Masters

Perspectives professionnelles

 

La géographie prépare aux métiers suivants:

  • Les métiers de l’enseignement secondaire (à condition de poursuivre ses études dans le cadre de l’IUFE);
  • Les métiers de l’international (agences de l’ONU, ONG, administration de la coopération) et du monde associatif ou les métiers de l’administration publique;
  • La recherche, doctorale notamment.
Associations professionnelles en géographie et environnement

SOGI : Société suisse pour l’information géographique
Site d’information sur la géographie, l’aménagement du territoire et sur des formations y conduisant.
www.sogi.ch

GEOJOB – Liste d’emplois dans le domaine de la géographie
Site plutôt orienté vers les emplois dans le monde académique anglo-saxon. Porpose des conseils pour rédiger un CV ainsi qu’une liste d’universités offrant une formation en géographie (voir sousGIS Resource).
www.geojobs.org

Geography Departments Worldwide
Base de données regroupant plus de 1000 Instituts de géographie de 90 pays. Les recherches peuvent se faire par pays, domaines d’activité ou mots clés.
univ.cc/geolinks

ENVIRONNEMENT

Association suisse des professionnels de l’environnement
La svu | asep est l’unique association professionnelle de Suisse qui réunit des spécialistes de l’environnement issus du secteur privé, de l’administration et du milieu académique. En tant que société spécialisée de la Société suisse des ingénieurs et architectes (sia), la svu|asep coordonne ses activités avec les organes sia. L’association offre diverses prestations, dont un annuaire en ligne.
http://www.svu-asep.ch/fr/bureaux-consultants/

Site portail des réseaux Tee (territoire, environnement, emploi)
Bon site sur l’environnement, ses métiers et formations. Plutôt français, mais ouverture vers la Suisse. Exemples de CV environnement.
www.reseau-tee.net/

Service-environnement
Offres de formations en environnement en Suisse
www.service-environnement.ch


The Environment Directory
Moteur de recherche spécialisé dans le domaine de l’environnement.
www.webdirectory.com

Forum for Climate and Global Change
Site qui présente chercheurs et travaux dans le domaine de la climatologie, de la gestion de l’environnement dans une perspective multidiciplinaire. Un bon moyen de se constituer un réseau.
www.proclim.ch

Groupe énergies renouvelables et environnement
Le GERES met au service des acteurs du développement économique et local, en Méditerranée et dans les pays du sud, ses compétences pour mener à bien des actions dans le domaine de l’environnement, de l’énergie et de l’agro-alimentaire.
geres.free.fr

Témoignages

Sandro LOI, "Décoloniser le savoir géologique"
Assistant au Département de géographie politique et culturelle

Après un diplôme d'ingénieur en électronique à l'Ecole d’ingénieur de Genève, Sandro Loi travaille quelques années dans la maintenance électronique, l'audit énergétique et les infrastructures routières de sécurité. Les relations de son dernier employeur avec les gouvernements de pays arabes l'amènent cependant à s'interroger sur la manière dont les pratiques en ingénierie sont justifiées par des conceptions sociales, politiques et géographiques. C'est le déclic, il décide de changer radicalement de parcours. A 35 ans, après une expérience positive d'enseignant à l'école primaire, il entame des études de géographie à l’Université de Genève. Début 2020, il présente son mémoire de master en géographie politique et culturelle, consacré aux espaces mobilisés dans les documentaires et à l'interprétation qui en est faite. 

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Doctorat

Voilà qu'il se prend au jeu de la recherche et saisit l'occasion de devenir assistant d’enseignement et de recherche en géographie. Après avoir questionné le sens donné aux paysages, il décide d'interroger cette pratique de la géologie qui consiste à creuser le présent pour comprendre le passé; démarche qui s'étend parfois à des "couches vivantes du paysage", comme c'est le cas avec les Hadza, peuple tanzanien "utilisé" pour comprendre des populations humaines préhistoriques.  L'abus d'interprétation n'est pas loin et Sandro Loi entend "rendre attentif à ces glissements afin de décoloniser le savoir géologique". Son parcours professionnel antérieur continue ainsi à nourrir sa réflexion…  Incidemment, il questionne aussi le clivage opéré entre géographie physique et géographie humaine.

