Discours de clôture du directeur du Bureau international d’éducation. 24ᵉ Conférence internationale de l’instruction publique (1961) a 🔗
M. Piaget exprime la reconnaissance du Bureau international d’éducation aux participants à cette XXIVe Conférence de l’instruction publique dont le succès est dû en premier lieu à la cordialité, au travail et à la bonne entente des délégués. Ce travail a abouti à deux excellentes recommandations qui viennent enrichir la série de recommandations de la Conférence internationale de l’instruction publique. À ce propos, un grand problème se pose : c’est la suite à donner à ces recommandations. On peut être tenté de simplifier ce problème en demandant simplement si on applique ces recommandations dans les divers pays. Mais que veut dire « appliquer » ? En premier lieu, les recommandations sont forcément d’ordre général. En second lieu, les situations des pays sont variables et multiples. « Appliquer », c’est donc d’abord « adapter ». D’où le projet très intéressant de la République arabe unie de convoquer des réunions régionales et nationales pour reprendre ces recommandations et les adapter aux situations de chaque région ou de chaque pays.
D’autre part, les recommandations votées par la conférence n’atteignent qu’un aspect de l’éducation et non pas sa totalité. En effet, l’éducation envisage d’une part, des buts, d’autre part, des techniques ou méthodes. Les buts dépendent essentiellement de la société ambiante, c’est-à -dire de la situation politique, économique, idéologique de chaque nation ou groupe de nations. Ce sont les buts que les autorités scolaires ont pour mission d’assigner et de poursuivre.
La valeur des techniques et des méthodes, par contre, ne relève plus des seules autorités scolaires. Elles dépendent aussi de la nature de l’enfant, donc de faits qui sont du domaine de la pédagogie expérimentale et de la psychologie, comme les délégués eux-mêmes l’ont reconnu lors de la discussion sur l’éducation préscolaire, qui fait appel à la psychologie, au rôle de l’action, du jeu et de la vie sociale. Or, ici, « appliquer les recommandations » revient à les confronter avec les données psychologiques. Les travaux de la conférence devraient donc être prolongés par des travaux d’experts, des spécialistes sur la portée, la signification et la valeur pédagogique de telles recommandations.
Pour terminer, M. Piaget exprime sa reconnaissance en premier lieu aux représentants de l’Unesco, l’organisation-sœur avec laquelle le BIE collabore, à son directeur général adjoint, M. Maheu, qui a assisté à la séance d’ouverture de la conférence, à M. McCune, le nouveau directeur du Département de l’éducation et à M. Abraham, chef de la Division de la collaboration internationale, qui ont participé intensément aux travaux de la conférence, ainsi qu’à M. Legrand, cheville ouvrière des comités de rédaction. Il remercie tout spécialement le président de la conférence, M. Markouchevitch, dont l’objectivité et l’impartialité ont été un des facteurs principaux du succès de cette réunion, ainsi que les vice-présidents qui l’ont secondé dans sa tâche. Il remercie enfin les rapporteurs-présidents de section, Mme Herbinière-Lebert et M. Johnson, pour la façon dont ils ont dirigé les travaux des deux sections, et tous les délégués, qui ont témoigné d’un bel esprit de compréhension et de collaboration internationale.