Discours du directeur du Bureau international d’éducation. 20ᵉ Conférence internationale de l’instruction publique (1957) a

J’aimerais remercier très vivement les gouvernements de nous avoir envoyé des délégations si nombreuses et si représentatives et vous souhaiter une très cordiale bienvenue au siège du Bureau international d’éducation. Nous avons parmi nous une dizaine de ministres, de nombreux vice-ministres et de hauts fonctionnaires des ministères de l’Instruction publique, ainsi que des spécialistes de l’éducation. Plus il y aura de spécialistes participant à la conférence, plus la discussion sera intéressante et utile car ils pourront répondre aux questions qui pourront être posées lors de la discussion des rapports nationaux.

Comme d’habitude, nous avons trois points à l’ordre du jour : 1) Le développement des constructions scolaires. 2) La préparation des professeurs chargés de la formation professionnelle des maîtres primaires. 3) Rapports succincts des ministères de l’Instruction publique sur le mouvement éducatif pendant l’année scolaire 1956-1957.

Pour la discussion des rapports, nous avons employé une technique qui s’est révélée fructueuse : ces documents sont distribués d’avance ; on pose simplement des questions. Nous avons constaté que de la sorte la discussion est beaucoup plus vive. Je tiens à faire observer également que les délégués des pays dont on discute le rapport répondront après chaque question.

Pour ce qui a trait au développement des constructions scolaires, je ne dirai rien de particulier, car il y a là un problème dont l’importance va de soi, mais je voudrais insister sur ce que nous attendons de la conférence : une discussion générale et le vote d’une recommandation sur ce sujet. Nous vous saurions gré de ne pas répéter ce qu’on peut déjà trouver dans le volume publié conjointement par l’Unesco et le Bureau international d’éducation. Ce qui est nécessaire par contre, c’est de soutenir une thèse ou un principe pouvant être utilisé lors de la rédaction des recommandations. En ouvrant la discussion générale, le rapporteur résumera les résultats de l’enquête faite par le BIE à ce sujet.

Je voudrais faire quelques remarques sur le point II à l’ordre du jour : la préparation des professeurs chargés de la formation professionnelle des maîtres primaires. Je suis l’un de ces professeurs, puisqu’à Genève la préparation des maîtres primaires est en partie universitaire.

Un problème me paraît devoir être souligné ici : c’est la déformation professionnelle ou l’esprit de caste des enseignants du premier degré. Dans beaucoup de pays, ils forment un corps à part, avec un mélange de sentiments de supériorité et d’infériorité, mais avec l’impression d’être à part, non seulement par rapport aux autres professions (médecins, ingénieurs, etc.) mais même par rapport aux maîtres secondaires.

Il y a là un problème : celui de l’intégration intellectuelle des maîtres du premier degré dans l’ensemble des carrières scientifiques ou des sciences appliquées. Vous me direz peut-être qu’il en va de même des autres corporations : médecins, dentistes, ingénieurs, tous forment des clans à part. Mais un médecin moyen, un ingénieur moyen, même un psychologue moyen cherchent toute leur vie à acquérir des connaissances nouvelles qui peuvent parfaire leur formation professionnelle. Cela n’est pas exact pour un grand nombre de maîtres primaires qui, une fois leur diplôme obtenu, croient être arrivés, comme si la pédagogie n’était pas perfectible. Il me semble que la question est digne d’être étudiée. Je souhaite donc que l’on s’efforce de préparer encore mieux les professeurs des futurs maîtres primaires pour conférer à la carrière pédagogique le même statut de perfectibilité qu’aux autres carrières. C’est le vœu que je forme en souhaitant un plein succès aux travaux de la XXe Conférence internationale de l’instruction publique.