Enseignement

Parallèlement à ses recherches, Sandro s'investit dans l'enseignement, histoire d'ajouter une corde à son arc pour la suite de son parcours professionnel. Il donne des séminaires d'introduction, assiste les étudiant-e-s dans la réalisation de podcasts et de "policymemo", des documents d'aide à la décision pour les politicien-ne-s et les décideurs et décideuses. "Cela fait écho à mon expérience antérieure de gestion de projet." Il conseille d'ailleurs aux étudiant-e-s d'être ouverts à d'autres domaines scientifiques, tels que les sciences de la terre ou la climatologie.

Sandro Loi est décidément un homme de lien. Entre passé et présent, géographie humaine et géographie physique, pratique professionnelle et recherche. Et plus que tout avec les autres : "J'ai rencontré nombre de personnes dans toutes sortes de domaines. Mon parcours me rend apte à comprendre ceux que j'interroge et à encourager mes étudiant-e-s dans leur cheminement."

Nov. 2020.

 

Lionel FER, Ingénieur en transports, responsable de projet
Service de l'aménagement, du génie-civil et de la mobilité, Ville de Genève
Formation : Licence en géographie, mineure en sciences de l'environnement. 

Géographe de formation, Lionel Fer travaille comme ingénieur en transports à la Ville de Genève. Titre très technique, qui cache des activités évoluant de plus en plus vers la gestion de projet. Lionel Fer est responsable des études de mobilité et des projets qui en découlent, la dimension environnementale en étant partie intégrante. Sa fonction demande une palette de compétences techniques et managériales.

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Insertion professionnelle

Le parcours professionnel de Lionel Fer commence à se dessiner au moment de son travail de mémoire dans le domaine de l’aménagement urbain, la mobilité et les processus de concertation, qui débouche sur un stage dans le même domaine à la Ville de Genève. Suivent un deuxième stage dans un bureau d'études et un premier emploi chez Datacollect. Il y organise la récolte et le traitement de données liées aux trafic et au bruit. Puis, pour le compte d'un bureau zurichois, il mène des études de planification des transports et d'urbanisme. Il y apprend à piloter des équipes pluridisciplinaires, avec des spécialistes mobilité, environnement, territoire.

Les activités

Si le service de l'urbanisme règle les affectations du sol et la planification, celui de l'aménagement, du génie-civil et de la mobilité, qui emploie actuellement Lionel Fer, assure les aménagements prévus du réseau routier et du domaine public en général, de la conception à la réalisation. Comme responsable de projet mobilité, ce dernier prépare croquis, plans et projets et mandate des professionnels dont il vérifie les rapports techniques. Il prend position sur les variantes proposées et gère les aspects financiers. L'organisation de séances de concertation avec les partenaires institutionnels –  Canton, TPG, associations d'usagers, Pro Velo, TCS – fait aussi partie de ses tâches.

Lionel Fer est aussi chef de projet pour les questions de bruit routier. A ce titre, il a élaboré la stratégie de la ville, prévoyant zones à assainir, revêtements absorbants à poser, parois antibruits, limitations de vitesse. Il assure désormais la mise en œuvre de la stratégie.

Pour les aménagements cyclables comme pour la prévention du bruit routier, explique-t-il, "je participe à l'élaboration d'indicateurs, tels le nombre de kilomètres de routes assainies ou d'habitants concernés. Je procède également à des observations sur le terrain, en particulier pour faire suite aux demandes de citoyens."

Enfin, "Nous demandons parfois aux professionnels des études d'impact dans le cadre de grands projets. Il faut alors savoir présenter un brief, évaluer les résultats des études tant sur le plan de la dimension environnementale que de la gestion du trafic. Il s'agit aussi de gérer l'aspect financier de l'étude, d’évaluer le coût des infrastructures recommandées."

Les activités de Lionel Fer et de ses collègues s'appuient sur un cadre légal et normatif important qu'il s'agit de connaître.  Elles s'inscrivent aussi dans la continuité de la charte d'engagement de la Ville de Genève pour le développement durable, qui comprend des recommandations en matière de végétalisation.

