et d’en mettre à la disposition du secrétariat de la conférence 200 exemplaires en français et en anglais. À ce sujet, nous nous permettons de vous rappeler la décision, prise antérieurement, de ne soumettre à l’attention de la conférence que les rapports qui seraient prêts à être distribués avant l’ouverture des débats.

Le secrétariat de la conférence est établi au siège du Bureau international d’éducation, palais Wilson, Genève, où toute correspondance doit lui être adressée.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le ministre, les assurances de notre très haute considération.

Luther H. Evans
Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture
Jean Piaget
Directeur du Bureau international d’éducation