Discours de clôture du directeur du Bureau international d’éducation. 18ᵉ Conférence internationale de l’instruction publique (1955) a

M. Piaget remercie les délégués de l’esprit d’objectivité, de cordialité et de bonne volonté dont ils ont fait preuve du début à la fin de la conférence. Il les félicite d’avoir adopté à l’unanimité les deux recommandations n° 40 et 41 adressées aux ministères de l’Instruction publique. Il tient à signaler la présence à cette séance de clôture de M. Dante Bellegarde qui, il y a trente-quatre ans, en 1921, avait lutté, sans succès, seul contre tous, pour que l’éducation fasse partie du programme de la Société des Nations. Il rappelle que la majorité ayant proposé de supprimer le mot « éducation » de la tâche confiée à la Commission de coopération intellectuelle, M. Dante Bellegarde avait prononcé ces mots prophétiques sur le rôle d’une organisation internationale de l’éducation : « Il est certain que l’éducation tend de plus en plus à devenir une question scientifique. Sans doute, il ne s’agit pas pour la Société des Nations de donner des directives à chaque État, d’indiquer à chacun d’eux quelles sont les meilleures méthodes d’éducation qu’il s’agirait d’adopter, mais il me semble qu’il y a un intérêt capital pour toutes les nations à être mises au courant des recherches opérées dans le domaine de l’éducation par tous les peuples. … Il y a donc pour nous un intérêt considérable à l’échange des recherches qui sont faites chez tous les peuples du point de vue éducatif… J’estime que les mots “et éducation” méritent d’être rétablis parce qu’il est extrêmement important pour nous qu’il soit procédé à un échange des travaux partout du point de vue pédagogique, pour réaliser, enfin, cette unité dans la variété que nous poursuivons ici. » Hélas, la voix de M. Dante Bellegarde ne devait pas trouver d’écho.

M. Piaget s’associe au vœu de M. Caló qui a exprimé le désir de revoir l’année prochaine le plus grand nombre possible des délégués présents à la XVIIIe Conférence. Il suggère que chaque délégation comprenne un membre au moins ayant suivi les précédentes conférences, ce qui faciliterait grandement le travail. Au nom du Bureau international d’éducation, il exprime sa reconnaissance au président pour sa sérénité dans la conduite des débats, aux rapporteurs pour leur objectivité, ainsi qu’aux représentants de l’Unesco, au directeur général, M. Luther Evans, qui a assisté à l’ouverture de la conférence, à M. Elvin, directeur du Département de l’éducation, à M. Akrawi, directeur adjoint, et à ses collaborateurs parmi lesquels il tient à remercier spécialement M. Legrand pour tout le travail accompli.