Compétences

Lionel Fer consacre la moitié de son temps à mener un travail d’analyse, de conceptualisation, de rédaction ou de gestion de projet. Dans le temps restant, il se livre à des activités de coordination avec les nombreux partenaires de travail. "La démarche participative est importante, la concertation est notre lot quotidien.". Sens relationnel et autonomie sont donc primordiaux dans cette fonction, tout comme un fort esprit de synthèse.

A quoi s'ajoutent, selon Lionel Fer, des connaissances en urbanisme, environnement et ingénierie des transports. La maîtrise de différents logiciels est aussi bienvenue: Autocad pour les aménagements, ARCGis pour traiter des données géoréférencées, telles le nombre de places de stationnement dans un périmètre par exemple. Illustrator est utilisé pour des plans à destination du grand public, et Excel pour la planification, les tableaux croisés dynamiques pour la gestion technique. Sachant toutefois que Lionel Fer peut compter sur des spécialistes de ces logiciels.

Spécialisation technique versus gestion de projet

La connaissance des évolutions technologiques est aussi bienvenue. "Les outils de gestion sont appelés à se développer. En ce qui concerne la mobilité, on peut désormais récupérer des données embarquées, comme un temps de parcours sur un axe routier avant et après travaux, qui seront ensuite traitées par des bureaux spécialisés. Des systèmes caméra et radars déterminent le volume et la vitesse de la circulation. Les techniciens utilisent des tablettes géoréférencées pour identifier le positionnement de candélabres. Des capteurs dans les rues détectent le passage de piétons et déclenchent un éclairage."  Selon Lionel Fer, en raison précisément de ces évolutions technologiques, l'expertise technique devient plus complexe et se développe dans les bureaux spécialisés. Cette partie du travail diminue dans l’administration, cédant la place aux compétences de gestion de projet.

Formation

Si les responsables de projet provenaient il y a une vingtaine d'années de formations en ingénierie civile, architecture, ou architecture du paysage, les géographes y ont désormais leur place. "La vision actuelle du métier correspond plutôt à celle d'un-e chef-fe de projet, qui traite toutes sortes d'aspects différents", constate Lionel Fer. "La formation universitaire académique est une réelle plus-value, elle développe la capacité de réflexion, d'innovation, de résolution de problèmes. Quant aux facultés d'analyse critique développées, elles permettent d'affronter la complexité et de prendre des décisions en conséquence."

Et formation continue

Néanmoins, la formation continue est indispensable. "Il y a d'une part les aspects techniques orientés métier, normes, gestion de projet, calculs techniques. Et d'autre part, la gestion de projets complexes, à laquelle je me forme actuellement." Au préalable, Lionel Fer a également obtenu des certificats en sécurité routière et en audit de sécurité routière.

nov. 2020

 

Patricia Gorin, cheffe de projet Fondation Nomads

Animer, négocier, rédiger, gérer, faciliter,  tels sont les maîtres-mots de la carrière de Patricia Gorin, diplômée en géographie humaine et actuellement cheffe de projet à la Fondation Nomads. A quoi s'ajoute "réseauter", compétence déterminante dans le parcours professionnel de la jeune femme. Les connaissances accumulées au fil des emplois tissent la toile de fond de ses activités présentes: technologies de l'environnement, développement durable, énergies renouvelables, efficience énergétique, bilan carbone.

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Le réseautage, la clef de l'insertion professionnelle

Patricia Gorin a obtenu la plupart de ses emplois grâce au réseautage. Jeune diplômée, elle se rend à des foires de l'emploi, puis à des conférences, des événements, des festivals consacrés à des thématiques environnementales. "Le plus important est de rencontrer les personnes, de se présenter, de poser des questions. Quand je cherchais un emploi, je leur envoyais ensuite mon CV. De fil en aiguille, j'ai bâti un réseau de contacts avec des intérêts communs, et ils m'ont ouvert les portes de plusieurs institutions".

