Avant-propos. L’explication dans les sciences : colloque de l’Académie internationale de philosophie des sciences avec le concours du Centre international d’épistémologie génétique, Genève 25-29 septembre 1970 (1973) a 🔗
En sa séance annuelle de 1969 l’Académie internationale de philosophie des sciences, sous la présidence de F. Gonseth, a décidé de consacrer sa session de 1970 à l’examen du problème de l’explication, sous ses différentes formes et dans les diverses sciences, exactes, naturelles et humaines. Elle a en outre convenu de tenir ce colloque à Genève, en chargeant le directeur du Centre international d’épistémologie génétique de l’organiser en choisissant les rapporteurs parmi les membres et collaborateurs des deux institutions. C’est l’ensemble de ces travaux qui est réuni dans l’ouvrage qu’on va lire, mais avec une ou deux modifications qu’il convient de signaler.
En premier lieu, le grand biologiste Ch. Waddington avait accepté de parler de l’explication en biologie mais au dernier moment il a été retenu par des obligations qu’il n’avait pas prévues en tant que professeur invité aux USA. Il a pu être remplacé au pied levé par G. Cellérier, directeur adjoint du Centre d’épistémologie génétique et cela avec un plein succès. Par contre, L. J. Prieto nous a annoncé au cours même de la session l’impossibilité de nous rejoindre : H. Sinclair de Zwaart, qui représente la psycholinguistique à notre Centre a bien voulu se charger du rapport sur l’explication en linguistique, mais faute de temps, le rapport n’a pu être discuté à la session elle-même. D’autre part il a été malheureusement impossible d’obtenir le manuscrit de P. Gréco sur l’explication en psychologie, mais ses idées sur le sujet ont paru ailleurs 1. Quant à L. Apostel, il a présenté durant le colloque un exposé très technique sur l’explication selon le positivisme logique, qui était en fait un examen critique des idées de Hempel. Le manuscrit rédigé ensuite s’est trouvé trop long pour un problème aussi spécial. Nous avons donc demandé à Apostel un résumé sensiblement abrégé. Or, si l’envoi escompté s’est fait longtemps attendre, le lecteur en sera récompensé car notre collègue, dont chacun connaît la fécondité, a entre deux sensiblement modifié ses positions et nous a finalement adressé une note courte mais extrêmement suggestive par le tournant qu’elle marque dans la direction d’un historicisme assez radical et en partie imprévu sous sa plume.
Indiquons en outre que I. Sachs, s’étant borné, dans sa modestie, à ne traiter de la dialectique que dans la science économique, nous avons cru utile de faire suivre son chapitre « Explication et dialectique » par une discussion savoureuse, due à R. Garcia, de la « Contradiction dans la dialectique de la nature ».
Signalons enfin que durant la session une journée a été consacrée à fêter le 80e anniversaire de F. Gonseth au cours de laquelle le président de l’Académie a exposé de façon émouvante le rôle que le dialogue a joué dans sa carrière et la formation de ses idées.