Lettres sur la bombe atomique (Gallimard, 1946)Lire

« Le monde n’a pas de gouvernement. Je ne suis pas sûr que les nations en aient. Et nous restons les bras ballants, pensant aux achats de Noël… »

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Installé près du Lac où James Fenimore Cooper situa l’action du Dernier des Mohicans, Denis de Rougemont commence à rédiger cet ouvrage le jour même où il apprend le bombardement d’Hiroshima. Au-delà du choc psychologique causé par cette nouvelle, que l’auteur manifeste ironiquement en usant d’un ton frivole et badin, plusieurs conclusions sont tirées de cette entrée dramatique dans l’âge atomique. La première, affirme-t-il, c’est que la Bombe vient de tuer la guerre, du moins dans son sens classique et militaire. Mais la Bombe ouvre également des horizons nouveaux, dans la mesure où elle ne laisse plus comme seul choix à l’humanité que de se délivrer des États-nations tournés vers la guerre, en poussant les hommes à se fédérer. Pour accomplir cette « révolution », qui implique la création d’un gouvernement et d’une fédération mondiale, l’auteur ne place aucun espoir dans les dirigeants des grandes puissances d’après-guerre, dont l’existence et l’action, toutes entières tournées vers leurs propres nations, se trouvent de fait dépassées par l’ampleur de la tâche. Quant à l’intellectuel, son rôle est d’aider les hommes à conjurer leur peur de la liberté (ne plus s’en remettre toujours aux États) et à participer au développement d’une véritable « conscience planétaire ».

Nous donnons ici l’édition publiée chez Gallimard en 1946. De peu postérieure à l’édition originale parue chez Brentano’s (New York), cette version présente de légères modifications dans les chapitres, et l’ajout de trois textes nouveaux en appendice.

Bibliographie indicative

  • Bruno Ackermann, « Les Lettres sur la bombe atomique (1946) », Denis de Rougemont. Une biographie intellectuelle, Genève, Labor et Fides, 1996, p. 790-794.

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