Discours de clôture du directeur du Bureau international d’éducation. 21ᵉ Conférence internationale de l’instruction publique (1958) a 🔗
Au terme de cette conférence je me sens tout d’abord pressé de vous exprimer à tous la reconnaissance du BIE. D’abord à vous Mesdames et Messieurs les délégués qui avez témoigné d’une compétence, d’un dévouement, d’une persévérance au travail, d’une résistance à la chaleur et d’une endurance à l’éloquence d’autrui réellement admirables. Pourtant nous savons bien que tout n’a pas été parfait. Il y a eu un peu de flottement dans le vote des recommandations. Nous espérons que vous nous avez pardonné et constaté que ces flottements n’étaient pas dus à de la partialité mais seulement aux accidents momentanés d’une discussion par 26 degrés de chaleur. Nous avons d’ailleurs à vous remercier des propositions qui ont été faites pour l’amélioration de nos méthodes de travail. J’aimerais remercier notre président et nos vice-présidents, qui d’une manière ferme et souriante ont su faire respecter les règles et mener notre barque d’une allure légère et sûre sans aucune secousse. Il faut remercier aussi les rapporteurs, tous deux d’une compétence exceptionnelle et d’une énergie contagieuse, les interprètes que nous admirons chaque année davantage, le secrétariat pour le travail écrasant qu’il a fourni, ainsi que l’Unesco, son directeur général et le directeur du Département de l’éducation qui contribuent à augmenter la valeur et le rendement de nos travaux et auxquels j’exprime notre profonde reconnaissance pour leur amitié et leur dévouement.
J’aimerais maintenant souligner les deux événements marquants de cette conférence. Le premier est l’universalité croissante des activités du Bureau international d’éducation. Il y a trois ans nous recevions l’adhésion de l’URSS, cette année ce sont les USA, nous donnant ainsi des marques de confiance qui nous remplissent de fierté et marquent le début d’une ère nouvelle dans l’histoire du Bureau : celle où toutes les nations qui prennent part aux conférences internationales de l’instruction publique deviendront membres du BIE comme elles le sont de l’Unesco et participeront aux responsabilités des deux organisations. Nous espérons donc enregistrer un certain nombre d’adhésions avant la prochaine séance du comité exécutif en février 1959. Mais nous savons bien que ces participations nouvelles au conseil du BIE supposent une amélioration croissante de nos méthodes de travail : les USA et l’URSS sont sans doute les deux pays où l’éducation profite du maximum de recherches en pédagogie expérimentale et en psychologie de l’enfant. Or, tant nos méthodes de questionnaires, dans leur élaboration comme dans leur dépouillement et leur interprétation, que nos techniques de travail aux conférences internationales de l’instruction publique manquent encore trop de valeur scientifique. Nous ne savons ni le degré d’objectivité qu’il faut attribuer aux réponses reçues à nos enquêtes ni la portée réelle ou la destinée de nos recommandations. Nos discussions aux conférences comportent trop de discours et ce n’est qu’aux comités de rédaction qu’un esprit d’équipe se manifeste de façon permanente.
Aussi un sous-comité formé de membres de la commission mixte et de représentants de délégations ayant proposé des moyens de perfectionner notre travail a-t-il examiné ces questions et décidé d’en poursuivre l’examen. Il proposera à la commission mixte les améliorations suivantes : a) Lors de la discussion des deux questions générales à l’ordre du jour, la conférence se répartirait en deux grandes commissions qui alterneraient dans leur travail, comportant un membre spécialisé seulement par délégation, en présence ou éventuellement en l’absence des autres. b) Après l’exposé du rapporteur, la discussion se déroulerait chapitre par chapitre en suivant l’ordre des questions adopté par l’étude globale du volume présenté. c) Les interventions des membres des deux commissions n’auraient lieu qu’à l’occasion d’un texte de quelques lignes présenté par l’orateur défendant une thèse susceptible d’être inscrite dans les recommandations. De cette manière, les discussions seraient mieux centrées et prépareraient dès le début de la conférence l’élaboration des recommandations. d) Quant au travail précédant et suivant la conférence, on pourrait prévoir, pour chaque question, la consultation d’un petit groupe d’experts. Ceux-ci aideraient d’abord à l’élaboration du questionnaire de manière notamment à améliorer l’objectivité des réponses officielles fournies et à obtenir des suppléments d’information. Ils pourraient être consultés par le secrétariat au cours de l’élaboration des études pour la conférence. Leur fonction essentielle consisterait, après l’adoption des recommandations, à en étudier les implications variées et les applications. e) Enfin de courts questionnaires spéciaux seraient adressés aux gouvernements trois ans après le vote de chaque recommandation pour s’informer sur son application. Tels sont les projets que nous chercherons à réaliser pour l’amélioration de nos méthodes de travail. C’est donc sur ces deux espoirs d’universalité et de perfectionnement que je termine en vous exprimant notre profonde reconnaissance pour la manière dont vous avez contribué au succès de cette XXIe Conférence internationale de l’instruction publique.