Recherches passées

L’émergence d’une gouvernance environnementale globale: les rôles des organisations internationales (1945-1975)

En 2012 se tiendra à Rio de Janeiro la conférence des Nations Unies pour le développement durable. Elle se situe dans une longue série de conférences mondiales qui se préoccupent de l’état et de l’avenir de notre si fragile planète ainsi que de ses habitants. S’y réunissent depuis longtemps, aux côtés des délégations diplomatiques et des politiques de haut rang, les représentants de la société civile, des organisations non gouvernementales et d’experts indépendants. Tous concourent à apprécier la complexité des aspects écologiques, économiques et sociaux du développement durable tout en exprimant leurs intérêts spécifiques. Cette assemblée hétérogène renvoie l’image de ce qu’on appelle la « gouvernance environnementale globale », soit une configuration changeante d’individus, d’institutions privées et publiques, qui tendent à gérer leurs attentes environnementales et à définir des préoccupations communes. De telles interactions entre des acteurs de diverses provenances a certes une longue histoire. C’est elle qui détermine l’objet de ce projet de recherche.

Unesco WHO, aug 2011
Déjà en 1949, l’ONU a convoqué deux importantes conférences qui se sont très largement occupé de la situation de l’environnement et des ressources naturelles. Les Nations Unies ont joué un rôle essentiel comme agence et forum de discussion des premiers débats écologiques. En même temps, elles ont aussi fonctionné comme moteur d’une globalisation fondée sur l’exploitation des ressources et la croissance économique en ayant comme objectif premier la survie d’une population sans cesse en augmentation. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a fait campagne pour une utilisation plus intensive des étendues marines selon elle encore sous exploitées par la pêche ainsi que pour celle des forêts tropicales dites inexploitées. Parallèlement, au sein de l’UNESCO s’esquissaient des recherches sur les interdépendances et les fragilités écologiques. Dans les deux cas, ce sont des expériences et des processus d’appropriation de la nature qui sont autant de révélateurs de l’émergence d’un discours globalisant. Une histoire de l’environnement dans une perspective transnationale, tel qu’on peut la construire à travers les sources et documents des Nations Unies, permet ainsi de mieux saisir le processus cumulatif de mise en réseau d’acteurs, de formulation de diagnostics et d’élaboration de normes qui suivra ce qu’il faut bien considérer comme l’explosion du discours de type écologique durant les années 1970. La prise en considération des sources écrites, orales et visuelles donne une visibilité nouvelle aux protagonistes de ces évolutions et aux réseaux dans lesquels ils sont impliqués. On découvre également une prise de conscience croissante que la planète constitue un bien commun global. Cette conscientisation peut entraîner des répercussions sur des espaces bien réels. Par l’analyse historique le concept encore trop théorique et un peu trop mou de « gouvernance environnementale globale » gagne en consistance pour s’actualiser dans des formes et des espaces bien concrets.

4 novembre 2011


  Recherches passées