La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux (1965)Lire

« La Suisse est le pays dont je souhaite le plus qu’il communique sa grâce très secrète à l’avenir européen. »

Le but de cet ouvrage est de montrer, à travers l’exemple de la Suisse, comment se forme une fédération, comme elle fonctionne, et comment on y vit. La partie historique fait la part du mythe et des réalités (Guillaume Tell et le Pacte de 1291, fondateurs de la Suisse ? Les Suisses, peuple pacifique ? La Suisse, pays traditionnellement neutre ?). La partie consacrée au fonctionnement d’une fédération montre comment, en Suisse, l’union a pour but de sauvegarder les diversités et les autonomies (des communes, des cantons). Sur la manière de vivre dans une fédération, l’auteur donne la Suisse en modèle : celui d’un pays « où le centre est partout » et où la densité culturelle est sans commune mesure avec celle d’un pays centralisé. Plus critique, il déplore la tendance suisse à chérir la médiocrité rassurante, et la propension à l’auto-dénigrement. L’ouvrage se clôt sur un long chapitre dédié aux relations entre la Suisse et l’Europe, où l’auteur exprime son souhait que la Confédération joue pleinement son rôle de laboratoire de l’idée européenne. Citant Victor Hugo en conclusion : « La Suisse, dans l’histoire, aura le dernier mot », Rougemont ajoute : « Encore faut-il qu’elle le dise » !

Nous donnons ici l’édition de 1970 publiée par le Livre du Mois (Lausanne). Celle-ci reprend sans modification le texte de l’édition originale parue chez Hachette en 1965 (couverture ci-contre), en l’augmentant d’une nouvelle préface.