Avant-propos. Logique et perception (1958) a đź”—
Dans le vol. V de ces « Études » nous nous sommes demandés s’il existait des connaissances acquises antérieurement à toute logique (les structures logiques se constituant alors seulement après coup pour les coordonner et les réorganiser) ou si l’acquisition de toute connaissance supposait l’intervention d’instruments formateurs plus ou moins isomorphes aux appareils logiques. C’est évidemment sur le terrain de la perception que le problème se pose sous sa forme la plus aiguë : le premier but de ce vol. VI est donc de répondre que, même en un tel domaine, on se trouve en présence d’une schématisation et de formes inférieures d’inférences 1 qui annoncent ou « préfigurent » la logique.
Le vol. IV de ces mêmes « Études » (chap. III-V) mettait déjà en doute l’existence de toute frontière stable entre l’inférence et la constatation : nous avons voulu fournir la preuve, en ce fascicule VI, que la question se pose dès la perception et que tout enregistrement perceptif est déjà lié à des « préinférences » de divers niveaux.
Le chap. I de cet ouvrage est dû à la plume de J. Bruner, dont les travaux ont tant fait pour nous familiariser avec la notion de « catégorisation » perceptive. Nous le remercions vivement d’avoir bien voulu résumer à notre intention ses idées actuelles et les tendances du « new look » qu’il a contribué à légitimer. Les chap. II à  V, dus à F. Bresson, A. Morf et J. Piaget fournissent un mélange d’analyses théoriques et de nouveaux résultats expérimentaux se rapportant aux questions indiquées.
Les problèmes correspondant à ceux dont nous traitons ici se retrouveront naturellement à propos de l’apprentissage, ce qui fera l’objet de prochains fascicules.