Vingt-Huit Siècles d’Europe (1961)Lire

« L’Europe unie n’est pas un expédient moderne, économique ou politique, mais c’est un idéal qu’approuvent depuis mille ans tous ses meilleurs esprits, ceux qui ont vu loin. »

Notice

L’ouvrage se présente comme une généalogie de l’idée européenne depuis Hésiode (viiie siècle avant J.-C.), à qui l’on doit la première mention du nom d’Europe, au vers 357 de sa Théogonie. L’auteur remonte ensuite les époques, en présentant de larges extraits des divers écrits sur l’Europe, assortis de ses propres commentaires. Après les premières mentions (géographiques, étymologiques et mythologiques) du mot « Europe » sous l’Antiquité, la période qui s’étend du xive au xviiie siècle est jalonnée de prises de conscience européennes, avec Pierre Du Bois, Georges Podiébrad, Dante, Pétrarque, Érasme, Émeric Crucé, Sully, Comenius, William Penn, l’Abbé de Saint-Pierre. Lui succède l’ère des philosophes (Leibniz, Vico, Montesquieu, Rousseau, Condorcet, Wieland), puis l’ère de la Révolution (Cloots, Bentham, von Gentz, Kant, Schiller, Fichte, Herder, Saint-Simon, Goethe, Schlegel, Schelling, Hegel, Comte). De 1848 à 1914, c’est l’ère des nations contre lesquelles s’élèvent Heine, Mazzini, Hugo et ses « États-Unis d’Europe », Nietzsche, Ranke, les projets d’union de Bluntschli et de Frantz, le fédéralisme de Proudhon. La guerre de 1914 suscite une vague de pessimisme, illustrée par Valéry, Spengler, Burckhardt, Ortega y Gasset. Enfin, la redécouverte de l’esprit européen par Madariaga ou Simone Weil, par Croce ou Jaspers, par Eliot ou Keyserling, préfigure selon l’auteur les plans d’union du xxe siècle (Coudenhove-Kalergi, Briand, le Congrès de La Haye, le Conseil de l’Europe, les Communautés européennes…).

Bibliographie

  • Théodore Ruyssen, « L’aventure européenne », Contrat social, n° 1, 1964, p. 57-61.