L’Avenir est notre affaire (1977)Lire

« La décadence d’une société commence quand l’homme se demande : Que va-t-il arriver ? au lieu de se demander : Que puis-je faire ? »

Dans cet ouvrage qui fait date dans l’histoire de la pensée écologique, l’auteur relie la problématique de l’environnement, des régions et du fédéralisme européen. Tout part d’un constat de crise, matérialisée par la croissance aveugle, la course au PNB (que l’auteur traduit par « prestige national brutal »), l’accumulation d’armements atomiques, la pollution dévastatrice du milieu vital, le pillage effréné des ressources naturelles. Ce système de crise a pour clé l’État-nation : né de la guerre et organisé en vue de la guerre, c’est lui qui, selon Denis de Rougemont, s’est rendu coupable de cette gestion catastrophique de la planète.

Qu’oppose l’écrivain à cette crise globale ? Avant tout, une meilleure perception des finalités que recouvrent nos actes et nos choix d’êtres humains « libres et responsables », et la volonté de mettre en question le fatalisme du « progrès » scientifique et technocratique, ôtant à l’homme sa capacité de décider de son avenir. En somme, réaffirmer la primauté des fins sur les moyens. Comment s’y prendre ? En participant à l’émergence des régions, « espaces de participation civique » : dans la région autogérée, la personne est libre selon Rougemont, parce que vraiment responsable ; favorisant la redécouverte du sens de la communauté et de l’environnement, la région, conçue comme le module d’une fédération européenne, s’oppose à cette « amicale des misanthropes » que représente aux yeux de l’auteur l’Europe des États.

Bibliographie indicative

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