Un emploi dans la coopération internationale

Après presque 3 ans dans l’organisation mondiale des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) , Patricia Gorin est ensuite engagée en 2012 par Helvetas Swiss Intercooperation en tant que "Advisor in Environment and Climate Change".Elle mène un groupe de travail sur la résilience climatique et part en de multiples missions, comme celle en Haïti. "J'animais des ateliers afin de mesurer la résilience des communautés locales face au changement climatique, c'est-à-dire la manière dont elles s'organisent pour faire face aux impacts climatiques comme la sécheresse ou les inondations. Quels sont leur accès aux ressources ou leur connaissance des techniques d'irrigation? Peuvent-elle compter sur l'appui des communautés voisines et sur l'aide du gouvernement? Je prenais connaissance de leurs besoins et des problèmes qu'elles rencontraient afin d'en informer leur gouvernement. Je les formais à l'utilisation des outils d'analyse de risques et à la prise en compte d'indicateurs, comme le volume des inondations ou le type de dégâts causés". Ses langues de travail comportent l'anglais principalement, l’italien ainsi qu’un peu d'allemand et d’espagnol.

Quelques années plus tard, Patricia Gorin, travaille aux Services industriels de Genève, en binôme avec un ingénieur. Elle-même endosse le rôle de cheffe de projet. "Nous étions très complémentaires. Nous organisions des ateliers de partage et retour d'expérience en matière de géothermie, avec des acteurs privés et publics. Nous avons mis en évidence le déficit récurrent de communication entre les uns et les autres et la nécessité de la mise en commun du savoir. "

Cheffe de projet à la Fondation Nomads

Engagée en 2020 par la Fondation Nomads pour ses compétences de facilitatrice et de gestion de projet notamment, Patricia Gorin y coordonne désormais la communication du projet GOH! – « Generation Of Hydrogen » - dont l'objectif est de démontrer la viabilité économique et technique d’une filière hydrogène verte 100% suisse : production d’hydrogène verte par électrolyse alimentée avec de l’énergie renouvelable, stockage et distribution via une station hydrogène, camion de 40 tonnes fonctionnant avec une pile à combustible.

Elle coordonne les actions de communication et supervise l'élaboration et la bonne réalisation de la stratégie et du plan de communication du projet, avec l’aide de ses collègues et des partenaires du projet.

La cheffe de projet suit également le volet formation du projet, qui a fait l'objet d'un partenariat avec l'Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle (IFFP). Ce dernier anime des ateliers avec les partenaires du projet et accompagne la Fondation Nomads dans l'établissement d'un référentiel de compétences pour les métiers concernés par cette nouvelle technologie.

Elle s'implique également dans un autre projet: la mise en place d'une plateforme qui vise à valoriser et quantifier l'engagement citoyen bénévole et le volontariat d’entreprise auprès d'associations œuvrant dans le développement durable, la solidarité et l’éducation. "La Fondation Nomads fonctionne comme une start-up, il s'agit d'être polyvalent et réactif ".

La formation continue: primordiale

La richesse du parcours de Patricia Gorin tient aussi aux formations continues qu'elle a suivies: certificats en géomatique à l'Institut des sciences de l'environnement, certificat en gestion de projet puis certificat FSEA de formatrice d'adultes en environnement, enfin diplôme IFFP pour l'enseignement de branches professionnelles. "La formation continue est primordiale", estime-t-elle.

Un savoir-être indispensable

De toutes ses expériences, Patricia Gorin a retiré une certitude: "Le savoir-être est une clef pour qui veut faire avancer la cause de l'environnement". Avec ses dimensions d'écoute, d'aptitude à la négociation et de gestion des émotions. "Mon travail comporte une grosse part de médiation, qui implique un esprit orienté solutions.". Au cours de ses différents emplois, Patricia Gorin s'est encore formée à des techniques de gestion innovante de projet, tels le design thinking, une démarche d'amélioration continue.

Faire des ponts, un rôle clef

"La transition écologique a besoin de profils généralistes, analyse Patricia Gorin. Les personnes qui peuvent faire des ponts entre les spécialistes et avec le grand public ont des rôles clefs. Des métiers d'ambassadeur de l'environnement sont en train d'émerger, pour accompagner les citoyens dans une démarche écologique." Au-delà des compétences, la transition écologique a aussi besoin d'éthique: "Elle ne pourra réussir que si chacun-e se sent responsable, les entreprises comme les individus, et que tous travaillent ensemble vers un objectif commun.".

Février 2021