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Une vieille expérience, en premier lieu, dès 1932, de co-directeur pour la psychologie à côté d’un co-directeur pédagogue, puis de président de l’École de psychologie et des sciences de l’éducation, m’a conduit à deux convictions profondes en ce qui concerne l’avenir de cette unité de notre Université :
— D’abord que nous avons besoin les uns des autres : que la pédagogie ait besoin d’une psychologie précise et scientifique, cela tombe sous le sens. Mais réciproquement les psychologues, sans dépendre en rien des expériences pédagogiques, peuvent en tirer profit à titre de faits d’observation parmi les autres.
— Cependant une suite ininterrompue d’événements malheureux m’ont donné la certitude absolue que sans deux administrations nettement séparées, avec bien entendu un organe de coordination mais en évitant soigneusement une direction unique, la paix intérieure et la bonne marche de la maison ne sauraient être assurées. Les raisons en sont multiples et tiennent autant aux uns qu’aux autres des partenaires, comme en toute union difficile, et si bien intentionnés qu’ils puissent être dans la plupart des cas.
La raison profonde me parait tenir à ce que les deux disciplines sont loin d’avoir atteint le même niveau historique de développement et que par conséquent leurs représentants se comprennent mal entre eux. Qu’il en résulte inévitablement des complexes d’infériorité ou de supériorité, engendrant des malentendus périodiques, ce n’est là que le petit côté de la question. Celle-ci est plus profonde et tient à une différence actuellement irréductible de mentalité. Preuve en soit que le problème est loin d’être spécial à Genève et qu’on le retrouve dans tous les pays où l’on a voulu fusionner trop étroitement les sections de psychologie et de pédagogie. Aussi bien les tendances générales sont-elles soit de les dissocier, soit de maintenir les liaisons mais avec autonomie respective et dualité administrative.