Lettre d’invitation adressée aux gouvernements. 27ᵉ Conférence internationale de l’instruction publique (1964) a

Monsieur le ministre,

Nous avons l’honneur d’inviter votre gouvernement à participer à la XXVIIe session de la Conférence internationale de l’instruction publique, organisée dans le cadre de l’accord régissant les relations entre l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture et le Bureau international d’éducation. Cette conférence se tiendra à Genève du 6 au 17 juillet 1964.

La commission mixte Unesco-BIE, chargée de régler les diverses questions relatives à la mise en œuvre de l’accord mentionné ci-dessus, a décidé d’inscrire les points suivants à l’ordre du jour de la conférence :

1. L’alphabétisation et l’enseignement des adultes (recommandation n° 58) ;

2. L’enseignement des langues vivantes dans les écoles secondaires (recommandation n° 59) ;

3. Rapports succincts des ministères de l’Instruction publique sur le mouvement éducatif pendant l’année scolaire 1963-1964.

Cette année la conférence sera de plus appelée en premier lieu à adopter son règlement intérieur, sur la base d’un projet qui sera mis au point par la commission mixte Unesco-BIE et approuvé par le conseil exécutif de l’Unesco et par le conseil du BIE.

C’est la première fois que la Conférence internationale de l’instruction publique, qui a déjà adopté 57 recommandations à l’adresse des ministères de l’Instruction publique, abordera l’étude des questions relatives à l’alphabétisation et à l’enseignement des adultes.

La commission mixte Unesco-BIE a estimé que la conférence pourrait, en examinant l’organisation de campagnes de lutte contre l’analphabétisme, apporter une contribution importante aux entreprises de la Décennie des Nations Unies pour le développement, ainsi qu’à la préparation technique d’une Campagne mondiale d’alphabétisation, dont la possibilité a été évoquée par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 1937 (XVIII) du 11 décembre 1963. Toutefois, afin d’intéresser également tous les pays qui participeront aux travaux de la session, la commission mixte Unesco-BIE a exprimé le vœu que le problème particulier de l’alphabétisation soit lié à la question plus récemment posée de l’enseignement des adultes, notamment dans la mesure où cet enseignement tend à répondre aux besoins des personnes qui ont dépassé l’âge scolaire sans avoir bénéficié d’une formation primaire et secondaire de type courant.

D’autre part, poursuivant son œuvre de révision totale ou partielle des sujets qu’elle a déjà traités, la conférence doit reprendre la question de l’enseignement des langues vivantes dans les écoles secondaires, qu’elle avait étudiée une première fois en 1937. Au cours des vingt-sept dernières années, cet enseignement a connu une évolution qui justifie amplement l’adoption d’une nouvelle recommandation adaptée aux exigences de la vie présente et tenant compte de l’importance croissante de cette discipline en tant qu’instrument de communication et de compréhension internationales.

Les résultats des enquêtes préalables consacrées à ces deux sujets seront portés à la connaissance des délégués ; outre qu’elles constituent un élément essentiel pour l’élaboration des recommandations de la conférence, les informations seront certainement de nature à intéresser les enseignants et les spécialistes qui se préoccupent de ces questions.

Les données contenues dans les rapports présentés à la conférence par les ministères de l’Instruction publique serviront de base à l’étude comparée sur l’évolution de l’éducation dans le monde qui figurera dans l’Annuaire international de l’éducation pour 1964. Cette année, les ministères sont invités à fournir dans ce rapport des informations complémentaires sur la suite donnée à la recommandation n° 50 concernant l’élaboration et la promulgation des programmes de l’enseignement général du second degré (1960).

Étant donné la nature et l’importance de la XXVIIe session de la Conférence internationale de l’instruction publique, nous serions très heureux si le ministre de l’instruction publique pouvait participer personnellement à cette réunion. En cas d’impossibilité, nous espérons que votre gouvernement se fera représenter à cette session par de hauts fonctionnaires, qui pourraient être accompagnés, le cas échéant, de spécialistes des questions figurant à l’ordre du jour. Nous vous saurions gré de nous faire connaître, au plus tard le 1er juin 1964, la composition de la délégation de votre pays.

Un commentaire et des indications plus détaillés sur les trois points inscrits à l’ordre du jour vous seront adressés prochainement. Nous ne manquerons pas de vous faire envoyer en temps utile les documents destinés à être utilisés au cours des débats.

Le rapport succinct sur le mouvement éducatif dans votre pays au cours de l’année 1963-1964, pour la préparation duquel des indications précises vous seront communiquées prochainement, devrait parvenir en trois cents exemplaires (en anglais et en français) au secrétariat de la conférence, à Genève, au plus tard quinze jours avant l’ouverture de la session. Nous nous permettons à cet égard de vous rappeler la décision, prise antérieurement, de ne soumettre à l’attention de la conférence que les rapports qui seront prêts à être distribués avant l’ouverture de la session.

Afin de faciliter la préparation de la conférence, nous vous serions très reconnaissants si vous vouliez bien adresser directement à son secrétariat, établi au siège du Bureau international d’éducation, palais Wilson, à Genève (Suisse), la réponse à la présente invitation et toute correspondance ou documentation concernant ladite conférence.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le ministre, les assurances de notre très haute considération.

René Maheu
Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture
Jean Piaget
Directeur du Bureau international d’éducation