Introduction. Perception et notion du temps (1967) a

Ce nouveau volume sur la psychologie et l’épistémologie du temps contient d’abord une étude de P. Gréco dont la technique présente le grand avantage de porter sur de longs parcours spatiaux réellement effectués par l’enfant, donc sur un temps vécu ne comportant comme indices imposés que ceux relatifs à l’ordre des instants de départ et d’arrivée : on constatera la richesse des résultats ainsi obtenus.

Une étude de S. Papert et G. Voyat développe entre autres les conceptions du premier auxquelles il a été souvent fait allusion dans notre volume précédent (tome XX).

Cet ouvrage contient enfin deux autres études expérimentales, l’une sur la perception des durées très brèves par G. Voyat et l’autre sur la perception du « tempo », ou vitesse des rythmes et fréquences, par M. Bovet. Ces deux recherches sont complémentaires, la première portant surtout sur le sens (orientation) des estimations temporelles en fonction de leur succession et la seconde sur la précision des évaluations temporelles et cinématiques. Or, toutes deux aboutissent à souligner le rôle fondamental de la vitesse (non prévu au départ dans le cas de l’étude de Voyat) et le caractère complexe des reconstitutions temporelles. L’analyse de M. Bovet, qui fraie une voie nouvelle tout en appelant encore plusieurs vérifications expérimentales, montre entre autres, ce qui est instructif, la précision supérieure de la perception du tempo par rapport à celle des durées lors d’intervalles temporels très courts. Inspirée par les études de Fraisse, cette recherche, comme d’ailleurs les trois autres, montre le monde de problèmes qui subsistent dans l’étude du temps : ce qui explique la nécessité où nous nous sommes trouvés d’y consacrer encore ce tome XXI des Études d’épistémologie génétique.