Dies academicus

Sur les traces du Dies academicus

LA ROBE ACADÉMIQUE

 

Le 22 décembre 1922, le Recteur William Rappard soumet les premières questions concernant un projet de costume destiné à être porté exclusivement à l’étranger et d’un insigne destiné à être porté à Genève.En 1935, la présence d’une délégation suisse aux fêtes du tricentenaire de l’Académie française pose à nouveau la question d’un costume porté à titre exceptionnel.

Dans une lettre du Conseil d’Etat datée du 6 août 1941, et sur demande de M. Adrien Lachenal alors chef du Département de l’instruction publique, le recteur Pittard étudie la question des robes académiques lors des solennités universitaires.

En 1957, la première robe est dessinée sur le modèle de celles des Réformateurs, et plus particulièrement celle de Théodore de Bèze. Elle est noire, coupée dans un lainage très fin. Le devant est orné d’un revers de velours violet qui passe sous le col et tombe jusqu’au bas de la robe. L’ampleur du dos est répartie en plis plats, comme celle du devant, à la hauteur des fronces de la manche. Très vite, le modèle de la robe se décline, le violet ne représente plus uniformément les facultés de l’Université de Genève :

  • Pour les Sciences, parement vert
  • Pour les Lettres, parement bleu outre mer
  • Pour le Droit, parement rouge vif
  • Pour les Sciences économiques et sociales, parement jaune d’or
  • Pour la Médecine, parement carmin
  • Pour la Théologie, parement violet

Le 5 décembre 1957, le Sénat de l’Université décide d’instaurer le port de la robe pour les professeur-e-s durant les cérémonies universitaires. En prenant cette décision, le Sénat renoue avec une tradition honorée depuis lors de façon ininterrompue.

 

LA CHAÎNE DU RECTEUR


En 1958, la Maison Patek Philippe, désireuse de s’associer aux manifestations du IVe Centenaire de l’Université de Genève, offre à cette dernière la chaîne du Recteur. Dessinée par Gilbert Albert et réalisée par Albert Pellarin en vieil argent, elle a nécessité plus de 450 heures de travail. Elle est remise aux autorités universitaires au cours d'une réception à la salle du Sénat le 3 juin 1958 et est portée pour la première fois au Dies academicus du 5 juin 1958 par le Recteur Paul-E. Wenger. Les 6 facultés y sont représentées par leurs emblèmes dans 7 maillons. L’adjonction d'un nouveau maillon pour la faculté de psychologie et des sciences de l'éducation est réalisé en 1976. En 2015, deux nouveaux emblèmes ont été créés : un anneau de Moebius pour la Faculté d’économie et de management, et une tour de Babel pour la Faculté de traduction et d’interprétation.

 

LA MASSE DE L'HUISSIER


Après la chaîne du Recteur en 1958, les joaillers de la Maison Patek Philippe réalisent et offrent à l’Université de Genève une masse destinée à l’huissier lors de ses cérémonies. Elle est remise au Sénat de l’Université le 26 mai 1959. Réalisée en argent massif dans le même style que la chaîne, elle pèse plus d’un kilo et aura nécessité plus de 500 heures de travail. Les 6 facultés sont symboliquement représentées sur la sphère, surmontée d’un soleil dont le centre est occupé par l’écusson de Genève et par les armes de l’Université. Dans le manche dévissable se trouve un parchemin sur lequel il est écrit :

Nous, compagnons de l’atelier de joaillerie de Patek-Philippe, faisons don à l’Université de Genève de cette masse que nous avons exécutée pour son quatrième centenaire.

Gilbert Albert, dessinateur-joaillier, Genevois.
Lucien Tournour, joaillier, Carougeois.
Georges Mobèche, joaillier, Parisien.
Marguerite Koch, émailleuse, Genevoise.
Claude Tschachtli, joaillier, Fribourgeois.
André Zanotti, joaillier, Piémontais.
Claude Bernillon, joaillier, Lyonnais.
Robert Mouther, apprenti, Valaisan.

Genève, ce 5 juin 1959.