Lettre ouverte aux Européens (1970)Lire

« L’État n’est pas un dieu, ce n’est qu’un appareil plus ou moins efficace, qui doit être mis au service des citoyens et de leurs cités, et non l’inverse. »

Notice

Démontrer l’unité culturelle de l’Europe, pour légitimer l’union, telle est la première tâche à laquelle Rougemont s’emploie dans cette Lettre ouverte aux Européens, composée en grande partie d’articles et de réflexions développées au Centre européen de la culture, que l’écrivain dirige à Genève depuis 1950. L’auteur s’attache à montrer que les « cultures nationales » sont des inventions (il n’y a pas de peinture « française » ni de chimie « allemande », pas plus que de mathématique « soviétique » !). Leur préexiste une véritable culture européenne, une et diverse, composée de vingt langues, mais d’une seule littérature, et de valeurs communes, au premier rang desquelles la personne. Nées de tensions permanentes entre différentes sources et influences (chrétienne, grecque, latine, celte, germanique, arabe…), ces valeurs déterminent un rapport spécifique à la matière, au temps, à la vie sociale et politique. C’est sur cette communauté de culture, cette « unité non unitaire », que les Européens doivent bâtir leur union, affirme ensuite l’auteur, qui en appelle au fédéralisme, principe d’organisation assurant dans tous les ordres un équilibre entre des « réalités contradictoires mais également valables ». L’ouvrage se clôt sur un vigoureux plaidoyer en faveur des régions, entités émergentes conçues comme des foyers de rayonnement culturel et comme des espaces de participation civique.

Bibliographie